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lundi 3 août 2015

Turquie – Azerbaïdjan : Le maître et l’élève



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Provoquer sans se faire prendre. Pour cela, il faut certaine dose d’audace, une longue habitude de la diplomatie et surtout ne pas hésiter à se salir les mains.

L’avenir du parti majoritaire, au pouvoir en Turquie depuis treize ans, s’est brusquement assombri le soir du 7 juin 2015 quand l’AKP a perdu la majorité absolue au parlement et par la même occasion les rêves super-présidentiels d’Erdoğan. Et à qui  la faute? Aux quatre-vingts députés du HDP. Un parti qui jusqu’à là n’avait aucun élu à la Grande Assemblée nationale, mais l’insupportable vient du fait que c'est un parti pro-kurde qui se veut démocratique, de gauche, proche du peuple, et suprême injure [à l’identité turque] : il défend les minorités.

Comment reprendre le contrôle du pays ?

mercredi 29 juillet 2015

Attentat de Suruç : Des éléments pour le moins troublants




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Quelques éléments factuels :
-      L’attentat de Suruç qui a fait 32 morts et une centaine de blessés a été attribué par la Turquie aux Djihadistes du Daech.
-      Les victimes sont de jeunes universitaires. Nombre d’entre eux étaient affiliés au parti pro-kurde HDP. D’autres étaient de jeunes socialistes sensibles à des causes plus activistes, souvent réprimés par les autorités turques, et considérés par le gouvernement comme des organisations terroristes.
-      Suruç est située à une cinquantaine de kilomètres au Sud-ouest d’Urfa et à une dizaine de kilomètres de la frontière syrienne, proche de Kobané. Elle est majoritairement peuplée de Kurdes.
-      Officiellement Ankara fait partie de la coalition mais n’a jamais mis ses aéroports à la disposition de la coalition, pas plus qu’une quelconque participation aux actions militaires.
-      Ankara a toujours considéré le PKK comme une organisation terroriste, comme d’ailleurs les Etats-Unis, malgré le fait qu’un début de dialogue constructif ait été amorcé entre Erdoğan et Ocalan.
-      Ankara a donné des signes d’ouvertures envers sa minorité kurde tout en les surveillant de près, histoire de faire plaisir aux Occidentaux et plus particulièrement à l’UE en vue de son adhésion, mais surtout pas question d’une quelconque autonomie.
-      Enfin Ankara craint par dessus tout

samedi 25 juillet 2015

Conflit du Karabakh (suite)



 

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Alors que les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, selon leur bonne habitude, caressent tout le monde dans le sens du poil, les mettant dans un même paquet, les violations ont redoublé sur la ligne de front ces derniers jours. Ce qui confirme bien que dès les coprésidents se réunissent ou se déplacent dans la région, les violences augmentent.

Quant à savoir qui est le fautif, il suffit d’écouter les discours de chacun et on voit tout de suite qui est content du travail des coprésidents et qui veut en découdre absolument et récupérer ses terres.

Dans ce contexte, il est intéressant de décortiquer le dernier discours du N°1 azerbaidjanais : İlham Heydər oğlu Əliyev. (Cf. § Azerbaïdjan). Cela nous éclaire sur les états d’âme actuels des dirigeants azéris et sur leur profond désir de négocier pacifiquement.

lundi 20 juillet 2015

Conflit du Karabakh



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Qui a raison, qui a tort ?

Est-ce l’Arménie, par Artsakh interposé, qui désire «agrandir» son territoire actuel ? Ou est-ce l’Azerbaïdjan qui désire récupérer coûte que coûte ce qu’il considère comme sien, à savoir la superficie de l’ex-RSS d’Azerbaïdjan plus une grande partie de la République d’Arménie ?

