A la Une

mercredi 29 juin 2011

Haut-Karabakh : La réunion de Kazan n'en finit pas de faire des vagues

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les politiques aussi bien que les analystes et autres politologues ont fait leurs commentaires en bien ou en mal selon que l'on considère que le verre est à moitié vide ou à moitié plein.

Quoi qu'il en soit, il faut se rendre à l'évidence, le président Aliev n'a aucune envie de perdre ‘la face' et espère toujours récupérer les sept districts mais également reprendre le Haut-Karabakh. Aliev qui a du pétrole n'a qu'une idée. Ce n'est pas faute de l'avoir répétée maintes fois, haut et fort, urbi et orbi.

La balle n'est plus, ni dans le camp des Arméniens, ni dans celui des Azéris, dont le fossé qui les séparait s'est transformé en canyon. Et les trois pays médiateurs d'émettre des vœux pieux à travers des déclarations de bonnes intentions insipides et inodores.

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L'analyse de Vladimir Zakharov n'engage que lui-même. Car il parait difficile, que le conflit du Karabakh soit réglé ou pas, d'utiliser le Haut-Karabakh comme base américaine avec les Russes laissant faire ; de plus, on voit mal par les temps qui courent les Arméniens fermer la frontière de Méghri et se mettre à dos l'Iran.

* Brève *

Des extrémistes turcs menacent les minorités d'un nouveau génocide.

Le groupe "Brigade des Vengeurs Turcs" via Evrensel.net a ordonné aux minorités arméniennes et kurdes de quitter la Turquie avant le 15 août autrement ils seront abattus. La lettre ouverte envoyée au bureau d'Evrensel contient 6 points :

1. Vous [Evrensel] et vos semblables doivent quitter les terres turques d'ici le 15 août et ceci doit être publié par les masses médias.

2. Les membres du PKK et leurs semblables doivent avoir quitté la Turquie à la même date.

3. Les représentants de la diaspora arménienne doivent quitter la Turquie sans retour possible.

4. Le quotidien "Agos" doit être fermé et son personnel doit quitter la Turquie.

5. Les bureaux de "Patrimoine et Démocratie" doivent être fermés et ses membres doivent quitter la Turquie.

6. Basken Orhan, Sebahat Tuncel, Osman Baydemir, Ahmed Turk, Etiyen Mahcupyan et leurs semblables doivent quitter les terres turques sans retour possible.

Selon l'annonce, si les revendications ne sont pas exécutées jusqu'au 15 août, les Turcs commenceront les massacres à Diyarbakir et à Istanbul.

[No Comment]

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* Etats-Unis


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Lundi soir, la porte-parole du Département d'Etat américain, Victoria Nuland a déclaré "décevant" que les présidents arménien et azerbaïdjanais n'aient pas pu se mettre d'accord sur les principes de base lors de leur rencontre de Kazan du 24 Juin.

"Toutefois, dans leur déclaration conjointe avec le président Medvedev, ils ont indiqué qu'ils avaient amélioré leur compréhension sur un certain nombre de questions, et ont convenu de continuer à travailler sur les principes de base, et de se rencontrer à une date ultérieure qui sera précisée."


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De son côté, l'ambassadeur américain en Azerbaïdjan, Mathew Bryza, a déclaré que les présidents Américain, Russe et Français avaient été très clairs dans leur déclaration de Deauville et que le règlement du conflit du Haut-Karabakh, ne pouvait se faire autrement que de manière négocié et pacifique.

"Comme vous le savez, avant la réunion de Kazan, le président Obama a téléphoné aux Présidents Aliev et Sarkissian, et le président Sarkozy a exprimé par écrit son engagement à faire avancer ce processus. Le président Medvedev s'est impliqué personnellement. Alors je prévois que ce genre de démarche sera de nouveau réitéré."

* Relations arméno-turques

"Les relations arméno-turques ne sont pas actuellement une priorité pour la Turquie. S'il n'y a pas de pression extérieure sur Ankara, ce dernier va repousser la discussion sur les protocoles arméno-turques, les laissant pour 2014, à la veille du 100e anniversaire du génocide arménien", a déclaré le turcologue, Dr ès Etudes ottomanes, Artak Chakarian.
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Même si un accord [les protocoles] était signé entre l'Arménie et la Turquie, ce serait insuffisant pour garantir la stabilité des relations entre ces deux pays. "Ce n'est pas par bonne volonté que la Turquie n'attaque pas l'Arménie d'aujourd'hui, mais grâce à la situation intérieure relativement stable de l'Arménie et à la présence de bases militaires russes dans le pays."

Dans ce contexte, il a souligné que "les relations actuelles de la Turquie et de la Syrie, même en cas d'aggravation, n'empêcheront pas Ankara d'améliorer sa frontière si le cas se présentait. La Turquie et la Syrie ont toujours eu des relations assez proches depuis de nombreuses années. La Turquie tente d'utiliser la situation en Syrie pour créer une zone tampon en Syrie." Selon Chakarian, notre voisin de l'Ouest aspire à assumer le rôle de médiateur en chef.

* L'Iran commente la réunion de Kazan


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"L'expérience montre que la résolution des conflits traine toujours lorsque les grandes puissances s'en mêlent, vu qu'elles poursuivent leurs propres objectifs. C'est le cas pour le processus de règlement du conflit du Haut-Karabakh. Les conflits régionaux devraient être réglés par des négociations dans le cadre de la région," selon le président du Parlement iranien, Ali Larijani.

Le Président a rappelé que le Groupe de Minsk mène les négociations depuis plusieurs années. "Quels sont les résultats ? Quelle est leur attitude envers la solution de ce problème ? Nous avons toutes les raisons de penser que les pourparlers sur le règlement de conflits similaires seraient plus efficaces s'ils étaient effectués à l'intérieur de la région, vu que les pays voisins peuvent mieux comprendre les uns et les autres."

* Commentaire d'un analyste russe


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"Avant la réunion de Kazan, l'Occident a rencontré le président azerbaïdjanais Ilham Aliev pour l'empêcher de signer un accord-cadre. C'est la seule explication logique à la présentation en dernière minute de dix nouvelles propositions par Aliev," selon le directeur de l'Institut d'études politiques et sociales, Vladimir Zakharov.

"Mon argumentaire repose sur les faits suivants : les Etats-Unis considèrent toujours comme possible une guerre contre l'Iran en 2012. Si guerre il y a, il devient important d'avoir une zone proche de l'Iran, d'où les avions américains pourraient décoller. C'est difficile de l'Azerbaïdjan, alors que le Karabakh peut être utilisé comme piste pour les avions américains."

Quoi qu'il en soit, Zakharov pense qu'il n'y a pas de perspectives pour le règlement rapide du conflit du Karabakh, vu que trop d'acteurs sont engagés.

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Extrait de Times.am, de Radiolour et de PanArmenian.net



mardi 28 juin 2011

Karabakh : Le comportement de l'Azerbaïdjan devient incompatible avec le travail des médiateurs

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Alors que Bakou nous avait habitué, la veille ou le lendemain de réunions trilatérales, à violer le cessez-le-feu par un redoublement de ses attaques sur la ligne de contact, cette fois-ci il a choisi, la démonstration de force.

Profitant de la journée des Forces Armées, le président Aliev, a fait étalage de sa force militaire, agrémenté d'un discours belliqueux rempli de menaces. Le Dr Jekyll des rencontres officielles devient Mr Hyde rentré chez lui.

Si l'on tient compte des propos tenus par Ilham Aliev lors de son interview par Euronews et ceux prononcés dimanche à la parade militaire, on est en droit de se demander pourquoi les médiateurs internationaux font des déclarations si ‘angéliques' sur le devenir des négociations de paix ?

Ce n'est pas parce que les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE – Les Etats-Unis, la Russie et la France – souhaitent que le conflit se résolve pacifiquement, que cela se fera. Les équipements sophistiqués dont ils disposent sont plus que suffisants pour voir et entendre ce qui se trame dans les couloirs du palais présidentiel de Bakou. Qu'attendent-ils donc pour prendre les devants avant que le Calife de Bakou ne commette l'irréparable ?

Est-ce que Moscou interviendra si l'Azerbaïdjan attaque le Karabakh, vu que le traité arméno-russe de défense porte sur une attaque contre l'Arménie et non sur le Haut-Karabakh ?

Ne soyons pas pessimiste, l'amour du pétrole et du gaz sera le plus fort.

* Brève *


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"Nous n'avons reçu pour le moment aucune proposition officielle sur la création d'une union entre la Géorgie, la Turquie et l'Azerbaïdjan. Dans l'ensemble, le Président de la Géorgie, Mikhaïl Sahakashvili, avait fait des propositions sur la création d'une zone du Caucase-Uni, mais c'est resté sans suite," a déclaré la Vice-ministre géorgien des Affaires étrangères, Nino Kalandadze.

Le directeur de la planification stratégique, Akhmed Shirinov, avait à son tour fait une offre pour créer une nouvelle union politico-économique la semaine dernière. L'idée consiste à créer une Union entre la Turquie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie sur la base de mêmes principes, comme l'UE, un espace social et économique, ainsi qu'avec une monnaie et une zone douanière uniques. Cela nécessiterait également selon lui la création d'un Parlement spécifique, voire d'un gouvernement ainsi que d'autres structures.

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"Le président russe Dmitri Medvedev est frustré par l'échec de ses homologues arménien et azerbaïdjanais à parvenir à un accord-cadre sur le Haut-Karabakh et pense à arrêter d'organiser des rencontres régulières entre les deux hommes," a déclaré lundi l'un de ses principaux collaborateurs de Medvedev, se référant à la rencontre trilatérale de Kazan.


