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dimanche 31 juillet 2011

Les propos de Serge Sarkissian chauffent les esprits turcs

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Rien de mieux pour rapprocher des dirigeants que d'avoir un adversaire commun. Rien de mieux pour rapprocher les Turcs ottomans et les Turcs azéris que de s'en prendre aux Arméniens. Chez les uns et les autres, la sensibilité est à fleur de peau.
Il ne faut surtout pas leur parler du passé et des exactions qu'ils ont commis. Dire à la Turquie, héritière de l'empire ottoman, qu'elle s'est accaparée des biens et des terres des Arméniens après les avoir massacrés, est un crime de lèse-majesté. Dire à l'Azerbaïdjan que les Arméniens du Haut-Karabakh, après des années d'abandon, se sont défendus parce que les troupes de Bakou leur ont donné l'assaut met Monsieur Aliev hors de lui.
Lors de la conférence de presse commune à Bakou, après avoir une fois de plus déclaré que le Karabakh était azéri et le resterait, que la frontière resterait fermée, une seule question fut posée par un journaliste turc aux deux dirigeants : Que pensent-ils des propos du président arménien Serge Sarkissian parlant des terres arméniennes perdues ? Il n'en fallait pas plus pour que ces derniers montrent leur vrai visage.
Monsieur Erdogan a traité le président arménien d'irresponsable qui incite la jeunesse à aller guerroyer contre la Turquie, quant à Monsieur Aliev, il a traité son homologue d'attardé mental. Belle image de dirigeants qui se veulent puissance régionale.
La paix et la compréhension mutuelle dans le Sud-Caucase n'est pas encore pour demain.

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Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a demandé mercredi soir que le président Serge Sarkissian retire ses propos et s'excuse pour des revendications territoriales arméniennes en Turquie.
"Sarkissian a commis une grave erreur. Il a confirmé lui-même sa gaffe historique. Il doit s'excuser et corriger son erreur", a-t-il déclaré mercredi lors d'une conférence de presse conjointe avec le président Azerbaïdjanais Ilham Aliev.
Selon M. Erdogan, les propos de M. Sarkissian signifient que jeunes Arméniens doivent être prêts pour une future guerre avec la Turquie. "Ce que Serge Sarkissian a fait est une provocation, une tentative d'instiller le dépit et la haine chez les jeunes de son pays."
En début de semaine, le ministère turc des Affaires étrangères avait condamné les remarques du président arménien en termes tout aussi forts.

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Le président azéri Ilham Aliev lors de la conférence de presse a déclaré pour sa part que :
"Je suis bien informé sur sa façon de penser [de Sarkissian]. Cela démontre effectivement l'essence agressive de l'Arménie. Pour avoir des revendications territoriales envers la Turquie, cela signifie simplement qu'il manque quelque chose dans la tête de ces gens." Et d'ajouter : "l'Azerbaïdjan finira par reprendre le contrôle du Karabakh par tous les moyens, pacifiques ou militaires."
Erevan n'a pas tardé à rejeter cette demande et accuser le gouvernement turc de fausser l'essence des déclarations faites par M. Sarkissian.
Le vice-ministre arménien Chavarche Kotcharian avait réfuté les attaques d'Ankara, affirmant que les Turcs n'ont pas lu la réponse du leader arménien en totalité et "disent tout simplement ce qu'ils ont envie de dire. "L'hystérie qui agite la Turquie a un caractère ostentatoire et artificiel. Je crois que les Turcs n'ont pas lu le texte intégral, et interprètent les paroles du président hors de leur contexte. La déclaration de Serge Sarkissian est sérieuse et raisonnée. La seule raison pour laquelle la Turquie refuse de donner un sens à ces propos, c'est parce que le pays n'en a pas besoin," a-t-il déclaré, commentant les propos du Premier ministre turc.
Lors d'une rencontre le 23 Juillet avec des étudiants d'Arménie et de la diaspora dans la ville balnéaire de Tsakhgadzor, l'un des participants a demandé au président Sarkissian si les Arméniens seront un jour capable de récupérer le Mont Ararat avec les terres qui se trouvent en Turquie orientale, c'est-à-dire "Arménie occidentale" ?
"Cela dépend de vous et de votre génération. Je crois que ma génération a rempli sa tâche au début des années 90, quand il a été nécessaire de défendre une partie de notre patrie – le Karabakh, attaquée par l'ennemi, nous l'avons fait Si vous, garçons et filles de votre génération, ne ménagez aucun effort, si ceux plus âgés et plus jeunes que vous, agissent de la même façon, nous aurons l'un des meilleurs pays au monde," a répondu M. Sarkissian.
Sarkissian a souligné en même temps que la réputation internationale d'un pays est souvent "peu conditionnée par son territoire. Un pays doit être moderne, il doit être sûr et prospère, et ce sont les conditions qui permettent à toute nation de s'asseoir, dans les organisations internationales, à côté des nations du monde, respectables, puissantes et réputées. Nous devons tout simplement remplir notre devoir, être actifs, travailleurs, et être capable de créer des richesses. Et nous pouvons faire cela, nous pouvons très facilement faire cela, et nous l'avons fait plus d'une fois dans notre histoire. Je suis certain à ce sujet, et je veux que vous en soyez aussi certains. Nous sommes une nation qui renait toujours de ses cendres, comme le phénix - encore et encore."
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* Rencontre Sarkissian- Komorowski

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Suite aux propos d'Aliev, Sarkissian a riposté jeudi en mettant en doute la santé mentale de son homologue. "Était-ce une déclaration faite par une personne normale, encore moins par un chef d'Etat ? " a-t-il déclaré lors d'une conférence de presses commune avec le président de la Pologne en visite en Arménie, Bronislaw Komorowski.
Cet échange amer pourrait compliquer davantage les efforts des médiateurs internationaux pour sauver le processus de paix du Haut-Karabakh.
Se référant au conflit du Karabakh, le chef de l'Etat a déclaré : "La démocratie est une valeur exceptionnelle et toute assistance de l'Union européenne au Haut-Karabakh et qui contribuera au développement de la démocratie, est la bienvenue."
"Je ne dirais pas que la réunion de Kazan fut un fiasco, même si, comme je le disais, la communauté internationale et nous-mêmes attendions beaucoup de cette réunion. Nous étions en effet très proches d'un accord à Kazan. Il est juste arrivé ce qui devait arriver. Tout d'abord, il manquait une atmosphère appropriée. Cette atmosphère doit être améliorée en premier lieu. Ainsi, vous ne pouvez pas empoisonner en permanence vos concitoyens et ce à tous les niveaux," a-t-il ajouté, se référant à la rhétorique guerrière des dirigeants azerbaïdjanais concernant le conflit.
Serge Sarkissian a rappelé que les réformes démocratiques ont été mises en œuvre dans le Haut-Karabakh depuis 17 ans, qu'il y a eu trois élections présidentielles, et que le pouvoir n'a jamais été ‘hérité'.
Le président polonais Bronislaw Komorowski a déclaré que son pays avait toujours soutenu une résolution de ces problèmes basée sur les principes de l'intégrité territoriale et sur le droit des peuples à l'autodétermination. Il a souligné que tous les conflits en Europe devraient être résolus sur la base de ces deux principes.
S'exprimant sur les aspects positifs du processus de paix, le Président Komorowski a souligné la mise en œuvre de réformes dans le Haut-Karabakh et le maintien de la paix.
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* Les propos d'Erdogan décriés par Israël

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"Israël peut se consoler car ce n'est pas le seul pays au monde auquel le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan exige des excuses : mercredi il l'a exigé de l'Arménie," écrit Herb Keinon dans un article publié dans le Jerusalem Post.
Le site turc Today's Zaman, rapporte les propos de M. Erdogan à Bakou, déclarant que : "le président arménien Serge Sarkissian doit s'excuser pour l'appel adressé aux étudiants arméniens d'aller occuper l'Est de la Turquie."
"La déclaration a mis la Turquie en fureur. Selon le site Web, M. Erdogan a déclaré que le comportement de Sarkissian était une provocation et une tentative de remplir de haine la jeunesse, qui selon lui, projettent la jeunesse arménienne dans "l'obscurité"," écrit le Jerusalem Post, ajoutant :" Qui va demander à Erdogan de s'excuser pour avoir occupé le Nord de Chypre ?"
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* Un élu turc sort de ses gonds

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Sinan Ogan, député d'Igdir à la Grande Assemblée Nationale de Turquie [Parlement] et président du Centre d'Etudes Stratégiques de la Turquie, a qualifié la déclaration du président Serge Sarkissian de : "revendications territoriales envers la Turquie et qui équivalent à une déclaration de guerre."
Ogan pense qu'en réponse, les dirigeants turcs doivent prendre des mesures drastiques comprenant de nouvelles sanctions. Ogan suggère notamment une nouvelle initiative internationale pour "libérer les terres azéries", en clair une nouvelle guerre au Karabakh ; rapporte Azer Tac.
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* Les Etats-Unis inquiets sur la résolution du conflit
L'administration de Barack Obama insiste sur le fait que l'OSCE joue un rôle direct dans la résolution des conflits ‘gelés' dans l'espace postsoviétique.

