jeudi 17 juin 2021

Arménie - Azerbaïdjan

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

 

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«Les chiens aboient, la caravane passe»
est devenu le proverbe préféré des dirigeants azerbaidjanais depuis la fin de la guerre au Haut-Karabakh.

 

Les appels depuis la fin de la guerre du Haut-Karabakh de quasiment tous les pays (Turquie et Pakistan mis à part) et de la totalité des organisations internationales, n’ont aucune incidence sur le potentat azéri. Il déroule son programme comme si de rien n’était.

 

Non seulement il passe outre les recommandations, mais enfonce le clou jusqu’à qualifier des prisonniers de guerre arméniens de terroristes et leur intenter des procès. Légalement, rien ne l’empêche d’agir ainsi, et surtout pas les «palabres» de l’étranger. L’exemple d’Erdoğan est là pour le rassurer. Au lendemain du coup d’Etat manqué de Juillet 2016, le sultan ottoman a nettoyé la quasi totalité de l’opposition en les taxant de putschistes.

 

Les tractations menées par le premier ministre arménien par intérim, Nigol Pachinian, avec son homologue azerbaidjanais sont frappées du sceau du secret. Il est pour le moins étonnant qu’une personne ayant démissionnée de son poste pour raison d’élection législative, prenne de lourdes décisions engageant son pays, le tout sans en aviser son entourage !

 

Pour que le dictateur azéri libère 15 prisonniers arméniens, ce dont tout le monde se félicite, il a reçu une contrepartie : La carte des mines de la région d'Aghdam.

 

Le travail des démineurs sur les territoires rétrocédés du Haut-Karabakh (près de 10.000 km²) va bon train. Toujours est-il qu’une carte détaillée équivaut à la libération d’une quinzaine de personnes. Pour un pays civilisé et démocratique, cela s’appelle marchander la vie des otages. Chez le dictateur azéri, c’est une monnaie d’échange et le qualificatif «donnant-donnant» donné par Pachinian est pour le moins déplacé. Aliev dispose encore d’un ‘épais matelas’ de 180 personnes à «échanger».

 

Croire que les choses vont aller en s’améliorant, comme aime à penser la communauté internationale, serait une grave erreur. C’est volontairement méconnaitre les objectifs du potentat azerbaidjanais, pourtant annoncés de multiples fois. A savoir : Rétablir l’intégrité de son territoire  - c'est-à-dire l’intégralité de la RSS d’Azerbaïdjan, tout le Haut-Karabakh compris -, et créer un corridor sécurisé avec le Nakhitchevan et donc la Turquie – c'est-à-dire scinder le Sud de l’Arménie.

 

Ce dernier projet n’est pas encore sous les projecteurs. Aucun reportage de ces derniers mois n’indique un début de commencement de travaux de terrassement en Arménie ni dans la région du Syunik ni dans les montagnes du Zanguézour. Par contre, le népote s’active grandement dans la région de Zangilan.

 

Seul le premier ministre par intérim est persuadé que les voies de communication vers la Russie à travers l’Azerbaïdjan ou celles vers l’Iran à travers le Nakhitchevan, vont permettre à l’Arménie de vivre en paix et de prospérer. C’est méconnaitre l’histoire de l’Arménie et des Arméniens depuis plus d’un siècle avec ses voisins turcs, tatars et azéris. Cette lacune culturelle associée à une incompétence chronique en politique étrangère, a conduit l’Arménie dans la situation actuelle.

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Azernews, de News.az, et de Hurriyet


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Arménie

 


Le Premier ministre par intérim Nigol Pachinian a reçu la délégation américaine conduite par le sous-secrétaire d'État adjoint par intérim aux Affaires européennes et eurasiennes Philip Reeker.

 

Nigol Pachinian a souligné l'importance du développement de la coopération arméno-américaine, notant que la visite est une bonne occasion de discuter de l'agenda et des perspectives des relations bilatérales.

