samedi 30 juillet 2022

D’Erdoğan ou d’Aliev, qui sera le plus hypocrite ?

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Certes, il y a pire qu’eux, à commencer par les grandes puissances, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unis. Toutefois, on peut classer ces deux là premiers ex æquo quand il s’agit de l’Arménie, et des Arméniens en général, ils s’entendent comme larrons en foire pour la rabrouer et l’écarter de leur chemin.

 

Il faut dire que le climat actuel s’y prête. Les Occidentaux ont mis leurs beaux principes et leurs valeurs de côté pour quémander auprès de gens pas très démocratiques et peu respectueux des Droits humains, quelques millions de barils de pétrole complétés par quelques milliards de m3 de gaz supplémentaires.

 

Commençons par le dictateur azéri. Digne descendant de son père Heydar - qui a régné sur son pays jusqu’à sa mort en 2003, Ilham a repris le flambeau présidentiel pour assouvir sa vengeance contre les Arméniens en septembre 2020. Depuis, il n’a de cesse d’humilier les vaincus, leur imposant ses quatre volontés avec l’aval du camarade Poutine et l’appui tacite de son grand frère, le sultan du Bosphore. Pour ce qui est des deux autres coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, les États-Unis et la France, ils observent et donnent des conseils génériques, mais surtout ne pas se mouiller. Il y en a même un qui a monté sa neutralité en dogme. Ils sont là pour aider les belligérants, mais une fois qu’ils auront résolus leurs différends ; Par un traité de paix par exemple.

 

L’objectif du potentat local : obtenir une bande de terre dédiée pour traverser le Zanguézour arménien et réaliser la jonction Azerbaïdjan-Nakhitchevan-Turquie ; et au passage, couper l’Arménie de l’Iran. Reste toutefois un problème important : La présence de 2200 soldats russes au Haut-Karabakh. Théoriquement jusqu’au 9 novembre 2025 selon l’accord tripartite de cessez-le-feu du 9 novembre 2020.

 

Cet individu peu recommandable se sent pousser des ailes, depuis que l’Union européenne le caresse dans le sens du poil. La présidente de la Commission européenne en personne, Ursula von der Leyen, est venue négocier un surplus de livraison gazier, comme un VRP quelconque. Mettant ainsi de côté ses convictions, si tant est qu’elles en restent encore.

 

Mais ce n’est rien à côté de son mentor ottoman, qui en plus d’avoir la grosse tête depuis le soi-disant coup d’État de juillet 2016 - arrivé fort à propos pour évincer les opposants, a les chevilles qui enflent sérieusement depuis la guerre russo-ukrainienne. Avant d’aller trop loin dans sa quête de gloire, le gardien de la Sublime Porte devrait lire des fables de La Fontaine et plus particulièrement la morale de « La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf ».

 

La diplomatie turque, rodée depuis des décennies à jeter de la poudre aux yeux des Occidentaux de tous poils et de tous bords et à les rouler dans la farine, essaie de se comporter pareillement avec ses voisins. Malheureusement pour elle, ces derniers n’ont pas oublié les comportements sauvages de "l’Homme malade de l’Europe", que ce soit dans les siècles passés ou plus récemment. On est très loin de la doctrine « Zéro problème avec les voisins », chère à l’ex-premier ministre Ahmed Davutoğlu et à son néo-ottomanisme.

 

La Turquie moderne n’a jamais pu encaisser les minorités, ces citoyens de seconde zone. Que ce soit les Chrétiens en premier lieu (Arméniens, Grecs, Assyro-Chaldéens) mais également les Musulmans, à commencer par les Kurdes. Les Juifs sont tolérés, vu qu’Ankara veut garder de bonnes relations avec Israël. Erdoğan effendi, n’ayant pas le don d’ubiquité, a délégué, pour la partie caucasienne, la réalisation de son projet de panturquisme à son vassal de la Caspienne. D’ici là, il doit se montrer affable avec son voisin arménien et lui faire avaler ses bonnes dispositions à son égard.