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"OSCE doit continuer de jouer un rôle direct dans la résolution des conflits ‘prolongés' en Géorgie, en Moldavie et au Haut-Karabakh. Les conflits ont un potentiel dommageable, capable de déstabiliser la sécurité dans les régions de l'OSCE. La tâche de surmonter ces conflits doit rester prioritaire pour l'OSCE et pour tous ses Etats-membres," a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint chargé des Affaires européennes et eurasiennes, Philip Gordon.
"Un pas en arrière s'est produit dans les efforts de maintien de la paix. La tentative d'assurer ‘une percée' dans les négociations le 24 Juin à Kazan, n'a pas réussi, tandis que les tensions le long de la ligne de contact vont croissants. L'Arménie et l'Azerbaïdjan sont toujours incapables de se coordonner sur les principes de base du règlement du conflit et nous restons dans une situation non-constructive et dangereuse," a déclaré Alexander Vershbow, le secrétaire d'Etat adjoint à la Défense, parlant de la question du Karabakh.
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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net


mercredi 27 juillet 2011

Ruben Safrastian analyse la politique de la Turquie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires
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La Commission des Affaires étrangères de la Chambre américaine a récemment adopté l'amendement Berman-Cicilline, demandant à la Turquie de restituer les biens volés des églises chrétiennes et de mettre fin à la répression sur sa minorité chrétienne.
"Même si la Chambre adopte le projet de loi validé par la Commission des Affaires étrangères, la Turquie déclarera que c'est une ingérence dans ses affaires intérieures et ne restituera pas les églises," a déclaré le directeur de l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Nationale des Sciences d'Arménie, Ruben Safrastian.
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Le politologue-turcologue pense qu'après l'adoption de la résolution, le peuple turc prendra conscience que durant tout ce temps il a vécu en terre chrétienne.
"La Turquie et les États-Unis comprennent que c'est un jeu qu'ils jouent. Dans le cas présent la Turquie ne perdra pas rien, puisque actuellement le rôle de la Turquie au Moyen-Orient est beaucoup plus important pour les États-Unis."
Selon le directeur, la Turquie n'a pas l'intention de changer sa position sur la normalisation des relations avec l'Arménie. Elle n'a pas modifié sa politique concernant l'Arménie, mais actuellement elle n'a pas le temps de régler les relations avec Erevan, car le gouvernement de M. Erdogan est plus préoccupé par le Moyen-Orient. Ankara ne considère plus aujourd'hui le Sud-Caucase comme une de ses priorités de politique étrangère.
"La Turquie est impliquée dans les événements en cours dans les pays arabes, et notamment en Syrie, et agit contre les autorités de ces pays. En outre, il est important pour Ankara de résoudre la question chypriote. Elle veut devenir membre de l'Union européenne, mais occupe une partie d'un des Etats-membres de cette structure. Le gouvernement turc tente de résoudre le problème chypriote sans l'UE, dans le cadre de l'ONU. Si le problème est traité à l'ONU, la Turquie aura le soutien de ses alliés américains et anglais, alors que traité au sein de l'UE, elle trouvera face à elle la Grèce et Chypre."
"L'Arménie a beaucoup travaillé pendant les 20 ans de son indépendance, contrairement à d'autres pays de la région, aussi sa politique étrangère est devenue plus flexible, permettant au pays d'éviter de nombreux problèmes. Erevan est capable de résister aux possibles menaces de l'étranger."
"L'Arménie est le seul membre de l'OSCE, après sa déclaration d'indépendance, à avoir conservé son intégrité territoriale ; les bases militaires russes sont toujours déployées sur le territoire de l'Arménie, ce qui est également bénéfique pour les deux pays. L'Arménie a une centrale nucléaire, qui est d'une importance stratégique majeure. Je crois que notre politique actuelle va nous empêcher de répéter les erreurs commises dans les années 20," a souligné l'expert.
Concernant le conflit du Karabakh, la Turquie n'a pas changé sa politique et continue à soutenir l'Azerbaïdjan. "Les relations entre la Turquie et l'Azerbaïdjan ne peuvent plus être qualifiées de ‘fraternelles', ce sont des pays ayant des intérêts communs. Naturellement, l'Azerbaïdjan est intéressé à garder l'amitié d'un voisin comme la Turquie."
Safrastian est convaincu qu'il y a beaucoup de problèmes non résolus entre ces deux états. "En particulier le gazoduc Nabucco. Ils n'arrivent pas à s'entendre sur le prix demandé par l'Azerbaïdjan et sur le tracé que la Turquie va choisir pour le transporter vers l'Europe."
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Extrait de PanArmenian.net


Richard Guiragossian rencontre des officiels en Turquie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires
Depuis quelques années que Bakou engrange des milliards de pétrodollars grâce à ses exportations d'hydrocarbures, le clan Aliev et son aréopage se sentent pousser des ailes.
Cela consiste notamment à refuser toute concession à l'autre partie, et ne prendre qu'une seule des propositions des médiateurs : L'intégrité territoriale. La négociation ne fonctionne que dans un sens.
La Turquie qui au moment de la guerre arméno-azerbaidjanaise a plus précédé que suivi les vicissitudes de son petit frère, en mettant l'Arménie sous blocus et en se préparant à l'envahir (Quatre divisions turques s'apprêtaient à franchir la frontière), a depuis changé de stratégie. D'abord à cause des négociations d'adhésion avec l'UE (droit de regard), puis par la signature avec l'Arménie de l'accord sur les protocoles, mais surtout depuis son accession au G20 et sa politique néo-ottomane qui prône le ‘zéro problème avec les voisins'.
L'UE et les instances internationales commencent à voir d'un mauvais œil le pourrissement des négociations sur le conflit du Karabakh avec en prime une Turquie qui frappe à la porte de l'UE mais qui continue toujours l'occupation de Chypre, le blocus de l'Arménie et un soutien inconditionnel des désidératas de Bakou.
Bakou remercie son grand frère en lui consentant des remises sur ses hydrocarbures. Revers de la médaille, Ankara se trouve en position de faiblesse et commence à trouver l'addition une peu lourde. Après les grands travaux dans la région en prenant soin de contourner l'Arménie, Erdogan traine les pieds sur la réalisation du chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars et c'est Aliev qui se charge de payer la facture.
Bien qu'en sommeil actuellement, le point noir le plus gros entre l'Arménie et la Turquie reste la reconnaissance du génocide arménien et les réparations qui en découlent.

