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lundi 20 avril 2015

Il n’en reste plus qu’un.



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Et sans doute le plus important. Toutefois, ne nous faisons pas d’illusions, Barack Obama n’est pas le Pape François, même si quarante-trois des cinquante Etats des Etats-Unis ont reconnu le génocide arménien. Les engagements et actions du premier mandat ont totalement disparu au second, tout comme les espoirs qu’il avait fait naitre lors de sa nomination. C’est devenu un Président quelconque laissant son administration décider à sa place.

Mais poussons le raisonnement plus loin. Quand bien même Washington sauterait le pas, Est-ce que pour autant le principal intéressé qualifierait ces massacres de masse de génocide. Certes il se sentirait bien isolé face aux Occidentaux, perfide Albion mise à part. Que ce soit l’AKP islamique, au pouvoir actuellement, ou le CHP social-démocrate laïc fondé par Atatürk, ou le MHP nationaliste d’extrême-droite, il est très peu probable que ces partis reconnaissent un quelconque génocide, et encore moins une quelconque réparation. Seul le BDP des autonomistes Kurdes aurait ce courage, mais ce n’est pas avec leurs 26 députés qu’ils pourront influencer les 524 autres.

Reste la société civile turque, les intellectuels et les quelques médias semi-libres qui arriveront peut-être à faire basculer les opinions. Encore faudrait-il que les opposants au régime ne soient pas envoyés croupir en prison.

En tout cas une chose est sûre 

mercredi 8 avril 2015

La Turquie et le génocide arménien (VIII)


 

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Les semaines passent et l’Etat négationniste ne marque pas de points, au contraire. Certes, Ankara ne reste pas les bras croisés mais ses actions n’ont pas le succès escompté.

Ainsi, l’exemple le plus symptomatique est le décalage au 24 Avril de la date de la commémoration du centenaire de la bataille de Gallipoli pour contrer la commémoration du centenaire du génocide arménien. Non seulement le nombre de VIPs étrangers présents en Turquie sera nettement moindre que prévu, mais ce faisant, Ankara a raté l’occasion de récupérer éventuellement le lendemain les VIPs présents à Erevan. Quant à l’interview d’Erdoğan par France24 où il déclare que ce sont les Arméniens qui ont décalé leur date pour la faire coïncider avec le centenaire de la bataille des Dardanelles, il faut être un dirigeant turc négationniste (pardon pour le pléonasme) pour mentir avec tel aplomb. Si de plus on ajoute les élections législatives prévues en Juin prochain, ce n'est pas le moment pour le camarade Recep Tayyep de se mettre à dos les négationnistes invétérés et les nationalistes de tous poils.

lundi 30 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (VII)




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Le président Serge Sarkissian a déclaré : "le gouvernement turc déforme l'esprit et la lettre des protocoles, et continue sa politique de conditions préalables de règlement. Toutefois, le retrait des protocoles de paix du parlement ne signifie pas que l'Arménie ferme la fenêtre de la normalisation des relations avec la Turquie.»

Le 19 mars, le journaliste Alex Christie-Miller, travaillant pour The Times, Newsweek Europe et Christian Science Monitor écrit sur son compte Twitter : "Le gouvernement turc joue avec Gallipoli en politisant l’événement pour rivaliser avec les commémorations du génocide arménien,  ce qui est tout à fait dégoûtant."

Le même jour, les quotidiens turcs Today’s Zaman et Hurriyet Daily news reproduisent les propos du président Erdoğan concernant les commémorations des centenaires tant en Turquie (Gallipoli) qu’en Arménie (génocide arménien) : - «La campagne sur le génocide arménien cherche à détruire la Turquie et non à établir la vérité’» pour le premier et - «Arméniens de la diaspora : Apportez vos documents concernant les massacres de 1915» pour le second.

La ficelle est tellement énorme que ces deux quotidiens se sont sentis obligés d’amener quelques éclaircissements sur le travail effectué par les Arméniens ces dernières décennies. Ce qui appelle deux remarques :

mardi 24 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (VI)



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Qui a dit : «Le crime ne paie pas» ?
En fait personne, car c’était avant tout le titre d’une BD, et cela reste très souvent un vœu pieu. Si de plus on se place au niveau d’un Etat, le crime peut même être très payant.

