dimanche 29 janvier 2023

Bruxelles et le tandem turco-azerbaidjanais.

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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À voir le comportement de l’exécutif de l’Union européenne, on est face à l’hypocrisie poussée à l’extrême. Quand son parlement, c'est-à-dire la représentation démocratique des peuples des vingt-sept pays qui la composent, demande à sa Commission d’agir par des actes face aux actions iniques de l’Azerbaïdjan, que fait sa présidente ? Elle va signer des accords commerciaux avec le président Ilham Aliev. Sans doute que le camouflet d’Erdoğan avec le coup du sofa, ne lui a pas suffit, ou bien a-t-elle une bienveillance particulière envers le tandem turco-azerbaidjanais ?

 

On comprend volontiers que la guerre russo-ukrainienne occupe les Occidentaux à 99%, jusqu’à faire craindre à certains que Moscou se lance dans une escalade sans borne. Ainsi selon ces alarmistes, Poutine dépasserait allègrement le cercle des ex-républiques soviétiques - « l’étranger proche », en s’attaquant à l’Allemagne, à la France ou à la Grande-Bretagne, en gros à l’Europe de l’Ouest, voire déclencherait la troisième guerre mondiale contre l’OTAN.

 

Le 12 décembre dernier, l’Azerbaïdjan a mis en place le blocus total du Haut-Karabakh en bloquant la seule voie de liaison avec l’extérieur, à savoir l’Arménie. Qu’attendent les Arméniens, nationaux et diasporiques, de l’Union européenne ? Certainement autre chose que des communiqués, lénifiants ou pas.

 

Est-ce ce genre de discours qu’ont tenu les 27 lorsque la Russie a envahi l’Ukraine ? La Grande-Bretagne, quant à elle, a pris tout de suite les devants en versant de l’argent et en envoyant du matériel militaire. Il n’y a rien à attendre de la perfide Albion envers les Arméniens. On connaissait ses sentiments turcophiles et russophobes depuis le XIXème siècle, et depuis le XXème on peut ajouter, azerbaïdjanophiles.

 

Le sultan du Bosphore joue sur du velours depuis le 24 février 2022. D’un côté il livre moyennant finances, ses drones kamikazes - Bayraktar TB2, aux Ukrainiens. De l’autre, il fait ami-ami avec les Russes, leur permettant d’écouler leur pétrole et leur gaz vers l’Europe, malgré les sanctions. Si l’on ajoute à cela le chantage d’Erdoğan de laisser rentrer la Suède et la Finlande dans l’OTAN pour des motifs de politique intérieur ; En terme polie cela s’appelle de la « fourberie », en terme politique de la « diplomatie », en terme populaire un « faux-cul ».

 

Se croyant suffisamment puissant dans ses babouches, et ayant réussi à faire passer le PKK, le PYD et le YPG pour des terroristes auprès des Occidentaux, il compte s’en prendre aux Kurdes de Syrie au motif qu’ils menacent de lancer des attaques sur la Turquie. Les FTP étaient aussi des terroristes aux yeux des Nazis.

 

N’oublions pas qu’entre l’Allemagne et l’empire ottoman, c’est une histoire d’amitié centenaire, pour ne pas dire plus. Aussi, ne faut-il pas plus s’étonner que Mme sofa, ex-ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, ne fasse les yeux doux au tandem turco-azerbaidjanais, malgré la complicité de son pays lors du Génocide de 1915 - Génocide qu’elle a reconnu.

 

Connaissant tout cela, et suite aux accords tacites avec le maître du Kremlin, l’autocrate turc a un boulevard devant lui pour mettre en œuvre ses ambitions. S’approprier une zone frontalière de 50 km du territoire syrien et parallèlement, ouvrir le couloir Nakhitchevan-Azerbaïdjan au détriment de l’Arménie pour accéder aux pays turciques d’Asie centrale.

