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lundi 30 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (VII)




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Le président Serge Sarkissian a déclaré : "le gouvernement turc déforme l'esprit et la lettre des protocoles, et continue sa politique de conditions préalables de règlement. Toutefois, le retrait des protocoles de paix du parlement ne signifie pas que l'Arménie ferme la fenêtre de la normalisation des relations avec la Turquie.»

Le 19 mars, le journaliste Alex Christie-Miller, travaillant pour The Times, Newsweek Europe et Christian Science Monitor écrit sur son compte Twitter : "Le gouvernement turc joue avec Gallipoli en politisant l’événement pour rivaliser avec les commémorations du génocide arménien,  ce qui est tout à fait dégoûtant."

Le même jour, les quotidiens turcs Today’s Zaman et Hurriyet Daily news reproduisent les propos du président Erdoğan concernant les commémorations des centenaires tant en Turquie (Gallipoli) qu’en Arménie (génocide arménien) : - «La campagne sur le génocide arménien cherche à détruire la Turquie et non à établir la vérité’» pour le premier et - «Arméniens de la diaspora : Apportez vos documents concernant les massacres de 1915» pour le second.

La ficelle est tellement énorme que ces deux quotidiens se sont sentis obligés d’amener quelques éclaircissements sur le travail effectué par les Arméniens ces dernières décennies. Ce qui appelle deux remarques :

mardi 24 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (VI)



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Qui a dit : «Le crime ne paie pas» ?
En fait personne, car c’était avant tout le titre d’une BD, et cela reste très souvent un vœu pieu. Si de plus on se place au niveau d’un Etat, le crime peut même être très payant.

Prenons par exemple … la Turquie. Non seulement le gouvernement Jeunes turcs a planifié, déporté et massacré tout un peuple, mais il s’est accaparé ses biens mobiliers et immobiliers, ainsi que ses avoirs, qui ont été déposés à la Deutsche Bank. Mais comme cela ne suffisait pas, les terres et les maisons des villageois ont été distribuées à la population turque et kurde.

Pourquoi Ankara devrait-il se mortifier quand il peut vivre au grand jour, se permettre des dérapages, le tout avec la bénédiction des grandes puissances. Que ce soient celles d’hier qui ont fermés les yeux devant les massacres de 1915 et ont

dimanche 15 mars 2015

1915 - 2015


 

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En 1965, lors du cinquantenaire du génocide de leurs parents perpétré en 1915 par le gouvernement ottoman des Jeunes-Turcs, la population d’Erevan est descendue dans la rue le 24 Avril en criant «Մեր հողերը» [Nos terres]. Fallait le faire en plein régime soviétique !

Cinquante ans plus tard, la communauté arménienne de France a commencé les diverses manifestations mémorielles qui se déclinent en conférences, exposés, débats, colloques, expositions, projections, concerts, cérémonies religieuses, inaugurations de stèles, de monuments, de rues, etc... . Auxquels n’oublions pas d’ajouter des défilés dans les grandes villes le jour du 24 Avril. C’est bien, cela fera connaître l’histoire et la culture arméniennes à celles et ceux qui ne la connaissent pas et notamment aux non-Arméniens.

Un siècle après, on reste essentiellement dans un contexte mémoriel.

Une question se pose :

dimanche 8 mars 2015

La Turquie et le génocide arménien (V)




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Le président Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé pour la (n+1) ème fois les conditions pour l'ouverture de la frontière avec l'Arménie : «Ankara n’ouvrira pas la frontière avec l'Arménie jusqu'à ce que les derniers soldats se retirent des territoires occupés de l'Azerbaïdjan. () … Quant à la résolution du conflit du Haut-Karabakh, elle sera résolue très rapidement que si la Russie et les États-Unis décident de régler le conflit.»

Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait tenu des propos identiques sur les conditions d’ouverture de la frontière avec l’Arménie et la restitution à l’Azerbaïdjan de tous les territoires occupés ; lesquels problèmes constituaient une des priorités de la Turquie. Il y a deux semaines c’est le premier ministre Ahmet Davutoglu qui abordait le sujet avec les mêmes arguments

Il est on ne peut plus clair que la Turquie ne compte absolument pas assouplir sa position surtout en cette année du centenaire du génocide arménien où nombre de pays risquent de modifier leur position sur le sujet. Le 24 Avril sera un test important pour la Turquie comme pour l’Arménie, où l’on pourra compter quels sont les hauts dignitaires qui participeront aux commémorations du génocide arménien en Arménie ou celles de Gallipoli en Turquie.