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Les cinq représentants d'ONG arméniennes sont récemment rentrés de Turquie, où ils ont rencontré des Hauts-fonctionnaires turcs et le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Le directeur du Centre d'Etudes Régionales et Internationales, qui faisait partie du voyage, a saisi l'occasion pour transmettre un message important.
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Décrivant les relations arméno-turques, Richard Guiragossian a déclaré : "Le Président arménien joue aux échecs, tandis que son homologue turc donne un spectacle. Je ne crois pas en la sincérité des efforts des autorités turques en vue d'améliorer les relations avec l'Arménie." Toutefois, il y a des points d'optimisme.
"La raison de mon optimisme est que la Turquie n'a pas d'alternative. L'amélioration des relations avec l'Arménie est sa seule chance pour qu'elle puisse s'impliquer dans les processus régionaux, et Ankara est conscient que c'est dans son intérêt."
Selon Richard Guiragossian, la proposition du ministre turc des Affaires étrangères de rencontrer les délégués arméniens était une tentative pour démontrer au monde que la Turquie poursuit le processus de normalisation des relations avec l'Arménie.
La Turquie reconnaît que l'Azerbaïdjan entrave l'amélioration des relations arméno-turques, de plus, les relations Turquie-Azerbaïdjan ont de nouveau empiré après la réunion de Kazan, car il a été clair pour tous que l'échec était imputable à l'Azerbaïdjan, ce qui a entrainé la colère du ministre Davutoglu. Le politologue a eu l'impression que les relations entre les deux pays ne sont plus au beau fixe. "Le mythe d'un peuple et deux États n'existe plus", a-t-il déclaré ajoutant qu'Ankara n'apprécie pas que Bakou lui lance des ultimatums et lui dicte sa conduite.
Lors de leur entretien avec Davutoglu, les délégués arméniens ont soulevé trois grandes questions.
"Tout d'abord, c'est Ankara qui entrave le processus de normalisation des relations, alors qu'Erevan a tout fait pour les améliorer. Par ailleurs, les représentants arméniens ont fait valoir qu'Erevan ne peut pas attendre indéfiniment le bon vouloir d'Ankara.
Deuxièmement, il y a deux sujets unificateurs des Arméniens du monde entier, à savoir : la reconnaissance du génocide arménien et la résolution du conflit du Karabakh ; ce qu'Ankara ne peut ignorer.
Et enfin, nous avons rappelé que la Turquie a signé un document pour l'amélioration des relations et ce sans conditions préalables, maintenant elle met une pré-condition, ce qui n'est pas juste," a déclaré le politologue arménien.
Guiragossian a eu l'impression que la Turquie va bientôt essayer de tester la solidité de l'Arménie. "Toutefois, ils seront déçus de constater que l'Arménie est forte. Elle a renforcé ses positions suite au blocus imposé par l'Azerbaïdjan et la Turquie. Et il n'est pas exclu maintenant que le temps soit venu pour l'Arménie de pouvoir dicter des conditions préalables," et d'ajouter : "qu'aucun progrès dans le processus arméno-turque n'est prévu dans un proche avenir, cependant la Turquie peut faire un geste avant 2015."
Les représentants de la société civile arménienne ont souligné à Davutoglu que : "l'Arménie est en position de force aujourd'hui, qu'elle peut survivre même sans l'ouverture de la frontière arméno-turque et que reconnaitre le génocide arménien est dans l'intérêt de la Turquie."
Abordant les négociations de paix sur le conflit du Karabakh, les suggestions du président russe Dmitri Medvedev sont plus proches de la position de l'Azerbaïdjan que de la position de l'Arménie. Toutefois, l'expert n'a pas précisé lesquelles. "Ce qui s'est dégagé de la réunion de Kazan, c'est que l'Azerbaïdjan a volontairement fait échouer la rencontre soit pour des raisons de politique interne soit pour prolonger l'inévitable finale."
Une autre question se pose régulièrement : quelle a été la réponse de Serge Sarkissian aux suggestions de Dimitri Medvedev ? La réponse de l'Arménie tout comme celle de l'Azerbaïdjan sont disponibles uniquement pour certaines ‘sources diplomatiques', aussi le public tant azéri qu'arménien n'en saura rien si ce n'est des bribes par ci par là.
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Extrait de PanArmenian.net


lundi 25 juillet 2011

Le conflit du Karabakh vu sous trois angles différents

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Trois visions différentes des conséquences du conflit du Karabakh.

Bakou, qui habituellement fait sa propagande anti-arménienne dès qu'une occasion se présente, mettant en avant sa puissance économique et militaire, nous donne cette fois-ci une analyse plus objective du devenir des dix-sept années de négociations. Il est difficile d'admettre que faire la guerre aux Arméniens ne se soldera pas forcément par la victoire de l'Azerbaïdjan et que de surcroit le Haut-Karabakh ne retournera jamais plus sous administration azérie.

Que l'UE soit intéressée par la résolution du conflit, on peut le comprendre aisément. Qui d'ailleurs a intérêt que dure encore le conflit ? Probablement seulement Bakou, pour lui permettre de continuer à se surarmer grâce à ses pétrodollars, car même la Turquie à d'autres objectifs avec son ‘zéro problème avec les voisins'. Ce qui pousse l'UE, ce n'est certainement pas le souci des droits de l'homme, pas plus que les beaux yeux des uns et des autres. Le bouclage définitif du projet Nabucco et sa mise en chantier d'ici la fin de l'année est autrement plus impératif pour l'UE. La branche Nord part de Bakou et va à Erzeroum via la Géorgie, alors que la branche Sud va de la Caspienne à Erzeroum via l'Iran. Avec un impératif : que le gazoduc ne traverse pas des régions à risques. Les Affaires ont besoin de calme.

Quant aux Etats-Unis, ce n'est pas tant le pétrole ou le gaz de la mer Caspienne qui est leurs soucis premiers dans la région, mais le devenir de l'Iran avec sa montée en puissance dans le nucléaire. Tant que l'Iran se contentait de faire parler de lui sur le plan des droits de l'homme, cela titillait Washington mais sans plus, alors que rentrer dans le club très privé des détenteurs de la ‘bombe' est une autre histoire, surtout quand Israël n'est pas loin.

* Brèves *


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Ogun Samast, alors âgé de 17 ans au moment des faits, principal suspect dans l'assassinat en Janvier 2007 du journaliste Hrant Dink a été condamné ce lundi à une peine de 23 ans de prison par un tribunal d'Istanbul, rapporte l'agence de presse Anatolie.

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"Le président Serge Sarkissian a officiellement réagi aux propositions de son homologue russe Dmitri Medvedev sur la façon de mettre fin à l'impasse actuelle dans le processus de paix du Haut-Karabakh," a indiqué vendredi le porte-parole du président, Armen Arzoumanian. Le contenu de la réponse n'a pas été rendu public.

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"Les relations bilatérales entre Bakou et Washington ne sont pas au mieux à l'heure actuelle," écrit ‘Le Journal de politique étrangère', dans un article intitulé ‘Les grands enjeux énergétiques de la Caspienne'.

"Bakou a investi un gros capital politique pour démontrer qu'il est un partenaire fiable pour les Etats-Unis, mais la région ne fait pas partie des priorités de la politique étrangère de l'administration Obama. Bakou n'approuve pas la position pro-arménienne des Etats-Unis concernant le conflit du Haut-Karabakh, ce qui affaiblit son poids. Loin d'être une question d'importance secondaire pour les dirigeants de Bakou, ce problème est profondément enraciné dans la société azérie et c'est devenu une question de fierté nationale pour le pays. Ce qui risque de devenir un sérieux obstacle au renforcement des relations bilatérales et plus largement menace d'impacter leur relation stratégique," écrit l'auteur.

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* Ali Hassanov et le conflit du Karabakh *


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"L'Azerbaïdjan comprend l'importance de la question chypriote pour la Turquie, mais est préoccupé par l'effet que la reconnaissance de la partie Nord de l'ile comme un État indépendant, pourrait avoir pour nous. Ce n'est pas que Chypre est moins importante pour nous que pour vous, mais ceux qui dirigent votre Etat savent très bien que si l'Azerbaïdjan reconnaissait la République Turque de Chypre Nord (RTCN), 15 [autres] États reconnaitraient le Haut-Karabakh. Prenez cela en considération. La Turquie ne voudrait pas de cela," a déclaré le Vice-premier ministre azerbaïdjanais, Ali Hassanov.

"La Turquie a le droit d'attendre que l'Azerbaïdjan reconnaisse la RTCN. La seule raison pour que cela ne soit pas encore arrivée est que d'autres Etats reconnaîtraient à leur tour l'indépendance du Haut-Karabakh," et d'ajouter qu'il y a des Turcs qui souhaitent ouvrir la frontière turco-arménienne, mais que l'Etat turc empêche que cela se produise.

"J'avais cru en 2001 que le temps était allait jouer en notre faveur concernant le conflit du Karabakh, mais j'ai cessé d'y croire. Au contraire, le problème s'enlise dans la durée. Le temps a joué en notre faveur seulement sur le plan économique, mais il est contre nous politiquement. Nous avons toujours dit que si les choses continuaient de cette façon, on pourrait déclarer la guerre. Nous aurions aimé voir la Turquie nous soutenir, mais il y a le droit international. De plus, il y a des accords militaires entre la Russie et l'Arménie. La Turquie ne peut pas intervenir [militairement], bien que nous voyons qu'elle nous soutient politiquement. Ce n'est pas comme si la Turquie rentrait en guerre contre la Russie de toute façon."