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"Si l'Azerbaïdjan et l'Arménie ne parviennent pas à afficher bientôt qu'ils sont prêts à résoudre les problèmes accumulés, alors nous considérerons que cette mission de médiation n'a plus de raison d'être," rapporte l'un des principaux quotidiens de Moscou, "Kommersant".

Selon la source du Kremlin, Medvedev a déclaré aux présidents Aliev et Sarkissian qu'il organisera un autre sommet que s'ils auront "la ferme intention d'adhérer aux principes de la résolution."

Ainsi, un diplomate impliqué dans le processus de négociation a indiqué que le sommet de Kazan avait "de façon inattendue ravivé les désaccords qui étaient depuis longtemps considérés comme réglés par les médiateurs, et notamment la détermination du statut futur du Haut-Karabakh. Mais le problème n'est pas tant ces désaccords que le fait que les parties ont à maintes reprises changé leurs positions. Et c'est inacceptable."

La source a également minimisé la déclaration des trois présidents. En fait cela voulait dire que "les parties ont une fois encore, tout simplement confirmé qu'il subsiste de gros problèmes."

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Le ministère des Affaires étrangères français a fait une déclaration suite à la réunion de Kazan.

"Comme l'indique cette déclaration [à l'issue de la rencontre de Kazan], la réunion de Kazan a permis d'identifier ou de confirmer plusieurs points de compréhension, ce qui permet de poursuivre la négociation sur les bases actuelles en vue de l'adoption ultérieure des principes de règlement proposés par les médiateurs.

Le résultat n'est pas négligeable, la France, avec ses partenaires américains et russes dans la coprésidence du groupe de Minsk, ne ménagera pas ses efforts pour assister toutes les parties dans la poursuite de la négociation. Le coprésident français et ses collègues américain et russe, qui se sont déjà longuement entretenus avec les présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à Kazan, se rendront de nouveau à Erevan, à Bakou et au Haut-Karabagh dans les toutes prochaines semaines pour préparer la poursuite de la négociation."

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L'Assemblée Arménienne d'Amérique (AAA) félicite le président Serge Sarkissian pour ses efforts diplomatiques pour obtenir une résolution pacifique et juste du conflit du Haut-Karabakh.
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Le communiqué stipule :

"Nous avons noté l'appel téléphonique du président américain Barack Obama aux deux Présidents, Serge Sarkissian et Ilham Aliev, avant le sommet de Kazan dans lequel le président Obama indique aux deux dirigeants qu'il est temps maintenant de résoudre ce conflit et d'offrir aux populations de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et du Haut-Karabakh un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants.

Nous adressons également nos remerciements à la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton pour son soutien aux efforts visant à assurer une paix durable dans la région.

Il est regrettable qu'une fois encore l'Azerbaïdjan ne semble pas prêt pour la paix. L'Arménie a constamment démontré sa volonté de résoudre toutes les questions en suspens avec ses voisins, tandis que l'Azerbaïdjan, au contraire, a rapidement gonflé son budget militaire et joue l'escalade des tensions par des menaces de reprise d'actions militaires.

Il est également regrettable que l'engagement de l'Amérique pour la paix et la réconciliation, continue d'être sapé par l'intransigeance de l'Azerbaïdjan. L'AAA rappelle l'ingérence de l'Azerbaïdjan et son opposition aux protocoles entre la Turquie et l'Arménie, qui ont été négociés par le gouvernement suisse avec le plein appui de la France, de la Russie, de l'Union européenne et des États-Unis. Ironiquement, après la signature des Protocoles, la Turquie, sous la pression de Bakou, insiste pour qu'une résolution du conflit du Haut-Karabakh soit réalisée, condition qu'elle ne ratifie les protocoles, avec comme corollaire effectif la prise en otage de Arménie à travers le blocus.

Compte tenu de l'issue de la réunion du 24 Juin à Kazan, ainsi que du processus bloqué concernant les protocoles, l'AAA est convaincue que les Etats-Unis auront plus de crédibilité et qu'ils seront en mesure de réaliser davantage de progrès dans les pourparlers de paix dans le rapprochement Turquie- l'Arménie, s'ils reconnaissent sans équivoque le génocide arménien, comme ses homologues de l'OSCE, de la France et de la Russie. L'affirmation des Etats-Unis de ce crime contre l'humanité comme cela a été indiqué par les États-Unis en 1951, est une longue souffrance.

En outre, le moment est aussi venu d'inclure directement le Haut-Karabakh dans les négociations. Toute résolution du conflit réalisée sous la médiation des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, doit être acceptée par le peuple du Haut-Karabakh, et doit prendre en compte son droit à l'autodétermination."

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"La réunion de Kazan a réaffirmé que le conflit du Karabakh doit être résolu par la négociation, et non par la guerre. La rhétorique militaire de l'Azerbaïdjan après la réunion de Kazan est destinée à son public. Les élections présidentielles sont approchent, et le Président Aliev brigue un nouveau mandat," a déclare le directeur du Centre pour la coopération mondialisée et régionale, Stépan Krikorian.

Kourken Yeghiazarian, du Parti Social-démocrate Hentchak décrit la réunion comme ‘un processus de coulisses'. "Cela a permis tout simplement de retarder la résolution pour quelques temps et il faut s'attendre maintenant à une autre vague. Il y aura probablement une autre réunion dans un proche avenir et un document sera signé. Le vrai processus, que nous ignorons, se déroule dans les coulisses."

Selon le politologue Souren Zolian, l'Azerbaïdjan a changé de stratégie et de tactique, il gagne du temps pour se lancer dans une nouvelle guerre.

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L'Artsakh s'inquiète de la dégradation du climat


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S'exprimant avant le début de la parade militaire célébrant la Journée des Forces armées de l'Azerbaïdjan, le Président Ilham Aliev a souligné que l'Azerbaïdjan va poursuite la construction de sa puissance militaire. "Je suis absolument sûr que notre intégrité territoriale sera restaurée d'une façon ou d'une autre. À cette fin, nous devons être encore plus forts. Alors qu'en 2003, les dépenses militaires s'élevaient à 160 millions de $, en 2010 ils ont été de 2,15 milliards, et atteindront cette année les 3,3 milliards. Aujourd'hui, les dépenses militaires de l'Azerbaïdjan dépassent la totalité du budget national de l'Arménie de 50%." Et d'ajouter que les dépenses militaires continueront à rester la priorité dans le budget national jusqu'à ce que l'Arménie signe un accord de paix.

"La parade militaire du 26 juin à Baku, prouve une fois encore qu'il ne faut attendre de l'Azerbaïdjan aucune mesure constructive. Cette démonstration de force témoigne de la politique destructrice de Bakou," a déclaré le directeur du département Central d'information de la RHK, David Babayan, commentant sur la déclaration d'Ilham Aliev lors du défilé.
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"De nouveau, Aliev a souligné que son territoire est occupé, que le Karabakh appartient à l'Azerbaïdjan et que l'Arménie s'est installée sur les terres historiques de l'Azerbaïdjan. Parallèlement l'orateur de la parade a indiqué à plusieurs reprises que l'Azerbaïdjan doit occuper Stepanakert et Chouchi. Dans ce contexte, il n'existe aucun motif pour s'attendre à quelque chose de constructif venant de cet Etat."

Selon lui, l'Azerbaïdjan veut montrer par là que tous les différends moyens de règlement pacifique sont épuisés et qu'il s'apprête à commencer une nouvelle guerre.

"Si Bakou avait assez de potentiel, il aurait déjà commencé la guerre. Aussi, il nous faut rester vigilent et espérer que l'Azerbaïdjan ne commencera jamais une nouvelle guerre. Ceci est un point de référence qui nous pousse à renforcer notre armée. Il sera très difficile de s'entendre avec ce pays, car il n'est pas prêt, vu le grand nombre de minorités nationales qui existent, à faire un compromis sur le droit des peuples à s'autodéterminer."

"Avant même la réunion de Kazan les représentants de l'Artsakh avait déclaré que la réunion ne donnera pas les résultats escomptés, notamment à cause de la politique destructrice de l'Azerbaïdjan. Les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE devraient commencer à s'inquiéter de cette politique de l'Azerbaïdjan."

Babayan a aussi noté que c'est devenu une tradition qu'à la veille des réunions trilatérales ou juste après, les représentants azerbaïdjanais, leur président en tête, sortent un programme de déclarations. À ce sujet, il a souligné la récente interview d'Ilham Aliev à la chaîne de télévision Euronews, où il a ouvertement dit qu'il n'avait rien de nouveau à proposer à l'Arménie, vu que le Karabakh est une "terre azerbaïdjanaise primordiale."

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"Les espoirs étaient très grands la veille du sommet de Kazan, aux dires des coprésidents du groupe de Minsk. Cependant, malgré la pression intense des médiateurs, le sommet de Kazan n'a pas donnée la percée attendue," ont déclaré dans un communiqué les Amis européens de l'Arménie (EuFoA).


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"C'était prévisible et ce avant même que l'Azerbaïdjan ne soit pas d'accord avec les trois Principes de base proposé les pays médiateurs. Ainsi, ils refusent même le retrait des tireurs d'élite de la ligne de contact ou toute autre mesure susceptible d'apporter davantage de stabilité et de confiance. Au lieu de cela, l'Azerbaïdjan s'engage une nouvelle escalade militaire, où la question n'est plus de savoir ‘si' mais ‘quand et comment'. Suite à la parade militaire de dimanche à Bakou, le monde doit accepter que la rationalité ne soit plus la bonne base pour nos évaluations. Nous devons arrêter d'appeler les deux parties à progresser, quand visiblement un côté torpille tout progrès proposé et utilise ensuite le manque de progrès pour justifier une reprise de la guerre," a commenté le secrétaire général de l'EuFoA, Michael Kambeck.

