mardi 22 novembre 2022

Arménie – Azerbaïdjan : Un dialogue de sourds

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Rien de nouveau dans les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Le président Ilham Aliev ne démord pas, la paix doit se faire à ses conditions et pas question de céder sur quoi que ce soit.

 

En cartographie, ce sont les siennes qui font force de loi. Celles présentées par l’Arménie, reposant sur les deux républiques démocratiques – arménienne et azerbaïdjanaise de 1918-1920, ne conviennent au dictateur. Il préfère, et de loin, la carte redessinée par les bolcheviks au début des années vingt, d’autant que la RSS d’Azerbaïdjan héritait non seulement du Nakhitchevan mais également du Haut-Karabakh.

 

Partant de ce principe, il s’est permis de conquérir manu-militari 145 km² du territoire souverain de l’Arménie, faisant des dizaines de morts civils et militaires côté arménien, et d’y installer des fortifications militaires. Ce qui ne l’empêche pas de discuter de la délimitation/démarcation de la frontière Arménie-Azerbaïdjan en toute tranquillité, comme si de rien n’était.

 

Il met aussi en avant qu’il y ait des militaires arméniens au Haut-Karabakh, confondant allègrement les militaires de l’Arménie, qui étaient présents jusqu’au mois d’août 2022 et retirés depuis, et les forces d’autodéfense des Arméniens du Haut-Karabakh, organisées par et sous l’autorité du gouvernement de la république autoproclamée d’Artsakh. Forces d’autodéfense qui permettent de sécuriser la population du Haut-Karabakh, vu que ce ne sont pas les 2.000 soldats de la paix russes qui pourront arrêter à eux seuls une agression de grande envergure du potentat azéri.

 

Reste le point le plus important pour le va-t-en-guerre. Rejoindre par voie terrestre son grand frère turc en traversant le Syunik (sud de l’Arménie). Le Nakhitchevan est relié à la Turquie par une petite langue de terre. Problème, l’Arménie n’est pas disposée à lui céder un ‘corridor’ comme celui de ‘Latchine’ qui permet de relier l’Arménie au Haut-Karabakh.

 

L’accord trilatéral de cessez-le-feu, signé à Moscou le 9 novembre 2020, prévoit effectivement une liaison routière, et non un corridor sécurisé, pour relier l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan. Une liaison appartenant à l’Arménie et gérée par elle conformément aux lois internationales de traversée d’un pays tiers.

 

Pour atteindre son but le plus rapidement possible, il pousse l’Arménie à signer un traité de paix d'ici à la fin de cette année. Traité qu’il a proposé au lendemain de sa guerre victorieuse de 44 jours Question : Comment signer un tel traité alors que les frontières n’ont pas été clairement délimitées et encore moins démarquées ? Comment signer un tel traité alors que le devenir de la population arménienne n’a pas été clarifié ?

 

Quelqu’un qui veut faire la paix avec son voisin ne le harcèle pas nuit et jour par des tirs d’armes à feu ;

Quelqu’un qui veut faire la paix avec son voisin ne détruit pas son patrimoine culturel et religieux ;

Quelqu’un qui veut faire la paix avec son voisin ne le dénigre pas systématiquement devant la communauté internationale ;

Quelqu’un qui veut faire la paix avec son voisin n’enseigne pas à sa jeunesse la haine de ce voisin ;

Et enfin, quelqu’un qui veut faire la paix avec son voisin commence par respecter sa parole et les engagements qu’il a pris lors de réunions officielles devant et avec des tiers.

 

On comprend la forte hésitation du premier ministre Nigol Pachinian pour signer la paix, d’autant que le comportement d’Ilham Aliev, en paroles et surtout en actes, ne laisse présager rien de bon ; ni pour l’Arménie, ni pour le Haut-Karabakh.

 

Il n’est pas nécessaire de remonter très loin. La semaine dernière, les propos tenus par le dictateur devant la délégation, composée de responsables de l'Union européenne et d'un certain nombre d'États membres du Partenariat oriental, sont significatifs. Encore faut-il séparer le bon grain de l’ivraie de ses paroles patelines.

