jeudi 18 novembre 2021

Haut-Karabakh : Un conflit sans fin

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

 

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Il y a conflits et conflits. Les premiers nécessitent une action, les autres des communiqués génériques.

 

Dans la première catégorie, on trouve tout ce qui touche directement l’Occident, que ce soit l’Union européenne ou les Etats-Unis. Citons pêle-mêle les problèmes migratoires vers l’UE, qu’ils viennent du continent africain ou du Moyen-Orient, ou tout ce qui émane de la Russie, directement ou indirectement, à tort ou à raison. Et tout récemment, la Biélorussie.

 

La réaction est quasi immédiate, d’abord verbale, suivie rapidement de sanctions économiques, logistiques, voire pénales.

 

Un pays et un seul passe à travers les mailles depuis des décennies : la Turquie. Elle peut se permettre toutes les « saletés » qu’elle veut, au pire elle sera réprimandée par l’Oncle Sam. Mais il y a mieux, l’UE lui verse même des subventions dans le cadre d’une hypothétique adhésion en plus des sommes versées pour qu’elle garde les émigrés ; des milliards d’euros qui ne vont pas forcément là où ils devraient aller. C’est ça être membre de l’OTAN et jouer de sa situation géopolitique depuis les années 50. Quelle hypocrisie !

 

Ce rejeton choyé de l’OTAN peut se permettre nombre de  frasques, y compris acheter du matériel militaire russe, les célèbres S-400. Dans ses incartades, on ne peut passer sous silence l’invasion et l’occupation de 37% de l’île de Chypre. A ce jour, seule la partie grecque est membre de l’UE. Ankara mène par le bout du nez non seulement l’UE (scandale du ‘sofagate’ avec la visite de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Erdoğan) mais également Washington, où qu’il a fallu attendre 2021 pour que la Maison-Blanche reconnaisse le génocide arménien, perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs en 1915.

 

Les autres conflits sont traités suivant l’humeur du moment. Cela ne signifient pas forcément qu’ils sont injustes, voire justes le plus souvent, mais simplement que les grandes puissances ne veulent pas intervenir pour diverses raisons et, le plus souvent pour des considérations géopolitiques, pire, bassement commerciales.

 

On retrouve ainsi le conflit israélo-palestinien, datant de la naissance d’Israël, surveillé comme le lait sur le feu par Washington, et réactivé en permanence par le lobby juif américain. C’est la chasse gardée de la géopolitique américaine dans la région.

 

De même le conflit chypriote, piloté par les Nations-Unis, qui n’a pas progressé d’un centimètre depuis 1974, d’autant que la Turquie a reconnu officiellement la République turque de Chypre Nord et y maintient 30.000 soldats turcs. Son antagonisme séculaire envers la Grèce et les Grecs n’arrange pas les choses.

 

Le conflit du Haut-Karabakh, est redevenu un ‘conflit gelé’ à l’avantage cette fois-ci de l’Azerbaïdjan, malgré le désir ardent  de Bakou de signer un accord de paix.

 

Quoi qu’en dise Bakou c’est toujours un conflit vu que le problème n’est pas résolu. Le président Poutine joue au chat et à la souris avec les deux protagonistes que sont l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Toutefois, il est le seul à agir sur le terrain, favorisant tantôt l’un tantôt l’autre.

 

Que font les deux autres coprésidents que sont la France et Etats-Unis, qui forment avec la Russie les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, lesquels sont censés aider à la résolution.

 

A voir leur engagement, ils passent pour des incapables alors qu’en fait ils s’en fichent royalement. Sorti de leurs propositions en 2007 à Madrid, leurs éternels communiqués généralistes insipides et indolores du style Copier/Coller n’intéressent plus personne, sauf peut-être l’Arménie qui attend toujours une aide autre que morale.

 

Les Etats-Unis, depuis Obama, se retirent du théâtre des opérations du Moyen-Orient, alors le Sud-Caucase … est le dernier de leurs soucis. Biden a toutefois fait un geste : Il a reconnu le génocide de 1915, mais c’est plus pour embêter la Turquie que pour rendre justice aux Arméniens.