"Bakou est en négociation avec Erevan dans le seul but de négocier, vu que l'Azerbaïdjan serait étiqueté comme ‘État anti-démocratique' s'il ne participait pas aux réunions," a souligné Hassanov.

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* L'UE et le conflit du Karabakh *


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"L'Union européenne est susceptible d'apporter sa participation à la résolution du conflit du Karabakh, tout comme elle est prête à fournir une aide financière pour promouvoir le règlement et reconstruire la région. Nous encourageons de plus en plus les mesures de confiance à la fois en Transnistrie et au Karabakh. C'est un début, Bruxelles est prêt à s'engager, et sa volonté de résoudre le conflit croît de plus en plus," a déclaré le commissaire européen à l'Elargissement et à la Politique européenne de voisinage, Stefan Füle.

Stefan Füle a déclaré que Bruxelles s'est engagé à résoudre le conflit parallèlement aux travaux de médiateurs du Groupe de Minsk. Il a indiqué que le remplacement de l'un des coprésidents n'est pas important. Il pense que les côtés et le Groupe de Minsk doivent permettre une plus grande implication de l'UE. Il a affirmé le renforcement des capacités de l'UE dans ce domaine.

Le Commissaire a déclaré en outre des mesures de confiance : l'UE peut, maintenant et à l'avenir, fournir un paquet significatif d'aides quand les côtés parviendront à un accord durable. Ce paquet inclura des mesures qui favoriseront le développement économique et social. Si nécessaire, l'UE peut reconstruire des infrastructures pour relier certaines régions à d'autres pays, ainsi que renforcer le rôle de la société civile et d'autres forces qui peuvent être utiles à la réconciliation.

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* Alexandre Douguine et le conflit du Karabakh *


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"Tôt ou tard, les provocations dans la zone du conflit du Karabakh déclencheront la reprise des hostilités. Je ne pense pas possible d'y résister maintenant, car nous sommes trop faibles et désorientés en ce moment. Même en Iran, la cinquième colonne américaine tente de surmonter la dure résistance mise en place par les dirigeants du pays. C'est un jeu très complexe et important," a déclaré le chef du Mouvement Eurasien International, Docteur en sciences politiques, le professeur Alexandre Douguine.

Il est très difficile de lutter contre l'ennemi qui est à l'intérieur, selon lui : "Nous avons permis aux Américains d'effectuer la répartition des zones d'influence dans le monde dans leur propre intérêt. Par conséquent, si tôt ou tard la guerre reprenait au Karabakh, les perdants en seraient l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Russie, la Turquie et l'Iran. Les Américains ne se calmeront pas avant d'y parvenir. Ils n'ont pas un plan daté pour réaliser cela, mais ils ont un paradigme et un algorithme communs, et les provocations frontalières servent à marquer le temps. Malheureusement, nous sommes des observateurs passifs de ces intrigues de la géopolitique américaine," a déclaré Douguine ; rapporte le quotidien azéri Zerkalo.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



jeudi 21 juillet 2011

Nouvelle pierre dans le jardin ottoman

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Pas de chance pour le Grand Vizir et son aréopage, le ‘sözde' génocide de 1915 se rappelle à lui, juste après les remontrances d'Hillary Clinton du week-end dernier.
Il faut se mettre à sa place. Reconnaître le génocide est déjà un acte quasi surhumain, si en plus il faut restituer ce qui a été volé aux chrétiens, sous réserve qu'ils n'ont pas été détruits, démantelés ou transformés en mosquées, où va-t-on ?
Le pire c'est qu'avec le temps l'horizon s'assombrit. En juillet 2012, Chypre prend la présidence de l'UE (gel des négociations d'adhésion ?), et pour peu qu'à l'occasion du centenaire du génocide en Avril 2015, nombre de pays, Etats-Unis en tête, reconnaissent le génocide des Arméniens, le cauchemar sera dur à supporter.
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Depuis des années que se déroulent les missions d'observations sur la ligne de contact, aucune violation du cessez-le-feu n'a été relevée ni même un seul coup de feu, alors qu'en l'absence des Observateurs internationaux, plusieurs centaines de coups de feu sont tirés par semaine.
Sachant qu'un homme prévenu en vaut deux, donc à plus forte raison un adversaire, que se passerait-il si l'adversaire n'était pas prévenu ? Pour voir ce qui se passe réellement, les dignes représentants de l'OSCE devraient inspecter à l'improviste.
Cela me rappelle lorsqu'un haut gradé venait visiter une caserne, ... bizarrement tout était clean jusque dans les toilettes.
* Brève *

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Le 20 Juillet, selon les accords, la mission d'observation de l'OSCE s'est rendue sur la ligne de contact, entre les forces azerbaidjanaises et celles du Karabakh, près de Terter.
Côté RHK, le suivi a été réalisé par les assistants sur le terrain du Représentante personnelle du Président de l'OSCE en exercice, Antal Herdich (Hongrie) et Marius Puodziunas (Lituanie).
Côté Azéri, le groupe de surveillance était composé des Assistants sur le terrain du Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Christo Christov (Bulgarie) et William Prior (Grande Bretagne).
Aucune violation du régime de cessez-le-feu n'a été constatée.

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* Restitution des biens religieux *
La Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, a adopté à la quasi unanimité, l'amendement Berman-Cicilline, appelant la Turquie à restituer les églises chrétiennes volées de Turquie et à mettre fin à la répression de la minorité chrétienne ; rapporte le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA).

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"Le vote écrasant d'aujourd'hui représente une grande victoire pour la liberté religieuse, et une étape vers le retour légitime des milliers d'églises chrétiennes et des lieux de culte volés par la Turquie lors du génocide. 96 ans après le génocide perpétré contre les Arméniens, les Grecs, les Assyriens, les Chaldéens, les Pontiens, les Araméens (Syriaques), et d'autres, le gouvernement turc a détruit ou confisqué la grande majorité de leurs lieux saints et de leurs lieux de culte. La Commission des Affaires étrangères a envoyé aujourd'hui un message fort à la Turquie qu'elle doit composer avec cet héritage brutal, respecter la liberté religieuse des survivants des communautés chrétiennes, et retourner les fruits de ses crimes," a déclaré le Directeur exécutif de l'ANCA, Aram Hamparian.
Le Démocrate Howard Berman (D-CA) a été rejoint par le Républicain David Cicilline (D-RI) pour présenter le projet d'amendement à l'autorisation du Département d'Etat, reprenant l'esprit de la Résolution H.Res.306- "Restitution des Eglises" - conduite par le républicain Ed Royce (R-CA) et le Démocrate Howard Berman (D-CA), tous deux membres éminents de la Commission des Affaires étrangères.
Dans les jours qui ont précédé le vote, le gouvernement turc a intensifié ses efforts de lobbying contre cette mesure, par un envoi répété de tracts ‘Briefing de l'Ambassade de Turquie' dans les bureaux du Congrès.
Des milliers d'Américano-arméniens des Etats-Unis ont téléphoné à leurs Représentants pour soutenir cet amendement, suite à l'appel lancé par l'ANCA la semaine dernière.
La démarche a reçu un large soutien des communautés grecques et assyriennes des Etats-Unis, qui au travers de leurs nombreuses associations, ont appelé leur communauté à l'action.
Le résultat a été à la hauteur du travail effectué : 43 voix pour et 1 voix contre.
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* L'APCE en Arménie *
Mercredi, un haut représentant de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a rencontré le Président Serge Sarkissian et les dirigeants des principales forces politiques lors d'une visite d'étude pour évaluer les développements politiques récents de l'Arménie.