Lors du défilé militaire du dimanche 26 Juin, l'Azerbaïdjan a affiché son matériel offensif militaire le plus récent, y compris des drones d'attaque sans pilotes, à longues portées. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a saisi cette occasion pour réitérer ses menaces de guerre.

L'EuFoA estime que l'Europe doit se préparer dès maintenant et envisager plusieurs options pour dissuader Bakou de reprendre la guerre et l'inciter à la paix. De cette façon, une percée diplomatique deviendra plus probable. L'Europe doit cesser "d'appeler les deux parties" à de bonnes intentions en restant dans le vague et sans citer personne. Sinon, leurs déclarations auront comme conséquence plus d'escalade.

"L'Europe doit voir que la course aux armements dans le Karabakh a produit une situation différente par rapport à 1991, lorsque les parties en conflit utilisaient principalement les restes de l'armée soviétique. Si une nouvelle guerre avait aujourd'hui, très probablement qu'il y aura beaucoup plus de pertes humaines et une portée géographique incomparables avec 1991, ou avec la guerre russo-géorgienne de 2008," souligne la déclaration.

"L'Europe doit réaliser qu'une nouvelle guerre causera surement des dommages aux investissements dans le pétrole et l'industrie du gaz azerbaïdjanais et donc sur l'approvisionnement énergétique au sens large, entrainant des hausses consécutives sur les prix du brut. L'Europe doit lire les déclarations des dirigeants azerbaïdjanais et regarder l'armement azerbaïdjanais afin de comprendre leur hostilité contre la population du Karabakh, qu'ils ne considèrent pas comme la leur, mais simplement des intrus vivant sur leur territoire. Ce n'est pas de la théorie mais une vraie politique que l'Azerbaïdjan a mis en œuvre. Cette hostilité est actuellement le principal obstacle à une solution diplomatique."

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



dimanche 26 juin 2011

Conflit du Karabakh : L'après Kazan

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La messe est dite, le rideau est retombé, les acteurs sont rentrés chez eux. Tous ou presque sont déçus, sauf Ilham Aliev qui non seulement n'a rien lâché mais est arrivé avec de nouvelles propositions, sachant pertinent que cela conduirait à un échec.

Le but poursuivi par Bakou depuis 2010, est de faire échec aux réunions trilatérales réalisées dans le cadre du groupe de Minsk de l'OSCE, et autant que faire se peut porter le problème auprès d'autres organismes (ONU, APCE, UE, OCI, …). En fait depuis que les coprésidents du groupe de Minsk ont introduit le principe du droit d'autodétermination des peuples. Les dirigeants azéris ne veulent absolument pas entendre parler d'une quelconque séparation du Haut-Karabakh de l'Azerbaïdjan, pour eux il fait partie intégrante de l'Azerbaïdjan.

Qu'elle est l'intérêt de cette démarche. Comme l'a si bien expliqué Ilham Aliev lors de son interview à Euronews, le budget militaire de Bakou est l'équivalent du budget total de l'Arménie, et le fossé se creuse d'année en année.

Alors que l'on est en train de parler des négociations de paix de Kazan et des positions de tout à chacun, à votre avis dans quel but ce genre d'information a-t-il été donné au média européen ?

Les Arméniens ont leur idée là-dessus ; et les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE ?

C'est plus facile de faire pression sur un pays comme l'Arménie que sur son voisin producteur de pétrole et de gaz. Isn't it ?

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Commentaires des ministres des Affaires étrangères

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Le lendemain de la réunion trilatérale de Kazan, le président Serge Sarkissian a eu un déjeuner de travail avec le président du Tatarstan, Roustam Minnikhanov, puis a rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et le représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk.


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Le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian est revenu sur la rencontre du 24 Juin indiquant que le président Ilham Aliev a sabordé un accord-cadre sur le Haut-Karabakh avec des demandes de dernière minute, mais sans préciser la nature de ces changements :

"L'Azerbaïdjan a refusé la version finale des principes de base proposée par les médiateurs du Groupe de Minsk. Au lieu de cela, le leader azerbaïdjanais a tenté d'imposer dix nouvelles propositions, excluant ainsi toute possibilité d'accord sur la question."

"Malgré cela, je pense que la réunion a été utile dans le sens que les discussions détaillées se sont poursuivies. Le point important est que le président Medvedev, qui a fait une entrée très marquée dans ce processus au cours des trois dernières années, a exprimé sa volonté de poursuivre ses efforts en vue d'un accord définitif."

"C'est la douzième réunion de ce type depuis les trois dernières années. Mais c'est la quatrième fois consécutif que l'Azerbaïdjan vient en réunion avec de nouveaux amendements et/ou propositions. Telle est la réalité."

"Néanmoins, nous allons poursuivre les négociations, car il n'y a pas d'autre voie pour résoudre le conflit si ce n'est par des moyens pacifiques et par la négociation," a conclu le ministre Nalbandian.

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De son côté, Bakou n'a pas explicitement nié ces allégations, et le ministre des Affaires étrangères, Elmar Mammediarov, a indiqué Samedi soir que Erevan avait lui aussi rejeté une précédente version des principes de base, présentée officiellement aux deux côtés, à Madrid en novembre 2007.

"Pour une raison quelconque, la partie arménienne est restée silencieuse quand l'Azerbaïdjan a accepté une version actualisée du document de Madrid, présentée officiellement par les coprésidents du Groupe de Minsk [de l'OSCE] en 2009 à Athènes. Nous parlons maintenant d'une des nombreuses versions du document de travail, basée sur la première proposition faite à Madrid," a déclaré Mammediarov.

Il a affirmé que la réunion de Kazan n'avait pas répondu aux attentes de Bakou parce que "la partie arménienne exige des concessions maximalistes à l'Azerbaïdjan." Néanmoins, il a ajouté : "J'ai eu l'impression que les deux présidents, arméniens et azerbaïdjanais, avaient l'intention de continuer à travailler intensément en vue de trouver une solution définitive."

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Le ministre lituanien des Affaires étrangères et actuel Président de l'OSCE, Audronius Ažubalis, a souligné l'importance de poursuivre les efforts pour parvenir à un règlement de paix global sur le Haut-Karabakh.

"Je salue les efforts pour parvenir à une compréhension commune sur un certain nombre de questions dont la résolution permettra de créer les conditions d'approbation des principes de base. J'espère que les travaux pour répondre aux questions en suspens seront poursuivis, pour paver la voie vers la résolution du conflit. L'OSCE est prête à appuyer et à compléter, notamment par mon Représentant personnel dans le conflit, tous les efforts déployés au niveau tripartite et sous les auspices des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, afin de mettre un terme à la confrontation et l'instabilité dans le Sud-Caucase."

Il a d'autre part souligné la nécessité de renforcer le régime du cessez-le feu et de prendre d'autres mesures de confiance avec la participation de la société civile, ainsi qu'il en avait discuté lors de ses rencontres avec les dirigeants de l'Azerbaïdjan et l'Arménie en Mars dernier. "J'encourage les dirigeants à donner suite aux accords conclus lors des réunions tripartites précédentes, à Astrakhan en Octobre 2010 et à Sotchi en Mars 2011, et notamment pour enquêter sur les possibles incidents sur la ligne de contact et surtout de s'abstenir d'user de la force ou de sa menace."

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Commentaires d'analystes

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"Les résultats de la réunion entre les dirigeants arméniens, russes et azerbaïdjanais ont été décevants, mais nous avons encore l'espoir d'un accord définitif sur les principes de base," a déclaré Sabine Freizer, la Directrice du programme Europe du ‘Groupe Crises Internationales'.
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"Cela aurait été beaucoup mieux s'il y avait une compréhension mutuelle entre les parties des principes de base, c'est du moins ce que laisse à penser la déclaration des dirigeants sur certaines questions. Cela suppose qu'il y a eu des points en désaccord sur les principes de base."

"Pour que les principes de base soient signés, Serge Sarkissian et Ilham Aliev, ainsi que les deux peuples, doivent être sûr que ce soit la meilleure proposition pour le moment."

Sabine Freizer espère que les présidents, une fois rentrés chez eux, vont commencer le travail avec leur population respective. De plus, que si les pourparlers sur les principes de base échouent, il y a un risque d'un nouvel affrontement armé entre les parties ; rapporte l'agence Trend.

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Le président de l'ONG ‘Intégration européenne', Garen Bekarian, pense de même : "L'Arménie n'a aucune raison de paniquer, mais nous devons toutefois rester vigilants. Par conséquent, l'armée arménienne est la principale garantie de notre sécurité." Il a également noté que l'Arménie doit travailler sur les questions concernant l'engagement du Haut-Karabakh comme une partie prenante dans les négociations, ainsi que sur sa reconnaissance internationale. Dans ce contexte, il a souligné qu'il doit être officiellement donné à l'Artsakh, l'occasion d'exprimer sa position sur la question.

Selon Bekarian, l'une des raisons de l'échec de la réunion de Kazan, est la différence entre la politique extérieure de l'Azerbaïdjan et sa politique intérieure. Ainsi, le contenu de sa propagande intérieure ne correspond pas aux propos tenus lors de sa participation aux pourparlers sur le règlement du conflit du Karabakh.