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie

 

Francophonie


Le Premier ministre, Nigol Pachinian, a eu une rencontre avec le président Emmanuel Macron en marge du 18e Sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie, qui s'est tenu à Djerba, en Tunisie.

 

Les interlocuteurs ont hautement apprécié la présidence arménienne de l'Organisation internationale de la francophonie et ont évoqué les discussions qui se déroulent dans le cadre du sommet tenu à Tunis. Des questions liées aux priorités et aux 

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Artsakh

 



Le ministre d'État de l'Artsakh, Ruben Vartanian, a salué les propos du président Ilham Aliev :

 

« Je salue la mise en place d'un nouveau format de négociations directes par médiation internationale. La France, dont le Sénat a récemment adopté une résolution contenant une clause sur la reconnaissance du Haut-Karabakh, doit être parmi les médiateurs internationaux, aux côtés de la Russie et des États-Unis », rappelant que 

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France

 


Mardi 15 novembre 2022, présentée par Bruno Retailleau (président du groupe LR) et plusieurs de ses collègues, le Sénat a adopté la proposition de résolution en application de l'article 34-1 de la Constitution, visant à appliquer des sanctions à l'encontre de l'Azerbaïdjan et exiger son retrait immédiat du territoire arménien, à faire respecter l'accord de cessez-le-feu du 9 novembre 2020, et favoriser toute initiative visant à établir une paix durable entre les deux pays.

 

La résolution a été adoptée à la quasi-unanimité des votants par 295 voix pour et 1 contre (Nathalie Goulet).

 

(…)

 


Brice Rocquefeuil
, envoyé spécial pour le Caucase du Sud, ambassadeur pour le Partenariat oriental, coprésident du groupe de Minsk de l’OSCE, et représentant du ministère français des Affaires étrangères, a commenté la résolution adoptée par le Sénat français concernant l'Azerbaïdjan, déclarant :

 

«  La résolution adoptée par le Sénat français sur l'Azerbaïdjan n'est pas la position du gouvernement français. »


 

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Union européenne

 


La défenseuse arménienne des droits de l'homme Christine Krikorian, lors d'une récente visite à Bruxelles, a rencontré le représentant spécial de l'UE pour les droits de l'homme Eamon Gilmore, le directeur général adjoint pour l'Europe et l'Asie centrale du Service européen pour l'action extérieure Luc Devigne, et le chef de l'Unité Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie et Partenariat oriental de la Direction générale du voisinage et des négociations d'élargissement de la Commission européenne David Cullen.

 

Au cours des réunions, Christine Krikorian a mis l’accent sur la politique continue d'arménophobie des hauts fonctionnaires azerbaïdjanais, sur les

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Turquie-Azerbaïdjan

 


Le 12 novembre, le président Emmanuel Macron a téléphoné au président Ilham Aliev.

 

Le président français a informé qu'il rencontrera le Premier ministre arménien Nigol Pachinian en marge du 18e sommet de l'Organisation de la francophonie qui se tiendra le 19 novembre, et a réitéré l'intention de la France de contribuer au processus de normalisation des  

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

vendredi 11 novembre 2022

Arménie – Azerbaïdjan : Et ça continue.

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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A quoi sert-il de se rencontrer officiellement sous l’égide d’un tiers, que ce soit la Russie ou l’Union européenne, si derrière on ne respecte pas les décisions prises ? Cela sert à donner l’impression à la communauté international que l’on est le chef d’un pays civilisé, responsable de ses propos et de ses actes.

 

C’est dans cet esprit que le dirigeant azerbaidjanais, Ilham Aliev, digne successeur de son père Heydar à la tête du pays, se rend dans les rencontres tripartites. Il est prêt à signer tout ce que l’on veut, du moment que cela sert exclusivement ses objectifs, et qu’il peut agir à sa guise avec les Arméniens, qu’ils habitent en Arménie ou en Artsakh. Négocier, signifie pour lui imposer sa solution et surtout ne rien lâcher.

