vendredi 20 mars 2020

Arménie-Azerbaïdjan : Saison 26




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Depuis la saison 1, commencée en mai 1994 au lendemain de l’accord trilatéral de cessez-le-feu signé à Bichkek, les mois et les années passent, les grands chefs se rencontrent, itou pour leurs ministres des Affaires étrangères, quant à leurs porte-paroles, elles s’invectivent à chaque point presse, mais … aucun début de commencement de réelles négociations de paix sous l’égide des coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE ; au contraire.

La saison 26 ne déroge pas à la règle. Alors que pour la première fois une rencontre face à face en public a eu lieu à Munich le 15 Février dernier entre le premier ministre arménien Nigol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, il est clairement apparu qu’il y a une totale incompatibilité entre la position azerbaïdjanaise d’intégrité territoriale et celle arménienne du droit à l’autodétermination des peuples. Il faut dire que rares sont les pays, même démocratiquement avancés, qui ont eu à gérer ce type de dilemme. Si Grande-Bretagne a accepté qu’un référendum se déroule en septembre 2014 pour le devenir de l’Ecosse, l’Espagne s’est farouchement opposée en octobre 2017 au vote sur l’indépendance de la Catalogne.

mardi 25 février 2020

Le débat Nigol Pachinian – Ilham Aliev




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C’est sans doute la première fois qu’il y a un échange public et direct entre les leaders azerbaidjanais et arménien. Ce qui n’empêche pas les rencontres programmées dans le cadre des négociations de paix sur le conflit du Karabakh sous l’égide du groupe de Minsk de l’OSCE.

Ironie du calendrier, cet échange est intervenu alors que les médiateurs ont déclaré que la nature des débats devait se dérouler dans une relative discrétion.

Toujours est-il que le grand public a probablement appris un certain nombre de choses mais surtout s’est rendu compte de l’énorme fossé qui sépare les antagonistes et que le début d’un commencement de rapprochement est encore très loin.

dimanche 16 février 2020

L’expansionnisme turc




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Au même titre que la nature a horreur du vide, Erdoğan a horreur que l’étranger proche ne soit pas à botte.

Ainsi, depuis 1974, 30.000 militaires turcs occupent militairement 37% d’un pays membre de l’Union européenne : Chypre. Et comme cela ne suffisait pas, Ankara a instauré un Etat, reconnu de lui seul : la République Turque de Chypre Nord. Pas plus l’UE que l’ONU n’a réussi à instaurer la paix. Erdoğan ne veut rien entendre, il a gros à perdre sur le plan énergétique gazier. Sans oublier évidemment son vieux contentieux avec la Grèce.

Vingt ans plus tard, profitant du conflit du Haut-Karabakh, la Turquie s’apprêtait à envahir l’Arménie avec plusieurs divisions, soi-disant pour aider le petit frère azerbaidjanais à mater ces ‘Arméniens’ rétifs. Fort heureusement, les Etats-Unis par OTAN interposée ont réussi à l’en dissuader, ne voulant surtout pas voir la Russie - quatre bases en Géorgie et une en Arménie, entrer dans la danse avec le risque d’une troisième guerre mondiale. A défaut, Ankara a instauré avec un malin plaisir, le blocus de l’Arménie. Encore plus qu’avec la Grèce, son contentieux avec les Arméniens du monde entier est vivace.

Vingt ans après, avec le début du ‘printemps arabe’ de Syrie, les Djihadistes se sont installés dans la région, pour créer l’Etat islamique d'Irak et du Levant et le terrorisme islamique. Vu que les Kurdes se défendaient pour leur survie aussi bien en Irak qu’en Syrie, et craignant que la contagion ne gagne la Sublime Porte, le sultan ottoman a mis sur le dos des Kurdes les attentats perpétrés sur son sol, et s’est engagé dans un combat acharné les assimilant au PKK et à l’YPG, malgré que ces derniers se sont montrés de fidèles alliés de la coalition.

On notera au passage que l’Union européenne, bon enfant suivant son habitude, a avalé tout cru les propos d’Erdoğan taxant les combattants Kurdes de terroristes et fermant honteusement les yeux sur la porosité de la frontière turque portant sur les divers trafics. C’est fou comme Bruxelles peut se déculotter devant ce dictocrate, et continuer à lui verser des milliards en vue d’une future adhésion.

