Arménie – Azerbaïdjan : On prend les mêmes et on continue

 

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Les résultats des élections législatives du 7 juin en Arménie sont tombés. Comme annoncé par tout à chacun, le Premier ministre et chef du parti au pouvoir remporte les élections avec une avance plus que confortable puisqu’il obtient la majorité absolue. Conséquence directe : Il va gouverner seul et ne risque pas d’être censuré par l’opposition.

 

Comme il se doit, tout le monde ou presque, le félicite pour sa victoire. Le tandem turco-azerbaidjanais se réjouit également puisque la route Trump ne sera pas remise en cause et que leur interlocuteur sera malléable à merci. Si Ankara le fait explicitement par la voie de son président, pour Bakou il  n’en est pas question de déclaration, ni officielle ni officieuse, vu que les relations avec l’Arménie ne sont pas encore apaisées et les contentieux, toujours nombreux. Un seul pays ne se réjouit pas de cette victoire, la Russie.

 

Bien qu’officiellement il n’y ait pas de rupture en Erevan et Moscou et que l’Arménie fasse toujours partie de la CEI, de l’OTSC et de l’UEE, les rapports se sont fortement dégradés à partir de 2020. Le président Poutine a refusé d’intervenir rapidement dans le conflit arméno-azerbaidjanais - la guerre de 44 jours, laissant Aliev se ‘défouler’ sur le Haut-Karabakh faisant plus de 5.000 morts dans la jeunesse arménienne. Comme cela ne suffisait pas, le chef du Kremlin a bloqué l’envoi de troupes russes (OTSC) quand l’Azerbaïdjan a commencé à envahir et occuper le territoire de l’Arménie, 208 km² à ce jour. L’inaction volontaire des 2.000 soldats de la paix russes au Haut-Karabakh, censés protéger la population arménienne, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  Les relations arméno-russes sont passées de tièdes à tendues.

 

Il faut dire que l’intervention de l’Union européenne n’a pas arrangé les choses. Depuis 2022, Moscou n’est pas en odeur de sainteté à Bruxelles. Le rapprochement en fanfare UE-Arménie avec en plus la présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a déclenché l’ire de Moscou. Les sanctions contre Erevan ont commencé à tomber avec des augmentations de taxes et des interdictions d’importation de produits agricoles et/ou alimentaires.

 

Fort de sa victoire, plutôt que jouer l’apaisement de la classe politique arménienne, Pachinian en profite pour verser de l’huile sur le feu, jetant l’opprobre sur les leaders de l’opposition, les traitant de « partis guerriers et le système criminel et oligarchique qui les accompagne » quand ce n’est pas « d’agents à la solde de la Russie ».

 

Ce faisant, il rentre dans une sorte d’aveuglement, persuadé qu’il est d’être un grand démocrate en comparaison des leaders des pays qu’ils l’entourent. Il n’a toujours pas compris que ce qui intéresse avant tout les Occidentaux ce ne sont pas les valeurs de démocratie ni l’intégrité territoriale de l’Arménie, mais de mettre la main économiquement sur le pays et ouvrir un passage commercial est-ouest (la connectivité) dans le Syunik. Un axe qui va permettre notamment à l’Union européenne de commercer avec l’Asie centrale en contournant sa bête noire : la Russie.

 

Un travail magnifiquement mené par les Etats-Unis en aout 2025 en réunissant Erevan et Bakou, et acté par la signature de trois documents le 26 mai dernier, faisant passer Nigol Pachinian pour l’homme qui a mis fin à la guerre avec l’Azerbaïdjan. Cerise sur le gâteau, l’Arménie est devenue membre fondateur du ‘Conseil pour la paix’ de Donald Trump.

 

Il y a fort à parier que Nigol Pachinian s’exécutera scrupuleusement pour relier l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan, sous la direction d’un consortium américain. Elle aura voix au chapitre avec 26% des voix pendant 49 ans, sa participation passera à 49% pour les 50 années suivantes. Gougouligou ! (cocorico en arménien).

 

Et la pacification de la région dans tout cela ? Ou dit autrement, quid du traité de paix Arménie-Azerbaïdjan ?

 

Un premier élément qui ne surprendra pas les observateurs avertis. Le ministre azerbaidjanais, Jeyhun Bayramov, lors d'une réunion trilatérale à Istanbul des ministres des Affaires étrangères d'Azerbaïdjan, de Turquie et de Géorgie à Istanbul, a déclaré: « Pour signer un traité de paix définitif, il est nécessaire de résoudre pleinement toutes les questions fondamentales et importantes. » Cela signifie plusieurs choses.