 

S’approprier le territoire des autres n’est pas nouveau pour la Sublime Porte. On se souvient encore du cadeau royal fait par la France à la Turquie en juin 1939, en lui octroyant les 4.700 km² du golfe d’Alexandrette appartenant à la Syrie. En conséquence, 15.000 Arméniens ainsi que de nombreux autres chrétiens, tant Arabes qu'Assyriens ou Grecs, ont pris le chemin de l'exil, laissant derrière eux tout ce qu'ils possédaient. A l’inverse de la première guerre mondiale, la Turquie observera une position de stricte neutralité et ne déclarera la guerre au Troisième Reich qu’en février 1945. Pas folle la guêpe.

 

Sachant comment manœuvrer les uns et les autres, officiellement ce n’est pas Erdoğan qui est aux manœuvres quand il s’agit des Arméniens, mais son larbin des basses œuvres, Ilham Heydar öglu Aliev, potentat local autoproclamé, mais surtout assis sur des gisements énergétiques. Gisements qui intéressent fortement Mme sofa. Et comme cela ne suffisait pas, elle a signé en décembre dernier un nouveau contrat avec Aliev portant sur la fourniture en électricité à l'Union européenne grâce à un nouveau câble sous-marin Azerbaïdjan-Hongrie, long de 1.195 km, dont la mise en service se fera au plus tôt en 2029.

 

Reste l’acteur le plus important du Caucase, sans lequel rien d’important ne peut se faire : La Russie. S’il y a eu la guerre de 44 jours en 2020, c’est qu’elle a donné le feu vert au tandem turco-azéri pour s’emparer du Haut-Karabakh. Si le dictateur azéri se permet en permanence de lancer des attaques contre les Arméniens, nationaux ou du Haut-Karabakh, cela est conforme à sa politique de mettre Erevan au pas et l’éloigner des Occidentaux. Si Aliev a mis en œuvre un blocus sévère contre les Artsakhiotes, c’est suite à l’accord, secret bien sûr, entre Poutine et Erdoğan de laisser le champ libre au maître des gisements énergétiques.

 

La prochaine étape sera fort probablement une attaque, en bon et du forme de ce qui reste de l’Artsakh, par l’Azerbaïdjan, comme en septembre 2020. Poutine n’interviendra pas car officiellement c’est le territoire azerbaidjanais. Le potentat aura juste pris deux ans d’avance sur le calendrier de l’accord tripartite de Moscou du 09/11/2020.

 

La suivante, et certainement la plus grave, ce sera une nouvelle guerre contre l’Arménie. Objectif conquérir le Sud de l’Arménie (Syunik) et ouvrir le corridor du Zanguézour par une attaque en tenaille Azerbaïdjan-Nakhitchevan. Le matériel militaire est prêt, tout comme Erdoğan. Là aussi et suite aux déboires avec l’Ukraine, Poutine ne devrait pas intervenir, malgré l’accord militaire Erevan-Moscou et les obligations de l’OTSC. Une guerre à la fois suffit.

 

Le rêve de la Turquie et des pays turciques pourra enfin se réaliser : Avoir la continuité territoriale de la méditerranée à l’Asie centrale ; avec comme bonus, l’éradication des Arméniens de la région.

 

 


 A  lire : Les agissements de la Turquie, vus par quatre experts.

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.amde Trend et de APA


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Arménie-Artsakh

 


Le Représentant permanent de l'Arménie auprès du Conseil de l'Europe, Armand Khatchatrian, a appelé le Comité des Ministres du CoE à prendre des mesures décisives pour assurer le respect par l'Azerbaïdjan des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

 

"L'ambassadeur Khachatrian lors de la réunion des Délégués des Ministres a indiqué que le blocus du corridor de Latchine par l'Azerbaïdjan entraîne de graves conséquences humanitaires pour le Haut-Karabakh. L'Arménie appelle 

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Union européenne

 


P9_TA(2023)0012
- PE741.395Résolution du Parlement européen du 19 janvier 2023 sur les conséquences humanitaires du blocus dans le Haut-Karabakh (2023/2504(RSP))

Le Parlement européen,

     vu ses résolutions antérieures sur l’Arménie et l’Azerbaïdjan,

     vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, du règlement intérieur

A.    considérant que la seule route qui relie le Haut-Karabakh à l’Arménie et au monde extérieur, à savoir le corridor de Latchine, est bloquée depuis le 12 décembre 2022 par des écologistes azerbaïdjanais autoproclamés; que cela perturbe l’accès aux biens et aux services essentiels, y compris la nourriture, le carburant et les médicaments, des 120.000 Arméniens qui vivent dans cette zone et qui se trouvent, de fait, sous le coup d’un blocus;

B.    considérant que 

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OTAN

 


Le sous-secrétaire adjoint de l'OTAN pour les Affaires politiques et la politique de sécurité et représentant spécial pour le Caucase et l'Asie centrale, Javier Colomina, s'est rendu cette semaine en Arménie et en Azerbaïdjan.