Maintenant, il est tout aussi clair

samedi 28 février 2015

Relations Arménie-Azerbaïdjan


 

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C’est devenu une habitude bien ancrée, où tout ce que l’Arménie reproche à l’Azerbaïdjan, se retrouve en image inversée dans les accusations de Bakou. Que ce soit pour indiquer qui le premier a agressé physiquement l’autre, ou qui viole les accords signés en 1992 ou qui ne respecte pas les engagements pris devant les chefs des Etats coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE.

C’est un échange verbal qui peut durer longtemps, si ce n’est qu’en plus des diatribes anti-arméniennes, les dirigeants azéris associent le geste à la parole en abattant tout Arménien qui se trouve à portée de tir sur la ligne de front.

Avant même de se mettre d’accord sur un accord de paix, encore faudrait-il que l’on soit d’accord sur le sens des mots.
-      Ainsi, pour Bakou l’intégrité territoriale correspond à la situation géographique d’avant 1988, quand la région autonome du Nagorny (Haut) Karabakh était sous administration azerbaidjanaise. Alors que pour Erevan, l’intégrité territoriale n’englobe pas le Haut-Karabakh proprement dit, car au moment de l’indépendance de l’Azerbaïdjan en Aout 1991, il avait fait sécession de la RSS d’Azerbaïdjan depuis février 1988, conformément à la constitution et aux lois en vigueur en Union Soviétique.

samedi 21 février 2015

Après Ilham, Elmar : Bonne année l’Arménie


 

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Après le président Ilham Aliev, c’est son ministre des Affaires étrangères, Elmar Mammadiarov, qui enfonce le clou ; dixit : «Concernant les violations du cessez-le-feu, les coprésidents doivent noter tout d'abord que les Arméniens doivent se retirer des territoires occupés. Dans ce cas seulement, le cessez-le-feu ne sera pas violé.» Et de poursuivre : «Nous avons déclaré à maintes reprises que les coprésidents doivent travailler sur un accord de paix basé sur les principes de Madrid en six points.»

Rappelons quels sont les six points des principes élaborés en novembre 2007 à Madrid :

-      le retour des territoires entourant le Haut-Karabakh sous contrôle de l’Azerbaïdjan ;
-      un statut intérimaire pour le Haut-Karabakh qui apporte des garanties pour la sécurité et l’auto-gouvernance ;
-      un corridor reliant l’Arménie au Haut-Karabakh ;
-      détermination de l’avenir du statut juridique définitif du Haut-Karabakh à travers une expression juridiquement contraignante de la volonté ;
-      le droit de toutes les personnes déplacées et des réfugiés à retourner dans leurs anciens lieux de résidence ;
-      garanties internationales de sécurité, qui comprendrait une opération de maintien de la paix.

Toutefois, après moult rencontres entre les parties sous l’égide des médiateurs, les coprésidents du groupe de Minsk ont proposés les trois principes de base suivants validés et repris par les chefs des Etats coprésidents ainsi que par les Organisations internationales :

samedi 14 février 2015

Ilham Aliev : Bonne année l'Arménie



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«Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ni pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.»

C’est hélas le mal chronique qui ronge nos chers pays coprésidents du groupe de Minsk, tout comme d’ailleurs les Organisations internationales, telles l’OSCE, l’Union européenne ou le Conseil de l’Europe. Il ne suffit pas de se dire préoccupé ou de se lamenter sur la situation au Haut-Karabakh, de claironner le même refrain depuis des années «il n’y a pas de solution militaire, il faut une volonté politique de part et d’autre», peut-être faudrait-il après avoir constaté sur place les violations, prendre des décisions et agir en conséquence sur le contrevenant.  

Les dirigeants arméniens adhèrent aux propositions des coprésidents du Groupe de Minsk et sont prêts à négocier, mais pas à n’importe quel prix. Une négociation sous-entend faire compromis, et autant que je sache, dans un compromis on ne peut pas satisfaire l’une des parties à 99% et ne concéder à l’autre que 1%.

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