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Axel Fischer, co-rapporteur de l'APCE sur l'Arménie, a refusé de commenter ses réunions, disant seulement que lui et son co-équipier, John Prescott, travaillent actuellement sur un rapport qui sera examiné par l'Assemblée de Strasbourg cet automne.
Selon le Cabinet de Sarkissian, la discussion a porté sur "la mise en œuvre des réformes dans divers domaines et sur les développements de politique interne en Arménie", sans plus de détails.
Fischer a également rencontré Levon Ter-Pétrossian, le dirigeant de la principale force d'opposition - le Congrès National Arménien (HAK)- . Le dialogue continu entre l'alliance de l'opposition et la coalition au pouvoir était au centre des discussions : Les demandes du HAK pour de nouvelles élections nationales, des moyens d'éliminer les trucages chroniques du vote dans le pays, de l'interconnexion entre le mécanisme de vote et les falsifications du système judiciaire mis en place par l'Etat, ont été abordés .
Les co-rapporteurs ont salué le dialogue HAK-gouvernement, qui a été rendue possible par la récente libération de tous les membres de l'opposition emprisonnés. Le Conseil de l'Europe fait pression depuis 2008 sur l'administration Sarkissian pour libérer ces personnes et engager des réformes politiques.
Fischer a rencontré chacun des cinq leaders parlementaires représentés à l'Assemblée nationale.
"Le co-rapporteur a évalué très positivement les récentes mesures prises par les autorités arméniennes, À savoir, l'amnistie et la libération des détenus, ainsi que les récentes modifications du Code électoral," a déclaré Naira Zohrabian du Parti pro-gouvernemental ‘Arménie prospère'.
Le parti d'opposition ‘Jarankoutioun' (Héritage), a réitéré ce point de vue à la sortie de la réunion avec M. Fischer. Ses représentants ont fait valoir que la nouvelle Commission Electorale Centrale (CEC), formée par les autorités la semaine dernière, est dominée par les partisans du gouvernement.
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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net


mercredi 20 juillet 2011

Rencontre arméno-turque

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Il est facile de promettre une ouverture prochaine de la frontière surtout lorsqu'on ne donne pas de date et que de plus, on évite de préciser que celui-ci est corrélé à la résolution du conflit du Karabakh. La communauté arménienne se souvient encore qu'à l'inauguration en octobre dernier de l'église Sainte Croix d'Akhtamar, la Turquie a refusé d'ouvrir la frontière de Kars même pour un week-end. En Turquie, il y a ce que l'on dit publiquement voire officiellement et ce que l'on fait en pratique.
Il est également notoire que la diplomatie ottomane est très bien rodée. Elle est capable de faire miroiter et faire avaler aux étrangers, et notamment aux Occidentaux, à peu tout ce qu'elle veut. Aussi les dirigeants turcs n'hésitent pas à apposer leur signature au bas de traités politiques surtout s'ils ne comptent pas le respecter, en y ajoutant des conditions après coup.
Ainsi, tout le monde a en mémoire la signature en grande pompe du Traité sur les Protocoles de normalisation des relations arméno-turques, en Octobre 2009.
Tout le monde se souvient également, du moins dans l'Union européenne, de la signature par Ankara en Juillet 2005 de l'extension de l'accord d'union douanière liant la Turquie à l'UE aux dix pays membres de l'Union entrés dans l'UE en mai 2004, dont la République de Chypre, et ce pour pourvoir ouvrir les négociations d'adhésion en octobre de la même année. La Grande-Bretagne et l'Espagne avaient hâte de voir rentrer la Turquie dans le concert européen, il n'est pas nécessaire de se demander pourquoi …. Le lundi 21 mars 2005, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait promis à Bruxelles que la Turquie respecterait les engagements attendus d'elle par les Européens avant l'ouverture prévue le 3 octobre de ses négociations d'adhésion. "Les pas qui doivent être faits d'ici là le seront assurément", avait déclaré M. Erdogan à l'issue d'un dîner de travail avec le premier ministre grec, Costas Caramanlis, à la veille du sommet européen de Bruxelles.
Aussi quand le même Recep Tayyip Erdogan déclare qu'il va geler les relations avec l'UE, si l'on n'exhausse pas ses vœux, tout le monde trouve cela normal. L'aveuglement a des limites, même à Bruxelles.
* Brève *
Le 19 Juillet, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a reçu le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb.
Le ministre a mis l'accent sur le développement des relations franco-arméniennes, notamment sur les réalisations considérables de la coopération décentralisée dans la politique, économie, culture et éducation. Les interlocuteurs ont également souligné l'importance de la communauté arménienne dans la coopération interétatique.
Gérard Collomb a souligné la contribution de la communauté arménienne dans le développement de la France et de la ville gérée par lui.
Au cours de la réunion, Edouard Nalbandian a abordé les travaux préparatoires de l'Assemblée générale des villes francophones qui se tiendra à Erevan à l'automne 2011.

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Le maire de Lyon a également rencontré le président Serge Sarkissian.
"Je suis heureux de voir que la coopération permanente entre Erevan et Lyon favorise les liens d'amitié entre les peuples des deux pays", a déclaré le président, exprimant l'espoir de renforcer la collaboration grâce à de nouvelles initiatives et de programmes.
Le président Sarkissian a également remercié le maire de Lyon, et des membres du Conseil municipal pour leur préoccupation envers les Arméniens et la question arménienne. "Notre peuple est reconnaissant envers ceux qui partagent notre douleur et reconnaissent le génocide arménien, et qui de plus luttent contre la politique de négation," a déclaré le chef de l'Etat.
Rappelons que Lyon et Erevan sont jumelés depuis 1992.

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* Rencontre arméno-turque *
La frontière avec l'Arménie pourra éventuellement se rouvrir pour le trafic transfrontalier, selon ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu.
"Le ministre turc des Affaires étrangères est sûr que la frontière sera rouverte, tôt ou tard, afin que nous puissions nous rendre en Turquie et visiter des sites historiques," a déclaré Arthur Ghazarian, le patron de l'Union des fabricants et entrepreneurs d'Arménie, au quotidien Hürriyet après une rencontre avec Ahmet Davutoglu à Ankara.
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Un groupe de cinq personnes d'ONG arméniennes, venu visiter la Turquie à l'invitation de la Fondation TEPAV - Les Politiques Economiques de la Turquie -, a rencontré Davutoğlu et le Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu, pour discuter du processus de normalisation turco-arménien, actuellement dans l'impasse.
"Nous avons demandé au ministre quand le processus allait redémarrer. Malheureusement, aucune date exacte n'a été donnée, mais j'ai reçu l'assurance que la partie turque mettra en œuvre des mesures nécessaires à cette fin," a déclaré Mikael Hovannissian de la Fondation Eurasia Partnership.
La délégation a indiqué au ministre que la société arménienne, tout comme la communauté internationale, attendait cette ouverture.
"Les relations turco-arméniennes sont comme un train qui commence à bouger. Il n'y a pas de marche arrière, pas plus que nous pouvons arrêter le train en marche, nous ne pouvons qu'aller de l'avant," a déclaré Aghavni Karakhanian, directrice de l'Institut de la Société civile et du Développement Régional. Et Ghazarian d'ajouter : "Nous avons dit que la balle est dans le camp de la Turquie."
Richard Guiragossian du Centre d'Etudes Régionales a indiqué qu'il a d'abord été impressionné par ‘le temps accordé' par le ministère et par le fait que le ministre lui-même était ‘très avenant.' "J'ai été impressionné par la qualité de Davutoğlu et ses échanges francs et ouverts avec nous," a-t-il souligné.
Le génocide arménien de 1915 a également été abordé lors de la réunion. La délégation a indiqué qu'il y avait une prise de conscience beaucoup plus présente en Turquie depuis quelques années. Guiragossian a déclaré à Davutoğlu que "la frontière mentale est déjà ouverte entre les deux pays voisins, bien que la frontière est toujours étanche – sentiment partagé par le ministre des Affaires étrangères."
Les Arméniens ont déclaré qu'ils avaient été impressionnés par les discussions franches et ouvertes au sein du ministère ; rapporte le quotidien Hurriyet.
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* Turquie *

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"Ankara gèlera ses relations avec l'Union européenne si la République de Chypre assume la présidence de cette organisation, avant que le problème de l'ile ne soit résolu. Nous considérons qu'il est honteux de s'asseoir à la table des négociations avec eux (les Chypriotes grecs) aux Nations-Unies. Nous n'allons pas négocier avec un pays que nous ne reconnaissons pas," a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avant sa visite mardi après-midi dans la partie turque de l'île (RTCN), pour marquer l'anniversaire de l'armée turque.
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La secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Hillari Clinton, qui se trouvait à Istanbul pour participer à la réunion du groupe de contact avec la Libye, a rencontré les dirigeants de l'opposition du Parti Républicain du Peuple et du Parti Paix et Démocratie Kurde.
Au cours de la réunion, Mme Clinton a abordé les relations arméno-turques. Les représentants du CHP ont été surtout choqués par la question de la Secrétaire d'Etat, portant sur leur opposition à ratifier les Protocoles arméno-turcs.
"Les autorités turques m'ont dit que la question de ratification des protocoles arméno-turcs n'a pas été débattue au Parlement parce que le CHP est contre," a-t-elle déclaré.
En réponse, le chef du Parti, Kemal Kılıçdaroğlu a exprimé sa surprise en disant que les autorités ont la majorité au Parlement et peut faire passer les Protocoles au moment qu'elles veulent.
L'opposition a également noté que les dirigeants ne divulguent aucune information sur les protocoles et sur le conflit du Karabakh, et que par conséquent l'opposition suit les développements qu'à travers les médias.
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* Lettre à Ban Ki-Moon *

