Arménie – Azerbaïdjan : « Du passé, faisons table rase »

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Si l’Arménie avance à grands pas vers l’union européenne, sans pourtant envisager une demande d’adhésion dans un proche avenir, il n’en est pas de même du traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

 

La signature d’un traité entre Nigol Pachinian et Ilham Aliev est un long fleuve pas tranquille du tout, semé d’embuches, et lorsqu’il n’y en a pas, Bakou se fait un plaisir d’en ajouter. Après les propos du ministre des Affaires étrangères Jeyhun Bayramov à Istanbul mettant en avant les points non encore résolus, voici que l’Azerbaïdjan fête en grande pompe le 5ème anniversaire de la ‘Déclaration de Chouchi’ entre l’Azerbaïdjan et son grand frère, la Turquie. Alors que Pachinian passe son temps à mettre de l’huile dans les rouages, Aliev en met aussi, mais sur le feu.

 

Signé le 15 juin 2021 à Chouchi (ville récemment conquis du Haut-Karabakh), le document met en avant la victoire de l’Azerbaïdjan dans la guerre de 44 jours (septembre-novembre 2020), ne se gênant pas de dénigrer l’Arménie et son histoire, passée et présente. Sans oublier bien sûr de lister les attentes du tandem turco-azéri concernant le ‘corridor de Zanguézour’.

 

On se souvient que quelque mois avant, le 12 avril 2021 pour être précis, sur ordre du président Aliev, un «parc» dédié à la guerre d'Artsakh avait été inauguré à Bakou, où, avec l'équipement militaire arménien, les mannequins des militaires des forces armées arméniennes, les objets personnels des soldats d’Arménie et d’Artsakh et les casques des militaires arméniens tués, avaient été exposés. La cérémonie d'inauguration du «parc» et les remarques du président de l'Azerbaïdjan avaient démontré que le parc visait à humilier publiquement la mémoire des victimes de la guerre, des personnes disparues et des prisonniers de guerre, en violant les droits et la dignité de leurs familles.

 

Le moins que l’on puisse dire est que si l’on voulait narguer l’Arménie, on ne se serait pas pris autrement, surtout en intitulant la rencontre du 15 juin 2026 : « La contribution régionale à la sécurité mondiale : construction de la paix dans le Caucase du Sud ».  Etait-il opportun de donner un tel éclat à la ‘Déclaration de Chouchi’ ? Sans doute si l’on veut montrer que c’est le tandem turco-azéri qui est maître des horloges.

 

« Chassez le naturel, il revient au galop » disait le dramaturge Philippe Destouches. Depuis sa victoire sur les Arméniens de novembre 2020 et les exactions de la soldatesque azérie sur les Karabakhis jusqu’au nettoyage ethnique des Arméniens du Karabakh de septembre 2023, le dictateur azerbaidjanais a fait sienne ce proverbe.  Trois raisons principales à cela :

 

  1.    Il n’a jamais admis que le Zanguézour occidental, l’actuel Syunik, ait été donné à la RSS d’Arménie par les Bolchevicks ;
  2.   Il a tout fait pour que les Arméniens du Haut-Karabakh partent. A l’instar des Arméniens du Nakhitchevan qui sont passés de près de 40% en 1920 à 2% dans les années 80.
  3.    Il n’a pas digéré la défaite de son pays lors de la première guerre du Karabakh et a juré de prendre sa revanche avec l’aide de son mentor turc.

 

Mémoire sélective du dictateur qu’il faut éviter d’aborder :

  • A la même époque, l’Azerbaïdjan a reçu en ‘cadeau’ des Bolchevicks le Nakhitchevan et le Haut-Karabakh, peuplé à 95% d’Arméniens.
  • Ce sont les pogroms anti Arméniens de Sumgaït, de Kirovabad ou de Bakou qui ont poussé l’Arménie à défendre ses compatriotes et déclenche la première guerre du Karabakh.

 

Rappelons qu’à l'issue du conflit (mai 1994), sept régions azerbaïdjanaises limitrophes du Haut-Karabagh, soit 8,15% du territoire de l'Azerbaïdjan, se sont trouvées sous le contrôle militaire des forces armées de l'Artsakh. Ces régions constituaient pour le Haut-Karabagh (initialement 4800 km²) une zone tampon de 8810 km² ; dont 8000 km² sont considérés comme zone de sécurité militaire, inhabitée, garantissant la sécurité de la population du Haut-Karabakh.

 

S’il n’y a plus d’Arméniens au Nakhitchevan et au Karabakh, il reste encore les vestiges de leur présence. Mais là aussi Ilham Aliev continue de se défouler sur les constructions religieuses, alors qu’il se fait passer aux yeux du monde, à commencer par le Vatican et l’UNESCO, pour quelqu’un de respectueux des autres religions.