Grâce à Donald (pas le canard, l’autre) le maitre de la Turquie a pu réitérer l’opération Attila de son prédécesseur Bülent Ecevit, et envahir la Syrie après le retrait des GI’s. Non content d’occuper 10% du territoire syrien et d’en chasser les Kurdes, il menace de frapper les forces de Bachar Al-Assad, voire les poursuivre jusqu’à Damas, si les positions de la Turquie dans la région d’Idlib, la dernière poche de la rébellion syrienne soutenue par la Turquie, sont à nouveau attaquées.

Un peu fort de café … turc, non ?

En fait qu’a-t-il à craindre ? Qui va l’en empêcher ? Les Européens ? Certainement pas, ce n’est ni la France ni la Grande-Bretagne qui vont envoyer des troupes, quant aux autres membres de l’UE, ils sont tout juste bons à discutailler et à se blottir sous le parapluie du ‘mort cérébral’. Les Etats-Unis ? Il ne faut pas compter sur eux, les élections approchent. Reste la Russie, mais là encore, si Erdoğan ne marche pas sur les plates-bandes de Poutine, le tsar new-look lui fichera la paix. De plus faire un pied-de-nez aux Etats-Unis par Turquie interposée n’est pas pour lui déplaire.

Restait le dernier côté à conquérir : l’Ouest. C’est chose faite depuis quelques mois. Un accord maritime a été signé entre la Turquie et le gouvernement d’union nationale (GNA) libyen de Fayez Al Sarraj qui donne à Ankara l’accès à des zones économiques revendiquées par la Grèce et par Chypre, et en particulier l’exploitation des gisements de gaz naturel. De plus Ankara a envoyé plusieurs centaines de combattants en plus des instructeurs militaires turcs et l’installation d’un système de défense aérienne et de brouillage sur l’aéroport de Mitiga.

Parmi les pays limitrophes, seules la Bulgarie et la Géorgie échappent aux appétits d’Ankara. La première parce que le nouveau gazoduc turkish stream la traversera pour arroser l’Europe. La seconde parce que c’est le couloir énergétique et ferroviaire, en provenance de Bakou. Donc pas touche.

L’expansionnisme de la Turquie est à 360°. A défaut du ‘zéro problème avec les voisins’ cher à l’ex-premier ministre Ahmet Davutoğlu, la pieuvre turque étale ses tentacules.




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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de News.az

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Arménie

Initiée par la partie arménienne, le Premier ministre Nigol Pachinian a eu une conversation téléphonique avec le président du Conseil européen, Charles Michel.

Les interlocuteurs ont discuté des questions concernant les relations entre l'Arménie et l'UE. Ils se sont déclarés disposés à développer davantage la coopération Arménie-UE, et notamment 


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Union européenne

Le 12 février 2020, les Pays-Bas ont notifié au secrétariat général du Conseil européen et au Conseil de l'UE l'achèvement de ses procédures internes nécessaires à la ratification de l'accord de partenariat global et renforcé entre l'Arménie et l'UE.

Ils ont ainsi rejoint les vingt États membres de l'UE - Estonie, Lettonie, Lituanie, Bulgarie, Pologne, Luxembourg, Danemark, Malte, Roumanie, Royaume-Uni, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Chypre, Allemagne, Irlande, Croatie, Suède,  et Slovénie – ayant informé le secrétariat de l'UE.

On notera que la Belgique et la France ont également achevé les procédures internes nécessaires à la ratification de l'accord, mais n'ont pas encore informé le dit secrétariat.

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OSCE

«Les coprésidents du Groupe de Minsk ont ​​rencontré les ministres des Affaires étrangères d'Arménie et d'Azerbaïdjan à Genève du 28 au 30 janvier. Les États-Unis restent fermement attachés à un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh», a twitté la mission américaine auprès de l'OSCE

(…)

La mission de l'OSCE a effectué le jeudi 6 février un suivi prévu du cessez-le-feu sur la ligne de contact entre l'Artsakh (Haut-Karabakh) et l'Azerbaïdjan.

À partir des postes de l'Armée de défense d'Artsakh, le suivi a été assuré à l'Est de Taliche (région de Mardakert), par Ognjen Jovic (Bosnie-Herzégovine), Ghenadie Petrica (Moldavie), et Simon Tiller (Grande-Bretagne).