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Le 18 Juillet, le représentant permanent de l'Arménie à l'ONU, Karen Nazarian, a adressé une lettre au Secrétaire général, Ban Ki-moon.
Il attire l'attention du Secrétaire général sur les violations incessantes du régime de cessez-le par les forces armées azerbaïdjanaises sur la ligne de contact, et que "de telles actions provocatrices sont en contradiction avec les négociations en cours dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, les déclarations des chefs des pays coprésidents, les Statuts de l'ONU et l'Acte final d'Helsinki."
Karen Nazarian exprime sa préoccupation devant le fait que les dirigeants azerbaïdjanais répandent une propagande anti-arménienne, et que c'est devenu un élément permanant de la politique étrangère de l'Azerbaïdjan. Les dernières preuves en date sont les discours du président azerbaïdjanais lors de la parade militaire du 26 Juin 2011, et du Congrès mondial des Azerbaïdjanais. Et d'indiquer que de telles actions sont des violations évidentes des engagements internationaux de ce pays.
"L'Arménie s'est engagée à poursuivre les négociations sur le règlement du conflit du Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, qui est un moyen efficace et le seul format légitime pour la médiation. Il est temps pour l'Azerbaïdjan de comprendre qu'il doit cesser d'entraver l'activité des médiateurs et se concentrer sur le processus de négociation au lieu de diffuser des informations sans fondement et offensives."
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* De la participation de la RHK aux négociations *

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Andrei Areshev, expert à l'Institut d'Etudes Politiques et Sociales de la mer Noire et de la Caspienne, a apporté son commentaire sur l'état actuel des négociations pour le règlement du conflit du Karabakh.
"Des négociations directes entre l'Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh auraient été plus logique ; en cédant sa place à la table de négociation au Karabakh, l'Arménie resterait garant de la sécurité de la RHK. Cependant il est difficile de dire si cette option est viable dans les circonstances actuelles. Non seulement Erevan et Stepanakert, mais aussi les parties qui désirent éviter la perte de l'équilibre actuel des forces, tiennent à la préservation de l'état actuel des choses," a-t-il souligné.
L'expert caractérise la garantie de la sécurité de la RHK comme étant un élément important du règlement du conflit, en particulier dans la situation internationale actuelle, où même le statut d'un membre de l'ONU ne peut pas le sauver de bombardements.
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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net


mardi 19 juillet 2011

Haut-Karabakh : les médiateurs ont rendu leur copie

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comme le dit clairement le ministre russe Sergei Lavrov parlant des points d'achoppement : "Ils sont peu nombreux, mais ils sont d'une importance cruciale."

En fait cela se résume en un seul et unique point : l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan. Il faut entendre par là, le retour des sept districts entourant le Haut-Karabakh et le Haut-Karabakh lui-même dans le giron azéri, c'est-à-dire la situation d'avant-guerre.

Le problème, c'est que le Haut-Karabakh a mené une lutte d'indépendance et a appliqué le principe de base du droit à l'autodétermination et s'est autoproclamé : République du Haut-Karabakh. Il est clair que dans ces conditions les Karabakhis ne retourneront jamais sous l'autorité de Bakou.

* Brève *

Les co-rapporteurs de l'APCE pour le suivi de l'Arménie, John Prescott (Royaume-Uni - SOC) et Axel Fischer (Allemagne - PPE/DC), effectuent une visite d'étude de deux jours en Arménie pour discuter des derniers développements concernant l'amnistie et la normalisation de l'environnement politique, ainsi que la réforme électorale et les préparatifs pour les élections parlementaires de 2012.

Ils comptent rencontrer le Président Sarkissian, le président du Parlement arménien, les représentants des factions de l'opposition et des membres de la communauté diplomatique.

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* Elmar Mammadyarov à Moscou *


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Lundi, l'Azerbaïdjan a officiellement réagi aux propositions du président russe Dmitri Medvedev visant à sauver le processus de paix du Haut-Karabakh.

Le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov, lors de sa rencontre avec Sergueï Lavrov à Moscou, a remis une lettre du président Ilham Aliev adressée à son homologue russe. Aucun détail n'a été rendu public.

La Russie et l'Azerbaïdjan ont discuté de la coopération bilatérale et des moyens de sortir de la crise du Karabakh.

Lavrov a déclaré aux journalistes que les parties en conflit continuent d'être en désaccord sur certains des principes de base proposés. "Ils sont peu nombreux, mais ils sont d'une importance cruciale."

"La Russie aide les deux pays à trouver une solution dans le cadre de l'OSCE, en coopération avec les Etats-Unis et la France. Le règlement du conflit du Haut-Karabakh est une question prioritaire pour la Russie. Le projet de principes de base commence à partir de la volonté des parties à travailler sur le traité de paix. Nous poursuivrons nos efforts dans le cadre des relations avec les deux parties et en tant que pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE," a souligné le ministre russe.

Elmar Mammadyarov a déclaré pour sa part que "tout ne dépend pas de l'Azerbaïdjan. Nous devons attendre la réponse de l'Arménie aux propositions de Moscou, mais nous pensons qu'il y a des progrès dans les pourparlers, et nous progressons vers le point, où chacun comprendra que le statu quo ne profite à personne."

Selon lui, la stabilité dans la région est tout d'abord importante pour l'Arménie et pour l'Azerbaïdjan. Il a indiqué que la réunion de Kazan a été un pas en avant, et que les parties ont réussi à rapprocher les positions sur plusieurs questions. "Nous devons continuer les discussions sur les questions en suspend. Il est temps pour nous de commencer à travailler sur un accord juridique - un traité de paix. Le traité de paix sera un signal sérieux de l'entrée en phase finale des négociations."

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* Edouard Nalbandian s'entretient avec Sergei Lavrov *


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Lundi, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a eu une conversation téléphonique avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les questions actuelles liées du règlement du conflit du Haut-Karabakh ont été discutées et notamment sur les possibilités de faire des efforts supplémentaires pour créer une atmosphère favorable dans les négociations.

Les ministres ont abordé la mise en œuvre des accords conclus entre les présidents Serge Sarkissian, Dimitri Medvedev et Ilham Aliev lors des réunions d'Octobre 2010 à Astrakhan et de Mars 2011 à Sotchi, portant sur la consolidation du régime de cessez-le feu, sur l'accroissement dans le domaine militaire, sur le règlement de tous les différends par des moyens pacifiques, ainsi que sur les enquêtes à mener sur les incidents sur la ligne de contact.

Le ministre arménien a informé son homologue russe que la réponse du président arménien au message du président Medvedev sera présentée dans les prochains jours.

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* Les médiateurs à Erevan *


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Le président Serge Sarkissian a reçu lundi les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, Bernard Fassier (France), Robert Bradtke (USA) et Igor Popov (Russie), ainsi que le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk.

Les participants ont discuté des problèmes liés à l'étape actuelle des négociations sur le règlement du conflit du Karabakh.

Le même jour, les interlocuteurs ont rencontré Edouard Nalbandian.
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Les médiateurs ont informé le ministre arménien sur leurs impressions des rencontres à Bakou.

Les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, avaient rencontré Ilham Aliev à Bakou vendredi.

"Nous nous attendons à recevoir la réponse de la partie arménienne très rapidement", a déclaré Popov aux journalistes avant les pourparlers.

"Cela a été une période très active avec de gros efforts déployés par les médiateurs, par nos dirigeants, pour tenter d'avancer et de parvenir à un cadre pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh. Je pense que nous devons être très prudents pour ne pas sauter trop rapidement aux conclusions sans avoir évalué les résultats de la diplomatie. Nous allons voir dans les prochaines semaines les résultats des efforts menés," a déclaré pour sa part Robert Bradtke. Et d'ajouter "l'importance de l'étroite coopération entre nos trois pays. Les Etats-Unis soutiennent les efforts de médiation active de la Russie."

