samedi 19 mai 2018

Arménie-Turquie-Azerbaïdjan




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Si les changements sont importants sur le plan intérieur, la politique étrangère de l’Arménie reste inchangée. Le principal allié économique et stratégique reste toujours la Fédération de Russie, le principal partenaire sociopolitique portant sur les valeurs communes de la démocratie, de l'état de droit, du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, reste l’union européenne avec l’accord de partenariat (CEPA). Et bien évidemment les deux principaux psychorigides que sont la Turquie et son vassal l’Azerbaïdjan, attendent du nouveau gouvernement l’abandon de tous les griefs.

En 2003 Erdoğan devient premier ministre de Turquie et le fils Aliev est élu président de la république d’Azerbaïdjan. Depuis les relations se sont envenimées, même si il y a eu une soi-disant embellie avec un début de résolution du conflit du Karabakh à Key West (2001) et la signature des protocoles arméno-turques (2009). Car c’est bien Erdoğan qui pilote par personnes interposées les relations avec l’Arménie et croire le contraire serait une grave erreur.

dimanche 13 mai 2018

Arménie : Nouveau gouvernement, nouvelle diplomatie ?




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Quasiment toutes les chancelleries occidentales ont félicité l’Arménie pour le changement effectué sans trop de dommages de Premier ministre. On notera toutefois que la France, coprésidente du groupe de Minsk de l’OSCE, qui se vante d’être une « grande amie» de l’Arménie, s’est contentée de sortir un communiqué ministériel laconique. Cela reste dans la même lignée que la présence le 24 Avril du … ministre de la Transition écologique et solidaire, pour commémorer le 103ème anniversaire du génocide des Arméniens.

On est bien loin des événements de 2008 qui avait fait une dizaine de morts, quand Serge Sarkissian avait été élu président de la République. Après dix ans de pouvoir, son changement de casquette associé à une partie de «chaises musicales», ne lui a pas réussi. L’homme fort du petit état caucasien n’est plus le président de la république mais le Premier ministre, nouveau régime oblige.

dimanche 6 mai 2018

L’après 24 Avril




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Là où existe une communauté arménienne, le 103ème anniversaire du génocide des Arméniens a été célébré avec plus ou moins de faste, en présence des autorités locales, voire nationales mais rarement gouvernementales. Le plus souvent, ces dernières se sont contentées de sortir un communiqué, versant quelques larmes de crocodile sur les événements de 1915 et renvoyant les antagonistes dos à dos. Depuis quelques années, même le chef négationniste de l’état génocidaire envoie une lettre au patriarcat arménien d’Istanbul. Comme hypocrisie, on ne fait pas mieux.

Il n’est pas question pour ces états de reconnaitre le génocide arménien, au motif que cela fâcherait grandement l’Homme malade de l’Europe, nuirait aux relations diplomatiques avec Ankara et perturberait fortement les échanges commerciaux.

dimanche 29 avril 2018

Une goutte d’eau de trop




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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, de Hurriyetet de l’OSCE


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L’Arménie a la fâcheuse tendance à vouloir copier son allié privilégié : la fédération de Russie. S’il y a un air de famille entre les homo soviéticus et/ou les oligarques, la comparaison s’arrête là. La situation politico-économique de l’Arménie ne ressemble en rien à celle de la Russie. Aussi, vouloir se maintenant au pouvoir par le biais d’un changement de constitution et de chaises musicales, n’a pas réussi au président sortant Serge Sarkissian.

La révolution de velours qui s’en est suivie a fait réagir nombre de chancellerie voire même le secrétaire général de l’ONU pour rappeler l’état de droit. Vu son silence, France ne semble pas spécialement intéressée par les événements qui se déroulent à Erevan.

samedi 21 avril 2018

Ankara s’éloigne de Bruxelles




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Les décisions du parlement européen, et/ou celles de la Commission européenne, sont une chose, les déclarations de certains états membres en sont une autre. A croire que les 27 ne sont pas tenus de suivre les résolutions ou les lois votées par les députés européens.

Alors que les élus constatent les dérives sérieuses de la Turquie, les gouvernements continuent de caresser Ankara dans le sens du poil, aussi bien verbalement, que financièrement. Le Sultan ottoman aurait tord de se priver de ces contradictions intestines. Démarche que l’on trouve outre-Atlantique, puisque les Etats-Unis, par OTAN interposée, agissent de même envers Erdoğan, alors que de plus en plus de voix s’élèvent dans le Congrès.

Pour garder leur «allié turc», les Occidentaux sont prêts à avaler toutes les couleuvres.

samedi 14 avril 2018

La Turquie, la Russie, la coalition ... et les autres




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La faiblesse du régime syrien a ouvert les appétits de certains et permet à d’autres de régler leurs comptes.

() La rencontre Erdoğan-Poutine du 3 Avril dernier n’a fait que renforcer les idées expansionnistes du sultan ottoman. Moscou ne lui fera pas de l’ombre, du moins tant qu’Ankara ne s’en prend pas directement à Bachar el-Assad. Quant aux pays de la coalition, on a vu leurs réactions lorsque l’armée turque a franchi la frontière syrienne et s’est emparée d’Afrin avec l’aide des rebelles syriens, pour chasser les Kurdes. Cela s’est traduit dans les chancelleries occidentales par un modeste : «ce n’est pas bien, il ne faut pas».

Alliée soi-disant des Occidentaux, la Turquie a soutenu à leur début les terroristes du Daech, farouchement anti-mécréants et anti-chiites, et soutient maintenant les opposants (sunnites) à Bachar el-Assad (alévi). A la guerre ethnique s’ajoute une guerre de religion.

vendredi 30 mars 2018

Relations UE-Turquie




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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La rencontre pourrait se résumer par un : «Je t’aime moi non plus».

On est bien loin des mamours des premières années de négociation où les chapitres s’ouvraient par paquet - une douzaine en quatre ans, et depuis 2010 à peine quatre. Il est clair que les trente-cinq chapitres nécessaires pour une adhésion pleine et entière ne seront jamais atteints.

Croire pour autant que tout est arrêté, serait entièrement faux. En plus des 11,5 milliards versés jusqu’à présent, l’UE continue de verser des subventions, même pour des chapitres qui ne sont pas encore ouverts ! Hélas, Bruxelles a besoin d’Ankara. Il faut dire qu’Erdoğan dispose encore de moyens de pression, à commencer par le robinet des migrants vers l’Europe. Quant aux Etats-Unis, la Turquie faisant toujours partie de l’OTAN, joue avec mise à disposition de sa base d’Inçirlik aux avions de la coalition.

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