 

Quant à la France, avec un président ‘grand ami’ des Arméniens, elle préfère les affaires juteuses avec Bakou aux valeurs démocratiques qu’elle défend devant la scène internationale. Son factotum qui loge au quai des Orsay garde toujours sa livrée de VRP en armement. Il ne faut pas s’étonner alors de sa totale méconnaissance du rôle d’un coprésident du groupe de Minsk de l’OSCE ; d’où la ‘profondeur’ de ses communiqués sur le conflit arméno-azéri. Profond au sens de creux, bien sûr.

 

Quelle pantalonnade, qui hélas génère des dizaines et des centaines de morts !

 

 

 

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Traductions – revue de presse


Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, de Trend, de APA, de Hurriyetde Turkeypurge, de l’OSCEde l’APCEainsi que de l’Union européenne


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Arménie

 


Le 16 novembre, le Représentant permanent de l'Arménie auprès des Nations Unies, Mher Margarian, a pris la parole lors du débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies sur « La paix et la sécurité par la diplomatie préventive ».

 

Dans sa déclaration, le diplomate arménien a attiré l'attention du Conseil de sécurité sur les attaques de l'Azerbaïdjan contre l'intégrité territoriale de l'Arménie ces derniers jours en violation de la Charte des Nations Unies, du droit international et des dispositions de la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020. Il a souligné que 

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OSCE



Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (Andrew Schofer des États-Unis d'Amérique, Igor Khovaev de la Fédération de Russie et Brice Roquefeuil de la France) ont publié la déclaration suivante :

 

« Les coprésidents voient avec une profonde préoccupation les récents incidents dans la région, y compris ceux le long de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Les coprésidents appellent les parties à prendre des mesures concrètes pour désamorcer immédiatement la situation. Les coprésidents exhortent également  

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UNESCO

 


« Des mesures préventives de la part de la communauté internationale sont nécessaires pour protéger le patrimoine culturel arménien dans les territoires de l'Artsakh actuellement sous contrôle azerbaïdjanais. L'Arménie a toujours fait tout son possible pour aider l'UNESCO à mener à bien sa mission forte fondée sur des valeurs communes dans les domaines de l'éducation, de la science et de la culture. Aussi, la candidature de l'Arménie au Conseil exécutif de l'UNESCO pour 2021-2025 découle de la considération d'accroître l'efficacité de ces efforts, »
a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan lors  

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Union européenne

 


Déclaration de Peter Stano,
porte-parole du chef de la diplomatie de l'UE (Josep Borrell), à l'occasion de l'anniversaire du cessez-le-feu.

 

« Cette semaine marque le premier anniversaire de la cessation des hostilités dans et autour du Haut-Karabakh suite à l'accord de cessez-le-feu signé par l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

 

L'UE regrette

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Russie

 


« La question du règlement du conflit du Haut-Karabakh a été abordée dans le cadre de l'activité des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE – la Russie, la France et les États-Unis, »
a déclaré à la presse le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

 

Résumant les résultats de sa visite en France, le ministre Lavrov a

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Paris

 


Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son collègue de la Défense Sergueï Choïgou ont discuté de la situation au Haut-Karabakh avec leurs homologues français Jean-Yves Le Drian et Florence Parly dans le cadre du Conseil de coopération franco-russe pour les questions de sécurité à Paris, comme indiqué sur le site du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères.

 

Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères rapporte également que les deux ministres ont évoqué les efforts conjoints de la France et de la Russie dans leurs fonctions de coprésidents du groupe de Minsk pour parvenir à un accord de paix durable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ainsi que l'étroite coopération entre le groupe E3 et la Russie en faveur de la reprise rapide des négociations avec l'Iran afin que l'Iran se conforme au plus tôt au JCPOA.