 

Même si le problème du génocide des Arméniens n’est pas abordé dans les discussions Arménie-Turquie, il n’en demeure pas moins qu’un tel contentieux ne peut pas être zappé. Le premier ministre arménien Nigol Pachinian a beau fermer les yeux sur ce point, cela lui risque de revenir à la face comme un boomerang. Si lui l’a oublié, les enfants des rescapés, pas du tout.

 

 

 

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 


« Un travail diplomatique actif est mené, y compris dans le cadre de la diplomatie parlementaire, et des réunions ont lieu très fréquemment et sous des formats différents. Autant que je sache, des pourparlers sont également en cours pour organiser une rencontre entre les dirigeants des deux pays », a déclaré le président de la commission permanente des relations extérieures de l'Assemblée nationale, 

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États-Unis

 


Lors d'un appel téléphonique avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a exhorté à libérer tous les détenus arméniens restants.

 

Le Secrétaire a offert l'aide des États-Unis pour faciliter les liaisons régionales de transport et de communication. Il a encouragé la poursuite du dialogue bilatéral et 

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Irak

 


« L'Irak a déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU, demandant une session urgente pour discuter de l’attaque d'artillerie meurtrière cette semaine que Bagdad impute à la Turquie, » a déclaré samedi le ministère irakien des Affaires étrangères.

 

"La lettre envoyée par l'Irak au Conseil de sécurité comprend un certain nombre de sujets, notamment le nombre de violations de la souveraineté irakienne depuis 2018, où nous avons documenté dans la lettre plus de 22.740 violations turques, y compris  

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Turquie-Azerbaïdjan

 


« Nous avons échangé avec le Premier ministre Pachinian, dans le cadre des fêtes religieuses des deux pays. Je suis également ravi d'apprendre que Pachinian partage avec nous des réflexions similaires en termes de paix et de coopération régionales. Maintenant, nous attendons d'eux qu'ils prennent des mesures concrètes au-delà des mots.

 

Nous sommes sérieux et déterminés dans le processus de normalisation avec l'Arménie. Nous visons également à établir une normalisation complète et des relations de bon voisinage », a déclaré le président Recep Tayyip Erdoğan dans une interview à TRT, parlant de sa récente conversation téléphonique avec le Premier ministre arménien Nigol Pachinian

 

"Il y a plus de 100.000 Arméniens en Turquie aujourd'hui. Il y a des Arméniens qui sont nos citoyens, et d’autres qui veulent devenir citoyens. Cela montre notre approche. Nous développons l'approche avec l'Arménie en coordination avec l'Azerbaïdjan », a-t-il ajouté.

 

 

 

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

dimanche 24 juillet 2022

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

 

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Il suffirait de remplacer l’ayatollah Ali Khamenei par le potentat Ilham Aliev pour que cela ressemble à un kotchari. Une danse pour commémorer non seulement la victoire turco-azérie sur l’Arménie, mais également le futur retour du Haut-Karabakh dans le giron azéri.

 

Effectivement, le tandem Turquie-Azerbaïdjan a de quoi être satisfait. Le premier est auréolé par la communauté internationale pour son action envers la libération des céréales ukrainiennes, le second, car il vient de signer un contrat gazier avec l’Union européenne, ce qui va lui permettre de fournir 20 milliards de m3 par an en 2027, en lieu et place des 8 milliards actuellement.

 

Tous deux ont réussi à faire oublier leurs comportements tant envers leurs minorités qu’envers leurs voisins. Le sultan ottoman envers les minorités chrétiennes et les Kurdes et l’occupation de 37% de Chypre depuis 1974 ; le satrape azéri envers les Arméniens et l’agression/occupation de 80% du Haut-Karabakh depuis l’automne 2020. Qui se ressemble, s’assemble.