 

Cette visite s'inscrivait dans le cadre des consultations politiques régulières de Colomina dans ces deux importants pays partenaires de l'OTAN.

 

En Arménie, il a rencontré le Premier ministre Nigol Pachinian, le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, le ministre de la Défense Souren Papikian et d'autres responsables. Colomina a 

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APCE

 


« La souffrance des 120.000 personnes du Haut-Karabakh mérite une plus grande attention. Mais avant toute chose, ils méritent que leurs droits humains fondamentaux soient respectés, »
a déclaré la députée suédoise Boriana Åberg lors du débat de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur les conséquences humanitaires du blocus du corridor Latchine.

 

« Ce n'est pas une question d'intégrité territoriale. Ce n'est pas une question sur l'Arménie ou sur l'Azerbaïdjan. C'est une question de droits de l'homme. Depuis que le corridor de Latchine, la seule route qui relie le Haut-Karabakh à l'Arménie, a été bloqué par des soi-disant écologistes le 12 décembre, une crise humanitaire frappe sa résidence. Il y a 

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OSCE

 


Ararat Mirzoyan
a prononcé mardi 17 janvier un discours lors de la session spéciale du Conseil permanent de l'OSCE initiée par Erevan et a soulevé les revendications territoriales continues de l'Azerbaïdjan contre l'Arménie. Extraits :

 

« J'aurais aimé pouvoir venir ici pour parler des réalisations de l'Arménie dans le renforcement de sa démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit et du processus de mise en œuvre réussie de réformes à grande échelle, du système judiciaire à la police, de la lutte contre la corruption à l'amélioration de la situation sociale cohésion et justice. Malheureusement, la crise de sécurité et les défis qui 

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Russie

 


« La partie russe confirme qu'elle est prête à organiser des pourparlers entre les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à Moscou sous les auspices du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Nous en avons informé Bakou et Erevan, nous en avons parlé publiquement. Nous pensons que les complications qui surviennent périodiquement sur le terrain ne doivent pas devenir un obstacle, une raison pour une sorte de "gel" du processus de négociation »,
a déclaré la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova lors d'un point de presse.

 

Elle a souligné qu'il était nécessaire de reprendre le travail sur toutes les pistes de la normalisation des relations arméno-azerbaïdjanaises dès que possible, y compris le déblocage des communications de transport, la délimitation de la frontière, la conclusion d'un traité de paix et les contacts à travers la société civile.

 

«Sur la situation le long du corridor de Latchine, le ministère russe de la Défense et le commandement du contingent russe de maintien de la paix sont en contact permanent avec toutes les parties intéressées. Les efforts se poursuivent pour normaliser la situation. Contrairement à la plupart des acteurs extérieurs, qui se limitent à des déclarations appelant à la désescalade, la partie russe recherche de vraies solutions sur le terrain et fournit une aide humanitaire.

 

Nous appelons au déblocage complet du corridor de Latchine conformément à la déclaration des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie en date du 9 novembre 2020, et nous appelons Bakou et Erevan à faire preuve de volonté politique afin de résoudre rapidement les désaccords existants, » a-t-elle conclu.

 

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Etats-Unis

 


Le secrétaire d'État américain a exhorté lundi le dirigeant azerbaïdjanais à rouvrir le corridor clé reliant l'Arménie à l'enclave brûlante du Haut-Karabakh,

 

« Antony Blinken s'est entretenu par téléphone avec le président Ilham Aliev pour demander une réouverture immédiate du corridor de Latchine au trafic commercial, l’avertissant qu'un blocus pourrait raviver le conflit avec Erevan. Il a souligné que le risque d'une crise humanitaire dans le corridor de Latchine compromettait les perspectives de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan ", a déclaré le porte-parole du département d'État, Ned Price.