 

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Iran

 


Lors d’une conférence de presse à Téhéran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Said Khatibzadeh a déclaré :

 

« Au cours des 30 dernières années, l'Iran a toujours été contre l'occupation des territoires azerbaïdjanais. Nous avons abordé avec respect la protection de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et soutenu son intégrité territoriale. C'est pourquoi nous félicitons ce pays à l'occasion de la libération des territoires de l'occupation et nous applaudissons aujourd'hui l'anniversaire de cette victoire. Le problème le plus important dans cette condition est d'éliminer certains malentendus survenus dans la presse et le public. »

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


« La coopération exemplaire entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, dont les relations avec la signature de la déclaration historique de Chouchi ont atteint le plus haut niveau d'alliance stratégique, favorise la participation des deux pays à des initiatives de grande envergure dans la région, ainsi que la mise en œuvre d'accords conjoints. projets dans les travaux de construction en cours, dans le même temps la coopération régionale »,
a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan Jeyhun Bayramov dans son discours lors d'une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères du Conseil turc à Istanbul.

 

Il a indiqué qu'à cet égard, le format 3 + 3, qui concerne la coopération régionale post-conflit et est soutenu par tous les grands pays de la région, peut être un mécanisme de coopération utile pour les pays turcophones.

 

« Je voudrais noter que l'Azerbaïdjan est en faveur de la paix et soutient la garantie d'une paix et d'une stabilité durables non seulement dans sa région mais aussi dans toutes les régions du monde », a-t-il ajouté.

 

 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Armenpress, de Trend, de APA, de Hurriyet, de Turkeypurgede l’OSCE, de l’APCE, ainsi que de l’Union européenne

 


 

jeudi 11 novembre 2021

From Bakou with love : Ermənilər, sizdən zəhləm gedir.

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

 

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Le clan Aliev est à la fête, c’est le premier anniversaire de sa victoire sur les Arméniens. C’est là où l’on voit ses vrais amis qui se réjouissent avec lui. Ainsi, on retrouve le premier cercle ayant participé à la guerre de 44 jours : la Turquie bien évidemment, les djihadistes syriens, le Pakistan, Israël ; puis viennent, la Biélorussie, mais également quelques pays musulmans d’Asie centrale et même … la Bosnie-Herzégovine.

 

C’est le moment choisi par Bakou pour proposer à l’Arménie de faire la paix et signer un accord en bonne et due forme en ce sens. Quelle magnanimité ! Quelle générosité ! Et joignant le geste à la parole, les soldats azéris ont à leur manière fêté l’anniversaire en tirant sur des ouvriers arméniens travaillant sur des canalisations d’eau, tuant une personne et blessant trois autres. Chassez le naturel, il revient au galop.

 

Il va de soi pour le dictateur Aliev chaque partie garde ses acquis. Pour lui, ce sont tous les territoires conquis depuis la guerre, y compris ceux en Arménie, auxquels il faut ajouter ce qu’il reste du Haut-Karabakh – qui pour Bakou fait partie de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan ; un territoire qui lui reviendra en novembre 2025, au terme du mandat de 5 ans des soldats de la paix russes.

 

Quid de nos médiateurs ?

 

Du nouveau dans la politique étrangère de la France. Un nouveau représentant dans la coprésidence du groupe de Minsk de l’OSCE et un nouvel ambassadeur en Arménie.

 

Si le nouveau médiateur, Brice Roquefeuil, a une vague idée du conflit arméno-azerbaidjanais de par son parcours, sa collègue ambassadrice de France en Arménie, Anne Louyot, semble pleine de bonne volonté. Mais comme tout diplomate en poste, en bon soldat ils sont tenus de mettre en œuvre les décisions de leur gouvernement et plus précisément celles du chef de l’Etat. Pas question de donner un avis personnel et encore moins de prendre position. Toujours rester dans un flou artistique et sortir des généralités, mais ne vexer personne, et surtout pas Bakou. En résumé, changement sur la forme mais pas sur le fond.

 

On est bien loin d’un John Evans qui au grand dam de Washington avait déclaré que les massacres de masses d’Arméniens en 1915 étaient bel et bien un génocide. Quand on voit comment le président Macron tance et este en justice les élus français qui osent signer des Chartes d’Amitié avec des communes d’Artsakh (Haut-Karabakh), aller contre ses décisions signifie saborder sa carrière. Par contre donner 400.000 euros à l’Azerbaïdjan pour « nettoyer » les territoires fraichement conquis, ne gêne absolument pas le locataire de l’Elysées. Choyer l’auteur de la guerre meurtrière contre les Arméniens est sans doute sa vision de l’équité.