 

Il a remercié le président américain Joe Biden pour sa condamnation officielle du génocide arménien et a exprimé l'espoir qu'il contribuera au maintien de la stabilité et 

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Conseil de l’Europe

 


«Le Conseil de l'Europe est actuellement engagé dans un dialogue pour développer un ensemble de mesures de confiance entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à la suite du conflit le plus récent dans et autour du Haut-Karabakh,» a déclaré la Secrétaire générale Marija Pejčinović Burić.

 

Ses remarques sont intervenues lors du Conseil permanent de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne.

 

«Des mesures de confiance sont en place pour l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud et la Transnistrie. Leur succès repose sur l'engagement des autorités.

 

Ils sont conscients que le Conseil de l'Europe soutient pleinement et fermement l'indépendance et l'intégrité territoriale de ses Etats membres à l'intérieur de leurs frontières internationalement reconnues. L’investissement de ce temps et de ces efforts en vaut la peine.

 

L'accès et le contact de ce type ne peuvent que contribuer à garantir que les droits fondamentaux des personnes sont respectés et que la confiance est établie comme fondement sur lequel une paix durable peut être construite", a-t-elle poursuivi.

 

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Russie

 


«Je comprends que maintenant beaucoup parlent du fait que le statut du Haut-Karabakh n'est toujours pas résolu. Cela doit être finalement convenu avec la participation des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, qui, à ce stade, ne doivent probablement pas soulever le problème du statut, mais contribuer à renforcer les mesures de confiance, résoudre les problèmes humanitaires, afin que les Arméniens et les Azerbaïdjanais commencer à vivre ensemble dans la sécurité et la prospérité économique. Et puis, je vous assure que dans quelques années, toutes les questions liées au statut seront résolues beaucoup plus facilement», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré lors du forum Primakov Readings.

 

«Les déclarations des capitales des pays participant au conflit et des États voisins sont souvent motivées par 

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Etats-Unis

 


Le secrétaire d'État Antony Blinken a déclaré que les États-Unis continuent d'examiner la possibilité d'arrêter l'aide militaire américaine à l'Azerbaïdjan

 

La déclaration est intervenue lors d'une audition de la Commission sénatoriale des relations étrangères du 8 juin avec le secrétaire d'État Blinken sur les priorités d'aide étrangère du président Biden pour l'exercice 2022. Le secrétaire Blinken a également été confronté à des préoccupations similaires concernant la poursuite de l'aide américaine à l'Azerbaïdjan, la captivité illégale des prisonniers de guerre arméniens (PG) par le régime Aliev et les liens des États-Unis avec le régime autocratique d'Erdoğan.

 

Le secrétaire Blinken a indiqué: «Nous devons continuer à examiner cela. J'ai travaillé activement sur ce sujet en particulier, en obtenant le retour des prisonniers, en m'engageant dans une véritable négociation de processus de discussion sur une résolution réelle et en travaillant sur ces choses, et j'espérais que nous obtiendrions quelques résultats. Mais je pense que nous devons continuer à examiner et réexaminer cela à l'avenir.»

 

Le président Joe Biden discutera du conflit du Haut-Karabakh lors de sa rencontre avec le président Recep Tayyip Erdogan en marge d'un sommet de l'OTAN à Bruxelles le 14 juin. Biden rencontrera également le président Vladimir Poutine à Genève, en Suisse, le 16 juin, où les deux vont discuter du règlement des conflits régionaux, entre autres.

 

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OTSC

 


«La situation à la frontière arméno-azerbaïdjanaise fait l'objet d'une attention particulière en particulier dans les zones frontalières de la province de Syunik en Arménie.. La situation sur le terrain se stabilise progressivement. L'important est qu'ils n’y a plus de tirs,»  a déclaré le secrétaire général de l'Organisation du traité de sécurité collective Stanislav Zas lors d'un forum de l'OSCE le mercredi 10 juin.