"L'Azerbaïdjan menace de régler le conflit par la force, alors qu'il poursuit les négociations sur un règlement pacifique. En conséquence, tous les liens possibles entre la conduite interne des négociateurs azéris et celle externe, disparaissent." Et d'ajouter que : "si Aliev avait signé les principes de base, cela aurait signifié que les autorités azerbaïdjanaises avaient trompé leur propre peuple."

De plus, il pense que l'Azerbaïdjan a perdu en quelque sorte le sens de la réalité. "Cela s'est vu lors du récent interview d'Aliev à Euronews, où il n'a donné aucun signe d'une quelconque concession mutuelle, si ce n'est une large autonomie au Haut-Karabakh. On a comme l'impression que le temps s'est arrêté pour Aliev et qu'il ne réagit pas de manière adéquat à la réalité. A croire que toute chance d'une percée dans les négociations fait craindre à Aliev de rentrer chez lui."

Selon l'expert, il faut s'attendre à un tournant, pas dans les négociations, mais dans la conduite de l'Azerbaïdjan. En fait, si l'on regarde bien, ce n'est pas la population azerbaïdjanaise, mais Aliev qui refuse de céder.

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Pour le porte-parole du Parti Républicain d'Arménie, Edouard Charmazanov : "L'Artsakh n'a jamais fait partie de l'Azerbaïdjan indépendant. Le conflit du Karabakh n'est pas un conflit territorial, c'est une question d'autodétermination, un droit qui a été légalement exercé par le peuple de l'Artsakh." Serge Sarkissian avait déclaré que l'Arménie ne reconnaissait pas l'indépendance du Haut-Karabakh pour respecter l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan.

Aussi, la réunion de Kazan a de nouveau prouvé que l'Azerbaïdjan, en ignorant complètement les déclarations faites par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et la logique du règlement, a mené les pourparlers dans une impasse.

"Ce n'est pas nouveau que l'Azerbaïdjan fait semblant de négocier. Car négocier, signifie faire des compromis. En attendant, l'Arménie ne sera jamais d'accord de faire des concessions unilatérales. Quoi qu'il en soit, la poursuite des négociations est mieux que rien."

Charmazanov a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d'impliquer les représentants du Haut Karabakh dans le processus de négociation. "Tous ont déjà compris que l'Artsakh est de fait un Etat indépendant."

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmeian.net



samedi 25 juin 2011

Haut-Karabakh : La rencontre de Kazan s'est terminée

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Une déclaration tout en finesse. Pas un mot plus haut que l'autre, pas un propos négatif, et surtout ne désigner personne dans un sens ou dans un autre. Du pur langage diplomatique.

Tous les politiques s'accordaient pour dire que la réunion devait déboucher sur un succès. Tous les observateurs et les analystes s'accordaient pour dire que rien ne sortirait de cette rencontre.

Quand le fossé est trop large, on ne peut pas le combler, tout au plus on peut y jeter un viaduc pour relier les deux bords.

Les pays coprésidents ont l'habitude de faire des grands écarts diplomatico-hypocrites : Promouvoir les négociations pacifiques et parallèlement vendre des armes directement ou indirectement aux antagonistes.

Il faut décortiquer les propos du Calife de Bakou lorsqu'il clame haut et fort que le budget militaire de son pays équivaut au budget total de l'Arménie !

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Les Présidents n'ont pas signé de document cadre qui aurait ouvert la voie à une résolution du conflit du Karabakh, mais ont déclaré que certains progrès avaient été accomplis.


Sarkissian-Medvedev-Aliev-K
La réunion trilatérale dans la capitale du Tatarstan, réunissait le président de l'Arménie, Serge Sarkissian, le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev et le Président de la Russie, Dmitri Medvedev. Les ministres des affaires étrangères de l'Arménie, de la Russie et de l'Azerbaïdjan ainsi que les adjoints des présidents participaient également à la réunion qui a commencé vers 17h00 heure locale, et a duré plus de 3 heures.

La très courte déclaration diffusée par le Kremlin indique : "les chefs d'Etat sont parvenus à un accord mutuel sur un certain nombre de questions dont la résolution contribuera à créer les conditions pour l'approbation des principes de base."

Aucune autre déclaration publique n'a été faite par les participants.

Contrairement aux attentes des médiateurs internationaux qui espéraient la signature d'un accord-cadre, et même s'il y a des progrès, il a été clairement confirmé qu'il subsiste toujours des différences profondes sur les principes fondamentaux d'un règlement de compromis proposé par les Etats-Unis, la Russie et la France.

Les Présidents de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ont exprimé leur gratitude aux dirigeants russes, français et américains, aux coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, pour ‘leur attention constante aux problèmes du Haut-Karabakh' et ont hautement salué les efforts personnels du président russe pour sa médiation en vue d'un accord.

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Beaucoup d'espoir à la veille de la rencontre

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La veille, le ministère russe des Affaires étrangères avait sorti une déclaration indiquant que la rencontre du lendemain doit servir de point de repère dans le règlement du conflit du Haut Karabakh : "Nous nous attendons que Bakou et Erevan réagissent de manière constructive à la déclaration conjointe faite le 26 mai à Deauville par les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, qui fait appel aux dirigeants de l'Arménie et l'Azerbaïdjan à faire preuve de volonté politique et de finaliser les principes de base (d'un accord de paix) au cours du prochain sommet."

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"Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Russie ne semblent pas beaucoup d'accord ces jours-ci. Mais dans l'instable Sud-Caucase, ils s'accordent à dire que l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont besoin de signer un accord vendredi s'ils veulent sérieusement trouver une solution pacifique au conflit pluri-décennal du Haut-Karabakh," écrit dans le New York Times Sabine Freizer, la directrice du programme Europe de l'International Crisis Group.
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"Même si l'on relève des signes prometteurs, s'il y a accord signé, il faudra encore compter une dizaine d'années pour l'appliquer. S'il n'y a pas rapidement un accord qui suit la rencontre de Kazan et un ferme engagement internationale pour l'appuyer, le problème risque de se complexifier. Si un accord est signé, ce ne sera que le début d'un processus, et non sa conclusion. Si M. Medvedev peut les amener à apposer leur signature sur le papier, ce sera une étape importante et un grand pas en avant dans cette confrontation, avec en plus, une validation de la persistance du leader russe."

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Steve Gutterman, correspondant de Reuters à Moscou, écrit : "Une percée serait une aubaine pour les présidents Medvedev, Obama et Sarkozy, qui tous les trois sont susceptibles de se présenter à une réélection l'an prochain."

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Le Moscow Times écrit de son côté : "Les enjeux sont plus élevés que jamais, avec la réunion de Vendredi à Kazan sur le conflit du Haut-Karabakh, présidée par Dimitri Medvedev en présence des présidents de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie."

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Le président Nicolas Sarkozy a envoyé un message au Président Serge Sarkissian, dans lequel il note que dans la continuation de la déclaration faite à Deauville par Barack Obama, Dimitri Medvedev et lui-même, il exprime sa confiance, et que le temps est venu de valider les principes qui pourraient désormais servir de base pour les négociations proprement dites sur la résolution du conflit. Selon le président français, il y a des moments dans l'histoire où la direction d'un pays doit montrer à sa population du courage, de la sagesse et la route vers la paix. Nicolas Sarkozy est persuadé qu'un tel moment est venu.

"Soyez assuré que je vous transmets, comme un ami et avec moi la France qui se considère comme la sœur de l'Arménie, les vœux les plus sincères de réussite dans cette rencontre décisive. Mon pays ne ménagera aucun effort pour vous soutenir sur ce chemin," conclu le message de Nicolas Sarkozy.

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Le président Sarkissian a également reçu un appel téléphonique du président des Etats-Unis, Barack Obama.

Le président américain a souligné l'importance de la réunion trilatérale de Kazan. Il a exprimé sa gratitude à Serge Sarkissian pour son leadership dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh, et dans le contexte de la déclaration de Deauville, il a souligné l'importance de progresser à Kazan.

Le président Sarkissian l'a remercié pour son soutien constant au processus de résolution du conflit dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Il a indiqué que les peuples d'Arménie et du Haut-Karabakh se sont toujours déclarés pour une résolution pacifique et juste du conflit. Il a souligné que des résultats positifs pouvaient être attendus à Kazan si la partie azerbaïdjanaise veut bien afficher une approche constructive, et accepter tels quels les principes de bases.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



vendredi 24 juin 2011

Le Président Serge Sarkissian prend la parole devant l'APCE

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

On a beau enrober les propos des uns et des autres dans un discours optimiste, la réalité est là, dure et sans appel.

Comme le discours du président Sarkissian l'a laissé entendre, tout comme d'ailleurs les propos du président Aliev, la signature d'un préaccord général lors de la rencontre de Kazan est loin d'être acquise.

En effet, tous deux ont été interviewés jeudi par la chaine Euronews à la veille de leur réunion avec le président Medvedev.

Serge Sarkissian a réitéré sa position, explicitée lors de sa prise de parole devant l'APCE, mettant en avant l'arménophobie qui règne en Azerbaïdjan, et l'incohérence qu'il y a dans les propos des dirigeants azéris entre l'acceptation des principes de base proposés par les médiateurs et le refus d'appliquer deux d'entre eux.

Quant à Ilham Aliev qui venait de rencontrer José Manuel Barroso, il a bien confirmé que son principal objectif était l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, le premier principe de base ; que le second (non recours à la violence ou à la menace de son emploi) s'il était mal appliqué c'était regrettable mais que c'était la faute de tout le monde ; quant au troisième, le droit à l'autodétermination des peuples, cela ne peut que signifier pour le Haut-Karabakh un très niveau d'autonomie et de donner comme exemple la Province autonome de Tyrol du Sud (région de Bolzano) au Nord de l'Italie sur la frontière autrichienne.

