Paix Arménie - Azerbaïdjan : « Nigol, mon frère Nigol, ne vois-tu rien venir ? »

 


 

***

 

Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

***

 

Commentaires

 

***

 

Cent onze ans après le génocide des Arméniens perpétré par le gouvernement ‘Jeunes Turcs’, l’Arménie ‘réelle’, avec à sa tête Nigol Vovayi Pachinian, est prête à normaliser ses relations avec l’Etat génocidaire sur la base qu’il faut faire table rase du passé et ne penser qu’à l’avenir.

 

Les élections législatives arméniennes approchent. On se doutait que le maintient au pouvoir du Premier ministre Nigol Pachinian était le souhait le plus cher des Occidentaux et du tandem turco-azéri, et pas tellement celui de Moscou.

 

Les Etats-Unis n’ont pas envie de voir traîner les choses en longueur, entendez par là la mise en œuvre des accords signés en grande pompe à Washington le 8 aout dernier entre les États-Unis, l’Arménie et l’Azerbaïdjan (TRIPP et l'Accord sur les ADPIC). En plus de redorer le blason de ‘pacificateur’ de Donald Trump, cela permet à l’Oncle Sam de mettre la main sur l’Arménie, économiquement et politiquement, sans compter les retombées financières de l’ouverture d’un axe Est-Ouest.

 

L’Union européenne, toujours en bisbille, pour ne pas dire plus, avec la Russie au sujet de l’Ukraine, voit d’un très mauvais œil la pression exercée par Moscou sur l’Arménie. Son but est de contourner la Russie, à défaut de pouvoir l’isoler. Quant à l’adhésion de l’Arménie, on voit que rien que pour libéraliser les visas, l'un des critères qui reste difficile à remplir est la sécurisation de ses frontières. Encore faudrait-il que la délimitation/démarcation soit terminée avant de la sécuriser. En attendant, l’UE ne tient absolument pas à la voir retourner dans le giron russe. Aussi, pour Bruxelles le meilleur scénario sera une reconduction de l’actuel Premier ministre, tout acquis à sa cause. N’a-t-elle pas envoyé une équipe pour faire face à des menaces hybrides ?

 

« Les Arméniens sont confrontés à des campagnes massives de désinformation » a déclaré Kaja Kallas, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. On notera au passage que la diaspora arménienne, surtout en Occident, qui se montre très critique vis-à-vis du Premier ministre Pachinian concernant sa politique étrangère et intérieure,  notamment dans les négociations de paix avec l’Azerbaïdjan, rentre sans doute dans cette catégorie de ‘désinformateurs’.

 

Rappelons qu’une adhésion à l’UE prend énormément de temps, en général plus de dix ans, et qu’il y a déjà une dizaine de pays qui attendent. Aussi, l’Arménie peut jouer sur les deux tableaux (UE et UEEA) durant quelques années. D’ici là les règles peuvent changer et/ou des décisions géopolitiques tout chambouler. L’Ukraine, par exemple, aimerait bien zapper certains des 35 chapitres du processus d’adhésion, au motif qu’elle est en guerre.

 

Pour ce qui concerne les duettistes turcs, l’ottoman Recep Tayyip Erdoğan et l’azéri Ilham Aliev, dont la devise est ‘Une seule nation, deux Etats’, ils jouent au chat et à la souris avec Nigol Pachinian, lui faisant entrevoir de séduisants lendemains pacifiques, façon miroir aux alouettes. Le dindon de la farce, faisant fi de toutes les exactions commises par ce tandem envers les Arméniens et l’Arménie depuis plus d’un siècle, et obnubilé qu’il est par signer un accord de paix avec son voisin le dictateur, cède quasiment à tous leurs diktats. Aliev n’a-t-il pas obtenu la modification de la constitution arménienne ? Cerise sur le gâteau, il vend même du pétrole à l’Arménie. Erdoğan n’a-t-il pas déclaré qu’il normalisera ses relations avec l’Arménie au lendemain de l’accord de paix validé et signé par Aliev ? En attendant, le tandem turco-azéri maintient le blocus de l’Arménie comme si de rien n’était.

 

Quant au dernier acteur - la Russie, toujours intéressée par son « étranger proche », les relations cordiales et serrées avec l’Arménie ont commencé à se dégrader avec l’arrivée au pouvoir de Nigol Pachinian en 2018. Elles ont atteint leur paroxysme lors de la guerre de 44 jours de l’automne 2020, suivie d’une présence militaire laxiste au Karabakh, conformément à l’accord de cessez-le-feu du 9 novembre 2020, et ce jusqu’en septembre 2023 quand Bakou a chassé manu militari de leurs terres les 110.000 Arméniens encore présents !