 


Conformément à cette sale habitude, à la dernière réunion trilatérale - Arménie, Azerbaïdjan et Russie, du 31 octobre à Moscou, il a habilement appliqué cette méthode, devant un Pachinian incapable de faire valoir ses idées, et un Poutine dont l’esprit est occupé ailleurs. Le sud-Caucase est devenu le dernier de ses soucis depuis ses rencontres avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan.

 

Ainsi, alors qu’il a été stipulé clairement dans la déclaration commune du 31 octobre « Nous avons convenu de nous abstenir d'utiliser ou de menacer d'utiliser la force, de discuter et de résoudre toutes les questions problématiques uniquement sur la base de la reconnaissance mutuelle de … () », le 4 novembre à 19h40, des unités des forces armées azerbaïdjanaises ont ouvert le feu avec des armes de différents calibres sur les positions arméniennes situées dans la partie orientale de la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Puis, de nouveau dans la nuit du 6 au 7 novembre, ainsi qu’aux petits matins des 9 et 11 novembre. Fort heureusement sans faire de victimes dans les quatre cas.

 


Profitant de l’inaction de Poutine dans la région, le dictateur se délecte en menaçant directement l’Arménie d’une nouvelle guerre. Son dernier discours à Chouchi pour fêter la victoire de novembre 2020 (Cf. Turquie-Azerbaïdjan) en est la triste preuve.

 

Quasiment tout le monde s’en fiche, mettant en avant les rencontres entre Erevan et Bakou, et la signature prochaine (???) d’un traité de paix entre les deux pays. Les nombreux contentieux et le comportement sur le terrain du potentat azéri, ne semblent pas émouvoir outre-mesure l’exécutif de l’Union européenne, exécutif qui ne tient pas compte des rapports émis par le parlement européen sur la Turquie et son acolyte, l’Azerbaïdjan.

 

Le département d’Etat des Etats-Unis n’est pas en reste, seul compte pour lui les bonnes relations avec la Turquie et l’utilisation de sa position géostratégique contre la Russie notamment. Les vagues ne conviennent pas à sa politique régionale.

 

Seule la France se démarque parmi les Occidentaux. Le président Macron est sorti de sa sacro-sainte neutralité, se rappelant qu’il est coprésident du group de l’OSCE, il a pris position en dénonçant les exactions commises par l’Azerbaïdjan, s’attirant par là les foudres de Bakou.

 

Pourtant Ilham Aliev est coutumier des dérapages, pour ne pas dire des agressions, depuis qu’il a pris la relève de son père. Il agissait pareillement lorsque les observateurs du bureau de l’OSCE, sous la direction de l’ambassadeur Andrzej Kasprzyk, se rendaient dans les zones frontalières. Il les envoyait sur des sites anodins, ou reportait l’observation pour des motifs fallacieux, mais jamais on voyait la Mission visiter les premières lignes - là où il préparait ses attaques, au motif que les Arméniens allaient leur tirer dessus.

 

Comme par exemple : - Le refus de voir l’UNESCO visiter le site de Djoulfa au Nakhitchevan après destruction des milliers pierres-croix du cimetière médiéval arménien ; - Le refus de voir l’UNESCO visiter les églises et les monastères arméniens du Haut-Karabakh suite à la guerre des 44 jours ; - Plus récemment, le refus de voir la mission de l’UE visiter la frontière arméno-azérie côté azerbaidjanais ; - Le refus de rendre les prisonniers de guerre, civiles et militaires, croupissant dans ses geôles et minimiser leur nombre.

 

En clair, jusqu’à présent il n’a jamais accepté que des étrangers viennent fouiner dans ses affaires ; Turcs mis à part, cela va de soi.

 

Quant à la Turquie, s’étant assurée la neutralité bienveillante du maître du Kremlin, elle ne désire qu’une chose : se rendre en Azerbaïdjan à travers le Syunik, en suivant le fleuve Araxe. Pour ce faire, Erdoğan tire les ficelles de son pantin Aliev. Ils s’entendent comme larrons en foire pour mener en bateau Pachinian, lui faisant miroiter une normalisation des relations entre les deux pays, pour l’un, et pour l’autre, un traité de paix lui faisant miroiter une frontière objectivement délimitée/démarquée avec une intégrité territoriale reconnue par les intéressés.