Prenons par exemple … la Turquie. Non seulement le gouvernement Jeunes turcs a planifié, déporté et massacré tout un peuple, mais il s’est accaparé ses biens mobiliers et immobiliers, ainsi que ses avoirs, qui ont été déposés à la Deutsche Bank. Mais comme cela ne suffisait pas, les terres et les maisons des villageois ont été distribuées à la population turque et kurde.

Pourquoi Ankara devrait-il se mortifier quand il peut vivre au grand jour, se permettre des dérapages, le tout avec la bénédiction des grandes puissances. Que ce soient celles d’hier qui ont fermés les yeux devant les massacres de 1915 et ont

dimanche 15 mars 2015

1915 - 2015


 

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En 1965, lors du cinquantenaire du génocide de leurs parents perpétré en 1915 par le gouvernement ottoman des Jeunes-Turcs, la population d’Erevan est descendue dans la rue le 24 Avril en criant «Մեր հողերը» [Nos terres]. Fallait le faire en plein régime soviétique !

Cinquante ans plus tard, la communauté arménienne de France a commencé les diverses manifestations mémorielles qui se déclinent en conférences, exposés, débats, colloques, expositions, projections, concerts, cérémonies religieuses, inaugurations de stèles, de monuments, de rues, etc... . Auxquels n’oublions pas d’ajouter des défilés dans les grandes villes le jour du 24 Avril. C’est bien, cela fera connaître l’histoire et la culture arméniennes à celles et ceux qui ne la connaissent pas et notamment aux non-Arméniens.

Un siècle après, on reste essentiellement dans un contexte mémoriel.

Une question se pose :

dimanche 8 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (V)




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Le président Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé pour la (n+1) ème fois les conditions pour l'ouverture de la frontière avec l'Arménie : «Ankara n’ouvrira pas la frontière avec l'Arménie jusqu'à ce que les derniers soldats se retirent des territoires occupés de l'Azerbaïdjan. () … Quant à la résolution du conflit du Haut-Karabakh, elle sera résolue très rapidement que si la Russie et les États-Unis décident de régler le conflit.»

Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait tenu des propos identiques sur les conditions d’ouverture de la frontière avec l’Arménie et la restitution à l’Azerbaïdjan de tous les territoires occupés ; lesquels problèmes constituaient une des priorités de la Turquie. Il y a deux semaines c’est le premier ministre Ahmet Davutoglu qui abordait le sujet avec les mêmes arguments

Il est on ne peut plus clair que la Turquie ne compte absolument pas assouplir sa position surtout en cette année du centenaire du génocide arménien où nombre de pays risquent de modifier leur position sur le sujet. Le 24 Avril sera un test important pour la Turquie comme pour l’Arménie, où l’on pourra compter quels sont les hauts dignitaires qui participeront aux commémorations du génocide arménien en Arménie ou celles de Gallipoli en Turquie.

Maintenant, il est tout aussi clair

samedi 28 février 2015

Relations Arménie-Azerbaïdjan


 

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C’est devenu une habitude bien ancrée, où tout ce que l’Arménie reproche à l’Azerbaïdjan, se retrouve en image inversée dans les accusations de Bakou. Que ce soit pour indiquer qui le premier a agressé physiquement l’autre, ou qui viole les accords signés en 1992 ou qui ne respecte pas les engagements pris devant les chefs des Etats coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

C’est un échange verbal qui peut durer longtemps, si ce n’est qu’en plus des diatribes anti-arméniennes, les dirigeants azéris associent le geste à la parole en abattant tout Arménien qui se trouve à portée de tir sur la ligne de front.

Avant même de se mettre d’accord sur un accord de paix, encore faudrait-il que l’on soit d’accord sur le sens des mots.
-      Ainsi, pour Bakou l’intégrité territoriale correspond à la situation géographique d’avant 1988, quand la région autonome du Nagorny (Haut) Karabakh était sous administration azerbaidjanaise. Alors que pour Erevan, l’intégrité territoriale n’englobe pas le Haut-Karabakh proprement dit, car au moment de l’indépendance de l’Azerbaïdjan en Aout 1991, il avait fait sécession de la RSS d’Azerbaïdjan depuis février 1988, conformément à la constitution et aux lois en vigueur en Union Soviétique.

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