 

Les Arméniens attendent un peu plus du coprésident français que des phrases mielleuses et des caresses dans le dos. Les élections présidentielles françaises approchent et les voix de la communauté arménienne ne sont pas à négliger.

 

La coprésidence américaine, selon son habitude, se contente de sortir des communiqués généralistes de bon usage, en envoyant les belligérants dos à dos. Par exemple le dernier : « Nous exhortons l'Arménie et l'Azerbaïdjan à intensifier leur engagement, y compris à travers les coprésidents du groupe de Minsk, pour résoudre toutes les questions en suspens liées ou résultant du conflit du Haut-Karabakh ». Ponce Pilate n’aurait pas dit mieux.

 

L’intervention de Moscou à travers ses casques bleus a certes évité l’anéantissement des Arméniens du Karabakh, toutefois, un an après il serait souhaitable qu’il s’immisce un peu plus dans la résolution des problèmes en suspens. Comme fournir les cartes d’état-major de l’armée russe de la région, datant de l’Union soviétique, ce qui faciliterait grandement la démarcation et la délimitation de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Beaucoup plus efficace que d’envoyer des géographes et des géomètres de l’Union européenne.

 

Bien qu'inculte sur l’histoire de ses ancêtres et plus encore de l’histoire du monde, le potentat azéri a tout de même retenu le vieil adage romain : « Si vis pacem, para bellum. »

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 


« Pour le moment, il n'y a pas d'accord pour tenir une réunion trilatérale le 9 novembre. Comme l'a déclaré le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan lors de la précédente session de questions-réponses au Parlement, il existe de nombreuses idées et propositions.

 

Nous avons généralement dit que nous n'étions pas contre les réunions, mais le contexte de ces réunions, le symbolisme de ces réunions, le résultat potentiel attendu de ces déclarations est

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France

 


« Le conseiller principal aux Affaires étrangères, Brice Roquefeuil, a été nommé nouveau coprésident français du Groupe de Minsk de l'OSCE, »
indique le communiqué du gouvernement français. L'ancien coprésident Stéphane Visconti a été rappelé pour d'autres fonctions.

 

Brice Roquefeuil a également été nommé ambassadeur du Partenariat oriental de l'Union européenne et de la mer Noire. Le diplomate a auparavant été 

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Union européenne

 

APCE


Kimmo Kiljunen
(Finlande, SOC) et Boriana Åberg (Suède, PPE/DC), co-rapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi des obligations et engagements de l'Arménie, ont effectué une visite d'information dans le pays du 3 au 5 novembre 2021.

 

Les discussions ont porté principalement sur la réforme électorale, les relations entre les institutions constitutionnelles, l'indépendance de la justice, la situation des médias, ainsi que  

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Russie

 


« La Russie ne revendique pas le monopole des communications avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan, bien que nous ayons des liens d'amitié de longue date et étroits et un partenariat à grande échelle tous azimuts avec ces pays et peuples. Nous défendons une utilisation efficace du potentiel actuel de la communauté internationale avec une prise en compte adéquate des nouvelles réalités régionales, »
a déclaré 

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États-Unis

 


Erika Olson
, nouvellement nommée sous-secrétaire adjointe au Bureau des Affaires européennes et eurasiennes du Département d'État américain, s’est rendue en Arménie, en Azerbaïdjan et en Géorgie pour promouvoir la coopération régionale et discuter de questions bilatérales.

 

Pendant son séjour à Erevan, elle a participé à la réunion régionale des chefs de mission, avec  

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Turquie-Azerbaïdjan

 


"
Maintenant, nous sommes dans une situation de post-conflit où nous avons fait plusieurs propositions à l'Arménie pour commencer à travailler sur un accord de paix. Nous ne voulons pas parler de guerre, nous voulons parler de paix, nous voulons parler d'avenir ", a déclaré le président Ilham Aliev.