 

D’un côté on a un nationaliste-négationniste patenté, et de l’autre un dictateur sanguinaire haïssant les Arméniens au plus profond de son être. C’est tellement cousu de fils blancs, qu’il faut s’appeler Nigol Pachinian pour croire en leur parole.

 

Le seul perdant sera le peuple arménien, sans compter ses territoires millénaires.

 

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Etats-Unis

 


Le 7 novembre à Washington, le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan a rencontré Erika Olson, sous-secrétaire d'État adjointe, et Philip Reeker, coprésident américain du groupe de Minsk de l'OSCE et conseiller principal pour les négociations avec le Caucase.

 

Elle a été suivie d'une rencontre entre la sous-secrétaire d'État adjointe et les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères.

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Arménie

 

Lors d'une session extraordinaire de l’organisation du Conseil de sécurité collective (OTSC) présidée par le Premier ministre arménien Nigol Pachinian le 28 octobre, Loukachenko a déclaré que la situation empirerait si Pachinian ne prenait pas de décision aujourd'hui. Il a soutenu que l'Arménie "connaît" la position de la Biélorussie et de l'OTSC - dont les deux sont membres - faisant allusion à l'amitié entre les membres du bloc et l'Azerbaïdjan.


Le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Vahan Hunanian, a déclaré mercredi 2 novembre : "Nous ne jugeons pas approprié de commenter les déclarations chaotiques du président de la Biélorussie, détachées de la logique des négociations et nullement de nature alliée, remettant en cause 

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Union européenne

 


La troisième session de la Commission de délimitation et de sécurité des frontières d'État et de la Commission de délimitation des frontières d'État entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan présidée par le Vice-Premier Ministre de l'Arménie Mher Krikorian et le Vice-Premier Ministre de l'Azerbaïdjan Shahin Mustafayev s'est tenue jeudi à Bruxelles.

 

Avant la réunion, le secrétaire général du Service européen pour l'action extérieure, Stefano Sannino, a souhaité la bienvenue aux délégations de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, aux commissions, un travail fructueux et a confirmé  

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OTAN

 


« C'est une bonne nouvelle de voir nos partenaires discuter de la délimitation des frontières, indispensable pour renforcer la sécurité sur le terrain. L'OTAN soutient la normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et salue les efforts de l'UE à cette fin, notamment l'accueil de ces pourparlers et le lancement récent de la mission d'observation de l'UE,"
a tweeté le représentant spécial de l'OTAN pour le Caucase et l'Asie centrale, 

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Espagne

 


Le parlement espagnol a rejeté jeudi 3 novembre un accord signé avec l'Azerbaïdjan.

 

Le Parti populaire, Vox et les législateurs indépendantistes ont voté pour rejeter l'accord diplomatique signé à Madrid le 14 décembre 2021 pour l'échange et la protection mutuelle des informations classifiées, tandis qu’United We Can s'est abstenu.

 

Le député Jon Iñarritu a qualifié l'accord de "non-sens", surtout lorsque l'Azerbaïdjan est "un régime agresseur" en conflit avec l'Arménie au sujet de la région du Haut-Karabakh. Iñárritu, qui a qualifié le pays de "régime corrompu", d'"oppresseur" et de "tyrannie agressive", a également souligné que le nombre de « prisonniers politiques" a notablement augmenté.

 

Marta Rosique, une autre députée, a critiqué le gouvernement espagnol pour être resté "silencieux face à l'agression" contre l'Arménie et le Haut-Karabakh et l'a critiqué pour ne pas avoir reconnu "quelque chose d'aussi barbare que le génocide arménien".

 

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Russie

 


« La déclaration adoptée à l'issue de la réunion trilatérale de Sotchi a souligné l'intention des parties, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, de résoudre exclusivement par des moyens politico-diplomatiques et pacifiques. Par conséquent, nous continuons d'appeler les deux parties à s'abstenir d'actions et de mesures dangereuses qui pourraient conduire à une escalade de la tension sur la ligne de contact »,
a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, aux journalistes, commentant les informations sur de nouvelles fusillades à la frontière, quelques jours avant.