Seulement ce qu'oublie de dire le président azéri, c'est qu'il y a de gros tiraillements entre les italophones et les germanophones et que ces derniers qui sont majoritaires à 70% ont de fortes velléités d'indépendance. De plus, que c'est grâce à la présence de soldats (italiens) que la paix est maintenue.

Et comme cela ne suffisait pas, M. Aliev a parlé du budget de la Défense de l'Azerbaïdjan qui est équivalent au budget total de l'Arménie, et que plus le temps passait, plus le fossé se creusait entre les deux pays.

Ce n'est certes pas une mise en garde, mais cela y ressemble fortement. Au fait, que disait le second principe de base ?

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Larges extraits du discours du président arménien Serge Sarkissian à la session d'été de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) et réponses aux questions des députés.

Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire Général, Messieurs les Membres de l'Assemblée,


Serge-a-APCE1_maxi
Je voudrais commencer par exprimer ma gratitude pour l'occasion qui m'est donnée d'aborder le public européen à travers ce forum distingué, qui a joué un rôle crucial dans le processus d'enracinement de la démocratie en Arménie.

Il y a vingt ans, en Septembre 1991, l'Arménie a déclaré son indépendance, la réalisation du rêve de nombreux siècles et de générations, et la réunification avec la communauté d'Etats souverains. Dix ans plus tard, en 2001, l'Arménie a adhéré au Conseil de l'Europe, réaffirmant un héritage historique et culturel commun avec cette famille des nations européennes. Aujourd'hui, debout devant l'Assemblée, je me souviens de ces jalons avec un sentiment de fierté pour les réalisations de notre peuple et de notre Etat dans les deux dernières décennies.

Ayant connu différents régimes oppressifs, mon peuple ne connaît que trop bien le prix de la liberté. L'histoire de mon peuple est celui de la création et de la lutte. La liberté et la paix ont été notre rêve depuis des siècles. Nous sommes maintenant en route vers notre rêve.

Le peuple de l'Arménie a fait son choix historique et irréversible. Notre route pour devenir proche de l'Europe a été unique de manière naturelle. Cependant, il y a eu des obstacles, qui ne sont pas naturelles, telles que le blocus artificiel et illégal imposé à l'Arménie par nos deux voisins. Toutefois, en dépit de toutes les difficultés, notre société sait précisément où elle va, et pourquoi elle a choisi cette voie particulière de développement. Pour nous, c'est un retour à la civilisation et au domaine culturel européen, à laquelle nous appartenons, et où nous avons été toujours présents.

Le Conseil de l'Europe est en effet l'expression institutionnelle de notre système de valeurs communes. Sa mission englobe l'ensemble du continent européen, défini non seulement en terme géographique, mais surtout, comme une plate-forme commune culturelle et de civilisation, de valeurs et d'identité.

Mon peuple à travers l'histoire a payé un prix très élevé pour avoir le droit d'aimer ces valeurs et ces idées, qui dans ces moments de l'histoire étaient étrangers à notre région en particulier. En conséquence, nous avons été réduits au silence de la manière la plus brutale et horrible qui soit. Le Conseil de l'Europe signifie la promesse que de tels événements ne doivent pas être autorisés à se reproduire sur le continent européen.

Au cours des deux dernières décennies, le Conseil de l'Europe a été un partenaire essentiel pour l'Arménie dans le processus de construction de l'État et le renforcement de la démocratie. En Arménie, on dit en blaguant que notre système politique a trois composantes : le gouvernement, l'opposition, et le Conseil de l'Europe. La plaisanterie, cependant, reflète effectivement la forte implication du Conseil de l'Europe dans le processus de changement en cours en Arménie.

(…)

Mesdames et Messieurs ;

La résolution pacifique et juste du conflit du Haut-Karabakh reste le problème le plus important pour nous. Les négociations sont menées dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Nous sommes reconnaissants aux Etats coprésidents pour leurs efforts. Surtout que les présidents de ces Etats se sont personnellement engagés dans le processus de résolution. Cela sans aucun doute, inspire un grand espoir.

Je crois que vous conviendrez que la contribution la plus importante actuelle et à venir du Conseil de l'Europe à ce processus, est la promotion de la tolérance. À cette fin, nous notons avec préoccupation et douleur que des foyers de racisme et de xénophobie existent encore sur le territoire du Conseil de l'Europe.

La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance, dans son récent rapport régulier sur l'Azerbaïdjan, a confirmé le niveau extrême d'arménophobie et de racisme qui prévaut dans ce pays. Nous regrettons ce fait, car il est difficile d'imaginer une telle situation dans un Etat membre du Conseil de l'Europe. Nous le regrettons, car nous comprenons clairement que le poison de l'intolérance qui frappe le plus lourdement la société porte en elle un tel poison. Il nous touche également parce que :

- L'Azerbaïdjan est notre voisin immédiat,

- Le conflit du Haut-Karabakh est en suspens dans notre environnement,

- Et nous attachons une importance à la nécessité de progresser dans le processus de résolution du conflit.

Dans deux jours, une réunion trilatérale des présidents de la Russie, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan aura lieu. Dans la période qui a précédé la réunion, les coprésidents médiateurs se sont efforcés d'assurer la finalisation des principes de base de la résolution. Nous parlons ici de résoudre le problème par des moyens pacifiques basés sur des concessions mutuelles. Cependant, notre situation actuelle ressemble elle-même à une concession, avec une partie adverse qui recherche des excuses commodes pour nous tirer dessus. Dans une telle situation, il sera très difficile pour quiconque de persuader la société arménienne, ou celle du Karabakh - des populations autochtones Arméniens vivant au Karabakh depuis des siècles - qu'il est nécessaire de faire certaines concessions dans un pays où il y a une telle intolérance et de tels sentiments racistes extrêmes envers les Arméniens.

C'est dans ces circonstances que nous nous déplaçons à Kazan, en prévision de progrès, que nous attachons une grande importance à la stabilité régionale et au développement, pour assurer un avenir sûr pour la génération qui grandit en Arménie, au Haut-Karabakh et en Azerbaïdjan, et faire preuve de bonne volonté avec une approche constructive. Cependant, nous devons tous réaliser que l'accord ne pourra être finalisé et mis en œuvre efficacement que si les modèles d'arménophobie et de racisme sont éliminés en Azerbaïdjan et qu'un climat de confiance est instauré. Il est aussi clair que personne ne peut contester le droit inhérent au peuple du Karabakh à vivre librement et en toute sécurité sur ses terres et d'être maître de son destin.

Aussi, voici ce que l'on attend du Conseil de l'Europe :

* Essentiellement, ne pas nuire au processus. L'impact à court terme de débats basés sur l'ignorance, perturbent les parties et les empêchent d'arriver à des solutions durables ; solutions susceptibles d'émerger dans les pourparlers de paix menés dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Je suis persuadé que l'écrasante majorité de nos collègues de l'APCE, qui ont ou vont exprimer le désir de discuter de questions ayant trait au conflit du Haut-Karabakh, ont fait ou vont faire preuve de bonne volonté. Cependant, certains peuvent encore agir sur la base d'informations inadéquates, ce qui peut en effet compromettre le processus. Par conséquent, je vous exhorte tous à exercer une certaine retenue. L'orientation principale devra être le principe de ne causer aucun dommage.

Est-il possible de nous aider ?

Certes, il l'est. Indépendamment des visions différentes pour la résolution définitive du conflit du Haut-Karabakh, une chose est certaine : Le Karabakh a été, est et restera une partie de l'Europe, quoique méconnue. Devons-nous comprendre que la société du Haut-Karabakh est aujourd'hui une partie de la société européenne, une partie de la famille européenne, indépendamment du statut de jure du Karabakh ? Le temps n'est-il pas venu pour le Conseil de l'Europe de s'engager directement au Karabakh en termes de protection, de promotion des droits de l'homme, de formation de la société civile, de démocratie, de tolérance, etc. ? Ne serait-il pas beaucoup plus logique si le Conseil de l'Europe s'engageait d'abord avec la population du Karabakh avant d'exprimer le désir de discuter de questions liées au Karabakh lui-même, avec la participation de la population du Karabakh à de telles discussions ?

Chers Collègues,

L'effondrement du mur de Berlin annonçait la suppression de lignes de démarcation en Europe. Malheureusement, vingt ans plus tard, notre région est toujours en attente que ses lignes de démarcation soient éliminées.

Il y a deux ans, nous avons initié un processus de normalisation entre l'Arménie et la Turquie, ce qui aurait permis, à travers l'établissement de relations diplomatiques et l'ouverture de la frontière, de surmonter progressivement le fossé qui existait depuis près d'un siècle. Je tiens à noter que, tout au long du processus, nous avons grandement apprécié l'inspiration et le soutien permanent non seulement des Etats-médiateurs, mais aussi plus largement de la communauté internationale, y compris plusieurs Hauts fonctionnaires du Conseil de l'Europe. Malheureusement, en dépit de ce soutien, le processus de normalisation entre l'Arménie et la Turquie se retrouve dans une impasse.

La seule raison est que la Turquie est revenue à sa pratique de mettre des conditions préalables, et à défaut d'honorer ses engagements, ce qui rend impossible la ratification des protocoles signés. Ayant affronté le mur de la déception et de la méfiance, je ne peux pas prédire quand la fenêtre d'opportunité s'ouvrira de nouveau. Je regrette de le dire, mais c'est la réalité.