 

Et comme un cadeau ne vient jamais seul, le rejeton du clan Aliev vient d’obtenir de l’Arménie qu’elle rapatrie les quelques soldats qui étaient encore stationnés au Haut-Karabakh. En échange de… rien ! À avaler des couleuvres, Monsieur le Premier ministre Nigol Pachinian doit avoir le ventre bien gonflé. Quant aux prisonniers arméniens, civils et militaires, ils croupissent toujours dans les geôles azéries. Ilham Aliev a fait sienne le proverbe : « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. »

 

Et personne ne trouve à redire. Les dérapages et les outrecuidances de Monsieur Aliev fils ne dérangent en fait personne, sinon les Arméniens. Tout au plus, un commentaire laconique des pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE sur ce qu’il y a lieu de faire ou de ne pas faire. Quant aux représentants de l’Union européenne qui se déplacent sur le terrain, ce n’est pas pour aider l’Arménie à résoudre le conflit du Haut-Karabakh, mais pour la presser de signer un traité de paix avec son voisin, afin de faciliter les échanges commerciaux avec Bakou. Ces mêmes personnes ne dédaignent pas de se rendre dans les « territoires libérés » sous la conduite des autorités azéries et de les plaindre des sévices subis par les « terroristes d'Erevan » (dixit Ilham). Le mot d’ordre de l’UE est : « il ne faut pas tancer le dictateur, mettre en péril le fournisseur de gaz et retarder la mise en service du « couloir » Est-Ouest à travers le Syunik ». Elle n’est pas belle l’UE ?

 

Il est surtout triste de constater que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen est devenue une VRP qui va négocier les besoins de l’UE avec les régimes dictatoriaux. Quand il s’agit de « Business » les critères de la démocratie (Libertés, État de droit, Droits humains), qui sont les valeurs de l’UE, sont mis de côté depuis plusieurs années. Après la Turquie, c’est au tour de l’Azerbaïdjan. Ursula von der Leyen réitère le quémandage effectué en avril 2021 auprès du grand frère Recep Tayyip Erdoğan, malgré le camouflet qu’elle avait reçu. Le potentat caucasien lui a épargné le « sofagate ». L’atlantisme atavique de l’Allemagne et le récent voyage intéressé de Joe Biden en Arabie Saoudite, altèrent quelque peu le jugement, Mme la présidente.

 

Toutes les attentions étant fixées sur les conséquences de la guerre russo-ukrainienne, la Turquie compte bien régler son problème avec les Kurdes installés à ses frontières, et son acolyte l’Azerbaïdjan, le sien avec les Arméniens du Haut-Karabakh et quelques km² à grappiller au Zanguézour voisin.

 

 

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 


Le Premier ministre Nigol Pachinian a reçu la délégation conduite par David McAllister, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen (AFET).

 

Le Premier ministre a mis l'accent sur la coopération étroite avec le Parlement européen et a noté que l'Union européenne est l'un des partenaires les plus importants dans la mise en œuvre effective de l'agenda démocratique de l'Arménie. Il a mis l'accent sur  

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Géorgie

 


Le 16 juillet, la réunion des ministres des Affaires étrangères d'Arménie, Ararat Mirzoyan et d'Azerbaïdjan, Jeyhun Bayramov s'est tenue à Tbilissi, organisée par le ministre des Affaires étrangères de Géorgie, Ilia Darchiashvili.

 

Discrétion et tractations de dernière minute ont donc sans doute été de mise puisque ce serait à l'initiative de l'émissaire spécial de Bruxelles qu'a eu lieu la rencontre de Tbilissi du 16 juillet. La veille, Toivo Klaar tweetait de Bakou : « Aujourd'hui, j’ai eu d'excellentes rencontres avec le président Ilham Aliev, le ministre des Affaires étrangères Jeyhun Bayramov et le vice-Premier ministre Mustafayev. J'ai évalué 

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États-Unis

 


Ararat Mirzoyan
et le secrétaire d'État adjoint américain aux Affaires européennes et eurasiennes Kern Donfried ont eu une conversation téléphonique à l'initiative de la partie américaine.

 

Les interlocuteurs ont discuté d'un certain nombre de questions liées à la sécurité et à la stabilité régionales.

