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mardi 22 avril 2014

Des protocoles Arménie-Turquie



 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Il n'y a que les Etats-Unis pour faire croire que les protocoles arméno-turcs,  signés le 10 octobre 2009 à Zurich, ont une chance d'être ratifiés. C'est logique vu que c'est eux qui ont poussé la Turquie à faire ce geste suite à la "diplomatie du football" initiée par l'Arménie en 2007. Mais la Turquie, finaude, s'est empressée le jour-même de lier la normalisation des relations avec l'Arménie à la résolution du différend arméno-azéri sur le Haut-Karabakh, se permettant même d'ajouter : "et conformément aux exigences de Bakou."

Mais ne nous y trompons pas, s'il y a un pays qui sait exactement ce qu'il en est, c'est bien l'Oncle Sam. Et à l'inverse de son affiche (personnage de grande taille avec des favoris et des cheveux blancs, portant une redingote étoilée, un pantalon à rayures et un chapeau haut de forme), il devrait plutôt être représenté comme le loup de la fable avec de grandes oreilles (pour écouter les conversations), de grands yeux (pour lire les échanges ou surveiller les contrées), et même une grande gueule pour avaler (politiquement) les plus faibles.

Cette hypocrisie américaine, appelée communément géopolitique,  se

mercredi 16 avril 2014

Turquie : Pourquoi changer une équipe qui assume et assure son négationnisme ?


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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L'AKP, le parti au pouvoir en Turquie, a eu beau gagner les dernières élections municipales, le premier ministre Erdogan n'en sort autant pas grandi. Au contraire que ce soit avec l'Europe ou avec "l'épine" séculaire, le temps ne joue pas en sa faveur. Changer fondamentalement ses valeurs pour adopter celles de l'UE ou reconnaître les exactions de ses prédécesseurs n'est pas dans la culture des dirigeants turcs, qu'ils soient d'ailleurs ottomans ou azéris.

La Croatie qui avait, comme la Turquie, débuté les négociations d'adhésion en Octobre 2005 a rejoint l'UE en juillet 2013 comme vingt-huitième membre ! Pour Ankara, huit ans et demi après, seuls quatorze chapitres sur les trente-cinq ont été ouverts. Non seulement le rythme est très lent, pire il décélère d'année en année. Ce n'est plus à horizon de quinze ans qu'il faut attendre une quelconque adhésion mais plutôt vingt pour ne pas dire jamais. Il serait peut-être temps aux dirigeants turcs de d'apporter les bonnes réponses aux questions qui se posent, et qu'ils se posent, depuis plusieurs années.

Mis à part les centristes et surtout les Verts qui rêvent de voir la Turquie rentrer dans l'UE, la majorité des partis politiques est pour le moins circonspecte, quant à l'opinion publique européenne, les divers sondages réalisés depuis des années sont unanimes : elle est nettement hostile. Les dizaines de millions investis par l'UE pour aider la Turquie à se réformer n'ont pas produit l'effet escompté, et les dernières turpitudes gouvernementales n'ont fait que

mercredi 9 avril 2014

Le syndrome azéri frise la paranoïa


 
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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian
 
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Tout le monde est d'accord, sous l'auspice du Groupe de Minsk de l'OSCE, pour trouver une solution au différend entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Là où les choses commencent à se compliquer c'est lorsqu'on rentre dans les propositions, sans parler bien évidemment des corollaires. Avant même de commencer à négocier, il serait nécessaire de se mettre d'accord déjà sur la définition des mots et sur ce qu'ils recouvrent.
 
Le premier point de discorde porte sur la notion d'intégrité territoriale, l'Arménie considère que le Haut-Karabakh ne fait pas partie de la République d'Azerbaïdjan, vu qu'il a déclaré sa sécession dans le cadre de l'URSS, et donc que les négociations ne concernent que les sept districts entourant l'ex-région autonome. Alors que pour Bakou, le Haut-Karabakh fait partie intégrante de son territoire.
 
Le second, porte sur le droit à d'autodétermination des peuples. Là on touche à un point très sensible, vue que la dite notion s'oppose directement au premier. Quel est le pays qui veut voir "son" territoire démantelé ? A priori aucun. Toute déclaration et/ou référendum de sécession  a vu l'autorité centrale se rebiffer ; ce fut le cas du Haut-Karabakh, de la Transnistrie, du Kossovo, de l'Ossétie du Sud, de l'Abkhazie et plus près de nous de la Crimée, pour ne citer que ceux-là. Rappelons quand même que l'intangibilité des frontières est une notion très élastique et qu'elle se modifie au gré des guerres et que presque toujours "la raison du plus fort reste toujours la plus meilleure", même au XXIème siècle.
 
Concernant le troisième point, non-usage de la force ou de la menace de la force, ce n'est plus une question de sémantique ou de compréhension mais plus simplement la volonté de l'appliquer ou pas. Pour le clan Aliev, son usage fait partie de sa stratégie pour inciter les Arméniens à déclarer forfait et se retirer de l'Azerbaïdjan, voire tomber dans le piège et provoquer une nouvelle guerre. Tant que son usage reste verbal, les dirigeants azéris passent pour des xénophobes et des racistes aux yeux de la communauté internationale, pays musulmans mis à part, ce qui est un moindre mal. Mais lorsque son utilisation devient martiale, c'est-à-dire une violation permanente du cessez-le-feu, cela se traduit par les dizaines de morts civils et militaires. Prix qu'Ilham Aliev est prêt à payer pour arriver à ses fins.
 