Côté Azerbaïdjan, la mission était conduite par l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk, Mihail Olaru (Moldavie) et Martin Schuster (Allemagne) dans le district de Terter.

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Turquie

«Les chasseurs F-16 de l'armée de l'air turque, soutenus par l'artillerie, ont attaqué 40 cibles du président syrien Bachar al-Assad à Idlib en réponse au bombardement des troupes turques, qui ont fait plusieurs morts,» a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan aux journalistes à Ankara avant de s'envoler pour l'Ukraine.

Selon lui, à la suite des tirs, 


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Azerbaïdjan

Le ministère des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan a publié une déclaration sur la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à Genève.

«La réunion du ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan Elmar Mammadyarov et du ministre des Affaires étrangères de l'Arménie Zohrab Mnatsakanian avec la participation des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE et du représentant personnel du président en exercice de l'OSCE s'est tenue 







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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de News.az







lundi 3 février 2020

Haut-Karabakh : Le conflit continue de s’enliser


Haut-Karabakh : Le conflit continue de s’enliser

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Une rencontre a eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, chacun des antagonistes donnant sa vision du futur et les moyens d’y parvenir ‘pacifiquement’. Que pensez-vous qu’il arriva ? C’est l’accord de paix qui s’éloigna.

Les coprésidents ont beau dire, il n’est pas question pour les dirigeants azerbaïdjanais de céder sur quoi que ce soit, ni sur les droits potentiels de la population vivant au Haut-Karabakh, et encore moins sur l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. Quant à la notion du droit des peuples à l’autodétermination, c’est une vue de l’esprit, tout au plus valable pour les démocraties occidentales, et encore ... .

jeudi 23 janvier 2020

Pas de répit dans le conflit du Haut-Karabakh




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2020 commence plutôt mal, déjà deux morts et plusieurs blessés depuis le 1er Janvier à la ligne de contact entre l’Artsakh et l’Azerbaïdjan. C’est probablement la manière azerbaïdjanaise de commémorer le 30e anniversaire des pogroms anti-arméniens de Bakou.

Car peu de choses ont changé depuis cette date dans la mentalité et dans la méthodologie des dirigeants azéris : Les Arméniens restent l’ennemi à abattre, voire à éradiquer. Non seulement ils vivent sur les terres ‘ancestrales azéries’, c’est-à-dire les ¾ de l’Arménie actuelle, (dixit Ilham Aliev), mais occupent depuis 1994 20% du territoire azerbaïdjanais, un comble !

mardi 31 décembre 2019

Conflit du Karabakh : Un bilan en demi-teinte.




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Le côté positif c’est que les violations du cessez-le-feu ont nettement diminué, le côté négatif c’est que les négociations n’ont pas progressé d’un poil.

Si «Il faut se méfier de l’eau qui dort», il faut également se méfier du calme relatif sur la ligne de contact entre l’Artsakh et l’Azerbaïdjan. Dans le conflit du Haut-Karabakh, le calme a été souvent trompeur. La trêve des confiseurs n’existe pas chez les belligérants. Il suffit d’écouter les uns et/ou d’observer les autres.

Si l’on écoute les dirigeants azerbaïdjanais, rien ou presque n’a été modifié dans leurs discours : Les Arméniens restent toujours l’ennemi à abattre, lesquels occupent 20% du territoire azéri, ce sont des barbares qui s’attaquent aux biens culturels musulmans, des génocidaires, voire pour certains des terroristes qui s’en prennent à la population azerbaïdjanaise.

samedi 21 décembre 2019

Quand Turquie fâchée, négationnistes cracher




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Le Congrès américain a reconnu le génocide des Arméniens. Un coup dur pour les négationnistes turcs, dirigeants en tête.

Autant côté arménien la satisfaction était de mise, autant côté turc les critiques étaient acerbes. Seuls les membres du HDP (parti pro-kurde) ne se sont pas joints aux cris d’orfraie des autres partis turcs, et pour cause, leurs frères subissent les mêmes exactions que les Arméniens il y a un siècle, avec en plus une chasse à des soi-disant terroristes dans les pays voisins. Et ce qui n’est pas non plus nouveau, lorsque la Turquie commet des exactions ou des dérapages, la communauté internationale regarde assise dans son coin, plaint les victimes, voire hausse le ton, mais intervenir/sanctionner, que nenni ! Ce ‘privilège’ est réservé à la Russie.

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