mardi 29 septembre 2020

Ilham Aliev : Cause toujours, tu m’intéresses …




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Alors que des appels demandant la cessation des combats et un retour des parties à la table des négociations, émanent de toutes les organisations internationales et de très nombreux pays, le dictocrate azerbaidjanais déverse tout son fiel non seulement sur le Karabakh mais également sur l’Arménie.

Dans son délire paranoïaque, il reste persuadé que les Arméniens, des «terroristes assoiffés de sang», veulent envahir son pays et massacrer tout ce qui bouge.

Les négociations de paix - si l’on peut appeler ‘négociations’ un dialogue de sourd, moulinant dans le vide depuis plusieurs années, Ilham Heydar oglu Aliyev a trouvé judicieux d’attaquer le Haut-Karabakh, fort des conseils «avisés» de son mentor turc.

À contrario des instances internationales, le sultan ottoman s’est distingué une nouvelle fois par son soutien inconditionnel au petit frère azéri lui conseillant de pousser plus loin ses attaques, et ce malgré les pertes subies. Après lui avoir fourni des équipements militaires et envoyer des instructeurs, Erdoğan lui a fait parvenir des combattants. Mais attention, pas n’importe lesquels : des Djihadistes récupérés de Syrie ! Pas mal pour un pays qui négocie son adhésion avec l’Union européenne.

Mais que font donc les pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE en charge de la résolution du conflit arméno-azéri ?

Je vous le donne en mille : «Cessez les hostilités et revenez à la table des négociations.» C’est sûr qu’avec une telle injonction, le Dr Folamour azéri va les écouter, et retourner à la table des négociations.

Il sait pertinemment que ni la France ni les Etats-Unis n’interviendront pour l’arrêter. Le premier parce qu’il faut que les 26 autres soient d’accord, ce n’est pas demain la veille ; quant au second, ils ont besoin de la base d’Inçirlik.

Le jour où les médiateurs prendront réellement conscience que le dictateur népotique n’a strictement rien à faire de leurs états d’âme et plus encore, de leurs conseils, les négociations prendront peut-être une nouvelle tournure.

Le seul qui est susceptible de siffler la fin de la récréation reste Poutine, qu’on le veuille ou non, et ce, au grand dam des Occidentaux.

Gérard Merdjanian


vendredi 25 septembre 2020

Ilham Aliev : Une haine chevillée au corps




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Ouf ! Lorsqu’on lit (ou on écoute) l’intégralité des propos du président de la république azerbaidjanaise, on se demande si l’on a à faire à un chef d’Etat en exercice s’adressant à sa population, ou à une racaille des bas fonds se défoulant sur les réseaux sociaux ? Quelle haine anti-arménienne ! Même Hitler, au plus fort de sa mégalomanie, n’est pas tombé aussi bas dans ses discours.

Les esprits conciliateurs diront que ces propos sont avant tout destinés au public azerbaidjanais. Encore faudrait-il que le contenu soit à la hauteur d’un homme d’Etat, c’est-à-dire s’appuyant sur du factuel et non sur un historique charcuté et retravaillé, ponctué d’énormes contre-vérités.

Il serait inutile de reprendre point par point ses propos, cela reviendrait à écrire un texte au moins aussi long que le sien. Il est préférable d’essayer de comprendre le pourquoi d’une telle haine anti-arménienne.

samedi 19 septembre 2020

Turquie : du zéro problème avec les voisins au … zéro voisin sans problèmes.




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Le dictocrate ottoman, se croyant investi de pouvoirs sultanesques à l’instar de son ancêtre Mehmed II le Conquérant, a réussi en quelques années à passer d’un islamisme soi-disant démocratique à un islamisme intolérant, le tout teinté d’une soif de conquêtes.


La doctrine élaborée en 2001, zéro problème avec les voisins, par l’ex-ministre des Affaires étrangères / ex-premier ministre, Ahmet Davutoğlu, a fait long feu. La vision du néo-sultan dépasse allègrement les frontières actuelles de son pays et sa doctrine embrasse un néo-ottomanisme version 21ème siècle : De la Lybie jusqu’en Asie centrale à travers des pays musulmans, et gare aux empêcheurs de tourner en rond.

Mais qui sont ces proches voisins empêcheurs ?

vendredi 11 septembre 2020

Arménie-Azerbaïdjan : Un petit pas de … fourmi




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Vu que la force ne semble pas donner les résultats escomptés, le népote azerbaidjanais Ilham Aliev élargie sa panoplie de porte-voix. Après l’utilisation à plein régime à l’hiver dernier du chef des azéris du Karabakh, puis des talents de pigiste de son ambassadeur en Italie en Août, voici qu’en Septembre l’un des vice-présidents de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE s’érige en avocat général pour demander le noyautage du groupe de Minsk par l'Assemblée parlementaire.