Il est important de souligner que l'Arménie a initié le processus avec de bonnes intentions, fidèle à l'impératif du 21e siècle de la coexistence pacifique des nations et des peuples, le tout sur fond d'une Turquie qui non seulement ne pas reconnaît pas le génocide des Arméniens commis sous l'Empire ottoman en 1915, mais s'engage dans une politique négationniste tout azimut. En attendant, les Arméniens du monde entier attendent une réponse adéquate. Nos efforts inlassables, et j'espère également les efforts de ceux qui s'inquiètent des crimes contre l'humanité, vont désormais rester concentré sur la reconnaissance internationale du génocide arménien.

Cependant, nous sommes déterminés à ne pas laisser ce problème non résolu pour les générations à venir. La normalisation des relations entre l'Arménie et la Turquie est importante non seulement pour les Arméniens et les Turcs, mais aussi pour toute la région, je crois que, même pour l'ensemble de l'Europe, ce sera un plus en termes de création d'une atmosphère de paix, de stabilité et de coopération. Le blocus illégal de l'Arménie doit cesser.

Mesdames et Messieurs ;

Permettez-moi de conclure en réaffirmant ma conviction profonde dans un avenir commun, global, pacifique et prospère. Si l'Europe est une idée, un socle de valeurs partagées, alors cela doit l'être pour toute l'Europe - de l'océan Atlantique à l'Oural, voire au-delà, sans regroupements ou divisions. L'Europe ne peut et ne doit pas tolérer les nouvelles lignes de démarcation - matérielle ou immatérielle. Le Conseil de l'Europe doit devenir une arène politique important pour l'Europe à l'échelle des discussions approfondies et des efforts collectifs visant à la promotion de l'unité européenne. Il est commandé par notre responsabilité commune envers les générations futures.

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Mercredi, l'Union européenne a exhorté les présidents Arménien et Azerbaïdjanais, à finaliser les principes de base du règlement du conflit du Haut-Karabakh, disant que le statu quo devenait intenable.


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"J'ai souligné le fort soutien de l'Union européenne pour une résolution pacifique du conflit du Haut-Karabakh", a déclaré le chef de la Commission de l'UE, José Manuel Barroso, après un entretien avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

"Il est grand temps de faire des efforts supplémentaires pour finaliser un accord sur les principes dits de base. Les négociations reprendront dans deux jours le temps de discuter du règlement du conflit. J'espère que les deux parties seront en mesure d'avancer, vu que le statu quo n'est pas une option pérenne," a-t-il souligné.

Aliev aurait n'a fait aucun commentaire sur les chances d'une percée dans ses négociations avec l'Arménie.

Les médias azéris ont seulement rapporté que le conflit du Karabakh doit être réglé sur la base de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et que tous les réfugiés azerbaïdjanais et les personnes déplacées doivent être en mesure de retourner dans leurs foyers "très rapidement".

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Le Président de l'APCE, Mevlut Cavusoglu, a déclaré il y a quelques jours que la normalisation des relations arméno-turques est liée à la question du Karabakh, en ajoutant qu'il y a eu un accord verbal entre l'Arménie et la Turquie, et qui a été confirmé par les ministres des Affaires étrangères de la France, la Suisse et la Russie et le secrétaire d'État américain.


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Commentant cette déclaration, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, qui se trouvait à Strasbourg, a fait la mise au point suivante :

"C'est une simple déformation des faits. Le processus de normalisation des relations arméno-turques a commencé et s'est développé sur la compréhension que les relations doivent être normalisées sans conditions préalables, et d'ailleurs il n'y a pas de conditions préalables inscrits dans les deux protocoles. Tous les ministres des Affaires étrangères présents à la cérémonie de signature ont appelé les parties à ratifier et à appliquer les protocoles sans conditions préalables. Laissez-moi citer Mme Clinton indiquant que l'Arménie a fait sa part du chemin, et que la balle se trouve maintenant dans le camp turc, et c'est ce dernier qui doit respecter ses engagements. Par conséquent, je pense que c'est incorrect de tenter de jeter la faute sur les autres."

Concernant la reprise de l'activité de la Sous-commission de l'APCE sur le Haut-Karabakh, dont une première réunion a eu lieu le 20 Juin sous la présidence de l'espagnol Jordi Xuclà, nommé par Mevlut Cavusoglu le 28 Janvier dernier, mais sans la délégation arménienne, le ministre a précisé :

"Les coprésidents du Groupe de Minsk ont également déclaré qu'ils ne considéraient pas que la reprise de l'activité de la dite Sous-commission puisse contribuer au processus de règlement. Cette Sous-commission n'est pas habilitée à prendre des décisions contraignantes."

"Il n'est pas nécessaire de changer le format des négociations. Les deux, nous et les coprésidents, avons indiqué l'inutilité de reprendre les travaux sur le Karabakh par une Sous-commission de l'APCE. C'est le plus important. Je ne pense pas que ce soit l'action la plus utile dans le cadre de son activité. Aussi, il est important que la Sous-commission ne nuise pas au processus de négociations en créant des nouvelles tensions ou en générant des conséquences imprévisibles."

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



mercredi 22 juin 2011

Khatchkars : L'UNESCO s'explique

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

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Selon l'UNESCO, l'incident qui s'est produit à Paris lors de l'exposition sur l'Artisanat du Khatchkar (Croix-de-pierre), a été causé par un manque de coordination.
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"Une consultation préalable est indispensable lorsque l'organisation d'événements implique les intérêts de nombreux pays. Malheureusement, cette condition n'a pas été entièrement respectée ; plusieurs photographies ne correspondaient pas au mandat de l'Organisation et risquaient de saper l'esprit de compréhension et de coopération internationale," a déclaré le représentant de l'UNESCO assurant que cette démarche ne visait en aucune façon vouloir censurer ou annuler des faits historiques.

"L'organisation a tenté de travailler en contact étroit avec les représentants de l'Arménie afin d'éviter la politisation inutile d'un événement culturel. Durant toutes les phases de préparation, le Secrétariat de l'UNESCO a respecté strictement les règles et le règlement destinés aux Etats membres. Nous n'avons épargné aucun effort pour que l'événement soit un succès."

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Une fin de non-recevoir enrobée dans un langage diplomatique. Sans doute que ce sont des Turcs, ottomans ou azéris, qui par empathie ont sculpté durant des siècles les Khatchkars pour les ‘ermeni giaour'.

Les pétrodollars de la famille Aliev font parfois des miracles !

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Croire que la Turquie tient vraiment à normaliser ses relations avec l'Arménie est avant tout de la poudre aux yeux des Occidentaux et des Européens en particulier.

Qu'ils soient de l'AKP, du CHP ou du MHP, les dirigeants turcs n'ont strictement rien à faire de l'Arménie et des Arméniens. Lorsqu'on a une épine dans le pied qui s'appelle ‘génocide', on ne négocie pas avec elle, on l'extrait. En l'occurrence, ne pouvant l'extraire comme il y a un siècle, on l'ignore ou à défaut on la combat sur la scène internationale.

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* La réunion de Kazan approche *


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"En fermant les yeux sur les activités meurtrière d'Aliev, la communauté internationale démontre qu'elle tolère sa politique", a déclaré la Secrétaire du parti ‘Héritage', Larisa Alaverdian. La députée ne s'attend à aucune percée de la prochaine réunion présidentielle à Kazan, indiquant toutefois que des tentatives seront faites pour combiner deux approches.

Pour son parti, l'Artsakh doit être impliqué dans les négociations. "Ce n'est pas le cas actuellement, le sommet de Kazan sera une autre réunion récurrente."

Aussi, les appels des médiateurs pour accélérer le processus sont dangereux : "L'Occident cherche à créer de nouveaux problèmes plutôt que de résoudre déjà ceux existants. L'accélération du processus n'aboutira pas à la résolution du conflit du Karabakh," a-t-elle souligné.

* Les relations arméno-turques restent toujours liées au conflit du Karabakh *

Le pouvoir et principaux partis d'opposition turcs sont prêts à normaliser leurs relations avec l'Arménie et à ouvrir la frontière, mais ils sont opposés sur les conditions préalables des négociations ; rapporte le quotidien Hurriyet.
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"Nous sommes prêts à négocier avec les Arméniens, sans conditions préalables. Personne ne peut dire que j'étais d'accord avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan sur cette question," a déclaré Kemal Kılıçdaroğlu, le leader du Parti Républicain du peuple (CHP). La déclaration venait en réponse à une question d'un journaliste américain qui demandait si "la politique du CHP en ce qui concerne les relations avec l'Arménie était vraiment différente de celle du Parti Justice et Développement (AKP) vu que les deux partis mettent comme condition le retrait de l'Arménie du Haut-Karabakh."

"La différence entre nous et l'AKP est que nous voyons l'éventuel retrait comme un geste de bonne volonté, et non comme une condition", a ajouté Osman Korutürk, ancien ambassadeur et Vice-président du CHP.

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Ministre d'Etat turc et négociateur en chef pour l'UE, Egemen Bagis pense que la Turquie et l'Arménie ont une chance de coopérer pour "empêcher les peuples, les nations et les pays de souffrir à l'avenir."
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Selon l'Agence Anatolie, lors d'une rencontre à Ankara mardi 21 Juin avec une délégation de journalistes turcs, arméniens et américains, Bagis a déclaré que les peuples turc et arménien "ont souffert dans le passé, et que l'histoire ne peut pas être changée."

"Les présidents arménien Serge Sarkissian et turc Abdullah Gül ont pris des mesures courageuses, il est nécessaire de poursuivre le processus."