 

Le Secrétaire Blinken a encouragé le Président Aliev à redoubler d'efforts dans les discussions de paix bilatérales avec l'Arménie. Il a également soulevé les préoccupations concernant les droits de l'homme en Azerbaïdjan.

 

La semaine dernière, Blinken s'était également entretenu avec le Premier ministre Nigol Pachinian et avait exprimé sa "profonde inquiétude face à l'aggravation de la situation humanitaire au Haut-Karabakh" en raison du blocage du corridor.

 



 



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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Trend et de APA

 


 

 

 

mercredi 18 janvier 2023

Les bonnes résolutions d’Ilham Aliev pour 2023

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le président de l’Azerbaïdjan vient d’annoncer – urbi et orbi, ses projets pour l’année 2023, ainsi qu’une projection jusqu’en 2025. Année de fin de l’accord de cessez-le-feu signé le 9 novembre 2020 à Moscou, entre la Russie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Accord en principe reconductible pour 5 autres années, sauf demande de fin par l’une des parties.

 

Il faut reconnaitre à Ilham Heydar öglu Aliev une constante en tant qu'homme politique : Il dit ce qu’il va faire aux Arméniens et à l’Arménie, et surtout, il fait ce qu’il a dit. À commencer bien évidemment à ne pas reconduire l’accord susnommé. Il ne tient absolument pas à voir les soldats de la paix russes sur « son sol » pour cinq ans de plus.

 

Suite au blocus total du Haut-Karabakh mis en place par l’autocrate azerbaïdjanais pour des motifs fallacieux depuis le 12 décembre dernier, et au vu des tièdes réactions, du camarade Poutine, de la communauté internationale, et même du Conseil de sécurité de l’ONU, il est clair que : 1- l’Arménie et le Haut-Karabakh sont et seront laissés à eux-mêmes ; 2- le blocus n’est pas près d’être levé. Personne ne compte empêcher ce qui se passe autrement que par des paroles. Seul le CICR arrive difficilement à sauver quelques vies humaines.

 

À ce jour, rien ne peut arrêter le travail de sape mené par le potentat, à commencer par les récriminations de la communauté internationale, équivalentes pour lui à des piqures de moustiques. Les Occidentaux sont occupés avec la guerre en Ukraine, déversant sur Kiev des milliards et une grande quantité d’armement. Pour eux, le Haut-Karabakh fait partie de l’Azerbaïdjan, même si la région s’est autoproclamée république (2 septembre 1991), 1,5 mois avant la république d’Azerbaïdjan (18 octobre 1991), c’est hélas un État reconnu par personne. Les sanctions sont réservées pour la Russie et pour l’Iran. Aussi, tout fournisseur de gaz et de pétrole – hormis les deux précités, est le bienvenu. Il ne faut pas mélanger les ‘sentiments’ et les ‘affaires’. Les Valeurs européennes, c'est bon pour la galerie. Chose qu’a très bien compris Mme sofa – alias Ursula von der Leyen, lorsqu’elle rencontre le tandem Erdoğan-Aliev.

 

On est bien loin des propositions des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE (États-Unis, Russie, France), énoncés en 2007, qui stipulaient un accord basé sur trois principes de base, issus des principes fondamentaux de l'Acte final d'Helsinki :

-      -  intégrité territoriale ;

-      -  non-usage de la force ou de la menace d’usage de la force ;

-     -   égalité des droits et autodétermination des peuples.

 

Rappelons que seuls le dictateur et son mentor ottoman n’ont jamais accepté les deux derniers points. Le népote azéri a fait semblant pendant des années de négocier avec les trois médiateurs et baladé sur le terrain les observateurs du Bureau de l’OSCE jusqu’à l’objectif qu’il s’était fixé : déclencher la guerre sanglante de septembre 2020.

