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Commentaires
et Traductions de Gérard Merdjanian
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Après la semaine consacrée aux cérémonies du 111 -ème anniversaire du génocide des Arméniens, la semaine écoulée a vu un événement mineur et deux majeurs.
Une nouvelle ambassade d’Arménie a été inaugurée à Paris,
en présence de nombreux invités triés sur le volet. Les officiels - l'ambassadeur
Armand Khachatrian, les ministres des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan et
Jean-Noël Barrot -, ont prononcé les discours pro formats célébrant l’événement
et l’amitié franco arménienne.
On a remarqué parmi les non invités à cette cérémonie, nombre de
personnalités classées par les autorités arméniennes comme opposants à la
politique du président Nigol Pachinian. Citons pêle-mêle : les
coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, le primat du diocèse de
l’Église apostolique arménienne de France, Mgr Krikor Khachatrian, ou le représentant
de la République d'Artsakh en France, Hovhannès Guévorkian. Les lecteurs
jugeront de l’ouverture d’esprit du Premier ministre Nigol Pachinian.
L’Arménie ne cesse de s’éloigner, du moins politiquement, de la
Russie, avec en contrepartie le désir de vouloir adhérer à l’Union européenne
dans un avenir proche, conformément aux procédures de l’UE. Pourquoi pas, c’est
tout à fait louable. Encore faut-il bien peser le pour et le contre
économiquement bien sur, mais surtout sécuritairement. En cas d’agression de
ses deux voisins turcs pendant les négociations d’adhésion, qui viendra la
défendre ?
En attendant le futur mariage UE-Arménie, les fiançailles
s’annoncent prometteurs puisque le Parlement européen vient de voter une
Résolution soutenant « la résilience démocratique en Arménie. » Un texte qui tombe à pic, à quelques jours du 8e Sommet de la
Communauté politique européenne, qui sera également le 1er Sommet
UE-Arménie, et qui se déroulera à Erevan du 4 au 5 mai 2026.
Si la majeure partie de la Résolution caresse l’Arménie
dans le sens du poil, elle attire toutefois l’attention du gouvernement
arménien à se conformer aux normes démocratiques (Cf. points 2 et 12).
Si la Résolution fait le bonheur des uns, elle fait également le
malheur des autres. Ainsi, les points 10, 12 et 13 ont sérieusement fâché
l’Azerbaïdjan.
Aussi, Bakou a rejeté la dite Résolution du
30 Avril, et son Parlement (Milli Majlis) a voté le 2 mai une Résolution
intitulée « l’activité
anti azerbaïdjanaise du Parlement européen ».
Après avoir justifié les actions de
l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh, déversé comme il se doit son fiel décennal
sur l’Arménie et les Arméniens, et enfin, fustigé le Parlement européen pour ses
résolutions anti azerbaidjanaises, le Milli Majlis a voté les décisions
suivantes :
- -
Suspension de toutes les relations de coopération entre le Milli
Majlis et le Parlement européen ;
- - Fin de la
participation du Milli Majlis à la Commission parlementaire de coopération UE
Azerbaïdjan ;
- -
Lancement de la procédure de cessation de l’adhésion de
l’Azerbaïdjan à l’Assemblée parlementaire Euronest, conformément à ses règles,
et non-participation aux activités pendant la période de procédure.
Depuis plusieurs années Bakou n’attend pas grand-chose
politiquement de l’Union européenne, surtout des Résolution des députés
européens concernant l’Azerbaïdjan. On se souvient encore du tollé soulevé par
la diplomatie du ‘caviar’ pratiqué par les élus azéris.
Par contre, Bakou est très au courant des besoins énergétiques
de l’UE. Les têtes de l’exécutif européen n’ont pas manqué les exercices de
génuflexions envers les dictateurs turcs. On se souvient du ‘sofagate’ de la
présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen en avril 2021 à Ankara,
puis de l’accord gazier avec ‘un partenaire fiable’ en juillet 2022 à Bakou. Plus
récemment le président du
Conseil européen, António Costa, a déclaré en mars dernier : « La République d'Azerbaïdjan est un partenaire de
premier plan de l'Union européenne. () Nous attendons avec intérêt que l'Azerbaïdjan
accueille en 2028 le Sommet de la Communauté politique européenne. » Quant à son prédécesseur, Charles Michel, on se
souvient également de son insistance, avec l’aide du président Emmanuel Macron,
à faire plier Nigol Pachinian à Prague en octobre 2022 pour qu’il cède sur le
Haut-Karabakh. Sans doute une sale habitude de l’exécutif européen à
s’abaisser devant le tandem turco-azéri.
