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dimanche 19 octobre 2014

L’Union et ses conséquences




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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On ne peut pas être à la fois pour une vision européenne et une vision eurasienne de l’Arménie. En clair on ne peut pas bénéficier à la fois des facilités douanières avec l’Union européenne (UE) et des mêmes facilités avec l’Union économique eurasienne (UEE). Pour ce faire il aurait fallu que Bruxelles et Moscou soient sur la même longueur d’onde sur le plan économique avec des accords douaniers très souples. On est loin du compte quand de surcroit se mêlent les divergences politiques et militaires.

Certes l’Arménie, comme nombre de pays de la région, se trouve au confluent de l’Asie et de l’Europe. On peut essayer de bénéficier des avantages de l’une et de l’autre, mais cette politique a ses limites car il arrive un moment où il faut faire un choix. Choix qui est déterminé par les priorités du pays.

Pour l’Arménie, sa sécurité passe avant tout. Car ce n’est certainement pas les Occidentaux qui viendront l’aider si l’Azerbaïdjan se lance dans une nouvelle guerre avec sa voisine. Sur le plan économique c’est encore la Russie qui est son premier partenaire tant sur les exportations que sur les importations. Les subventions de l’UE pour la bonne gouvernance et la mise en œuvre des valeurs démocratiques ne font pas le poids face aux deux points précédents : sécurité et économie.

La Géorgie a réglé ces problèmes suite à la guerre-éclair d’aout 2008 avec Moscou pour ce qui est de sa sécurité future et avec une aide pécuniaire intéressée de ses voisins turcs et azéris pour ce qui est de son économie. D’où la possibilité pour Tbilissi de signer l’accord d’association pour la création d’une zone de libre échange avec l’UE.

vendredi 10 octobre 2014

Le ‘loupé’ révélateur de la présidente de l’APCE


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe veuille faire le point sur les incidents de cet été à la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et l’’Azerbaïdjan, logique vu que l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont tous deux membres de l’organisation. Mais là où le bât blesse c’est lorsque sa présidente déclare : «l’Assemblée est favorable à l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan» et demande qu’un rapport soit établi sur ​​la croissance de la violence dans "le Haut-Karabakh et les autres territoires occupés de l'Azerbaïdjan».

Par ces quelques mots, elle prend explicitement fait et cause pour l’Azerbaïdjan en parlant ‘d’intégrité territoriale’ et de ‘territoires occupés’ faisant fi des deux autres principes : droit à l’autodétermination des peuples  et non-usage de la force ou de sa menace. C’est pour le moins étrange quand elle déclare de surcroit «ne pas s’immiscer dans les activités du groupe de Minsk de l’OSCE !». Ce faisant elle calque sa démarche sur celle de l’OTAN.

Je n’irai pas jusqu’à prétendre que Mme Anne Brasseur est la digne successeur du dénommé Mevlüt Çavuşoğlu, l’actuel ministre des Affaires étrangères de la Turquie, qui durant son mandat de président de l’APCE de 2010 à 2012 a tout fait pour dénigrer l’Arménie en créant notamment une sous-commission chargée du conflit du Haut-Karabakh en parallèle de celui du groupe de Minsk de l’OSCE.

Mme Brasseur est avant tout un politique qui met en avant les valeurs de l’UE. Ce qui explique sa position 1- sur les droits de l’homme et la primauté du droit ; 2- sur le droit à l’autodétermination des peuples.

samedi 4 octobre 2014

Relations Arménie-Azerbaïdjan (suite)


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Il y a ce que l’on dit et il y a ce que l’on fait. En politique, il est rare que ces deux domaines se rejoignent. Lors d’une campagne électorale tout le monde sait pertinemment que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Lors d’une allocution officielle d’un chef d’Etat ou d’un membre éminent de gouvernement face à un auditoire international, on s’attend pour le moins que les propos reflètent un minimum de réalité et surtout de véracité.

Que ce soit le potentat azéri lui-même s’adressant en tant que président en exercice au Comité des ministres du Conseil de l’Europe(1) ou son bras droit diplomatique devant l’Assemblée Générale de l’ONU(2), on se demande comment devant un parterre de hauts responsables tant de contre vérités peuvent être étalées avec le plus grand aplomb. C’est comme si on demandait à un intégriste de parler de tolérance ou à un SDF de parler de l’IGF.