Aliev avait signalé la semaine dernière l'insatisfaction de Bakou sur certaines des propositions de paix faites par les médiateurs au cours de la dernière année et avait proposé de discuter d'un traité de paix global avant la validation des principes de bases. "Parfois, ces propositions ont changé l'essence des principes de base des négociations que nous avons mené au cours des sept dernières années."

Ce à quoi le ministre arménien a répondu que : "Cela va l'encontre et de la logique du processus de négociation et de la position des médiateurs."

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Dans un communiqué conjoint publié lundi soir, à la fin de leur navette diplomatique les médiateurs ont déclaré :

"Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE – les Ambassadeurs Bernard Fassier de la France, Robert Bradtke des Etats-Unis, et Igor Popov de la Fédération de Russie - se sont rendus du 11 au 18 Juillet à Moscou, Vilnius, Bakou et Erevan. Rejoints par l'ambassadeur Andrzej Kasprzyk, le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, les coprésidents ont rencontrés le 11 Juillet à Moscou, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, pour discuter des développements dans le processus du groupe de Minsk pour parvenir à un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh. A Vilnius le 13 Juillet, les coprésidents ont informé le ministre des Affaires étrangères lithuanien, Audronius Ažubalis, du déroulement du processus de paix et des mesures prises depuis la réunion du sommet de Kazan du 24 Juin.

A Bakou et Erevan, les coprésidents ont rencontré respectivement les Présidents Aliev et Sarkissian. Les co-présidents ont réitéré aux deux Présidents l'importance de parvenir à un accord sur les principes de base pour arriver à la négociation d'un règlement final. Ils ont souligné que le moment est venu de démontrer la volonté politique nécessaire pour apporter une paix durable, la sécurité et la réconciliation pour les peuples de la région. Les présidents se sont engagés à fournir leurs réactions rapidement sur les formulations les plus récents proposées pour le document-cadre, et de continuer à travailler avec les médiateurs et les gouvernements coprésidents en vue de rechercher un règlement pacifique."

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* Hillary Clinton à Ankara *


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La Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé à la Turquie à se conformer sans conditions aux accords de normalisation avec l'Arménie au cours de son séjour du week-end dernier à Istanbul.

Un Haut-fonctionnaire du Département d'Etat a indiqué que les relations turco-arméniennes étaient sur l'agenda des entretiens de la Secrétaire d'Etat avec le président turc Abdullah Gül, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

"Elle a encouragé la Turquie à soutenir et à débloquer les protocoles [turco-arméniens], en attente au parlement turc, mais plus généralement de tendre la main vers l'Arménie avec les mesures de confiance, ainsi que faire tout son possible pour renforcer cette relation qui conduira au final à restaurer les relations diplomatiques," a déclaré la source aux journalistes.

Les protocoles ont été signés en grande pompe à Zurich en Octobre 2009. Dès le lendemain la Turquie a lié la ratification par le parlement à la résolution du conflit du Karabakh, conforme aux vœux de Bakou, et a bloqué le débat parlementaire. Dans l'attente d'un geste d'Ankara, l'Arménie a gelé la procédure. Dans un signe de frustration croissante, le président Sarkissian a menacé en début d'année de se retirer totalement.

La normalisation des relations turco-arméniennes est depuis longtemps un objectif de la politique américaine dans la région.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



lundi 18 juillet 2011

Le conflit du Haut-Karabakh présent dans les discussions diplomatiques

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La réunion de Kazan entre les présidents n'en finit pas d'alimenter les discussions entre diplomates ou entre politiques. Il a fallu trouver une formule tarabiscotée mais très diplomatique pour indiquer l'absence de résultats de la rencontre.

Pour le président Aliev, tout compromis sur le Haut-Karabakh, hormis une autonomie, signifie non seulement la séparation de cette région de la république d'Azerbaïdjan, ce qui à la limite ne serait pas tragique pour lui, mais surtout un fort risque de manifestations internes avec à la clé la perte de son siège de président.

La famille Aliev détient nombre de sociétés, publiques ou privées, qui sont parties prenantes dans le circuit énergétique, qui rapporte 10 milliards de dollars par an au pays. Il n'est pas besoin d'être un grand devin pour comprendre que céder sur le Haut-Karabakh cela reviendrait à tarir la manne pétrolière pour lui et ses proches.

Aussi, les négociations de paix risquent de durer encore un certain temps ; temps subordonné à la montée en puissance de la machine de guerre azérie.

** Brève économique **


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L'Arménie occupe l'avant-dernière position du classement Forbes 2011 de l'économique mondiale. En 2009 son économie a chuté de 15% suite à la crise économique mondiale et du boom financé par les Arméniens expatriés. Avec une prévision de croissance médiocre pour les prochaines années, cette ancienne république soviétique enclavée, dépendant de la Russie et de l'Iran pour la quasi-totalité de ses approvisionnements en énergie, a du mal à suivre le reste du monde. Le PIB par habitant s'élève à 3000 $, soit moins d'un tiers de celui de la Turquie voisine, et l'inflation avoisine les 7%. De plus, la Russie a réduit sa sous-traitance de diamants, privant l'Arménie d'un revenu autrefois prospère pour l'industrie de transformation du diamant.

La liste Forbes classe 177 pays selon des statistiques basées sur des moyennes de trois ans sur la croissance du PIB, sur l'inflation (y compris les estimations du FMI pour 2012), sur le PIB par habitant et sur le solde du compte courant, une mesure qui permet de savoir si le pays importe plus qu'elle n'exporte (balance commerciale).

Pour mémoire : Madagascar occupe la dernière place et la Guinée, l'antépénultième.

Extrait de Forbes

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* Les médiateurs de l'OSCE dans la région *


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La troïka des coprésidents, composée des diplomates américain, russe et français, ont rencontré vendredi le président azerbaïdjanais Ilham Aliev à Bakou, début d'une nouvelle tournée de la zone de conflit du Haut-Karabakh, pour relancer les pourparlers de paix arméno-azerbaïdjanais.

Le Cabinet d'Aliev a déclaré avoir discuté de l'état actuel du processus de négociation, qui semble être au point mort après le dernier sommet de Kazan. Aucun détail n'a été fourni.

Les médiateurs se rendront à Erevan lundi pour des entretiens similaires avec le président Serge Sarkissian, puis termineront leur navette à Stepanakert.

Dans leur déclaration de la semaine dernière, les coprésidents indiquaient : "Le résultat de Kazan, notamment la confirmation par les côtés qu'ils vont continuer à rechercher un règlement négocié, donne l'impulsion pour que les parties s'appuient sur les principes de bases pour parvenir à un accord dès que possible. Les différences restantes ne doivent pas empêcher les côtés d'accepter les principes de base et passer à la phase de rédaction des traités du processus de paix."

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé vendredi que M. Lavrov, au retour de son séjour aux Etats-Unis, s'entretiendra lundi à Moscou avec son homologue azerbaïdjanais Elmar Mammadyarov.

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* Rencontre Ažubalis-Médiateurs *


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Le Président en exercice de l'OSCE, le Ministre des Affaires étrangères lituanien, Audronius Ažubalis, a rencontré les trois coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, accompagnés du Représentant personnel du Président en exercice, Andrzej Kasprzyk.

Azubalis a confirmé son soutien aux efforts déployés par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE pour réaliser une percée dans les négociations sur le conflit du Haut-Karabakh, et a appelé à une plus grande participation de la société civile dans la mise en œuvre de mesures de confiance, déclarant : "cela contribuera à la résolution du conflit, et renforcera la confiance entre les sociétés."

Les coprésidents ont informé Azubalis des résultats de la réunion trilatérale de Kazan du 24 Juin dernier. Ils ont également discuté des perspectives d'une solution au conflit, et ont présenté les initiatives prévues d'ici la fin de l'année.

Azubalis a souligné l'importance de la coopération entre l'ONU et l'OSCE dans le maintien de la paix et de la sécurité régionales, mais également que la présidence s'emploiera à réduire les tensions et à renforcer la confiance dans les communautés affectées du Sud-Caucase : "Nous demandons instamment à tous les participants de profiter pleinement du cadre de Genève pour élaborer des mesures afin d'améliorer la sécurité et de soulager les besoins humanitaires."

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* Rencontre Nalbandian-Zannier *


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Le 15 Juillet le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian a eu une réunion avec le secrétaire général de l'OSCE, nouvellement élu, Lamberto Zannier.

Les interlocuteurs ont discuté de questions liées aux différents domaines d'activité de l'OSCE et ont échangé des points de vue sur la réforme de l'organisation.