 

« Malheureusement, cette proposition n'a toujours pas de réponse. Dans le même temps, nous avons proposé de commencer à travailler sur  

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

 

 

lundi 1 novembre 2021

Erdoğan-Aliev : un seul ennemi commun.

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Leur théâtre d’opérations diffère. Les autres pays sont le plus souvent des concurrents, voire des adversaires, mais il n’y a qu’un seul ennemi commun : L’Arménie et les Arméniens. Ce dont le gouvernement arménien n’a pas encore compris ou plus exactement ne veut pas admettre.

 

Dès que le potentat Aliev fait un pas contre l’Arménie, il est automatiquement soutenu par son frère Erdoğan. De même, dès que l’Arménie subit une attaque où est mise à mal par l’Azerbaïdjan, les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, toujours officiellement en charge de la résolution du conflit du Karabakh, se contentent d’un communiqué générique, mais évitent surtout de lever le petit doigt pour arrêter les agissements du contrevenant.

 

Ainsi : Le coprésident américain, par ambassadeur interposé, se contente de faire une tournée vers la frontière arméno-azerbaidjanaise, et dit ce qu’il y a lieu de faire, mais aucune pression sur Bakou ; Le coprésident français s’efforce systématiquement de garder l’équilibre entre belligérants, annulant par tribunal administratif les Chartes d’amitié signées par des communes de France avec des localités du Haut-Karabakh ; Seule la Russie, outrepassant sa fonction de coprésidente, s’efforce de protéger physiquement les Arméniens du Haut-Karabakh et les aide à survivre avec ses soldats de la paix déployés sur place.

 

N’oublions pas toutefois que le ‘grand ami’ des Arméniens qu’est le président français, ayant aidé les perdants au lendemain de la guerre de 44 jours en vertu des grands sentiments, il se devait de venir au secours des pauvres vainqueurs azéris en vertu des grands principes, en leur octroyant généreusement une aide de 400.000 euros. On se demande d’ailleurs pourquoi aucune société française du BTP ne participe à la reconstruction des territoires conquis par Aliev ? Toujours dans le cadre de la neutralité prônée par le président Macron, quelques satellites supplémentaires d’observations, officiellement estampillés « météo », seraient le bienvenu, histoire de mieux cibler les Arméniens si le cessez-le-feu était rompu !

 

La Turquie, elle, est on ne peut plus présente non seulement sur le terrain, mais également sur le plan politique. Le cynisme du sultan va jusqu’à narguer l’Arménie en lui faisant miroiter une normalisation des relations et donc une levée du blocus, en place depuis 1994. Quand on connait ses sentiments envers l’Arménie, et les Arméniens d’une manière générale – une épine dans le pied depuis un siècle-, on ne peut que douter fortement de la véracité et de la sincérité de ses propos.

 

Et si vraiment le blocus était levé, le prix à payer par l’Arménie serait bien plus élevé que la perte du Haut-Karabakh car cela impacterait directement l’existence même de l’Arménie ! Tout dépend de la géostratégie de Poutine.

 

Si l’Arménie et les Arméniens restent l’ennemi commun du tandem turco-azerbaidjanais, la démarche du népote azéri envers les autres pays diffère quelque peu de celle du dictateur ottoman.

 

L’Azerbaïdjan dispose de richesses fossiles, gaz et pétrole, qui lui permettent de négocier en position de force avec les Européens, et ce encore plus par les temps qui courent. Son surarmement lui permet de mener la vie dure à l’Arménie, toutefois, il ne lui serait pas d’un grand secours face à l’Iran et encore moins face à la Russie. On notera au passage que le besoin de décrocher des marchés avec Bakou, explique pour partie la tiédeur du médiateur français dans les négociations de paix du Karabakh. On est bien loin de l’américain Matthew Bryza qui défendait bec et ongle la position azerbaidjanaise.

