A la Une

mardi 31 janvier 2012

Génocide arménien : La dernière cartouche d’Ankara


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Sous la conduite de Jacques Mézard - président du groupe du Rassemblement Démocratique et Social européen (RDSE) et membre de la Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale - 72 sénateurs (il en fallait au moins 60) viennent de déposer un recours auprès du Conseil constitutionnel pour faire invalider le texte pénalisant les dénis de génocides reconnus par la France, en l’occurrence le génocide juif et le génocide arménien. A noter que seule la Shoah était punie grâce à la loi Gayssot.

Le 23 Janvier le Sénat par 126 voix pour et 86 contre, avait voté le projet de loi. 236 sénateurs sur un effectif global de 347 avaient pris part au vote.

Il est clair que dès que l’Assemblée nationale a voté le projet de loi le 22 Décembre dernier, la Turquie en plus de ses menaces verbales s’est activée pour faire échec au projet de loi. Un mois plus tard, après la validation par le Sénat, elle a mis les bouchées doubles en jetant dans la bataille tous ses moyens étatiques et en intervenant directement et individuellement auprès des sénateurs ayant contre le projet de loi.

A voir le profil et la couleur des détracteurs, Ankara n’a pas eu à beaucoup forcer les Radicaux de Gauche de Jean-Pierre Baylet ou les écologistes de Jean-Vincent Placé, grands défenseurs de l’entrée de la Turquie en Europe.

Comme quoi aux prochaines élections, jouer Placé n’est pas forcément jouer gagnant !




dimanche 29 janvier 2012

Pénalisation des négationnistes : Deux poids, deux mesures


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Pour certains parlementaires français, les génocides doivent être hiérarchisés. Il y a les bons génocides, c’est à dire ceux qui méritent que leurs négateurs soient considérés comme des criminels et poursuivis au pénal, et les autres. Pour les autres, une simple poursuite au civil est suffisante, au même titre qu’un délit quelconque.

Pour ce faire, un certain nombre d’arguments fallacieux sont avancés :
-      Ce n’est pas au parlement d’écrire l’histoire,
-      C’est réprimer le droit à la libre expression,
-      C’est empêcher les chercheurs de pouvoir travailler librement,
-      C’est une loi électoraliste à la veille des élections,
-      La France va se mettre la Turquie à dos, perdre un certain nombre de marché et dégrader encore plus sa balance commerciale.

Malgré que ces points de discordes aient été repris un par un et contrargumentés par des juristes, des experts ou des universitaires dans les quotidiens et hebdomadaires nationaux, des dizaines de sénateurs et de députés, dépités que leurs argumentaires n’aient pas été retenus par leurs collègues, font tout leur possible pour casser la loi par la saisine du Conseil constitutionnelle avant sa promulgation d’ici une dizaine de jours.

Si pour la majorité de ces élus insatisfaits, cette démarche relève de leur profonde conviction sur les points précités, ce qui est tout à fait leur droit, mais les autres cette démarche relève en fait de motifs plus profonds et difficilement avouables. Ce n’est pas pour rien que l’on trouve parmi ces derniers les membres des groupes parlementaires d’amitié France-Turquie et France-Azerbaïdjan, ou des inconditionnels invétérés de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Ces gens-là n’ont rien à faire de l’Arménie, des Arméniens et de leur génocide vieux d’un siècle ; considérés comme des empêcheurs de tourner en rond face au modèle démocratique de la région. L’important pour eux est que la belle et grande Turquie moderne rejoigne au plus vite l’UE !


mercredi 25 janvier 2012

Conflit du Karabakh : Rencontre trilatérale à Sotchi


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le 23 janvier 2012, deux événements majeurs se déroulaient simultanément à 3000 km de distance. Le premier sur le règlement du conflit du Haut-Karabakh à Sotchi (Russie), le second au Sénat français sur le vote du projet de loi pénalisant les dénis de génocide.  