 

En écoutant ou en lisant les propos du despote, il ressort qu’il n’a absolument pas l’intention de modifier son comportement envers les Arméniens, que ce soit envers la population du Haut-Karabakh ou envers son voisin et ennemi, l’Arménie. Tout le monde se rappelle sa haine envers les Arméniens, personnifiée par le honteux Parc des trophées érigé au lendemain de sa victoire de 2020.

 

Si les Occidentaux sont plus ou moins épargnés dans sa diatribe, seule la France (gouvernement, parlement et population) a droit à une attaque en règle pour avoir mis les points sur les i sur son comportement.

 

Plutôt que de proposer des solutions pacifiques au règlement des conflits, il précise au contraire ses menaces ; Que ce soit sur la délimitation de la frontière avec l’Arménie, mais surtout sur le non-octroi à travers le Syunik d’une voie de communication (de préférence un couloir dédié) avec le Nakhitchevan. Pour ce faire, il compte augmenter la pression sur le gouvernement arménien, en s’acharnant sur les Karabakhis et en titillant la population frontalière arménienne, et plus inquiétant, en surarmant toute la ligne de contact avec l’Arménie, soit 787 km dont 221 kilomètres avec l'enclave du Nakhitchevan. Le Haut-Karabakh est déjà complètement encerclé.

 

Un traité de paix ne se signe pas le couteau sur la gorge !

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Trend, de APAainsi que de l’Union européenne.


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Arménie-Artsakh

 


« Le blocus du corridor tient depuis 32 jours maintenant. Le fonctionnement de la seule ligne à haute tension alimentant en électricité l'Artsakh a été perturbé lundi. L'accident s'est produit dans une section sous le contrôle de l'Azerbaïdjan et a privé les structures concernées de l'Artsakh et les casques bleus russes de la possibilité d'effectuer des travaux de réparation.

 

La perturbation de l'approvisionnement énergétique du Haut-Karabakh a causé de nouveaux problèmes. Il y a des coupures de courant, car les capacités électriques locales ne sont pas suffisantes. Les jardins d'enfants 

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Union européenne

 


Nathalie Loiseau,
eurodéputée française et présidente de la sous-commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen, a déclaré à POLITICO que le blocus du corridor de Latchine est « illégal, cruel et en contradiction avec les affirmations de Bakou selon lesquelles le territoire appartient à l'Azerbaïdjan. Quel pays empêcherait intentionnellement son propre peuple de recevoir de la nourriture ou des médicaments ?"

 

Elle a également souligné que l'UE est un important acheteur d'énergie en provenance d'Azerbaïdjan. « Cela rend notre voix importante. Il ne faut pas 

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Russie

 


Lors d'une conversation téléphonique avec le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Jeyhun Bayramov mardi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné la nécessité de débloquer au plus vite le trafic le long du corridor de Latchine, conformément aux paramètres définis dans la déclaration tripartite du 9 novembre 2020.

 

Lavrov a souligné l'importance de parvenir à des décisions mutuellement acceptables sur toutes les questions connexes afin de reprendre un travail global sur les pistes clés de la normalisation arméno-azerbaïdjanaise sur la base des accords conclus entre les dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

 

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États-Unis

 


« Les États-Unis restent préoccupés par le fait que le couloir de Latchine est maintenant bloqué depuis plus de trois semaines, créant une grave situation humanitaire", a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'OSCE, Michael Carpenter, sur les réseaux sociaux ; et d’ajouter : « Nous remercions le CICR d'avoir fourni une aide essentielle pendant cette période, mais appelons l'Azerbaïdjan et la Russie à rétablir immédiatement la circulation le long du corridor de Latchine dans le Haut-Karabakh. »

 

(…)


L'ambassade des États-Unis en Arménie a déclaré :

 

« Les États-Unis restent préoccupés par la perturbation de l'accès au corridor de Latchine et les conséquences humanitaires de la situation.

 

Nous appelons au rétablissement complet de la libre circulation à travers le corridor et déclarons que les négociations sont la seule voie à suivre dans tous les domaines. Le blocage entrave le processus de paix et sape la confiance internationale.

 

()… Concernant l’aide humanitaire, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) répond conformément aux exigences du gouvernement arménien - aux besoins des personnes déplacées en Arménie. »

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


Le président turc Recep Tayyip Erdogan continue de menacer la Grèce, accusant Athènes de "porter atteinte aux droits et intérêts de la Turquie dans la région, y compris en mer Égée".