 

Le ministre Mirzoyan a informé Mme Donfield des derniers développements dans le processus de normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Il a  

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Union européenne

 


Le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell, s'est félicité pour la rencontre entre les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan et Jeyhun Bayramov à Tbilissi ce week-end.

 

"C’est une étape importante vers la solution globale.

 

L'UE est pleinement engagée à soutenir un Caucase du Sud pacifique, sûr et prospère. La normalisation/réconciliation ne peut être réalisée que dans un dialogue direct », a twitté Borrell.

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


Le président Ilham Aliev a déclaré le vendredi 15 juillet que "l'Arménie refuse de remplir ses obligations envers l'Azerbaïdjan en vertu de la déclaration de novembre 2020" et que le problème n'a pas pu être résolu, même après avoir reçu une promesse du ministère russe de la Défense".

 

L’un des problèmes pour moi est la présence de troupes arméniennes au Haut-Karabakh. Lesquelles doivent quitter la région conformément aux accords".

 

Selon Aliev, un haut responsable du ministère russe de la Défense (Aliev ne l’a pas nommé ni sa position hiérarchique) 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 


samedi 16 juillet 2022

À quoi ça sert que l’Arménie elle se décarcasse !


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Si la formule (publicitaire) d’une célèbre marque d’épices est entrée dans le langage courant depuis 1978, celle liée à l’Arménie a commencé à l’automne 2020.

 

Depuis la fin de l’agression turco-azerbaidjanaise, les dirigeants arméniens font part de leurs griefs auprès des instances internationales, à commencer par les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, sur les suites de la guerre de 44 jours et le comportement du dictateur Ilham Aliev. Mais rien n’y fait, hormis un soutien moral, voire financier. Au contraire, elles écoutent et soutiennent les voix soi-disant pacifistes venant de l’autocrate azéri, Union européenne en tête.

 

Que ce soit chez les dirigeants azerbaidjanais ou turcs, rien n’y fait, « chassez le naturel, il revient au galop ». Ils parlent de signer la paix pour les uns et de rétablir les relations diplomatiques pour les autres. Mais tout cela n’est en fait qu’un vernis pour s’attirer les bonnes grâces des grandes puissances et des organisations internationales. L’important c’est d’éviter de parler du sujet qui fâche : le Haut-Karabakh. Et ça marche.

 

La diplomatie turque sait comment s’y prendre avec ses alliés occidentaux qui tombent systématiquement dans le panneau, et cela depuis la première guerre mondiale. Les uns pour des raisons de géostratégie OTANesque, les autres pour des raisons bassement mercantiles.

 

Etant tranquille côté Ouest, Ankara a négocié avec Moscou un modus vivendi dans la région en lui achetant quelques systèmes de défense antiaérienne et antimissile mobile, S-400, au grand dam de Washington. Ce qui lui permet se s’installer durablement au Nord-Ouest de la Syrie, avec de fortes envies d’étendre son territoire au-delà de la région d’Afrin. La guerre russo-ukrainienne va peut-être lui permettre d’atteindre son objectif en Syrie.

 

Rien de plus simple pour ce faire. La guerre russo-ukrainienne lui en a donné l’occasion. Monnayer son droit de veto pour permettre l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN. Erdoğan a utilisé pour cela son sésame habituel : « Les terroristes du PKK ». Le fin diplomate qu’il est, a réussi à faire avaler aux Occidentaux (USA et UE), sans trop de difficulté d’ailleurs, que les combattants du PKK ainsi que ceux du YPG de Syrie étaient des terroristes. Mis à toutes les sauces, le terme « terroriste » est terriblement galvaudé par les autocrates de tous poils, dès qu’il s’agit de l’opposition. Le comportement de l’armée turque envers les Kurdes dans l’Est de l’Anatolie qui s’apparente à du terrorisme d’Etat, est assimilé lui, à du maintien de l’ordre. Ben voyons !