Si les Occidentaux ont bon dos avec les dictateurs, fort heureusement

samedi 27 septembre 2014

Rencontre Arménie-Azerbaïdjan


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Certes les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaidjanais se rencontrent à l’occasion de sommets ou de réunions d’organisations internationales encadrés le plus souvent par les médiateurs du groupe de Minsk de l’OSCE ; mais il n’est jamais arrivé qu’un début de commencement de solution pointe à l’horizon lors de ces rencontres.

Les positions sont tellement éloignées qu’il est quasiment impossible de trouver un terrain d’entente. Pour le président Serge Sarkissian le principe d’intégrité territoriale n’est pas en contradiction avec celui du droit à l’autodétermination. Seulement lorsqu’on exercice l’un on empiète automatiquement sur l’autre.

Il est difficile de prendre pour exemples des précédents qui se sont déroulés en Europe car chacune des revendications d’autodéterminations est un cas unique dans des contextes différents les uns des autres.

Toutefois, elles ont toutes des points communs, à savoir :

samedi 20 septembre 2014

Conflit du Karabakh (suite)



 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Pendant que l’on prépare de part et d’autre la prochaine rencontre à Paris entre les présidents Sarkissian et Aliev, le potentat azéri suivant sa bonne habitude utilise ces occasions en augmentant le nombre de violations du cessez-le-feu et autant que faire se peut abattre quelques soldats arméniens par ses snippers. Dans son esprit, cela est sensé faire peur aux Arméniens et les rendre plus conciliants et plus réceptifs à ses arguments.

Bien évidemment face à ce comportement les médiateurs se contentent de relever les dysfonctionnements et rappeler les droits et les devoirs de chacun conformément aux normes internationales. Comme l’a indiqué le coprésident James Warlick dans sa conférence de presse, les médiateurs,

mardi 16 septembre 2014

Conflit du Karabakh : La pression augmente … mais verbalement.


 
 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Pendant que la Turquie, par l’intermédiaire de ses ministres et de ses diplomates, fait barrage pour contrer les démarches de l’Arménie et de la diaspora arménienne concernant le génocide arménien, le faisant passer pour les aléas et les pertes liés à la première mondiale sous l’idée générale : «C’est le passé, regardons plutôt l’avenir», le clan Aliev dépense des millions, indirectement sur les dirigeants et plus directement sur les médias, pour accréditer ses thèses, faire passer les Arméniens pour des envahisseurs sans foi ni loi et pour des empêcheurs de tourner en rond concernant la résolution du conflit du Karabakh, résolution conformément aux vœux de Bakou bien évidemment.

La rencontre sous l’égide du président Poutine en Aout dernier et celle du secrétaire d’Etat, John Kerry il y a une semaine, avec les présidents Serge Sarkissian et Ilham Aliev, n’ont débouché sur rien sinon rappeler les positions de chacun, positions réitérées depuis des années mettant en avant deux principes antagonistes, contenus dans les accords d’Helsinki : l’intégrité territorial et le droit à l’autodétermination des peuples. Il y a fort à parier que la prochaine rencontre prévue à Paris le mois prochain sous l’égide du président Hollande

mardi 9 septembre 2014

Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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A l’approche du centenaire du génocide arménien, le mot «sözde» (‘soi-disant’ en turc) revient à la mode dans la bouche des dirigeants ottomans quand le sujet est abordé.

Croire que parce qu’Erdogan est arrivé à la fonction suprême, la politique envers l’Arménie et les Arméniens va changer, serait une erreur colossale. On vient d’assister à un spectacle de chaises musicales où le premier ministre devient président de la République, le ministre des Affaires étrangères premier ministre, et cerise sur le gâteau, Mevlüt Çavuşoğlu(1) ministre des Affaires étrangères. Selon le principe des chaises musicales, on a retiré un fauteuil et c’est l’ex-président Abdullah Gül qui s’est retrouvé sur le carreau. Avoir le trio Erdogan-Davutoğlu-Çavuşoğlu aux postes clés à la veille du centenaire du génocide arménien n’annonce rien de bon et surtout pas un quelconque geste positif envers l’Arménie.

La démarche du ministre Edouard Nalbandian invitant le président turc nouvellement élu reste strictement dans le cadre diplomatique et des bonnes manières, histoire de montrer à la communauté internationale que ce n’est pas l’Arménie qui bloque la normalisation des relations entre les deux pays, mais bien la Turquie qui s’entête à lier le conflit du Karabakh au processus de normalisation.

Reste que ce changement à la tête de l’Etat ne modifie strictement en rien la position de la Turquie sur nombre de dossier et notamment ceux concernant l’Arménie et les Arméniens, sinon le

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