 

Les médias grecs ont commencé à écrire avec inquiétude sur la portée du missile Typhoon, affirmant qu'Ankara pourrait frapper Athènes. « Nous n'avons pas un tel objectif ! Nous ne pouvons exercer de représailles que si nos intérêts sont menacés, » a déclaré Erdoğan.

 

Selon lui, la Turquie moderne est un pays fort qui défend fermement ses intérêts dans la région et sur la scène internationale. "Notre développement se poursuit malgré les guerres et les crises dans le monde", a-t-il précisé.

 

 

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Trend, de APA, ainsi que de l’Union européenne.

 

 

vendredi 6 janvier 2023

2023 : Relations Arménie-Azerbaïdjan

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le président Ilham Aliev, lecture faite des déclarations de la communauté internationale, persiste et signe son refus. Il ne débloquera pas le couloir de Latchine, seule et unique voie de communication entre le Haut-Karabakh et l’extérieur - en l’occurrence l’Arménie, verrouillant ainsi totalement les 120.000 Arméniens vivant sur leur terre.

 

C’est la façon du dictateur de souhaiter un joyeux Noël ainsi qu’une bonne et chaleureuse année aux Arméniens ; et au passage, faire un pied de nez à la communauté internationale. Il est soutenu en cela par le monde turcique et aidé objectivement par la soi-disant neutralité de Poutine.

 

Un boulevard étant ouvert devant lui, quelles sont les prochaines étapes ?

 

Consolider les positions militaires tout autour du Haut-Karabakh et de part et d’autre du couloir de Latchine ; Renforcer toutes les garnisons le long de la frontière avec l’Arménie, y compris dans les 140 km² de territoires arméniens occupés depuis la fin de la guerre de 44 jours ; Augmenter la pression sur l’Arménie en faisant feu sur les villages frontaliers, voire abattre au passage quelques soldats.

 

L’acte le plus hypocrite, pour ne pas dire le plus cynique, est de réclamer à l’Arménie la signature d’un traité de paix à ses conditions, sans oublier l’octroi d’une liaison permanente Azerbaïdjan-Nakhitchevan à travers le sud de l’Arménie (Syunik).

 

Que font les Occidentaux face à cela ?

 

En fait, pas grand-chose, d’autant que les événements se déroulent au Haut-Karabakh, un État autoproclamé, reconnu par personne et faisant « officiellement » partie de l’Azerbaïdjan.

 

Ainsi, pour se donner bonne conscience, le porte-parole du département d'État des États-Unis, Ned Price, vient de déclarer : « Les États-Unis, fidèles à leur politique, se contentent de continuer de maintenir leur engagement à promouvoir un avenir sûr, stable, démocratique, prospère et pacifique pour la région du Caucase du Sud. Les États-Unis s’engagent avec des partenaires partageant les mêmes idées, comme l'Union européenne, et par le biais d'organisations internationales comme l'OSCE pour faciliter le dialogue direct entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie afin de trouver des solutions à toutes les questions en suspens liées ou résultant du conflit du Haut-Karabakh. »

 

En termes familiers, cela s’appelle du « blabla ». C’est beau, et ça ne mange pas de pain. Ponce Pilate peut dormir sur ses deux oreilles, ses successeurs ne manquent pas.

 

L’Union européenne, grande démocratie devant l’Éternel, est certes plus engagée économiquement et financièrement, notamment dans le cadre du partenariat de l’Est, mais politiquement et surtout militairement, elle ne pèse pas lourd face aux grandes puissances comme les États-Unis ou la Russie. De plus, elle tient un discours souvent critique envers les Turco-azerbaïdjanais au parlement européen, mais au final, c’est la Commission européenne qui met en œuvre les politiques et le budget de l'UE et spécialement la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE. Hélas, il n’y a pas toujours concordance.

 

C’est ainsi que l’on voit Mme sofa – alias Ursula Von der Leyen, faire des ronds de jambe devant des autocrates comme Recep Yayyip Erdoğan et/ou Ilham Aliev. Le premier pour qu’il retienne les émigrés chez lui, moyennant finances ; le second pour qu’il livre plus de gaz à l’UE, en plus d’octroyer aux pays européens de juteux marchés.

