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mercredi 28 janvier 2015

La Turquie et le génocide arménien (III)


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Les dirigeants turcs ont fait leur un vers de l’Internationale : «du passé faisons table rase».

Un peu trop facile de tenir des propos apaisants et lénifiants envers les Arméniens quand on – c'est-à-dire l’Etat turc, a déporté et massacré un million et demi d’entre eux, et qu’on s’est accaparé leurs biens et leurs territoires millénaires ; aussi mettre les compteurs à zéro est impossible. Tout crime implique un châtiment et des réparations.

Mais la négation ne s’arrête pas là. Décaler d’un jour la commémoration  de la victoire de Gallipoli pour qu’elle coïncide avec le centenaire du génocide arménien, en invitant le président de la république d’Arménie ce n’est plus du déni, c’est du cynisme.

La ficelle est un peu grosse, mais cela n’a pas d’importance du moment que les Occidentaux avalent systématiquement les promesses des dirigeants turcs, qu’ils soient laïcs ou islamistes. Car ne nous y trompons pas, ils seront tous là le 24 Avril pour commémorer … au fait quoi ? La victoire de l’empire ottoman sur les Forces de l'Entente, c'est-à-dire sur les Alliés de la Première Guerre mondiale. Que ne ferait-on pas pour honorer ses soldats morts. Il est même certain que l’on verra des chefs d’Etat qui n’ont rien à voir avec ces événements comme par exemple le turc azéri du coin, Ilham Aliev.

mardi 20 janvier 2015

La Turquie et le génocide arménien (suite et non fin)



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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"Arménie, je t'aime moi non plus", voilà en quelques mots résumée la pensée profonde des gouvernements turcs, et les derniers ne dérogent pas à la règle, loin de là. Se faire rappeler les sales pages de son histoire ne plait à personne, surtout si ces pages parlent, de rapines, d’exactions en tous genres, de massacres et son point d’orgue : le génocide. L’homme malade des valeurs européennes n’a vraiment rien à craindre de qui que ce soit pour distordre l’histoire. Les piqures de rappel effectuées tant par le parlement européen que par le Conseil de l'Europe, ne semblent émouvoir Ankara plus que cela. Si de surcroit les intérêts de la Turquie collent à ceux des Etats-Unis, grand pays défenseur des libertés devant l’Eternel et grand ami de pays oppresseurs - du moment que cela rentre dans sa géostratégie, la messe est quasiment dite.

Quant à la société civile, aux intellectuels et aux journalistes, la progression vis-à-vis du problème arménien est très lente due notamment aux obstacles gouvernementaux.

Dans cet état d’esprit, un sondage a été réalisé auprès de la population turque en décembre 2014, à la veille de la commémoration du centenaire du génocide arménien, par le Centre d’Etudes de la politique étrangère et économique.

On remarque les points suivants :

mercredi 14 janvier 2015

La Turquie et la liberté d’expression



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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On ne peut qu’adhérer à 101% à la tragédie qu’a subie la France dans ce qu’elle a de plus précieux : la démocratie et le cortège de valeurs qu’elle sous-tend et plus particulièrement la liberté d’expression. [dessin de feu Tignous]

Lorsque le président Hollande a lancé urbi et orbi son invitation aux chefs d’Etat à venir participer à la marche républicaine de dimanche, on aurait pu penser que cela concernait les dirigeants des pays démocratiques, respectueux de la liberté d’expression et plus particulièrement de la liberté des médias.

Aussi on s’attendait à voir au premier rang le président Barak Obama, ou à défaut son Secrétaire du Département d’Etat John Kerry, lequel s’était fendu d’un discours en français pour honorer les morts du 7 Janvier, et au lieu de cela on a vu des dirigeants pour qui la liberté d’expression occupe un rang très éloigné dans leurs priorités ; je veux parler du premier ministre turc Ahmed Davutoglu.

dimanche 21 décembre 2014

Haut-Karabakh : une fin d’année tendue



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Avant même de faire le bilan 2014, il est clair que cette année dépassera en violence et en tensions extrêmes les autres années, sans compter évidemment le nombre très élevés de violations du cessez-le-feu.

