Arménie-Azerbaïdjan : « Pas de corridor, pas de paix »

 

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le 8 août prochain sera célébré le premier anniversaire du Sommet de Washington qui a vu les deux Etats belligérants du sud-Caucase signer un préaccord de paix sous l’égide de l’Oncle Sam.

 

Est-ce que pour autant la notion de paix est perçue de la même façon chez les deux dirigeants caucasiens ? Officiellement oui puisqu’ils ont signé un protocole, officieusement non, car dans les faits leurs comportements diffèrent grandement.

 

Certes il y a des contacts réguliers et des commissions mixtes qui œuvrent au rapprochement des points de vue et au règlement des différends. Elles avancent lentement d’autant plus qu’elles se basent sur des documents différents.

Ainsi, en ce qui concerne les cartes d’état-major russe, pour les Arméniens ce sont celles de 74-78, alors que pour les Azéris ce sont celles de 86-90.

Il en est de même sur l’interprétation de certains passages des accords d'Alma-Ata (Almaty)(*). La référence à ces accords se retrouve dans l’art.5 de la déclaration conjointe signée par le Président de l'Azerbaïdjan, le Premier ministre de l'Arménie et le Président des États-Unis, le 8 août 2025. Le préambule de l’accord de paix signé le même jour par les ministres des affaires étrangères arménien et azéri à Washington, y fait également référence.

 

Dans le cas d’Ilham Aliev la distorsion est pire, lorsque cela ne lui convient pas malgré sa signature, comme par exemple le cessez-le-feu de Moscou de novembre 2020, il passe totalement outre ses engagements et fait même le contraire. Rappelez-vous des grignotages de territoires, 208 km² à ce jour, et des escarmouches sur les civils karabakhis à partir de 2021 jusqu’au nettoyage ethnique de septembre 2023. Poutine a laissé faire volontairement, mais pour des raisons géopolitiques.

 

Dans les discours officiels en présence d’étrangers, les deux dirigeants se montrent toujours optimistes, sans pour autant donner de date pour la signature de l’accord de paix. Ilham Aliev se contente de rappeler la nécessité de changer la constitution arménienne, allergique qu’il est à voir le mot ‘Karabakh’ dans les textes arméniens, officiels ou non. Une fois l’accord signé, ce ne sera plus possible car contraire à l’art. IV du traité : « Les Parties s’abstiennent d’intervenir dans les affaires intérieures de l’autre. » 

 

Un autre mot qu’Ilham Aliev n’aime pas voir, le ‘Groupe de Minsk de l’OSCE’. Pour lui, c’étaient des gens qui l’empêchaient de faire ce qu’il voulait aux frontières avec l’Arménie, malgré leurs communiqués on ne peut plus génériques. Il interdisait aux Observateurs de l’OSCE d’accéder sur certains sites quand les équipements installés n’avaient rien de défensifs.

 

Lors des conférences de presse, Nigol Pachinian est souvent obligé de reconnaitre qu’il y a des problèmes non résolus, comme l’échange d’enclaves – l’Arménie a restitué les trois enclaves azéries alors que Bakou n’a rien fait pour l’enclave arménienne d’Artsvachene. Ou encore la délimitation/démarcation de la frontière – seuls 13 km sur les 509 ont été validés en trois mois. Et plus grave encore, comme les prisonniers politiques arméniens détenus par Bakou.

 

Mais là où la divergence profonde se fait jour, c’est sur les moyens utilisés pour faire pression sur l’adversaire. A noter que les pressions, directes ou indirectes, sont toujours dans le même sens : Bakou sur Erevan. Pachinian ne fait jamais de reproches au tandem turco-azéri, passe son temps à arrondir les angles et quand ils sont trop vifs, il est persuadé qu’ils se régleront après la signature de l’accord de paix. Son optimisme frise parfois l’angélisme.

 

Il en est tout autre dans l’aréopage du dictateur.