Concernant le conflit du Karabakh, il a indiqué : "Nous voulons une solution pérenne entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ce qui est dans l'intérêt de tous les pays de la région" et d'ajouter : "la frontière entre nos deux pays sera ouverte un jour, mais après que l'Arménie et l'Azerbaïdjan se soient serrés la main."

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



mardi 21 juin 2011

Haut-Karabakh : La Turquie, par Monsieur Mevlut Cavusoglu interposé, se rappelle à la communauté internationale

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La victoire du sieur Erdogan aux élections turques du 12 Juin dernier, n'a rien modifié à sa position envers l'Arménie, qui reste toujours le voisin avec lequel les problèmes sont loin d'être zéro.

Non contents avec leur compère azerbaidjanais, d'avoir fortement influé sur l'UNESCO pour faire échouer l'exposition des Katchkars (Croix-de-pierre) dans les locaux parisiens de la docte organisation, les dirigeants turcs poussent leur pion [Mevlut Cavusoglu] à mettre son grain de sel sur la prochaine rencontre trilatérale de Kazan sur le conflit du Karabakh.

Qui a mandaté l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe pour s'immiscer dans les discussions entre Erevan et Bakou ? Qui a mandaté son président pour indiquer de quelle manière doivent se dérouler les négociations de paix et mettre des pré-conditions dans la normalisation des relations arméno-turques ?

C'est une chance que la candidature de M. Kemal Dervis n'est pas été retenue au poste de directeur général du FMI. L'Arménie aurait été en peine pour obtenir des prêts, mais surtout aurait eu en face d'elle un autre porte-parole fervent de la politique turque. [1]

* Brève : Deux poids, deux mesures *

Aujourd'hui, quand nous commémorons la Journée mondiale des réfugiés, cette douloureuse question est à nouveau sous les projecteurs. Plusieurs dizaines de milliers d'Arméniens sont des exilés en provenance d'Azerbaïdjan, dont certains ont trouvé refuge en Arménie et quelques autres au Haut-Karabakh. Ils sont totalement ignorés du point de vue de la protection internationale de leurs droits et de leur sécurité sociale.
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Pour le Mouvement Karabakh, ces Arméniens d'Azerbaïdjan persécutés et exilés, sont prêts à retourner dans leurs foyers, bien sûr après avoir reçu des garanties de sécurité. Le retour des réfugiés est prévu dans les Principes de Madrid sur le règlement du conflit du Karabakh.

Toutefois, les réfugiés arméniens craignent que la communauté internationale oublie que cette disposition doit aussi s'appliquer aux réfugiés arméniens. Comme preuve de ce qui précède, Héranouche Kharatian de l'Assemblée des Arméniens d'Azerbaïdjan, rappelle les oublis relevés par l'International Crisis Group dans son dernier rapport, ainsi que le refus des différentes organisations internationales de mettre en œuvre des programmes relatifs aux réfugiés arméniens.

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Le président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), le Turc Mevlut Cavusoglu, a exprimé lundi l'espoir que les présidents arménien et azerbaïdjanais parviendront à un accord sur le Haut-Karabakh lors de leur prochaine réunion en Russie.
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Selon Cavusoglu, la signature d'un tel accord ouvrirait également la voie à la normalisation des relations turco-arméniennes. "Je désire plus que tout le monde que les deux dirigeants signent un accord. Je pense que personne ne dira non à un accord. Nous accueillerons grandement cette avancée. De plus, comme l'a expliqué à plusieurs reprises le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, si les conditions sont remplies, je pense que les protocoles turco-arméniens seront ratifiés par le parlement turc," a-t-il souligné.

Le Président de l'APCE a de nouveau lié la résolution du conflit du Karabakh et la normalisation des relations arméno-turques, comme étant une condition préalable. Ce que rejette la partie arménienne tout comme d'ailleurs la communauté internationale, comme non-conforme au traité.

Une réunion de la Sous-commission ad hoc de l'APCE sur le Haut-Karabakh s'est déroulée le premier jour de la session d'été de l'APCE. Elle a débuté ses travaux avec la participation de la délégation azerbaïdjanaise et les représentants du Secrétariat de l'APCE. La délégation arménienne a refusé de participer à la réunion, rappelant que sa position restait inchangée sur la création d'une telle Sous-commission.

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Andreas-Ghougassian
"La réunion de Kazan est un défi pour les parties en conflit et pour le groupe Minsk de l'OSCE. On décidera si le processus de Minsk va continuer ou non. Si aucun progrès n'est enregistré à Kazan, il sera question de l'efficacité du format actuel. Si Ilham Aliev refuse de signer le document, le format en tant que tel changera. L'OSCE ne peut pas attendre éternellement que l'Arménie et l'Azerbaïdjan règlent leurs problèmes et arrivent à un accord," a déclaré le politologue Andreas Ghougassian.

Il a attiré l'attention sur le fait que le document fondateur du groupe de Minsk de l'OSCE - l'Acte final d'Helsinki - n'a pas fonctionné depuis Novembre 2007, alors que le conflit du Karabakh devait être réglé sur la base des principes de ce document.


Alexander-Markarov1_medium
De son côté le politologue Alexander Markarov a indiqué que les pourparlers sur le changement de format du Groupe de Minsk sont infondés. Selon lui, les rumeurs sont revenues périodiquement au cours des 15 dernières années. Il a souligné que le processus de négociation avait travaillé pour le bien de la paix, plutôt que pour le bénéfice de l'une des parties.

Tous deux sont convaincus qu'à ce stade il n'y a pas de conditions préalables à la participation du Haut-Karabagh dans le processus de négociation. Selon eux, la participation de l'Arménie à la réunion de Kazan sera formelle, vu que l'Arménie a depuis longtemps donné son accord au document actuel. Les développements futurs dépendront de la position d'Ilham Aliev.

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Il en va différemment de la vision des dirigeants de l'Artsakh. "Les développements dans le règlement du conflit du Karabakh sont dans l'impasse," selon le Conseiller du Ministre des Affaires étrangères de la RHK, Ruben Zakarian. Car en exigeant les sept districts entourant le Haut-Karabakh, l'Azerbaïdjan pourra aisément envahir tout le Haut-Karabakh.

Ruben Zakarian n'attend pas de changements, positifs ou négatifs, dans le processus de négociation, vu qu'aucune des parties ne veut aggraver la situation.

"L'impasse est le résultat du format déformé des négociations, où devraient figurer l'Arménie, l'Azerbaïdjan et le Haut-Karabakh. Le processus actuel de négociation ne représente pas l'image réelle du conflit du Karabakh, où les principaux protagonistes sont le Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan. La détermination du statut de n'importe quel peuple est le droit absolu de ce peuple," a-t-il souligné.

Pour lui, le conflit doit être réglé sur la base de plusieurs points :

- la détermination du statut par le peuple du Haut-Karabakh,

- la reconnaissance définitive du statut de l'Artsakh par la communauté internationale,

- la restauration de l'intégrité territoriale de l'Artsakh,

- et l'exclusion de l'usage de la force ou la menace de la force.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net




[1] Ancien ministre turc des Finances, ex-hiérarque de la Banque mondiale et récent administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


lundi 20 juin 2011

Le génocide arménien à la Chambre des Lords

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La fin de non recevoir du gouvernement britannique a encore une fois triomphé dans le débat parlementaire anglais. A l'exemple de son illustre ‘maitre à penser' outre-Atlantique, le gouvernement de sa gracieuse Majesté, qu'il soit de droite (Conservateur) ou de gauche (Travailliste), pour des raisons éminemment politiques ‘botte en touche' ou plus exactement laisse les protagonistes régler le différend entre eux.

Seul problème, et de taille, c'est que le génocide, n'est pas un crime de X contre Y, mais un crime contre l'humanité et qu'il est imprescriptible. Or que je sache, les britanniques ne vivent pas sur une ile isolée du monde, bien que par moment en tant que membre de l'Union européenne, on peut se poser la question.

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La Chambre des Lords de la Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord a débattu du génocide arménien le 16 Juin dernier.


Shreela-Flather_medium
"La France a déjà reconnu le génocide. Un million et demi de personnes ont été massacrés en 1915. Je reviens d'Arménie, où j'ai visité le musée du génocide. Je suis sûr que beaucoup de vos Seigneuries ont visité le musée de l'Holocauste. Ce n'est pas moins bouleversant, choquant et effroyable que le musée de l'Holocauste. Il y a tant de preuves et c'était connu à l'époque où cela se passait. Les titres des journaux de tous les pays avaient parlé de ce massacre. Il est temps que nous reconnaissions le génocide arménien," a déclaré la Baronne Shreela Flather.


Eric-Lubbock_medium
"Après un siècle de tabou et de silence, des journalistes et des historiens turcs commencent enfin à discuter des preuves sur les massacres, l'esclavage, la déportation et les déplacements forcés, les viols, les persécutions et les autres actes inhumains de même caractère, perpétrés sur la population arménienne de Turquie en 1915 -1916. Cela n'aiderait-il pas la Turquie à rejoindre l'Union européenne si les politiciens turcs reconnaissaient les crimes de leurs ancêtres ?" a déclaré Lord Avebury, Eric Lubbock.


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"Il existe un risque sérieux en Turquie de poursuites envers les journalistes et les écrivains qui utilisent le terme ‘génocide arménien'. Certains ont été poursuivis, et beaucoup de matériels éducatifs pour les écoles ont été produits par le gouvernement turc niant le génocide arménien. Cette censure sur le débat public et sur l'éducation est inacceptable pour une nation qui espère rejoindre l'Union européenne," s'est indignée pour sa part, la baronne Caroline Cox.