Les trois présidents, Dimitri Medvedev, Serge Sarkissian et Ilham Aliev se sont rencontrés pour la septième fois et trouver un terrain d’entente afin de résoudre le conflit du Karabakh commencé il y a plus de vingt ans. Les positions principales sont restées inchangées : Bakou exigeant le retour des territoires perdus et refusant toute notion d’indépendance, Erevan mettant en avant le droit à l’autodétermination des peuples et refusant l’usage de la violence, verbale ou militaire. Les dirigeants politiques étant dans l’impasse, des espoirs peuvent exister côté de la société civile, des intellectuels/universitaires et des défenseurs des droits de l’homme. Un travail de longue haleine.

En attendant une quelconque avancée, il y a lieu de se féliciter que grâce aux médiateurs internationaux, Bakou ne s’est pas lancé dans une nouvelle guerre, se contentant de violer le cessez-le-feu sur la ligne de contact.

(…)

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, et vis et versa. Autant en Turquie tous les dirigeants ont critiqué et menacé la France, en vilipendant le président Sarkozy ; autant en Arménie, toute la classe politique en commençant par le Président et finissant par la population, en passant par les chefs religieux, ont chaleureusement remercié la France et les Français pour leur acte courageux malgré les conséquences. Tant et si bien que l’ambassadeur de France, Henri Raynaud, est sorti dans la rue serrer les mains des manifestants. Ce qui bien évidemment a été le contraire pour son collègue Laurent Bili à Ankara.

Après la violence des paroles et des menaces, reste à savoir ce que fera réellement la Turquie si la loi est promulguée. Les interdits lancés par les dirigeants turcs sur air, sur mer et sur terre, sont-ils réellement applicables ? N’oublions pas qu’en 2011 les échanges commerciaux s’élevaient à 12 Milliards, que les investissements de la France ont avoisinés les 15 Milliards. Souvenez-vous également qu’après le vote de la France reconnaissant le génocide arménien (2001), le commerce entre les deux pays a augmenté de 30% !

Sans doute que comme dans le processus arméno-azerbaidjanais, c’est la société civile, les intellectuels/universitaires et des défenseurs des droits de l’homme, qui vont faire avancer la compréhension des dirigeants.

mardi 24 janvier 2012

Pénalisation du déni des génocides


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Par 126 voix pour et 24 abstentions, les sénateurs ont confirmé le vote des députés. Les motifs principaux des 86 sénateurs qui ont voté contre, portaient sur le fait que les lois mémorielles ne doivent plus être débattues par les parlementaires, que ce n’est pas au parlement mais aux historiens de qualifier l’historique et que ce faisant on se met à dos un grand pays, partenaire économique et stratégique dans cette région du monde. Bref le même argumentaire développé le 22 décembre 2011 à l’Assemblée nationale. Le seul problème c’est que ces élus, comme à l’époque un certain Georges Marchais répondant aux journalistes, ont répondu à des questions que le texte de loi ne posait pas, à savoir si le parlement français devait ou pas qualifier les massacres de masse de 1915 sous l’empire ottoman. Bref parler de sujets qui ont été débattus il y a onze, et que si anomalie ou anti-constitutionalisme il y avait, c’est à l’époque qu’il fallait monter aux créneaux.

On peut certes pousser l’analyse et disséquer les commentaires de chacun, mais c’est un débat de spécialistes qui n’intéresse pas forcément grand monde. On notera toutefois que si à peu près le même nombre d’UMP (57/132) et de PS  (56/130) ont voté pour ; la quasi-totalité des Centristes, ainsi que tous les Radicaux de Gauche et tous les Verts, ont voté contre. C’est vrai que punir un négationniste n’a effectivement rien d’écologique !

La morale de cette histoire, c’est qu’indépendamment des vagues  de commentaires passionnés, mais pas forcément passionnants, la Turquie est montée sur ses grands chevaux et que certains politiciens sont même carrément sortis de leurs gonds. Parler de liberté d’expression, de racisme, de droits de l’homme ou d’intolérance dans la bouche des dirigeants turcs prêterait à sourire si le sujet n’était aussi grave.