 

On retrouve ce même mimétisme chez Ilham Aliev, qui n’hésite pas à emprunter au camarade Poutine, les mots de « guerre patriotique » pour son agression contre les Arméniens du Haut-Karabakh ou celui de « gouvernement fasciste » pour qualifier les dirigeants de l’Arménie.

 

La diplomatie azérie même si elle n’a pas le savoir-faire du grand frère ottoman, arrive à attirer les investisseurs de tous bords, leurs faisant miroiter ses richesses énergétiques et surtout le potentiel commercial de la future liaison avec le Nakhitchevan.

 

Reste le « brexité » britannique. Fidèle à sa tradition pro-turque pro-azérie, qui prolonge à celle séculaire pro-ottomane, a de suite proposé ses services au potentat local. Au lendemain de l’indépendance des ex-RSS, elle avait passé des accords pour l’extraction et le transport du pétrole, maintenant, c’est au tour du gaz. Londres n’a que faire du côté moral ou humanitaire, il n’a jamais pu encaisser les Arméniens, et ce depuis le XIXème siècle (1). Des empêcheurs de tourner en rond pour les politiciens anglais.

 

L’Union européenne n’est pas en reste. Que ce soient le président du Conseil européen, Charles Michel, le chef de la représentation de l'UE en Azerbaïdjan, Peter Mikhalko, le représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud et la Géorgie Toivo Klaar, ou plus récemment les ambassadeurs en Azerbaïdjan, d'Allemagne, Wolfgang Manig, de France, Zacharie Gross. Ils se font un devoir de fermer les yeux sur les multiples dérapages de l’Azerbaïdjan envers son voisin et les habitants du Haut-Karabakh, surtout depuis la guerre des 44 jours, et caressent le despote dans le sens du poil en utilisant la brosse à reluire. Et au diable la résolution du conflit du Haut-Karabakh et le devenir de ses habitants. Un salamalec n’est jamais perdu !

 

Comme dans de nombreuses démocraties, il y a une grande différence entre le parlement et/ou les régions, et l’exécutif (2) ; lequel en fait souvent à sa tête pour des raisons de réal-politique.  Ainsi, le parlement européen, qui représente la population de l’UE, relève tous les manquements du tandem turco-azerbaidjanais, préconisent les actions à mener, et les technocrates de Bruxelles passent outre les résolutions et appliquent leurs propres décisions.

 

Les Turco-azerbaidjanais peuvent se réjouir, tout le monde est derrière eux pour pacifier la région. Dit autrement, l’Arménie doit signer un traité de paix avec son voisin, et surtout elle doit ouvrir les voies de communications Est-Ouest ; quel qu’en soit le prix à payer.

 

Quant au devenir de l’Arménie et des Arméniens du Haut-Karabakh, c’est le dernier de leurs soucis. Comme disait un député du parti d’extrême-droite turc MHP : « Il faudrait en finir avec ces restes de l’épée ». C’est plus imagé que le juron courant turc « ermeni giaur ».

 

 

 

 

(1)       : Au Traité de San Stefano (aujourd'hui Yesilköy, près d'Istanbul) conclu le 3 mars 1878 entre la Russie victorieuse et l'Empire ottoman vaincu, l’article 16 stipulait : « Comme l'évacuation par les troupes russes, des territoires qu'elles occupent en Arménie et qui doivent être restitués à la Turquie, pourrait y donner lieu à des conflits et à des complications préjudiciables aux bonnes relations des deux pays, la Sublime -Porte s'engage à réaliser sans plus de retard les améliorations et les réformes exigées par les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Kurdes et les Circassiens. »

 

Au traité de Berlin quelque mois plus tard (13 juillet 1878) l’article 16 devenait l’article 61 et stipulait : « La Sublime Porte s'engage à réaliser, sans plus de retard, les améliorations et les réformes qu'exigent les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kurdes. Elle donnera connaissance périodiquement des mesures prises à cet effet aux Puissances qui en surveilleront l'application.»