Il faut dire que le potentat qui règne sur l’héritage paternel sait très bien manier la carotte et le bâton. Après des années de bons et loyaux services comme porte-parole  du ministre des Affaires étrangère, Hikmat Hajiyev a été promu son conseiller pour la politique étrangère. Le dénommé Tural Ganjaliyev, chef des azéris du Karabakh, a été récompensé par un poste de député aux élections de février dernier (1). Le seul qui a trinqué pour les échecs successifs, c’est le ministre des Affaires étrangères, Elmar Mammadiarov, en poste depuis seize ans, accusé d’avoir trop fait de diplomatie dans les négociations de paix et pas assez de combativité dans ses interventions dans les organisations internationales.

vendredi 4 septembre 2020

Arménie-Azerbaïdjan ou la quadrature du cercle




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Le gouvernement azerbaidjanais et/ou ses représentants à travers le monde déclarent Urbi et Orbi : 1- Que le Haut-Karabakh est une partie intégrante de l’Azerbaïdjan ; 2- Qu’il n’est absolument pas question qu’il puisse s’autodéterminer et encore moins qu’il devienne indépendant.

A part ce «point de détail», comme dirait un certain Mr Le Pen, les négociations de paix sur le conflit du Haut-Karabakh n’ont aucune raison de ne pas aboutir. Partant de là, selon les dires du potentat azéri, les empêcheurs de tourner en rond sont les Arméniens. C’est vrai quoi ! Le camarade Lénine leur a donné le Haut-Karabakh, alors composé à 94% d’Arméniens, et donc il n’est pas question de rendre quoi que ce soit à qui que ce soit ; point barre !

vendredi 28 août 2020

Haut-Karabakh : Un dialogue certes, mais de sourds.



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Le nouveau ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Jeyhun Bayramov, même s’il n’a pas le recul de son prédécesseur [Elmar Mammadiarov] et encore moins la connaissance approfondie du dossier Karabakh, n’apporte rien de nouveau ni sur le fond ni sur la forme et se contente de reprendre le discours pluriannuel et éculé des dirigeants azerbaidjanais.

Cet ancien économiste juriste des affaires, risque fort d’être qu’un homme de paille dans les mains d’Ilham Aliev sur le dossier Haut-Karabakh. Le comportement d’Elmar Mammadiarov n’a pas plu au dictocrate azéri. Il est vrai que le mode de fonctionnement d’un diplomate n’est pas celui d’un dictateur et encore moins celui d’un va-t-en-guerre revanchard. Les déclarations du ministère des Affaires étrangères sur l’attaque «loupée» de la mi-juillet, n’ont pas été du goût du camarade Aliev, Elmar Mammadiarov a joué les fusibles et payé pour des négociations de paix qui durent un peu trop longtemps au goût de certains. Il y a pourtant des négociations qui n’en finissent : Turquie-Chypre depuis 1974, ou pire Israël-Palestine depuis 1948.

vendredi 14 août 2020

Un centenaire en demi-teinte



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Le 10 Août 1920 le traité de Sèvres était signé entre l’empire ottoman et les Alliés victorieux. Trois ans plus tard, le 24 juillet 1923, les mêmes acteurs signaient le traité de Lausanne. Trois années très riches en rebondissements. Trois années qui ont servi essentiellement à détricoter tout ce que le traité de Sèvres devait apporter aux minorités.

Un grand gagnant : la Turquie. Deux grands perdants : Les Arméniens et les Grecs. Quant aux Alliés, ce sont la France et la Grande-Bretagne qui se sont partagées les restes moyens-orientaux de l’empire ottoman, alors que leur côté, les Bolcheviques installaient manu militari le régime soviétique sur les restes de l’empire tsariste et notamment sur les républiques démocratiques transcaucasiennes.

Mustafa Kemal (Atatürk), chef du mouvement national turc, refuse de ratifier le traité de Sèvres à l’instar des gouvernements français et britannique, exception faite de la Grèce. Déjà dès l’automne 1920, Georges Leygues, alors président du Conseil des ministres de la France, déclarait que, la France ne ratifierait pas ce traité et, qu’il faut le réviser.

Arrive 1921, une année riche en péripéties, ‘horribilis’ pour certains, profitable pour d’autres.

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