La morale de cette morale : Si au moment des hors-d’œuvre, la Turquie montre des signes manifestes d’indigestion, que se passera-t-il quand le plat principal arrivera en 2015 au centenaire du génocide arménien, accompagné de plusieurs autres pays qui auront suivi l’exemple de la France ?

mercredi 18 janvier 2012

Edouard Nalbandian fait le point sur les processus arméno-azéri et arméno-turc.


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Lors d’une conférence de presse et à la veille de la rencontre trilatérale de Sotchi, le chef de la diplomatie arménienne a rappelé les actions menées jusqu’à présent aussi envers l’Azerbaïdjan que la Turquie.

Les négociations sur le conflit du Karabakh piétinent malgré les relances successives des pays coprésidents du groupe de Minsk ou des Organismes internationaux. Si le statut et le devenir du Haut-Karabakh sont devenus un objectif lointain, la situation sur la ligne de front ne cesse de se dégrader, malgré les accords signés, mais hélas non respectés.

Les violations sont permanentes, pire, elles ont tendance à déborder de la ligne de front Karabakh-Azerbaïdjan sur la frontière arméno-azerbaidjanaise. Violations qui ont lieu exclusivement en dehors des jours où la Mission d’observation de l’OSCE fait sa tournée.

D’ailleurs le président Ilham Aliev a été très clair lors de ses vœux à la nation. Des trois principes de base proposés par les médiateurs internationaux, seul est retenu celui de l’intégrité territoriale. Les deux autres, non usage de la force ou de sa menace et droit à l’autodétermination des peuples, ne font pas de la panoplie azerbaidjanaise. Et ce malgré l’acceptation par les dirigeants de Bakou des dites propositions. A noter toutefois, que Bakou n’est pas le seul à renier sa signature, Ankara est là pour donner le (mauvais) exemple de non respect - extension de l’union douanière aux dix derniers pays rentrés dans l’UE dont Chypre et plus récemment les protocoles de normalisation avec l’Arménie.

Si le processus arméno-azéri marque le pas depuis déjà quelques années, celui arméno-turc est rentré dans un coma profond, maintenu en vie artificielle par les Etats-Unis et la Suisse en tant que pays médiateur. Quant à l’UE, elle suit gentiment le corbillard de ses illusions sur la transformation de la Turquie. Turquie qui du reste leur sera très utile quand les problèmes syrien et/ou iranien déboucheront un jour ou l’autre sur des sanctions autres que verbales.

Conséquence prévisible si un tel chaos se produisait, la forte tentation des dirigeants azéris de régler le conflit du Karabakh autrement que par des moyens pacifiques.  

dimanche 15 janvier 2012

Janvier 1990 : Les pogroms anti-arméniens de Bakou commençaient


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

La communauté internationale, ravivée par Bakou, parle toujours du million de réfugiés azéris et oublie de dire que plus de 400.000 Arméniens ont fui l’Azerbaïdjan suite aux pogroms.

Cette semaine a marqué le 22ème anniversaire du pogrom contre les Arméniens de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, du 13 au 20 janvier 1990. Ce pogrom a été un des derniers d’une longue série de massacres commencée en 1905 (1) contre la population arménienne qui vivait sur des territoires devenus par la suite l’Azerbaïdjan.

Selon les journalistes et les observateurs internationaux, ces massacres avaient été prémédités, puisque des listes d’Arméniens et leurs adresses avaient été communiquées aux assaillants. La zone qui entourait le quartier arménien était ainsi devenue la scène de terribles massacres. Il ne restait que des ruines en feu de l’église arménienne, dont la congrégation avait été déjà supprimée. De Soumgait en 1988 à Maragha en 1992, après les massacres et les déportations massives des Arméniens dans l’ensemble du pays, la population arménienne toute entière a fui l’Azerbaïdjan. Actuellement, 300.000 réfugiés vivent en Arménie et au Karabakh, les autres dans les ex-républiques soviétiques.