 

La Turquie n’a pas grand-chose à vendre aux Occidentaux sinon sa position géographique et le fait qu’elle soit membre de l’OTAN, ce dont elle en profite grandement. C’est amplement suffisant pour les besoins géostratégiques de Washington qui a toutefois imposé des sanctions à Ankara pour l’achat de systèmes de missiles S-400 russes. Afin d'enfoncer le clou, Erdoğan envisage très sérieusement l'achat de nouveaux missiles S-400, en vue de créer un second régiment. De retour des États-Unis en septembre dernier, il a déclaré : "La Turquie n'a pas l'intention de revenir sur sa décision concernant l'achat et l'utilisation des systèmes de missiles antiaériens russes S-400 malgré les sanctions imposées par les États-Unis."

 

A l’instar des grandes puissances, le sultan s’est senti pousser des ailes. En raison de restrictions sur la taille de la délégation turque et le nombre de véhicules, il a renoncé à participer à la COP26, et de déclaré : « Nous avions des normes quant au protocole de sécurité. Cependant, nous avons été informés au dernier moment que celles-ci ne pouvaient pas être satisfaites ».

 

Depuis le coup d’État manqué de Juillet 2016, Recep Tayyip Erdoğan est passé du statut de ‘président nationaliste-négationniste’ à celui de ‘sultan tentaculaire’ ayant droit de vie et de mort sur tous ses sujets et plus particulièrement sur les opposants du parti pro-kurde HDP, sur les intellectuels critiques, sans oublier les minorités, même silencieuses. Sa stratégie à 360° lui permet :

-      - de revendiquer certaines ’îles grecques ;

-      - d’aller forer en Mer Noire pour découvrir des gisements gaziers ;

-     - de sécuriser physiquement les conduits énergétiques venant de Bakou (oléoduc et gazoduc) se trouvant au Sud de la Géorgie ;

-     - de reprendre l’offensive au Kurdistan irakien contre le PKK, toujours présent dans la région ;

-     -  d’occuper une partie de la Syrie (opérations « Bouclier de l’Euphrate » [2016] ; « Rameau d’Olivier » [2018] et bientôt  « Source de Paix » contre les milices kurdes syriennes [YPG], accusées par Ankara d’être alliées avec le PKK - considéré comme étant une organisation terroriste par l’Occident à la demande d’Ankara ;

-      - d’occuper militairement le Nord de Chypre depuis 1974 avec 30.000 hommes ;

-     -  de revendiquer des droits sur la méditerranée orientale ;

-      - d’aider Fayez el-Sarraj en Libye ;

-  - et dernière lubie en date, forcer l’Arménie à ouvrir un corridor pour relier le Nakhitchevan au reste de l’Azerbaïdjan.

 

Que fait l’Union européenne ? Les négociations d’adhésion étant toujours ouvertes, elle lui octroie des fonds en vue d’une adhésion plus qu’hypothétique. Elle lui verse une somme rondelette pour les émigrés. En attendant la prochaine entourloupe d’Erdoğan, elle continue d’avaler des couleuvres et tend l’autre joue. Sans doute une réminiscence de ses origines chrétiennes.

 

 

 

 

 

 

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Traductions – revue de presse

 

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Arménie

 


"Le commandant des troupes frontalières du Service de sécurité nationale a précisé qu'aucun changement dans les positions détenues par l'armée arménienne n'avait été apporté près du mont Pela - une zone de la province de Syunik près de la frontière azerbaïdjanaise.

 

Nos gardes-frontières occupent les mêmes postes depuis

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Russie

 


Selon le président Vladimir Poutine, le président Ilham Aliev et le Premier ministre Nigol Pachinian ont fait preuve de « sagesse politique » lorsqu'ils ont décidé d'arrêter l'effusion de sang au Karabakh.

 

"Malgré toute la tragédie des événements, ils ont réussi à s'élever au-dessus de la conjoncture politique momentanée et à 

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Turquie/Azerbaïdjan

 


Le président Recep Tayyipp Erdoğan a ciblé vendredi 22 octobre les Arméniens et accusé les médias internationaux d'être partisans de l'Arménie.

 

Erdoğan a envoyé un message vidéo au "Forum des médias du Conseil turc" qui se tenait à Istanbul. Il a déclaré que les organisations médiatiques internationales agissent comme "l'agence de presse officielle de l'Arménie". Il a cité

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, de Azernews, et de Hurriyet

 

 

 

 

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