 

Si le texte n’a pas changé, il en tout autrement des territoires peuplés d’Arméniens. À la suite du traité de San Stefano, l'Arménie se trouvait en grande partie rattachée à l'Empire russe. Le traité de Berlin replace une partie de l'Arménie occidentale sous le contrôle de l'Empire ottoman ; ainsi Bayazet (Bajazet), alors vidé de sa population arménienne.

 

On notera également que le traité de Berlin donne au Royaume-Uni, l'île de Chypre. Ceci explique cela sur le comportement de la Grande-Bretagne lors du traité..

Elle mérite bien son surnom de «Perfide Albion » 

 

Quant à la France, les « magouilles » faites en faveur des Turcs au lendemain de la première mondiale, concernant la Cilicie et le golf d’Alexandrette, valent à elles seules un chapitre complet.

 

 

 

(2) : En France, le 18 novembre 2020 le Sénat a reconnu la république autoproclamée du Haut Karabakh, demandant à l'exécutif de la reconnaître. Quelques jours plus tard, l'Assemblée nationale a suivi son exemple.

Et qu’a fait le président Macron ? Surtout ne pas faire de vagues et garder sa neutralité.

 

Aux Etats-Unis, il aura fallu que 49 Etats sur 50 reconnaissent le génocide des Arméniens de 1915 pour que le président (démocrate) prononce le «G word» en avril 2021. Le dernier Etat (Mississipi) l’a reconnu qu’en mai de cette année.

 

La diplomatie turque ne dort jamais quand il s’agit des Arméniens.

 

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de Azernews


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Arménie

 


Le 27 juin, et dans le cadre de sa visite de travail en Grèce, le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan a accordé une interview au journal grec Kathimerini. Extraits :

 

()Question : En 2020, il y a eu une guerre au Haut-Karabakh. L'Arménie est-elle prête à accepter le statu quo actuel autour du Haut-Karabakh ? Et sinon quelle pourrait être une alternative ?

 

Réponse : Malgré les affirmations des autorités azerbaïdjanaises selon lesquelles 

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Etats-Unis

 


L'ancien coprésident américain du groupe de Minsk de l'OSCE, James Warlick, a déclaré que Washington et Paris restaient attachés au format du groupe de Minsk, visant à parvenir à une paix durable au Haut-Karabakh.

 

Les remarques de Warlick sont intervenues jeudi 7 juillet, au milieu des déclarations de la Russie et de l'Azerbaïdjan sur l'épuisement du format du groupe de Minsk de l'OSCE. Selon lui, Moscou et Bakou ne veulent plus maintenir le format mais ne proposent pas non plus d'alternative.

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Géorgie

 


« Malheureusement, nous sommes passés par de nombreuses phases de conflits militaires. À mon avis, le format de Minsk (de l’OSCE) a déjà perdu sa signification. Je pense que la question est la suivante : pourquoi n'avons-nous pas été en mesure d'utiliser le format de Tbilissi au fil des ans ? La Géorgie et l'Azerbaïdjan sont des partenaires stratégiques ; d'autre part, nous avons également de bonnes relations avec l'Arménie. En tenant compte de tout cela, nous pouvons dire que le format de Tbilissi serait neutre, local, axé sur des questions spécifiques, qu'il serait le format du Caucase lui-même », a déclaré l'ancien président géorgien Guiorgui Margvelachvili.

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


"L'ambassade de France célèbre le 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques bilatérales avec l'Azerbaïdjan", a déclaré l'ambassadeur de France en Azerbaïdjan Zacharie Gross à l’occasion du 30e anniversaire des relations diplomatiques entre l'Azerbaïdjan et la France.

 

Selon l'ambassadeur, « L'Azerbaïdjan a été parmi les premières républiques à se mobiliser pour l'indépendance et son peuple a payé un lourd tribut, surtout lorsque les troupes soviétiques ont ouvert le feu sur des civils le 20 janvier 1990. »

 

Le diplomate a noté que la nouvelle République de 30 ans avait parcouru un chemin pas facile, cependant,  

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de Azernews

 



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