Y-a-t-il une possibilité pour les pourparlers sortent de l'impasse ? En fait, il y en a plusieurs

lundi 24 mars 2014

Autodétermination et Intégrité territoriale



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Les événements de Crimée ont remis au-devant de la scène les deux principes qui cohabitent très difficilement : le droit des peuples à s'autodéterminer et celui de l'intégrité territoriale. Bien évidemment Bakou a sauté à pieds joints sur l'intangibilité des frontières, alors qu'Erevan a réaffirmé le droit des peuples à choisir eux-mêmes leur destinée. S'autodéterminer ne signifie pas demander aux autorités en place si elles veulent bien que l'on s'affranchisse de leur tutelle. Les Américains, si prompt à donner des leçons de démocratie et de morale, ont-ils demandé dans les années 80 aux Anglais s'ils pouvaient se défaire de sa gracieuse majesté ? Et plus près de nous le Kossovo a-t-il suivi le droit et les normes internationales pour déclarer son indépendance et se détacher de la Serbie ? Soyons sérieux, comme le déclare

mercredi 19 mars 2014

La Turquie et le Négationnisme


 
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Ankara a beau essayer de verrouiller au maximum le couvercle du négationnisme, la vérité accumulée depuis une centaine d'années risque tout bonnement de lui exploser à la figure. Le sophisme utilisé depuis plusieurs décennies ne trompe plus personne et notamment nombre d'intellectuels et d'associations turcs.

Pourtant tout y a passé: l'histoire de la Turquie a été réécrite en conséquence et enseignée en tant que telle dans les écoles; les archives nationales ont été épurées avant d'être ouvertes au publique; les nombreuses traces des Arméniens ont été effacées voire détruites; on a accusé les Arméniens de s'être alliés aux Russes lors de la première guerre mondiale, et d'avoir massacré en masse les Turcs, d'où la nécessité de se défendre et de 'déplacer' les populations plus au Sud; et cerise sur le gâteau, comme l'a déclaré Recep Tayyip Erdogan : les Turcs sont incapables de commettre de tel actes !

Le sujet ne serait pas aussi grave que cela prêterait à rire. Le monde entier est au courant de la réalité des faits et si nombre de pays refusent de reconnaitre le génocide ce n'est pas pour des raisons historiques mais plus simplement économico-politiques. Quant aux grandes puissances,

samedi 15 mars 2014

Conflit du Karabakh : Groupe de Minsk


 


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Comme on le sait les pays coprésidents du groupe de Minsk sont au nombre de trois : Les Etats-Unis, La Russie et la France. S'ils travaillent ensemble, leurs méthodes différentes sensiblement. Les Etats-Unis communiquent beaucoup mais agissent peu, la Russie communique moins mais agit plus, quant à la France elle est absente tant sur le plan de la communication que sur celui de l'agissement, à croire qu'elle a délégué ses pouvoirs aux deux autres.

Il en est de même pour les trois ambassadeurs en poste en Arménie, s'il l'on entend de temps à autre John A. Heffern, Ivan Volynkin est totalement muet sur le sujet, quant à Henri Reynaud, il est intéressé essentiellement par les relations culturelles et l'économiques. Il en est tout autrement de leurs homologues en poste à Bakou, notamment l'américain Richard Morningstar et le français Pascal Meunier, à croire que l'Azerbaïdjan, en comparaison avec l'Arménie, ne se comporte pas comme il devrait vis-à-vis du processus de négociation.

Pour ce qui est des médiateurs eux-mêmes, c'est toujours les Etats-Unis qui ont quelque chose à dire. Ainsi,

vendredi 7 mars 2014

Washington, Bruxelles, Moscou et les autres : Deux poids deux mesures


 


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Les événements d'Ukraine me font penser à la morale d'une fable de La Fontaine: "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." Il en est de même du comportement des grandes puissances envers l'Arménie.

Dans le cas du processus avec la Turquie, les Etats-Unis, tout comme l'UE, ne tiennent pas à vexer la Sublime Porte. Cette 'grande démocratie' dont les valeurs réelles sont pourtant très loin des normes occidentales, qui joue de sa position géostratégique pour les premiers, de son attrait géoéconomique pour les seconds, et d'un soi-disant charisme pour les pays frères, obtient que l'on ferme volontairement les yeux sur la vérité historique des massacres de 1915, et arrive à faire passer l'occupation de Chypre et le blocus de l'Arménie pour un 'détail' de l'Histoire.

Dans le cas du processus avec l'Azerbaïdjan, c'est tout bonnement les besoins énergétiques qui priment sur toute autre considération. Que ce pays soit classé sur les valeurs démocratiques, lui et ses dirigeants, dans le peloton de queue par tous les ONG, qu'il se fiche royalement des injonctions de la communauté internationale sur ce qu'il convient de faire pour arriver à résoudre pacifiquement le conflit du Karabakh, ne semble gêner personne. La diplomatie du 'caviar' associée

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