La République d’Arménie leur a octroyé un refuge ainsi que la citoyenneté. Ainsi, 10% de la population d’Arménie vit dans des conditions extrêmes, et est privée du statut international de réfugié.

A l’inverse de l’an dernier et sans doute pour paraître plus affable aux yeux du Groupe de Minsk de l’OSCE, le président Aliev en présentant ses vœux a évité les relents militaristes et son hystérie anti-arménienne habituelle. Ce qui ne l’a pas empêché de confirmer la position de Bakou sur le Karabakh : retrait de toutes les forces arméniennes des territoires occupés et retour du Haut-Karabakh dans le giron azéri – bref la situation d’avant-guerre. Ce qui ne laisse pas présager beaucoup de progression lors de la prochaine rencontre trilatérale à Sotchi.

Comme chacun sait, chez un politicien la mémoire est terriblement sélective.



vendredi 13 janvier 2012

Hrant Dink : Bientôt cinq ans


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il y a comme cela des procès fleuves qui n’en finissent pas, celui de Hrant Dink en fait partie. Non parce que l’affaire est complexe, mais plus simplement parce que la victime est d’origine arménienne, que les assassins (présumés) sont Turcs et que les commanditaires sont des nationalistes hauts placés, pour ne pas dire plus.

Il n’est pas bon pour l’image de la Turquie, fortement écornée en Occident par ses dérives anti-démocratiques et anti-libertaires, de faire figure de nationaliste et de sectaire, surtout quand le dit pays vient de commencer les négociations d’adhésion avec l’UE. Attraper le ‘lampiste’, exécuteur des basses œuvres, n’a certes pas été trop difficile pour un Etat policier, mais de là à désigner les vrais coupables, c’est une autre histoire, surtout quand ces derniers sont des VIP des cercles étatiques.

Si le premier ministre Erdogan fait la chasse depuis quelques années aux membres de l’Etat profond, composé essentiellement de militaire hauts gradés, en activité ou en retraite, proches et garants des idées laïques d’Atatürk, et plus généralement à toute organisation susceptible de mettre à mal sa politique intérieure et surtout extérieure, tel le réseau Ergekon, il n’en est pas du tout de même des groupes ou groupuscules nationalistes qui défendent bec et ongle la ‘turquicité’, entendez par là la fierté et l’identité turque. Les loups Gris en sont l’exemple parfait, qui vivent en toute impunité et qui sont pour la Turquie ce qu’étaient les escadrons de la mort pour l’Amérique latine.

Aussi, rien d’étonnant que le procès dure depuis cinq ans. Quant à mettre des dirigeants en examen, ce n’est pas demain la veille, ni même après-demain, et ce d’autant que le récent vote par l’Assemblée nationale française sur la pénalisation du déni de génocide va exacerber les esprits du citoyen turc, qu’il soit juge ou juré, ou même simple quidam. J’exclue bien évidemment les quelques intellectuels turcs qui ont le courage de leurs opinions à contre-courant du discours officiel.

Il faudrait peut-être de temps à autres, mettre Ankara face à ses propres contradictions, et qu’avant de faire la morale aux autres, les dirigeants turcs feraient bien de balayer préalablement devant leur Porte, même si elle n’est plus Sublime.

C’est ce que n’a pas manqué de faire le député autrichien du groupe BZÖ, Ewald Stadler. (Voir la vidéo).

mercredi 11 janvier 2012

Sud-Caucase : Un avenir incertain


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

2011 n’a vu aucun progrès sur les deux processus majeurs de la politique étrangère de l’Arménie : La normalisation des relations arméno-turques et les négociations de paix avec l’Azerbaïdjan sur le conflit du Karabakh. Au contraire, la situation s’est aggravée tant sur la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et forces azéries qu’avec les relations inexistantes avec la Turquie.