1-   Que l’on ne peut pas signer un document qui présente de nombreuses zones d’ombre ou des questions en suspend - Frontières claires nettes et précises, une superficie territoriale reconnue et validée de part et autre, les prisonniers arméniens de Bakou, etc. Rappelez-vous l’optimisme de Nigol Pachinian en décembre dernier qui prédisait la signature pour la fin 2026/début 2027, vu que l’Arménie était prête à signer tout de suite.

2-   Que Bakou n’est pas aussi pressé qu’Erevan pour signer. La mise en œuvre du couloir de Zanguézour est plus importante pour le tandem turco-azéri que la paix elle-même. D’autant moins urgent que l’Arménie, qui n’a pas les moyens de les contrer, commerce déjà avec eux malgré les deux frontières fermées. Ce qui n’empêche pas de discuter et de prévoir le futur.

3-    Que parmi les pré-conditions, Bakou exige toujours le changement de la constitution de l’Arménie.

4-   Que le retour des Azerbaidjanais qui ont quitté l’Arménie lors de la première guerre du Karabakh reste toujours un sujet pour Bakou.

 

Le Premier ministre est toujours persuadé que les ‘zones d’ombre’ qui restent, se régleront par les Commissions mixtes ad hoc une fois que le traité de paix sera signé ; à commencer par la libération des otages arméniens de Bakou.

 

Au vu des résultats obtenus à ce jour sur le terrain par les dites Commissions mixtes - politique, administrative ou civile, il y a de forte chance que la route Trump soit opérationnelle avant la signature effective du traité.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Traduction


Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

Aux élections législatives du 7 juin, le ‘Contrat civil’ du Premier ministre et chef du parti au pouvoir, Nigol Pachinian, arrive en tête. Lors d'une conférence de presse postélectorale, Nigol Pachinian a déclaré :

 

« Les élections législatives ordinaires ont eu lieu le 7 juin 2026 et, à la suite de ces élections, le parti Contrat civil a remporté les élections et formera seul le gouvernement.

 

Je tiens à souligner que, par rapport à 2021, le parti Contrat civil a recueilli les votes et la confiance d’un plus grand nombre de citoyens arméniens. C’est une responsabilité qui nous incombe. Le résultat des élections reflète

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Union européenne

 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé un nouveau plan de soutien de l'Union européenne à l'Arménie en réponse à ce qu'elle a qualifié de « coercition économique » de la Russie à travers des restrictions commerciales ciblant les exportations arméniennes, indique la Commission européenne.

 

Lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre arménien Nigol Pachinian jeudi, Ursula von der Leyen a vivement critiqué les récentes mesures prises par Moscou, notamment les restrictions imposées aux produits agricoles arméniens et 

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Etats-Unis

 

Concernant les informations faisant état d'ingérence étrangère dans les élections arméniennes du 7 juin prochain et aux avertissements lancés par certains parlementaires américains, le porte-parole du département d'État a déclaré :

 

« Les États-Unis soutiennent la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de l'Arménie, y compris son droit de déterminer sa propre politique étrangère et ses propres relations. L’avenir politique de l'Arménie doit être décidé exclusivement par ses citoyens.

 

Nous avons pris connaissance des articles de presse faisant état d'ingérences extérieures dans le processus politique arménien. Le peuple arménien a le droit de choisir ses dirigeants et de façonner son avenir. »

 

Le département d'État a également souligné l'approfondissement des relations entre Erevan et Washington et a insisté sur l'importance du projet TRIPP.

 

« Comme l’a démontré la récente visite du secrétaire d’État à Erevan, l’Accord sur les ADPIC revêt une importance capitale et à long terme pour instaurer la paix et la prospérité en Arménie et dans le Caucase du Sud », a ajouté le porte-parole.

 

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Russie

 

Le président Vladimir Poutine a déclaré :

 

« La décision de l'Arménie d'officialiser son processus d'intégration à l'Union européenne au niveau législatif est préoccupante pour la Russie. Bien sûr, vu qu’une loi ait été adoptée et qu’il ne s’agit pas simplement de discussions, mais bien d’une loi.

 

La Russie va continuer d'entretenir des relations normales avec l'Arménie, quelle que soit la décision que ce pays prendra concernant son avenir.

 

Tout récemment, le Premier ministre Nigol Pachinian a déclaré qu'il jugeait nécessaire d'organiser un référendum sur cette question. Nous n'avons qu'une seule demande : 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Le ministère turc des Affaires étrangères a publié une déclaration concernant les élections législatives qui se sont tenues en Arménie le 7 juin.

 

« La Turquie espère qu'après les élections, l'Arménie prendra des mesures plus audacieuses en faveur de la paix et de la normalisation dans la région.

 

La Turquie continuera de contribuer à la stabilité et à la prospérité régionales, comme elle l’a fait jusqu’à présent, sur la base des 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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