 

«Nous nous félicitons de l'intention des parties de résoudre pacifiquement les problèmes de violations des frontières. Nous y voyons des perspectives d'établir une paix à long terme. Dans le même temps, les risques d'escalade de la situation persistent», a souligné Zas.

 

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France

 


Le président Emmanuel Macron entend discuter avec son homologue Recep Tayyip Erdoğan de sujets de discordes en Libye en marge d'un sommet de l'OTAN qui se tiendra à Bruxelles le 14 juin.

 

"Je veux parler de la situation en Syrie, en Libye, du Haut-Karabakh et des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Nous avons de profonds désaccords mais nous devons continuer à nous parler.

 

Quand nous sommes membres d'une même organisation, nous ne pouvons pas décider d'acheter des équipements qui ne permettent pas l'interopérabilité, nous ne pouvons pas décider de mener des opérations unilatérales qui vont à l'encontre des intérêts des coalitions que nous avons construites", a déclaré Macron lors d'une conférence de presse à Paris le jeudi 10 juin.

 

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Azerbaïdjan

 


En plus des «affaires pénales» déposées contre 14 militaires arméniens, 13 autres ont été ajoutés. Ainsi, les autorités azerbaïdjanaises ont annoncé les noms de 27 militaires arméniens qu'elles ont l'intention de "juger" pour «terrorisme» dans la capitale Bakou .

 

L'Azerbaïdjan continue sa farce cynique contre les militaires arméniens – et sous la forme de

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Azernews, de News.az, et de Hurriyet

 

 

 

 

 

mercredi 9 juin 2021

Arménie-Azerbaïdjan : Mise en œuvre du cessez-le-feu

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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La mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu signé sous l’égide de Moscou les 9 novembre et 11 janvier derniers entre les belligérants, s’avère beaucoup plus difficile que prévu, même si des groupes et des sous-groupes de travail ont été créés.

 

Une des parties ne joue pas franc jeu, l’Azerbaïdjan profite de sa supériorité militaire malgré les appels réitérés de la communauté internationale à commencer par les pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

 

Le seul point qui est à peu près respecté, est la protection des habitants du Haut-Karabakh, non pas que le dictateur Aliev se soucie de la vie des Arméniens mais à cause du point 3 de l’accord de cessez-le-feu qui stipule la présence de 2000 soldats russes sur la ligne de contact avec le Haut-Karabakh.

 

mercredi 2 juin 2021

Ilham Aliev : « A défaut du droit, j’ai la force pour moi ! »

 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Après avoir guerroyé pendant 44 jours contre les Arméniens du Haut-Karabakh sur les conseils et avec le soutien direct de la Turquie, le potentat azéri, fort de sa victoire, compte parachever le travail en s’attaquant directement à l’Arménie.

 

Toutes les chances sont de son côté, même si personne, le club des pays Turciques(1) mis à part, ne le soutient. Qu’à cela ne tienne, un autocrate n’à que faire de l’opinion de la communauté internationale.

 

Il est hélas vrai qu’il ne faut pas attendre grand-chose de l’extérieur si ce n’est un soutien moral, associé (ou non) à un soutien financier. Citons pêle-mêle les déclarations de : l’Organisation des Nations-Unis (ONU), l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), l’Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), la Communauté des Etats Indépendants (CEI), le Conseil de l’Europe (CdE), l’Union Européenne/Parlement européen (UE/PE) et, plus nommément les trois pays (Etats-Unis, France, Russie) coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE

lundi 24 mai 2021

Haut-Karabakh : Tous les moyens sont bons

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Après avoir vaincu militairement les Arméniens du Karabakh avec l’aide de la Turquie et des djihadistes syriens, le despote azerbaidjanais continue son travail de sape sur différents axes, s’inspirant de pays voisins.

 

Le premier qui est toujours en cours, est la détention d’environ deux cents Arméniens, militaires et civiles, non comme prisonniers de guerre mais comme … terroristes. Que voilà un terme galvaudé, qui, mis à toutes les sauces, a été totalement vidé de son sens.