Certes, suite à la guerre, le Haut-Karabakh (4800 km²) a été amputé de Chahoumian, de Guedachen, de Mardounachen, d’Ardsvachen ainsi qu’une partie de Mardakert et de Mardouni ; représentant 750 km² soit 17% du territoire du Haut-Karabakh. A l’inverse, la zone tampon - ceinture de sécurité, entourant le Haut-Karabakh totalise 8810 km².

Aussi lorsque l’Azerbaïdjan affirme que l’Arménie occupe 20% de son territoire, c’est inexact car il faut prendre en compte uniquement les sept districts soit 8,15% du territoire azerbaidjanais, c'est-à-dire la partie susceptible de retourner sous administration azérie.

jeudi 16 juillet 2015

Groupe de Minsk de l’OSCE


 

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Les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE ont repris les discussions sur le conflit du Karabakh avant de se rendre dans la région. Suite à l’interview donnée par le coprésident américain James Warlick, il ressort deux éléments primordiaux :

1-  Les territoires «occupés» doivent être retournés à l’Azerbaïdjan.
2-  La sécurité du Haut-Karabakh doit être assurée par une force de maintien de la paix.

Si sur le premier point tout le monde est quasiment d’accord, encore faut-il s’entendre sur ce qui doit être restitué ; car il y a au total sept districts «occupés», le Haut-Karabakh n’étant pas un district occupé. Deux districts posent réellement problème : Kelbadjar–Chaoumian (1936 km2) et Lachine–Katchatakh (1835 km2) car ce sont des territoires mitoyens entre l’Arménie et le Haut-Karabakh. C’est à travers ces deux districts que le Haut-Karabakh est relié à l’Arménie. Les restituer signifierait sacrifier la population de l’Artsakh. Quant aux deux couloirs proposés dans le cadre des principes de base, un au Nord et un au Sud cogérés de surcroit par Bakou, cela revient à suspendre une épée de Damoclès au dessus de la tête des Artsakhtzis.

vendredi 3 juillet 2015

Bakou : Les jeux sont faits, rien ne va plus


 

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Au final, le tirage a donné :
Noirs comme les desseins d’Aliev,
Impairs comme ceux commis envers les défenseurs des libertés et des droits de l’homme,
et Manque comme l’absence de chefs d’Etat européens à l’ouverture des jeux.

Le Casino dictatorial d’Aliev n’a pas fait le plein et a clôturé les jeux avec des pertes sèches au regard des bénéfices attendus auprès des organisations européennes. Ce qui n’a pas empêché les croupiers du premier cercle, c'est-à-dire les proches d’Aliev, de s’en remettre plein les poches. Les sommes dépensées représentent tout de même deux mois de production pétrolière. Les pays producteurs du Golf dépensent eux aussi pour les jeux footballistiques de 2022, mais à la différence de l’Azerbaïdjan le citoyen qatari ou saoudien a toujours profité de la manne pétrolière.

lundi 29 juin 2015

Azerbaïdjan : Après la diplomatie du caviar, la diplomatie des jeux.



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Tout comme pour la reconnaissance du génocide des Arméniens qui a vu nombre de gouvernements, et/ou de parlements, se ranger à la qualification des historiens et des universitaires, le conflit du Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui dure maintenant depuis plus de vingt-sept ans, laisse présager que la résolution ne pourra se réaliser que si la partie azerbaidjanaise admet que le Haut-Karabakh ne reviendra jamais sous sa juridiction pas plus d’ailleurs que sous une double administration arméno-azérie. Quant au droit à l’autodétermination des peuples, c’est chose faite depuis septembre 1991.

L’Arménie a toujours indiqué dans ses communiqués et dans ses prises de parole qu’il y a le Haut-Karabakh proprement dit et les districts environnants, également appelés zone tampon ou ceinture de sécurité. La question est de savoir si le potentat désire ou pas un compromis, en d’autres termes, s’il est prêt à perdre quelques km² de territoire pour garder des districts. Hélas, au vu de ses propos, il n’est pas dans ses intentions de lâcher un pouce de terrain hérité du découpage bolchevik.

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