 

Dans la même veine, pour aider à la résolution du conflit arméno-azerbaïdjanais, la cheffe de la Commission a délégué : 1- le président du Conseil européen – Charles Michel, pour aider les antagonistes à préparer un traité de paix ; 2- le Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et vice-président de la Commission européenne – Joseph Borrell, pour y voir plus clair dans le conflit du Haut-Karabakh. Si le premier essaie d’appliquer les normes démocratiques face un potentat qui n’en a strictement rien à faire ; le second est là comme un politicien, totalement étranger au problème et qui seul ne sert à rien.

 

La notion du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », dont l’UE s’est souvent gargarisée, a complètement disparu de leurs discours. Étrange, non ?

 

On notera toutefois que seule la France élève la voix pour essayer de défendre la population du Haut-Karabakh. 

 

Reste le troisième pays coprésident du groupe de Minsk de l’OSCE, la Russie. Moscou a dit ce qu’il y avait à dire par la voix de Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères ainsi que par Anna Evtigneeva, sa représentante au conseil de sécurité de l’ONU. En résumé : on fait le nécessaire pour résoudre les problèmes qui se présentent et plus particulièrement le déblocage du couloir de Latchine ou les diverses agressions contre le territoire de l’Arménie.

 

En termes familiers : « Circulez, il n’y a rien à voir ». Il suffit de compter les nombreux coups de téléphones passés par le premier ministre Nigol Pachinian à son « ami » Vladimir Poutine et voir les résultats obtenus, pour finalement se rendre compte que depuis 2021, l’Arménie ne fait plus le poids face à l’Azerbaïdjan, et que depuis le 24 février dernier, le maître du Kremlin a vraiment d’autres soucis en tête.

 

Le dirigeant arménien ne peut ni se brouiller avec Ilham Aliev et encore moins le narguer. Ce dernier n’attends que cela pour lancer massivement ses troupes contre l’Artsakh, voire plus. Pas plus l’OTSC que les Occidentaux.

 

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie-Artsakh

 


« Le ministère arménien des Affaires étrangères attire l'attention des partenaires internationaux et de toute l'humanité progressiste sur le fait que depuis plus de trois semaines, l'Azerbaïdjan maintient le Haut-Karabakh assiégé, violant de manière flagrante le régime du corridor de Latchine établi par la déclaration tripartite de novembre Le 9 février 2020, et bloquant la route reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie et au monde entier. C'est déjà le 23e jour que l'Azerbaïdjan force la population du Haut-Karabakh à être déportée sous les yeux du monde entier, poursuivant sa politique de nettoyage ethnique, » a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Suite


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Russie

 


Le lundi 26 décembre, en marge du sommet informel de la CEI à Saint-Pétersbourg, le président russe Vladimir Poutine a eu une conversation trilatérale avec le Premier ministre arménien Nigol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

 

Vladimir Poutine a confirmé la discussion trilatérale le mardi 27 décembre.

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États-Unis

 


"Depuis plus de trente ans, l'ambassadeur Reeker incarne le dévouement et le service au département et au peuple des États-Unis d'Amérique, notamment en tant que secrétaire d'État adjoint aux affaires européennes et eurasiennes et en tant que chargé d'affaires à notre ambassade à Londres, " a déclaré le porte-parole du département d'État, Ned Price, lors d'un point de presse quotidien.

Suite

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


« Les événements actuels autour de la route de Latchine sont un test pour la sincérité de l'Arménie dans la question de la normalisation des relations avec l'Azerbaïdjan. La tentative de s'approprier les richesses de l'Azerbaïdjan sur ses propres terres est inacceptable. Dans ce cas, comme dans tout autre, l'Azerbaïdjan n'est pas seul, » a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, jeudi à Ankara lors d'une réunion avec des représentants des médias sur les résultats de l'année.

 

"Nous poursuivons également le processus de normalisation des relations avec l'Arménie en étroite coordination avec l'Azerbaïdjan", a-t-il ajouté.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

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