David-Howell_medium
« Il ne fait aucun doute que le traitement des Arméniens a été horrible et a causé la mort de centaines de milliers de personnes par les armes, par la faim ou par la maladie. Ils ne doivent pas être oubliés, mais nous croyons qu'il est pour les Turcs et les Arméniens de travailler ensemble pour aborder leur histoire commune. Nous encourageons tout processus qui les aide à le faire d'une manière ouverte, honnête et constructive, aussi il n'est pas nécessaire pour nous d'anticiper leurs conclusions," a déclaré David Howell, ministre d'État au ministère des Affaires étrangères.

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Radio Publique d'Arménie



samedi 18 juin 2011

Les relations arméno-turques après la victoire de l'AKP

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

* L'UNESCO aux ordres

La Turquie et l'Azerbaïdjan utilisent toutes les opportunités pour faire progresser leur version douteuse de la vérité sur l'Arménie ou sur tout ce qui lui est lié. Le dernier événement en date s'est déroulé à Paris, lors de l'exposition de Khatchkars à l'UNESCO.

Le 15 Juin, une exposition de photos intitulée ‘Connaissance des Khatchkars' s'est ouverte à Paris dans les locaux de l'UNESCO, dans le cadre des conférences scientifiques.

Le jour d'ouverture en présence de l'ambassadeur d'Arménie en France, Vigen Tchitedjian, et de la Vice-ministre arménien de la Culture, les invités ont eu une désagréable surprise. Les textes indiquant le lieu d'origine de chaque Khatchkar (Croix-de-pierre) avaient été enlevés, seules les dates restaient sous les photos. Les Organisations arméniennes de France et de Suisse ont vigoureusement protesté contre les tentatives de nier l'héritage culturel de l'Arménie.

Ainsi, le Bureau Français de la Cause Arménienne (BFCA) a exprimé son indignation soulignant le ‘vandalisme civilisé' de l'UNECSO, incompatible avec la mission de l'Organisation. Qu'une telle attitude aura des conséquences dans la communauté. "L'incident prouve l'implication de l'Azerbaïdjan et de la Turquie. En cédant à la pression politique, l'UNESCO a entaché son nom," souligne le communiqué.

Cet incident est l'œuvre des voisins de l'Arménie, qui se vengent ainsi de la décision de l'UNESCO d'inscrire en Novembre 2010 les Khatchkars arméniens au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. On se souvient que l'Azerbaïdjan avait protesté contre cette décision et affirmé que les Katchkars "ne sont pas arméniens."

On pensait que l'UNESCO avait tourné la page et qu'elle ne cèderait plus aux pressions des Azéris. C'est mal connaître certains dirigeants de l'honorable Organisation qui sont très sensibles aux largesses de Mahriban Aliev, la première Dame de l'Azerbaïdjan, envers ... l'Organisation.

Tout le monde a encore en mémoire, le comportement indigne et lamentable de l'honorable Organisation lorsque le gouvernement azéri a fait détruire par ses militaires en décembre 2005 les milliers de Katchkars du cimetière arménien médiéval de Djougha au Nakhitchevan, pour le remplacer par un terrain militaire.

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* Ruben Safrastian *

Deux Résolutions ont été introduites à la Chambre des Représentants américaine concernant la Turquie. La première appelle Ankara à restituer les biens volés aux églises chrétiennes, et la seconde appelle le président Obama à reconnaître officiellement le génocide arménien.

"Les Résolutions arméniennes seront toujours sur l'agenda de la politique américaine. Comme il arrive souvent en politique, deux choses se chevauchent ici. D'une part, les Etats-Unis veulent faire pression sur M. Erdogan, pour que ce dernier n'entreprenne pas des actions qui iraient à l'encontre des intérêts américains. D'autre part, de nombreux universitaires et de politiciens américains acceptent la réalité du génocide arménien, alors qu'elle n'est pas acceptée par le Congrès et l'Administration du Président. Par conséquent, il existe parmi le public américain une controverse sur la question. C'est pourquoi les Résolutions seront toujours sur l'agenda et qu'il y aura une chance pour elles d'être adoptées," a déclaré le directeur de l'Institut Etudes Orientales, Ruben Safrastian.
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Concerne la Turquie, il a ajouté : "elle est en train de prendre des mesures envers la Syrie dans le cadre de sa politique néo-ottomane."

Selon lui, d'une main elle ouvre ses portes aux réfugiés syriens, de l'autre elle déploie des troupes à la frontière. Aussi, l'expert n'exclut pas que la Turquie essayera de prendre pied en Syrie en portant au pouvoir des forces qui lui sont favorables.

Ainsi, "La politique étrangère de M. Erdogan, coincée avec les problèmes complexes de l'Est, peut rendre la Turquie plus forte mais aussi rendre son jeu plus imprévisible, ce qui aboutira à l'isolement des autorités de ce pays. Dans son premier discours postélectoral, dans lequel il promet de prendre en considération les aspirations de toutes les couches de la société, démontre sa volonté de trouver un compromis avec les autres forces," a souligné Safrastian, ajoutant : "les députés kurdes sont les candidats les plus probables pour le dialogue. Ces dernier aborderont la question du respect des droits des Kurdes et des autres minorités ethniques, et notamment des problèmes indirectement liés à la communauté arménienne."

Et de conclure : "Dans son discours, Erdogan a décrit Bakou comme un frère. Cela nous donne à penser que la Turquie ne changera pas son approche sur la normalisation des relations arméno-turques, et continuera à l'associer avec le règlement du conflit du Karabakh."

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* Tigrane Sarkissian *

Le Premier ministre arménien Tigrane Sarkissian a déclaré que son pays était prêt à établir des relations diplomatiques avec la Turquie sans conditions préalables.
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"Nous espérons que la Turquie se conformera à la normalisation des relations arméno-turques. Je veux dire aux protocoles signés qu'elle a signés, qui se résument à ce que les deux pays voisins ont l'intention d'établir des relations normales sans conditions préalables."

"La position de l'Arménie n'a pas changé au cours des 20 dernières années. Nous sommes prêts à établir des relations diplomatiques avec la Turquie sans conditions préalables. Et les accords qui ont été conclus avec la partie turque étaient basés sur cette compréhension fondamentale de la situation."

"Nous serons heureux si nos collègues turcs arrivent à cette conclusion, qu'avoir des frontières fermées au 21e siècle est une absurdité.".

"Les dirigeants arméniens ont la volonté politique de passer un accord et nous nous rendons compte que ce n'est pas facile, mais nous espérons aussi que nos homologues azerbaïdjanais feront preuve de la même volonté politique," a déclaré le Premier ministre dans une interview à la CNN.

Commentant la normalisation des relations avec la Turquie, il a noté que dans les vingt dernières années l'Arménie a eu une position politique très claire sur cette question.

"Nous sommes prêts à normaliser les relations avec notre voisin sans conditions préalables. Hélas, depuis la signature des protocoles les événements montrent que la Turquie n'est pas prête à faire de même."

Selon Tigrane Sarkissian, le poids politique de la Turquie est plombé par des problèmes que le pays continue d'avoir avec ses voisins. "La Turquie doit continuer à mener les réformes démocratiques en vue d'une adhésion à l'UE, auquel cas nous serons en mesure de construire facilement des relations durables avec notre voisin," a-t-il souligné.

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* Le PE fait le point sur le conflit du Karabakh *


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La Commission des Affaires étrangères du Parlement européen s'est réunie pour faire le point sur le conflit du Haut-Karabakh.

Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, Robert Bradtke et Bernard Fassier, le Représentant personnel du Président de l'OSCE, Andrzej Kasprzyk, le directeur du Service des Affaires étrangères européennes et des questions d'Asie Centrale, Miroslav Laichak, et le Représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, Peter Semneby, ont été entendus.

"Malgré le cessez-le-feu, les tensions sont toujours élevées, il y a des actes de violence et beaucoup craignent que les militaires azerbaïdjanais remettent en cause le statu quo," peut-on lire dans le compte-rendu du PE.

Lors d'une récente visite dans la région, le Président du PE, Jerzy Buzek, avait déclaré : "L'UE soutient fermement les efforts internationaux pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE."

Lors de l'audience du 15 Juin 2011, les coprésidents français et américains du Groupe de Minsk ont exprimé l'espoir qu'au sommet trilatéral de Kazan, un accord-cadre sur les Principes de base soit signé.

Tous les intervenants ont insisté que toute utilisation de la force militaire ou des menaces militaires sont inacceptables et contraires au droit international.

Le coprésident Robert Bradtke, a déclaré que les efforts internationaux pour résoudre le conflit vont entrer dans "la phase de mise en œuvre" et a préconisé que l'UE joue un plus grand rôle dans le processus de paix.

Son collègue français, Robert Fassier, a dénoncé le réarmement de la région, et l'Ambassadeur a été très explicite en désignant l'Azerbaïdjan et la façon dont il compte aujourd'hui utiliser la technologie de drones, et indiqué que cela allait dans le mauvais sens. Avis partagé par le Secrétaire général des Amis Européens de l'Arménie (EuFoA), le Dr Michael Kambeck.

"Le rôle de l'UE consiste essentiellement à préparer les sociétés pour la paix et, une fois qu'un accord de paix existe, aide à la mise en œuvre. Nous saluons vivement qu'au 1er Septembre un nouveau Représentant spécial pour la région et ses conflits [en remplacement de Mr Semneby] sera nommé, ce qui permettra d'améliorer le rôle de l'UE," a indiqué le secrétaire général de l'EuFoA.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



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