Ainsi, quelqu’un qui se bat pour ses idées ou pour plus de liberté, est un terroriste, voire un factieux; Un militant des droits humains, empêcheur de tourner en rond, est un terroriste; Un parti politique d’opposition est composé de terroristes en devenir; Un soldat en train de défendre son pays est un terroriste; etc. etc. Champions dans l’usage du mot : Recep Tayyip Erdoğan, Ilham Aliev, et dans une certaine mesure, Vladimir Poutine.

 

samedi 15 mai 2021

Karabakh : Ilham Aliev profite du vide juridique.

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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L’absence de réactions fortes de la part de la communauté internationale et plus particulièrement des pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE ne peut qu’encourager le potentat azerbaidjanais dans ses dérives.

 

Dernier test en date : la libération de trois prisonniers sur les deux cents détenus arméniens qui croupissent dans les geôles azéries. Tout ce beau monde de se féliciter du geste de Bakou, pensant que leurs déclarations ont pesé sur la politique du dictateur.

 

C’est malheureux à dire mais ils ne veulent pas admettre que le camarade Ilham Heydar öglu Aliev joue «au chat et à la souris» avec ses interlocuteurs, ce qui se traduit par :

 

dimanche 9 mai 2021

Le Groupe de Minsk de l’OSCE

 


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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Le Groupe de Minsk de l’OSCE, et plus précisément les pays coprésidents, Etats-Unis Russie et France, chargés de la résolution du conflit du Haut-Karabakh, se réveillent petit à petit.

 

Leur dernier communiqué, sans doute un peu moins générique que d’habitude, n’en reste pas moins peu incitatif, se contentant de rappeler ce qu’il y a lieu de faire, ou pas, mais passant totalement sous silence les exactions commises par l’une des parties. Il ne faut surtout pas qualifier les actes du contrevenant qui, avec l’aide de la Turquie, a pourtant fait des milliers de morts et de blessés. Totalement à l’opposé des propositions du Groupe de Minsk.

 

Selon leur communiqué, les trois pays coprésidents agissent auprès des parties en conflit. Toutefois, dans chacun des pays le sujet ne revêt pas la même importance.

 

Aux Etats-Unis c’est essentiellement le secrétaire d’Etat Antony Blinken qui est à la manœuvre, le président Biden ne s’intéresse à l’Arménie que dans la mesure où celle-ci peut gêner la politique expansionniste de la Turquie. Ce qui explique pour partie sa récente reconnaissance du génocide des Arméniens de 1915. Rappelons qu’aucun président américain n’a jamais mis les pieds en Arménie !

 

vendredi 30 avril 2021

24 Avril 2021

 


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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, de Trend, de APA, de Hurriyet, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ainsi que de l’Union européenne.

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Commentaires

 

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Bien que  ce soit le 106ème ’anniversaire du génocide des Arméniens, et malgré la pandémie de la Covid-19, deux événements très importants se sont greffés aux commémorations. Les vagues générées par ces deux événements ne font que commencer, ouvrant une boîte de Pandore. Les maux se sont rependus essentiellement sur l’Arménie, perturbant toutefois la Turquie.

 

Le premier, et sans doute le plus grave depuis des décennies, est la première commémoration après la guerre meurtrière qui a vu la défaite de l’Arménie face au tandem turco-azerbaidjanais et la perte de 20% du Haut-Karabakh proprement dit en plus des sept districts conquis de haute lutte en 1994. Le dépouillement du territoire arménien par les Azéris a commencé.

 

Comme le tracé frontalier entre les deux ex-Républiques de l’URSS n’a jamais été totalement défini et validé, Bakou a beau jeu de grappiller quelques km² par-ci par-là au Sud-est de l’Arménie. D’autant que le couloir de Berdtzor (Latchine), qui relie l’Arménie au Haut-Karabakh, surveillé et contrôlé par les soldats de la paix russes, a été accordé aux Arméniens pour cinq ans, période éventuellement renouvelable à la demande des parties.

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