On notera toutefois
que le second mandat (2024-2029) de la présidente von der Leyen est tout aussi ‘reluisant’
que le premier (2019-2024). Elle a du subir la ‘diplomatie du golf’ du
président Donald Trump lors d’une rencontre en juillet 2025 en Ecosse sur les
échanges USA-UE.
La question qui reste en suspend est le comportement de
l’exécutif par rapport au législatif. Jusqu’à présent, la Commission européenne
a rarement suivi les recommandations du Parlement européen, voire a fait le
contraire pour des raisons de réal-politique. Qu’en sera-t-il dorénavant ? Y aura-t-il un Sommet de la Communauté
politique européenne à Bakou en 2028 ?
Quand à savoir si l’exécutif azerbaidjanais va couper les ponts
avec l’UE, suite à la résolution de son parlement, c’est peu probable. La
politique est une chose, les affaires en sont une autre. Depuis le Sommet de
Washington du 8 aout 2025, le regard et les activités politiques d’Ilham Aliev sont
dirigés essentiellement vers les Etats-Unis.
A lire : l’interview du ministre des
Affaires étrangères Ararat Mirzoyan par le journal France 24.
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am et de APA
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Arménie
Le Premier ministre arménien Nigol Pachinian lors d'une conférence de presse jeudi a déclaré :
«
Nous n'avons jamais discuté et ne discutons pas de la question de la
réinstallation de 300.000 Azerbaïdjanais en Arménie.
Après un certain temps, l'Arménie n'a plus abordé avec l'Azerbaïdjan la question du retour des Arméniens au Haut-Karabakh, à Bakou, ni ailleurs d’ailleurs. Discuter de tels sujets aurait un effet provocateur sur le processus politique actuel et exacerberait les
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Union
européenne
Le Parlement européen a adopté aujourd'hui 30 avril par 476 voix contre 47 et 48 abstentions, une résolution soutenant « la résilience démocratique en Arménie. »
Le
Parlement européen a exprimé son ferme soutien aux réformes démocratiques de
l'Arménie, à ses efforts d'intégration européenne et à sa résilience face aux ingérences
étrangères, à l'approche des élections législatives prévues en juin 2026.
Dans leur résolution, les parlementaires ont réaffirmé leur « ferme conviction » dans l’engagement des autorités arméniennes à organiser des élections libres, équitables et transparentes et ont exprimé leur soutien aux efforts visant à protéger les institutions démocratiques contre
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Géorgie
Selon
la ministre, malgré les clarifications du diplomate de l’UE, a déclaré :
« Les faits et les actes restent les faits et les actes. La situation actuelle est
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Etats-Unis
Déclaration du président Trump concernant le 24 avril :
« Aujourd'hui,
nous rendons hommage aux innombrables Arméniens exilés et brutalement massacrés
lors du Meds Yeghern. Nous exprimons notre solidarité indéfectible avec tous
les Arméniens américains et les Arméniens du monde entier en cette journée de
commémoration des événements tragiques survenus il y a plus de cent ans et qui
restent gravés dans la mémoire collective de ces communautés.
Ce
chapitre solennel de l'histoire humaine restera à jamais un témoignage de la
force inébranlable du peuple arménien et de l'espoir qui anime le
christianisme. Nous saluons la force et la détermination exceptionnelles dont
ont fait preuve les Arméniens pour surmonter les terribles tragédies du passé
et bâtir un avenir meilleur, fondé sur une prospérité, une sécurité et une paix
durables. Nous nous engageons à
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Turquie-Azerbaïdjan
Suite à la résolution adoptée par le Parlement européen le 30 Avril dernier concernant « la résilience démocratique en Arménie », le Milli Majlis (Parlement azerbaïdjanais) a lui aussi adopté une résolution concernant « l’activité anti azerbaïdjanaise du Parlement européen ».
Préambule
« Le parlement azerbaidjanais, dans ses relations avec les parlements étrangers et les organisations parlementaires internationales, privilégie une coopération commune pour la paix, la sécurité et le développement durable, et promeut un dialogue ouvert, sincère et constructif fondé sur les valeurs parlementaires et les
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am et de APA






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