Il faudra pourtant, un jour ou l’autre, que les pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE – à savoir les Etats-Unis, la Russie et la France, admettent qu’essayer de faire entendre raison à un potentat ne sert à rien. La seule chose qu’ils peuvent faire, et qu’ils font à peu près correctement, c’est d’éviter que le sieur İlham Heydər oğlu Əliyev se lance dans une nouvelle guerre et utilise son arsenal militaire acquis à coup de milliards. Milliards empochés, directement ou indirectement, par ceux-là même qui sont sensés faire progresser les négociations de paix. Trouver l’erreur …

Puisque que l’on est dans les anomalies,

lundi 15 décembre 2014

Moscou : cet ami qui vous veut du bien


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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La Russie a annulé la dette de nombreux pays du monde, dont le montant total avoisine les 100 milliards de dollars.

Citons pêle-mêle les heureux bénéficiaires : L’Ouzbékistan, Cuba, l'Ukraine, la Corée du Nord, la Syrie l'Afghanistan, l'Irak, la Libye, la Mongolie, le Laos, l'Éthiopie, le Nicaragua, le Vietnam, le Yémen, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, le Mali, Madagascar et d'autres pays africains ou asiatiques.

Cependant, Moscou n'a, non seulement, pas annulé la petite dette de son «allié stratégique» et «ami» l'Arménie, mais a pris en lieu et place des actifs stratégiques.

mercredi 10 décembre 2014

Turquie : «une hirondelle ne fait pas le printemps»


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Quand on fournit aide et assistance aux Djihadistes du Daesh au nez et à la barbe de la communauté internationale, il faut être Américain ou Européen pour croire que la Turquie ‘moderne’ est pro-occidentale, qu’elle désire vraiment rejoindre l’UE et adhérer à ses valeurs démocratiques. Les milliards dépensés par l’UE pour transformer les institutions turques conformément aux normes européennes, n’ont servi qu’à appliquer une couche de verni superficielle. Que ce soit dans le code civil ou dans le code pénal, il ne fait pas bon critiquer ou s’opposer au gouvernement, quant à appartenir à une minorité c’est aller au-devant de gros ennuis.

Un pays qui pratique le blocus de son voisin depuis 1993 pour un problème qui ne le concerne pas, qui occupe militairement 37% d’un autre pays voisin depuis 1974, qui pratique le négationnisme d’Etat depuis 1915, mérite-t-il vraiment de rentrer dans l’UE ? Faut croire que si puisque les 28 pays membres de l’UE continuent les négociations d’adhésion émettant quelques critiques du bout des lèvres.

lundi 1 décembre 2014

Crash de l’hélicoptère arménien (suite et fin)


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Trois semaines après que l’hélicoptère arménien soit abattu, les remous ne se sont pas calmés. Que ce soit les dirigeants arméniens en déplacement à l’étranger ou au contraire des diplomates étrangers en Arménie, le sujet est abordé et commenté abondamment. Pour Bakou, ce n’est qu’une péripétie liée au fait que le Karabakh est une partie indivisible de l’Azerbaïdjan et que son espace aérien est donc inviolable. Et comme de plus l’impunité est une notion couramment pratiquée par les Occidentaux – sauf s’il s’agit de la Russie, alors pourquoi s’en priver ?

Comme il a été dit à de multiples reprises, l’Azerbaïdjan n’a jamais accepté les propositions de la communauté internationale et encore moins reconnu ses violations [un millier du 23 au 29 Novembre]ou sa mauvaise foi. Seul compte pour le clan Aliev l’intégrité territoriale du pays, c'est-à-dire le territoire octroyé par les Bolcheviks et consolidé sous le régime soviétique. Le potentat azéri n’a que faire des notions comme le non recours à la force ou à la menace de la force, et surtout du droit à l’autodétermination des peuples. Quant aux valeurs démocratiques, telles les libertés ou les droits de l’homme, c’est vraiment le dernier de ses soucis, partant du principe que ‘charbonnier est maitre chez lui’ et que les pétrodollars servent à beaucoup de choses, notamment à calmer, voire à soudoyer, les consciences occidentales.

D’ailleurs, le grand frère ottoman est là pour lui donner l’exemple.

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