  •        Au Nakhitchevan les forces azerbaïdjanaises ont détruit au moins 89 églises médiévales, 5.840 khatchkars (pierre croix) et 22.000 pierres tombales historiques entre 1997 et 2006.
  •        Au Karabakh, les églises Saint-Jacques de Stepanakert, Saint-Jean-Baptiste de Chouchi ainsi que la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu de Stepanakert, sont les dernières destructions en date.

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Toujours auréolé par sa victoire du 7 juin, confirmé par la Commission électorale centrale qu’il a obtenue la majorité absolue, le Premier ministre arménien avance en marche forcée pour mettre en œuvre les accords passés avec les Etats-Unis. Il est aidé en cela par les déclarations de satisfécits des Occidentaux, UE et USA en tête. Ce faisant il espère s’attirer les bonnes grâces des intéressés, et accélérer la signature du traité de paix. N’a-t-il pas pour ce faire, lâché le Haut-Karabakh et mettre de côté l’histoire arménienne, pour ne garder que l’Arménie ‘réelle’ ?

 

Il reste persuadé que sa politique pro-européenne va pouvoir coexister avec des relations arméno-russes apaisées. Ce n’est pas parce que Moscou est empêtré en Ukraine, que Poutine va négliger le Caucase.

 

La Russie a entièrement perdu l’Azerbaïdjan sur le plan politique et militaire, d’autant plus que Bakou met en place un partenariat stratégique avec Washington et qu’il y a de nombreux ‘observateurs’ américains et israéliens postés en Azerbaïdjan. Ce qui bien sûr n’empêche pas les échanges économiques et commerciaux avec le tandem turco-azéri. La récente rencontre entre les ministres des Affaires étrangères Sergei Lavrov et Hakan Fidan en est la preuve.

 

Le tsar a également réussi à ramener au ‘bercail’ la Géorgie qui s’était quelque peu émancipée en commençant les négociations d’adhésion avec l’Union européenne. En novembre 2024, le premier ministre Irakli Kobakhidze a annoncé une suspension du processus d'adhésion du pays jusqu'à la fin 2028 même si son gouvernement continuera les réformes nécessaires en visant une adhésion en 2030.

 

Cela fait beaucoup pour un petit Monsieur.

 

 

 

 

 

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Traduction


Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 

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Arménie

 

Selon les résultats officiels des élections législatives, seuls trois partis politiques partageront les 105 sièges de la nouvelle Assemblée nationale :

1. Le parti au pouvoir, Contrat civil, avec 49,75 % des votes aura 64 sièges ;
2. L'Alliance pour une Arménie Forte, avec 23,27 % aura 29 sièges ;
3. L’Alliance arménienne, avec 9,92 % obtient 12 sièges.

Le Parti Contrat Civil aura la majorité parlementaire et pourra former à lui tout seul le prochain gouvernement.

 

(…)

 

Le 14 juin à Dilijan, le secrétaire du Conseil de sécurité arménien, Armen Krikorian, et l'assistant du président azerbaïdjanais, Hikmet Hajiyev, ont discuté de questions liées au processus de paix 

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Union européenne

 

Le 15 juin, à Luxembourg, le ministre des Affaires étrangères d'Arménie, Ararat Mirzoyan, a été invité à une réunion du Conseil des affaires étrangères de l'UE.

 

La discussion, qui s'est tenue sous forme d’un petit-déjeuner de travail, a réuni Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Marta Kos, commissaire européenne à l'élargissement, ainsi que des ministres des Affaires étrangères et des représentants des

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Russie

 

Lors d'une réception à Erevan à l'occasion de la Journée de la Russie, l’ambassadeur de Russie en Arménie, Sergueï Kopyrkine, a déclaré :

 

« Dans le contexte actuel, Moscou est disposée à reconsidérer ses relations avec l'Arménie de manière constructive. L’histoire de la Russie est riche en chapitres héroïques, en grandes victoires et en accomplissements. Au fil des siècles, le peuple russe a développé un sentiment d'identité particulier, fondé sur le dévouement et l'amour de la patrie, le respect de l'histoire, des traditions nationales, des valeurs spirituelles et religieuses, ainsi que sur les idéaux de miséricorde et de

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Le président du Centre d’analyse des relations internationales, Farid Chafiyev, a déclaré :

 

« Depuis plusieurs années, une nouvelle réalité géopolitique se forme dans le Caucase du Sud. L’Azerbaïdjan est l’auteur de la nouvelle réalité géopolitique.

 

Les résultats des élections montrent que l’Arménie souhaite poursuivre le processus de paix. Mais il ne faut pas oublier que les exigences légitimes de l’Azerbaïdjan n’ont 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 

 

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