 

Sur les sites officiels azerbaidjanais, il ne se passe pas une semaine sans que des analystes, des experts, voire des historiens locaux, dénigrent l’Arménie et/ou les Arméniens sur ce qu’ils ont fait, se basant sur des documents fictifs et/ou purgés. Eux sont des ‘saints’ qui n’ont jamais fait de mal, même à une moche, et qui ont à faire à des ‘terroristes’. Combien de fois n’ont-ils pas traité les dirigeants arméniens de fascistes et/ou de nazis, à croire qu’ils ont oublié ce que ces termes signifient exactement.

 

Toujours est-il que les propos officiels, qu’ils soient verbaux ou sous forme de communiqués, sont toujours les mêmes, aussi bien côté turc que côté azerbaidjanais : Les Arméniens sont des agresseurs.

 

Le dernier communiqué émanant d’Ankara est clair comme de l’eau de roche. La Turquie ne fera rien qui puisse gêner Bakou en quoi que ce soit. A commencer par maintenir la frontière avec l’Arménie fermée et se contenter de promesses, applicables seulement lorsque Bakou donnera le feu vert. Ce qui n’empêche pas de commercer en passant par le Djavaghk (Géorgie), et ce depuis des années. Les décisions prises par les représentants spéciaux Serdar Kilic et Ruben Rubinian dans le cadre de la normalisation des relations Arménie-Turquie restent lettres mortes.

 

De son côté, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov, a déclaré : « Le ‘couloir de Zanguézour’ aura deux entrées/sorties : soit par l’Azerbaïdjan soit par le Nakhitchevan. » Dit autrement, l’Arménie n’aura aucun droit de regard. C'est-à-dire une interprétation très personnelle des accords sur la route Trump (TRIPP) et des ADPIC.

 

Quant à Ilham Aliev, prenant la parole lors de la cérémonie d'ouverture du 4e Forum mondial des médias de Chouchi, a déclaré : « Lorsque l'Arménie a commencé à être présentée comme le principal carrefour de transport de la région. Un pays sans aucune expérience en matière de transit se voit soudainement désigné comme tel. » Se permettant même de jouer sur les mots : « On a eu l'impression que l'Azerbaïdjan imposait un blocus à l'Arménie, ce qui était faux. » Par contre un blocus de neuf mois des Arméniens du Karabakh était on ne plus vrai.

 

On retombe toujours sur la même constatation : L’Azerbaïdjan n’a que faire de l’Arménie et des Arméniens en général, il n’a qu’un seul et unique but, récupérer les territoires que les bolchevicks ont donné à l’Arménie ou à défaut obtenir la liaison Nakhitchevan-Azerbaïdjan, c'est-à-dire la continuité turcique des peuples touraniens.

 

De ce qu’en pensent les Européens, le dictateur azéri n’en a que faire, d’ailleurs il l’a clairement déclaré à Chouchi :

  •          L'Azerbaïdjan se retire de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
  •         L'Azerbaïdjan envisage un retrait total du Conseil de l'Europe.
  •         L’Azerbaïdjan n'a pas voté pour les juges de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et ne reconnait donc pas leurs décisions. Nous envisageons un retrait définitif de la CEDH.

 

Le seul qui soit satisfait de ces disfonctionnements est le pantin … articulé qui dirige l’Arménie.

 

 

 

(*) : Les accords d'Alma-Ata sont un ensemble de déclarations et de textes signés le 21 décembre 1991 par onze des quinze anciennes républiques socialistes soviétiques, dont l’Arménie et l’Azerbaïdjan, relatifs à la cessation d'existence de l'Union soviétique et à la fondation de la Communauté des États indépendants (CEI).

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne


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Arménie

 

« Le projet « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP) sera mis en œuvre sur le territoire de la République d'Arménie, conformément aux dispositions de l'accord-cadre signé entre l'Arménie et les États-Unis en mai, » a déclaré la porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Annie Badalian, suite aux propos de Bayramov concernant le « corridor de Zanguézour ».

