L’Arménie à la croisée des chemins

 


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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Joli mois de mai pour le Premier ministre Nigol Pachinian.

Après les soutiens implicites des présidents turcs et azerbaidjanais pour son maintient au pouvoir, qui se félicitent des travaux préliminaires de la Route Trump qui va permettre la liaison Turquie-Nakhitchevan-Azerbaïdjan. Avec pour le dictateur Ilham Aliev celui de réaliser son rêve : mettre le pied (pour le moment) dans le Zanguézour oriental, région arménienne du Syunik qu’il revendique comme étant une terre azerbaidjanaise ;

Après le soutien de l’Union européenne lors du Sommet de Communauté politique européenne (CPE) et du Sommet UE-Arménie des 4 et 5 mai à Erevan, qui ont confirmés et encouragés le choix européen de Nigol Pachinian ;

Voici maintenant celui du président Donald Trump qui lui apporte « son soutien total et sans réserve pour sa réélection le 7 juin 2026 ». Logique puisque l’Arménie vient de signer trois documents importants qui la lie fortement aux Etats-Unis ; et sans compter que Pachinian est membre fondateur du  ‘Conseil pour la paix’, au même titre que 19 autres pays.

 

Si avec tout ça il n’est pas réélu, c’est que vraiment les citoyens arméniens n’ont rien compris aux engagements audacieux de leur leader. Ou alors, ils ont très bien compris de quoi il retourne : Tourner le dos à leur histoire et courir plusieurs lièvres à la fois.

 

Mais avant de conjecturer sur les résultats du 7 juin, voyons plutôt ce qui s’est passé il y a une semaine. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a fait une escale de quelques heures en Arménie avant de continuer vers l’Inde.

 

Deux raisons essentielles : Apporter le soutien des Etats-Unis pour sa réélection et, signer deux nouveaux documents avec l’Arménie en plus de celui déjà paraphé le 8 aout dernier à Washington.

 

Il faut reconnaitre que l’on n’avait jamais autant vu un secrétaire d'État en Arménie. La dernière visite à un tel niveau remonte à juin 2012 avec Hilary Clinton.

 

Là encore il s’agissait d’un accord entre l’Arménie et son voisin … ottoman. Un accord de normalisation qui n’a jamais été ratifié par la Grande Assemblée au motif que la guerre au Haut-Karabakh était toujours en cours. Et maintenant, qu’il n’y a plus de guerre ? Erdoğan attend la signature de l’accord de paix Erevan-Bakou.

 

La situation entre l’Arménie et ses deux voisins turcs n’a pas beaucoup changé malgré les salamalecs de Pachinian face à Erdoğan et Aliev. Le sultan daigne commercer avec Erevan mais avec une frontière fermée, tout comme son petit frère azéri qui veut bien vendre son pétrole au prix du marché, contre … rien, avec bien sûr une frontière hermétiquement fermée. Un frontière dont seulement 12 km sur les 509 km ont été délimités. Pour être honnête, les deux frontières s’ouvrent ponctuellement pour laisser passer les délégations officielles arméno-turques pour l’une ou des délégations de sociétés civiles pour l’autre. 

 

Quant à savoir quand la paix sera signée, c’est une autre histoire. Le dictateur azéri attend que l’Arménie change sa constitution, laquelle nécessite pour être opérationnelle qu’elle soit validée par les citoyens arméniens à travers un référendum. Avec, il va de soi, le feu vert du Parlement arménien ; Parlement qui risque de changer dans quelques jours.

 

En attendant ces jours ‘heureux’, l’Arménie ne cesse de signer tout un paquet d’accords avec les uns et les autres tout en essayant de préserver l’existant, c'est-à-dire sans trop fâcher Moscou. Un exercice très difficile à mettre en œuvre et à gérer. Ce qui dépasse les capacités du ‘surhomme’ qui dirige le pays.

 

Un jeu dangereux dans lequel tout le monde ne sera pas gagnant, surtout sur le long terme, malgré les dires de l’Oncle Sam. S’il y en a un qui tire son épingle du jeu, ce sont bien les Etats-Unis. Il suffit de lire dans le détail les trois documents que les ministres des Affaires étrangères arménien et américain ont signé le lundi de Pentecôte. Certes, il est rappelé à moult reprises que l’Arménie « conserve la pleine souveraineté, l’intégrité territoriale et la juridiction … », mais que se passera-t-il si l’un de ses voisins (suivez mon regard) ne respecte pas cette obligation ? Washington viendra-t-il au secours d’Erevan autrement qu’en paroles ?