Le surarmement et la sophistication des armes de Bakou ont entrainé la violation systématique et quotidienne du cessez-le-feu et la mort de plusieurs de soldats et de civils de part et d’autre. L’odeur du pétrole et maintenant du gaz ont tourné la tête du président Ilham Aliev, et les dirigeants azerbaidjanais à l’instar de leur chef, ont toujours refusé de retirer les snippers de la ligne de front, tout comme reconnaître le principe d’autodétermination des peuples. Seule compte l’intégrité territoriale et le retour à la situation d’avant 1988, avec ou sans la présence des Arméniens du Haut-Karabakh.

Quant à la Turquie, qui ni n’a jamais voulu normaliser ses relations avec sa voisine malgré sa politique du ‘zéro problème’, et pour qui tous les prétextes sont bons pour repousser la ratification des protocoles, signés sous la pression de Washington, vient de trouver un nouvel élément inespéré pour ce faire : la pénalisation du déni de génocide (arménien) par la France. Inespéré certes, mais au combien impossible à avaler car cela mettrait à mal tout le dogme de l’Etat-nation depuis sa création en 1923, édifié en partie sur les cadavres de 1.500.000 d’Arméniens, sans compter les Grecs et les Assyro-Chaldéens. Dur d’effacer d’un coup de trait un siècle de mensonges et de malversations. Que l’on soit laïc ou religieux, de droite ou de gauche, un seul mot d’ordre : ‘touche pas à ma fierté nationale’. Comme dirait Monsieur Erdogan-Damart : ‘Génocidaire, moi, jamais’

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, celui des descendants des rescapés du génocide, éparpillés à travers le monde, et qui depuis des décennies frappent à la porte des grandes puissances pour faire reconnaître et condamner le premier crime contre l’humanité du XXème siècle.

Il y a longtemps que la reconnaissance du génocide arménien a quitté le domaine de l’histoire pour rentrer, ainsi que sa condamnation, dans celui politique.

mardi 10 janvier 2012

La Turquie et la méthode Coué.


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La Turquie a adopté la ‘méthode Coué’ avant même la parution de l’ouvrage d’Emile Coué en 1926 - La maîtrise de soi-même par autosuggestion consciente. Non seulement la méthode est appliquée aux membres du gouvernement turc, mais à tous les diplomates et élus de tous bords. Et comme cela ne suffisait pas, elle a été étendue à toute la population, enfants compris. Les livres d’histoire ont été corrigés en conséquence.

Cet état d’esprit est tellement ancré dans les mœurs que même à l’étranger le citoyen d’origine turque n’admet pas que d’autres puissent penser autrement, et manifeste bruyamment scandant les slogans puisés dans les propos des dirigeants d’Ankara, le tout sous des calicots et des drapeaux fournis par le Consulat turc. En clair, un pays européen n’a pas le droit d’adapter une loi-cadre de l’UE, si la dite loi ne convient pas à Ankara !

En Turquie, on peut dire le mot ‘Arménien’, d’autant que c’est une insulte dans la bouche de beaucoup de gens, on peut dire aussi le mot ‘génocide’, mais il est formellement interdit d’associer les deux mots : ‘génocide arménien’. D’ailleurs l’article 301 du code pénal turc est là pour châtier les récalcitrants. Quant à manifester comme dans un pays occidental, ce n’est pas la peine d’y penser ; les quelques courageux qui s’y risquent sont rapidement interpellés.

En cas de confirmation par le Sénat du projet de loi sur la pénalisation du déni de génocide, la Turquie a promis de sévir encore plus contre la France. Que fera-t-elle si d’autres pays européens adoptent  la même démarche, rompra-t-elle les négociations d’adhésion ?

Mais qu’Erdogan and Co se rassurent, la perfide Albion sera toujours à leurs côtés, du moins tant que les Etats-Unis n’auront pas reconnu le génocide arménien.

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