 

« Les négociations se déroulent principalement entre les États-Unis et l'Arménie, car cette question concerne le territoire arménien. 

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Union européenne

 

« Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent s'entendre sur une nouvelle mission de partenariat pour l'Arménie. La mission vise à lutter contre les menaces hybrides auxquelles le pays est confronté, » a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, avant la réunion du Conseil des Affaires étrangères à Bruxelles.

 

« La mission de partenariat de l'Union européenne en Arménie (EUPM Arménie) est une mission de conseil civil, mise en œuvre dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Elle a été créée 

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Etats-Unis

 

Suite aux récentes déclarations du vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Mnatsakan Safarian, qui avait affirmé que le corridor TRIPP reliant l'Azerbaïdjan à Nakhitchevan via la province arménienne de Syunik fonctionnera conformément aux règles de transit de l'UEE. Safarian avait également déclaré que l'Arménie demeurait membre de l'Union économique eurasiatique (UEE), ce qui impliquait que les opérations de transit dans le cadre du projet ADPIC seraient conformes à la réglementation en vigueur au sein de l'UEE. Il avait ajouté que les autorités douanières arméniennes appliquaient la réglementation douanière de l'UEE et qu'aucun problème n'avait été constaté à ce jour avec

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Russie

 

La société nucléaire d'État russe Rosatom a proposé la construction d'une centrale nucléaire de grande ou moyenne capacité en Arménie afin de répondre aux futurs besoins en électricité du pays. La proposition a été annoncée par le directeur général de Rosatom, Alexey Likhachev.

 

« Notre proposition consiste en une centrale de grande ou moyenne capacité, dotée d'une ou deux unités de production d'électricité, qui permettrait de couvrir le déficit énergétique prévu pour des décennies. L’énergie nucléaire produit actuellement environ 30 % de l'électricité arménienne.

 

Dans le même temps, l'Arménie peut faire face à une future pénurie de capacité de production d'électricité, de l’ordre du gigawatt. Les préparatifs en vue d'un tel scénario doivent commencer à l'avance par le développement de nouveaux projets énergétiques. Une solution possible serait la construction d'une centrale nucléaire avec un ou deux réacteurs.

 

Posséder un secteur de l'énergie nucléaire développé est un indicateur du niveau élevé de développement industriel et économique d'un pays. »

 

Lors de la visite du vice-président J.D Vance à Erevan, Nigol Pachinian a annoncé la conclusion d'un accord sur un projet de centrale nucléaire modulaire. À l'issue des discussions, les deux parties ont signé un accord de coopération pour l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire.



Rosatom Service met actuellement en œuvre un projet visant à prolonger la durée de vie opérationnelle de la centrale de Medzamor.

 

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Israël

 

La Knesset, le parlement israélien, a reporté le vote sur la résolution reconnaissant le génocide arménien. Un responsable israélien a confirmé cette décision.

 

Cette décision intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, suite aux attaques iraniennes continues dans le golfe Persique qui ont perturbé le cessez-le-feu. Elle fait également suite au sommet de l'OTAN qui s'est tenu la semaine dernière en Turquie, au cours duquel Ankara a exhorté le président américain Donald Trump à reprendre les livraisons

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Prenant la parole lors de la cérémonie d'ouverture du 4e Forum mondial des médias de Chouchi, intitulé « La mission des médias dans la promotion de la paix : rétablir la vérité et reconstruire la confiance », le président Ilham Aliev a déclaré :

 

« L'Azerbaïdjan envisage un retrait total du Conseil de l'Europe. Il en était autrement autrefois concernant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) : Je regrette cette situation. En 2001, alors que j'étais député au Parlement azerbaïdjanais, je dirigeais la délégation. J'y ai siégé pendant deux ans. Quatre sessions s'y tenaient chaque année. Ce fut pour moi une expérience 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 

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