 

Lorsqu’on lit tout ce que l’Arménie s’est engagé à faire (ou à donner) pour les Etats-Unis, à commencer par lui concéder une partie de son territoire et ce pendant 100 ans ; on se demande pourquoi Trump tient absolument à ce que soit le Groenland qui devienne le 51ème Etat de la bannière étoilée, alors qu’avec le dirigeant arménien c’est « open bar ».

 

Ces questions se posent également pour l’Union européenne suite aux accords qu’elle a passée avec l’Arménie début mai. Elle tient absolument à ce que la Russie s’immisce de moins en moins dans les Affaires arméniennes, mais pas question pour autant à ouvrir des négociations d’adhésion, même à moyen terme. Le but est avant tout commercial avec un passage est-ouest. Mais à l’inverse des Etats-Unis, ses moyens sont limités.

 

En ouvrant le Syunik au tandem turco-azéri, l’Arménie va devenir un pays de transit au même titre que la Géorgie voisine, qui depuis des années sert de passage aux divers pipe-lines et voies ferrées Azerbaïdjan-Turquie (BTK, BTC, BTE …). Une différence de taille toutefois avec les Géorgiens : le lourd contentieux entre les Arméniens et les Turcs n’est toujours pas réglé, malgré les dires de Nigol Pachinian.

 

 

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a fait une courte halte en Arménie, avant de poursuivre son voyage vers l’Inde.

 

Il a rencontré son homologue arménien, Ararat Mirzoyan, avec lequel il a signé trois documents :

 

1    - L’Accord-cadre entre les États-Unis et l’Arménie sur la coopération stratégique concernant la Route Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP), ainsi que Accord-cadre relatif aux Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), ont été paraphés ;

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Europe

 

Le chancelier allemand Friedrich Merz a proposé d'autoriser l'Ukraine à participer aux réunions de l'UE sans droit de vote, à titre d'étape transitoire vers une adhésion pleine et entière au bloc, ce qui, selon lui, pourrait contribuer à garantir un accord mettant fin à la guerre de quatre ans déclenchée par l'invasion russe. C'est-à-dire avec un statut de membre « associé » de l'Union européenne.

 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dans une lettre aux dirigeants de l'UE que la proposition de l'Allemagne était « injuste », car elle priverait Kiev de ses droits de vote au sein du bloc. « Il serait injuste que l'Ukraine soit membre de l'Union européenne mais n'ait pas voix au chapitre. Le moment est venu de progresser pleinement et concrètement vers une adhésion effective de l'Ukraine. »

 

Le départ du Premier ministre hongrois Viktor Orbán — un fervent opposant à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE — après les élections du mois dernier ont créé une opportunité de progrès substantiels dans les négociations d'adhésion.

 

Zelensky a remercié les dirigeants européens pour leur soutien pendant la guerre et a déclaré que l'Ukraine sert de « rempart contre l'agression russe pour l'ensemble du bloc des 27 membres ».

 

« Nous défendons l’Europe – pleinement, et non partiellement ni par demi-mesures. L’Ukraine mérite un traitement équitable et l’égalité des droits en Europe », a-t-il déclaré.

 

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Etats-Unis

 


Le président Donald Trump a annoncé qu'il soutenait la candidature du Premier ministre Nigol Pachinian aux prochaines élections législatives en Arménie.

 

« Le Premier ministre arménien Nigol Pachinian, un grand ami et un dirigeant exemplaire, œuvre à rendre son pays fort, prospère et très sûr ! Nigol partage pleinement ma vision de la PAIX et de la PROSPÉRITÉ pour l'Arménie et toute la région du Caucase du Sud.

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Russie

 

« Il faut reconnaître que Pachinian a choisi la voie de la rupture des relations avec la Russie. Il semble qu'il y trouve son intérêt, en jouant sur les contrastes politiques, d'acquérir un prestige démesuré en Occident tout en mettant en péril les relations avec notre pays, l'Organisation du traité de sécurité collective et l'Union économique eurasienne,» a déclaré le vice-président du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev.

 

« Apparemment, il nous a pris pour des imbéciles. Parallèlement, il a lui-même commis une grave erreur d'appréciation systémique et poursuit une politique extrêmement dangereuse pour son propre pays… Imaginez : 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Deux ans se sont écoulés depuis la rétrocession à l'Azerbaïdjan des villages de Baganis Ayrım, Ashagi Eskipara, Kheyrimli et Gizilhajili, situés dans le Gazakh.

 

Conformément aux instructions du Président Ilham Aliev, et afin d'assurer la libération des dits villages le Protocole de la 8e réunion de la Commission d'État pour la délimitation de la frontière entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie et de la Commission pour la délimitation de la frontière et la sécurité des frontières entre les deux pays a été signé le 19 avril 2024.

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

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