 

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


"Nous voulons la paix, nous ne voulons pas la guerre, la paix, mais une paix juste. Les termes que nous proposons sont justes, sont basés sur le droit international, et le traité de paix devrait être signé sur la base de ces termes. Si l'Arménie fait preuve de bonne volonté, elle sera signée, sinon, elle ne sera pas signée. Le temps nous dira ce qui se passera ensuite ",
a déclaré le président Ilham Aliyev lors de l'événement organisé à l'occasion du jour de la victoire à Chouchi le 8 novembre. Et de poursuivre.

 

"Les événements du 13-14 septembre ne se sont pas passés comme ça. Bien sûr, l'Arménie a commis une autre provocation militaire contre nous. Mais notre réponse a également été très efficace. Notre réponse aurait pu être un peu moins dure si

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA

 

jeudi 3 novembre 2022

Arménie-Azerbaïdjan : Rien de changé

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Ce n’est pas parce que le Premier ministre arménien a rencontré une énième fois le président azerbaïdjanais, en l’occurrence la quatrième, sous l’égide du camarade Poutine, que l’on entraperçoit la fin du conflit du Haut-Karabakh. « Bis repetita non placent ». L’aphorisme créé par Horace séduit de moins en moins, voire commence à lasser certains. Un coup d’épée dans l’eau pour le second anniversaire de la guerre de 44 jours.

 

Tout le monde se souvient du nombre élevé de rencontres entre les dirigeants arméniens et azéris sous l’égide du groupe de Minsk de l’OSCE - du 2 avril 1999 au 29 mars 2019, et de leur blabla générique à la fin des rencontres. On a vu le résultat. Celles de Moscou commencent à prendre le même chemin. Les derniers propos de Ponce Pilate, pardon de Poutine au Club de discussion international Valdaï étaient très clairs. Ce qui en bon français signifie : «démerdenzizich».

 

A la lecture de la déclaration finale de la rencontre Poutine-Aliev-Pachinian du 31 octobre à Sotchi, on reste sur sa faim. Certes on ne s’attendait pas à un début de commencement de résolution du conflit, mais qu’au moins le dirigeant arménien ne reparte pas les mains vides.

 

C’est le potentat qui a remporté la mise. Non qu’il soit sorti victorieux de l’entrevue, mais surtout il n’a absolument rien cédé à Pachinian, en maintenant la situation actuelle. Il s’est même permis de se payer la tête des participants en s’engageant de s’abstenir d'utiliser ou de menacer d'utiliser la force.

 

Dans la déclaration finale, rien sur les demandes de l’Arménie, que ce soit sur les 127 km² de territoire aux mains de Bakou ou sur les dizaines de prisonniers de guerre arméniens croupissant dans les geôles azéris. Quant au devenir du Haut-Karabakh et de ses habitants, c’est une histoire réglée pour le dictateur azerbaïdjanais. Ce dernier peut rentrer chez lui un sourire narquois aux lèvres, il n’a rien lâché face à un Poutine tout occupé qu’il est par le problème ukrainien et ses conséquences.

 

Ce sont toujours les deux mêmes principes qui s’opposent depuis le début du conflit : Intégrité territoriale/inviolabilité des frontières vs Égalité des droits des peuples/droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Dans une démocratie il peut y avoir une discussion sur le sujet, débouchant sur un référendum d’autodétermination ; dans une autocratie, le sujet est tabou.

 

Pour le dictateur azéri, Staline a donné à l’Azerbaïdjan le Haut-Karabakh et le Nakhitchevan, mais comme il était vicieux, il a laissé le Syunik (le Zanguézour) aux Arméniens. Le potentat maintient qu’il n’est pas possible de revenir sur la décision des Bolcheviks. Pour ce faire, il a fait sienne le proverbe de Molière : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

 

Partant de ce constat, la force étant de son côté et sachant pertinemment qu’aucun Occidental ne viendra défendre l’Arménie autrement que par quelques sanctions, et encore, il peut continuer ses méfaits.

 

Est-ce que pour autant la messe est dite ?

 

Ilham Aliev est persuadé qu’à la fin des cinq ans (2020-2025), il récupérera la totalité du Karabakh conformément au point 4 de la déclaration de cessez-le-feu du 9 novembre 2020 à Moscou.