 

Principe de Peter. Pour masquer ses nombreuses lacunes, Pachinian n’a cessé de critiquer Poutine pour son inaction, oubliant volontairement qu’au Sommet de l’UE à Prague en octobre 2022, en présence des présidents Emmanuel Macron et Charles Michel, il reconnaissait l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, conformément à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration d'Alma-Ata de 1991. Que quelques mois plus tard à Bruxelles,  en mai 2023, il déclarait que le Haut-Karabakh faisait partie de l’Azerbaïdjan. Ce faisant, il savait pertinemment qu’il signait l’arrêt de mort de la République d’Artsakh et l’exode de ses habitants. Il venait d’atteindre son « niveau d’incompétence ». Dommage qu’il n’y a pas d’équivalent d’ « impeachment » dans la législation arménienne.

 

Bien que l’Arménie fasse toujours partie de la CEI, de l’OTSC et de l’UEEA, il est clair que Pachinian n’est plus en odeur de sainteté auprès de Moscou. Le rapprochement avec les Etats-Unis et l’Union européenne passe mal. La claque magistrale qu’il a reçu de la part de son ‘ami’ Poutine lors de leur rencontre à Moscou le 1er avril, n’avait rien d’un poisson. Les propos affables du camarade Poutine ont fortement contrasté avec ceux de son gouvernement et plus particulièrement du vice-Premier ministre Overtchuk qui n’a pas manqué de lister les désagréments économiques en cas de retrait de l’Arménie de l’UEEA. 

 

Pachinian ne voit aucune raison de changer sa politique extérieure, il est soutenu en cela par les Etats-Unis, l’Europe et même le tandem turco-azéri, qui l’aideront à mise en œuvre de la route Trump et de l’Accord sur les ADPIC, pour des raisons différentes cela va de soi. La Russie ne lui mettra pas des bâtons dans les roues, du moins dans un premier temps. Les choses commenceront à changer quand la TRIPP sera opérationnelle, vu que ce sont les Etats-Unis qui seront à la manœuvre et que la jonction Turquie-Nakhitchevan-Azerbaïdjan réalisera une partie du rêve séculaire des pays turciques.

 

Ils dicteront à l’Arménie ce qu’elle pourra faire ou ne pas faire sur cet axe. Et même si le tandem turco-azéri ne sera pas directement mêlé aux décisions, il y a fort à parier qu’ils auront un poids plus important auprès de Washington que l’Arménie.

 

 

Un peu d’humour … noir :

Au premier trimestre 2026, l'Azerbaïdjan a exporté des marchandises d'une valeur de 5,757 millions de dollars vers l'Arménie, tandis que les importations en provenance d'Arménie n'ont totalisé que 960 dollars, indique le Comité national des douanes d'Azerbaïdjan.

 

 

 

 

 

***

 

Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


***

 

Arménie


Le Premier ministre arménien Nigol Pachinian a réaffirmé que le chemin de l'Arménie vers l'Union européenne sera guidé par des réformes constantes plutôt que par des pressions politiques, insistant sur une stratégie à long terme axée sur le respect des normes européennes.

 

S'exprimant lors de la 8e réunion de la Plateforme UE-Arménie de la société civile, il a indiqué que l'Arménie avait déjà adopté une législation visant à lancer le processus d'adhésion à l'Union européenne. Il a toutefois souligné qu'Erevan n'entendait pas utiliser cette démarche comme moyen de pression ou d'influence dans ses relations avec Bruxelles,

Suite

 

***

 

Union européenne

 

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a rencontré la vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas.

 

Les interlocuteurs ont abordé les questions clés relatives à la mise en œuvre cohérente du programme stratégique Arménie-UE. Une attention particulière a été portée aux préparatifs de fond du prochain sommet Arménie-UE, prévu à Erevan en mai. Les deux parties ont souligné l'importance d'obtenir des résultats concrets pour les citoyens arméniens grâce à des programmes

Suite

 

***

 

Etats-Unis

 

La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié son rapport annuel 2026 sur la liberté religieuse, qui aborde les développements survenus en 2025.

 

Le document indique que l'Azerbaïdjan a commis de graves violations de la liberté religieuse.

 

Le rapport aborde également la destruction du patrimoine religieux et culturel arménien au Haut-Karabakh. Il souligne que les sites religieux arméniens historiques du Haut-Karabakh et des régions avoisinantes demeurent menacés après la rétrocession des territoires en 2020 et 2023. Selon 

Suite

 

***

 

Turquie-Azerbaïdjan

 

« La Turquie a déployé des efforts considérables pour parvenir à la paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, allant d'un usage mesuré de la force à une diplomatie efficace. La Turquie possède des frontières dans la région du Caucase et l'instabilité ou les conflits dans cette région affectent directement le pays, » a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

 

« C’est pourquoi nous déployons des efforts considérables pour garantir l’ordre et la sécurité dans la région, notamment au sein de l’architecture de sécurité. Nous avons œuvré sans relâche pour instaurer la paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, en trouvant un juste équilibre entre le recours mesuré à la force et

Suite

 


 

 

*

**

***

 

 

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

 

Commentaires