 

Rien n’est moins sûr. Ainsi à Sotchi, lorsque les journalistes ont demandé à Poutine, quid de la présence des forces de la paix russes au Haut-Karabakh ? Il a répondu :

 

« La décision de prolonger le mandat des casques bleus russes dépend également d'autres questions comme la conclusion éventuelle d'un traité de paix et la délimitation/démarcation de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Si ces problèmes sont résolus, alors la question des soldats de la paix pourra se poser. Dit autrement, le sort de notre contingent de maintien de la paix est lié à la résolution ou non, dans une certaine mesure, de ces questions. »

 

On n’y est pas encore. Ce que pense réellement le maître du Kremlin, ou plus exactement ce qu’il fera au sud-Caucase, lui seul le sait.

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA.


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Rencontres bi et trilatérale 

 


Le Premier ministre arménien Nigol Pachinian, le président russe Vladimir Poutine et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont rencontrés à Sotchi le 31 octobre pour discuter de la mise en œuvre des déclarations tripartites du 9 novembre 2020, du 11 janvier et du 26 novembre 2021. Avant la réunion proprement dite, le président Poutine a rencontré individuellement chacune des parties.

 

Russie-Arménie

 

« Le conflit au Haut-Karabakh dure depuis de nombreuses années et doit prendre fin. Ce conflit dure depuis des décennies, nous devons donc  

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Arménie

 


« Début septembre, l'Arménie a accepté de travailler sur la base des principes et paramètres de base pour l'établissement de relations interétatiques entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan présentés par la Fédération de Russie, » a déclaré le Premier ministre arménien Nigol Pachinian dans un message sur Twitter.

 

Il a indiqué que l'Arménie était prête à le confirmer à la rencontre de Sotchi, le 31 octobre. "Nous espérons que

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Union européenne

 


« L'Union européenne (UE) est activement engagée à tous les niveaux du processus de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Les activités du président du Conseil européen, Charles Michel, qui a tenu quatre réunions à Bruxelles entre les dirigeants arménien et azerbaïdjanais, ainsi que ses efforts personnels à cet égard, témoignent de cet engagement de l'UE, »
a déclaré 

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Russie

 


Lors de la réunion plénière du Club de discussion international Valdaï, le président Vladimir Poutine est intervenu sur nombre de sujets, dont l’Arménie et le conflit du Karabakh.

 

« Récemment, les discussions sur la préparation d'un accord entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont intensifiées. Et ces discussions portent surtout sur le fait qu'il y a deux projets concurrents : pour ainsi dire, russe et occidental. La situation est assez risquée, et en général, il y a des risques dans la région, la situation n'est pas 

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États-Unis

 


« Le secrétaire a souligné que les États-Unis sont attachés aux négociations de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et nous avons encouragé les deux dirigeants à se rencontrer dans le format qui leur est le plus utile. Notre point de vue est que le dialogue direct est essentiel pour résoudre ces problèmes et parvenir à une paix durable.

 

Il n'y a pas de plus grand partisan que les États-Unis pour la souveraineté et l'indépendance des trois pays du Caucase du Sud, et la restauration de l'indépendance de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie en 1991, lorsque l'Union soviétique a été un événement fondateur qui a garanti chacun de ces pays le droit de poursuivre leurs propres intérêts de politique étrangère et leur souveraineté », a déclaré le principal porte-parole adjoint du département d'État américain, Vedant Patel, lors d'un point de presse quotidien.

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 


Le ministère des Affaires étrangères (MAE) d'Azerbaïdjan a publié une autre déclaration tentant de manipuler les faits.

 

"En violant la déclaration trilatérale du 10 novembre 2020, l'Arménie poursuit l'opération militaire illégale sur le territoire de l'Azerbaïdjan. Non seulement elle ne retire pas ses forces armées du territoire de l'Azerbaïdjan, mais continue également à placer un plus grand nombre de mines terrestres sur son territoire. Cela conduit à une augmentation du nombre de personnes qui explosent sur des mines terrestres - et pas seulement le long 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA.

 

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