Le ministre Nalbandian a indiqué que l'Arménie attache une grande importance au rôle de l'OSCE pour assurer la sécurité et la coopération en Europe et continuera de participer aux activités de l'organisation à tous les niveaux.

À la demande du Secrétaire général de l'OSCE, il a présenté les derniers développements dans le processus de négociation sur le règlement du conflit du Karabakh, soulignant le rôle important et les efforts du Groupe de Minsk de l'OSCE dans le processus de règlement.

Edouard Nalbandian a invité son interlocuteur en Arménie pour poursuivre le dialogue.

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* Réunion UE-Arménie *

La 6e séance plénière sur les négociations UE-Arménie a eu lieu le 15 Juillet, à Bruxelles.
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La délégation arménienne était dirigée par le Vice-ministre des Affaires étrangères Karine Ghazinian, La partie européenne était représentée par le directeur de la Commission européenne pour l'Europe orientale, le Caucase du Sud et l'Asie centrale, Gunnar Wiegand.

Les entretiens ont porté sur les grands principes et les objectifs du futur accord, sur les questions de coopération dans les domaines de la justice et de la sécurité, ainsi que sur la simplification du régime des visas et des questions migratoires.

La prochaine rencontre est prévue en Octobre.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



samedi 16 juillet 2011

Relations Turquie-UE

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Comme indiqué dans mon précédent commentaire, les négociations d'adhésion de la Turquie avec l'Union européenne marquent le pas depuis un an, date d'ouverture du treizième chapitre sur les 35 prévus. C'est peu depuis près de six ans que durent les pourparlers, et il y a de fortes chances que nombre de chapitres ne seront pas ouverts cette décennie.

Pour mémoire, la Croatie qui a démarré les négociations d'adhésion en même temps qu'Ankara, a clos le 31ème chapitre en juin dernier. Le traité final devrait être signé à la fin de l'année avant l'adhésion pleine et entière prévue au 1er juillet 2013, après validation par les Etats membres.

Pourquoi un tel retard pour la Turquie, plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord le contexte international a changé avec l'apparition de la crise monétaire occidentale et son impact sur les pays européens et notamment sur les pays à fort endettement. Plus près de nous, l'explosion des révoltes dans les pays arabes du Sud méditerranéen. L'impact de ce contexte est valable pour tous les pays candidats ou en cours de négociations.

Une autre raison tient au pays candidat lui-même. C'est un gros pays émergeant, et qui depuis peu fait partie du G20. L'entrée dans l'UE d'ici une douzaine d'années de 80 millions de musulmans gouvernés par un parti islamiste, même modéré, risque fort de poser des problèmes et aux dirigeants et à la population européenne.

Mais le motif principal à la réticente de l'UE tient aux dirigeants turcs qui, en vue de se rapprocher des valeurs de l'UE, s'engagent à réaliser des modifications profondes dans la constitution, dans le code pénal ou dans les lois, mais qui en pratique se contentent de petites réformettes. Ne pas honorer ses engagements est monnaie courante en politique, mais ne pas honorer sa signature est plus lourd de conséquences pour un Etat. C'est le cas envers Chypre avec le refus d'ouverture douanière, c'est le cas envers l'Arménie avec le refus de ratifier les protocoles.

Lorsqu'on déclare vouloir ‘zéro problème avec ses voisins', qu'on occupe militairement depuis 1974 38% du territoire de l'un, qu'on maintient depuis 1994 un autre sous blocus, qu'on se dit fier d'être le successeur de l'empire ottoman avec une tache indélébile d'avoir été le premier Etat génocidaire du XXème siècle et d'être toujours négationniste un siècle plus tard, la moindre des choses avant de critiquer et de donner des leçons aux autres, c'est de commencer par balayer devant sa porte, aussi sublime soit-elle.

* Brève *

Le projet "Mains tendues", de deux artistes hollandais, alternative à la sculpture de Mehmet Aksoy à Kars qui a été déboulonnée à la demande d'Erdogan, ne porte pas de message politique, mais propose un espace de négociation en cours symbolisé par des moules en plâtre de mains de personnes ; rapporte le quotidien turc Hurriyet.
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Les promeneurs istanbuliotes à Pangalti ou aux abords de la place Taksim, peuvent trouver surréaliste la sculpture représentant une main géante roulant autour d'un sac d'ordures. La sculpture n'a pas été envoyée à la ferraille comme celle de Kars, mais représente un élément apporté par deux artistes néerlandais au débat actuel entre Art et Politique.

Wouter Osterholt et Elke Uitentuis tournent tous les jours à Istanbul avec leur ‘sac d'ordures' et une copie de la sculpture de Mehmet Aksoy, débattue depuis plusieurs mois - le "Monument à l'Humanité" - placé au dessus de celui-ci, et demandant aux passants s'ils peuvent faire un moule en plâtre de leurs mains.

(…)

"Quand nous marchons avec notre sac, beaucoup de gens s'arrêtent et nous demandent ce que c'est et si nous voulons entamer un dialogue. Nous leur demandons ce qu'ils pensent de la sculpture et du débat, et leur proposons de faire une copie de leur main. C'est à eux de décider du geste qu'ils veulent faire, la plupart des gens choisissent soit une main tendue, ou le signe de la victoire ou le poing levé," a déclaré Uitentius.

Jusqu'à présent, Osterholt et Uitentuis ont recueilli 105 mains. À la fin du projet, ils comptent se rendre à Kars et les déposer à l'endroit où se dressait autrefois le monument d'Aksoy.

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* Relations Turquie-UE *

Le conflit chypriote est un obstacle majeur à l'adhésion de la Turquie à l'UE, en plus de l'opposition de principe des deux poids lourds de l'UE, la France et l'Allemagne. Les Chypriotes grecs insistent sur le fait que la Turquie ne peut rejoindre le bloc tant que le conflit chypriote n'est pas résolu.

L'UE dit qu'Ankara doit respecter sa promesse de permettre aux chypriotes grecs de circuler dans le Nord de l'île, selon l'accord de 2005 - le protocole d'Ankara. La Turquie déclare pour sa part que l'UE doit mettre fin à son blocus de la partie chypriote turque, soit 38% de l'ile.


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"Les relations entre la Turquie et l'Union européenne ‘gèleront' si Chypre prend la présidence de l'UE en Juillet 2012 sans une solution pour l'île divisée," a déclaré le 13 Juillet le ministre turc des Affaires étrangères.

Ahmet Davutoglu a ajouté qu'il voulait voir "un nouvel élan" au processus d'adhésion de la Turquie, maintenant que les élections législatives turques sont terminées : "Si le côté chypriote grec fait trainer les négociations et prend la présidence de l'Union européenne en Juillet 2012, cela signifie non seulement un blocage pour l'île, mais aussi un blocage, voire un point de congélation, dans les relations Turquie-UE. Nous devons prendre des mesures dès maintenant et avant la fin de l'année, pour empêcher ce blocage."

"Nous voulons voir un nouvel élan au processus d'adhésion, maintenant que les élections turques sont terminées," avait déclaré le commissaire européen à l'Elargissement, Stefan Fuele, lors d'une conférence de presse avec le ministre turc chargé de l'UE, Egemen Bagis.

Lors d'une visite dans la partie turque au Nord de l'île ce week-end, Davutoglu a déclaré que la Turquie espère que les conditions pour la réunification de Chypre seront acceptées d'ici la fin de l'année, afin qu'un référendum puisse avoir lieu début 2012 ; rapporte le ‘Financial Mirror'.

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* Edouard Nalbandian à Londres *


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"Bakou trompe son opinion publique, en prétendant que l'Acte final d'Helsinki prévoit que le règlement des conflits doit se dérouler dans le cadre de l'intégrité territoriale. Car le document ne précise pas quel lieu est concerné. À ceux qui extraient de l'Acte final uniquement les lignes qui leur conviennent et laissent de côté le reste du document, je tiens à leur rappeler que la loi stipule, qu'en cas de lectures divergentes du droit international, c'est le statut de l'ONU qui prime," a déclaré le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, lors de sa conférence à l'Institut International d'Etudes Stratégiques de Londres.

Nalbandian a rappelé que la déclaration commune faite à Deauville par les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, porte avant tout sur l'établissement de la paix et non sur des préparatifs de guerre : "Evidemment, c'était adressé à l'Azerbaïdjan, mais l'Azerbaïdjan a répondu avec : - des menaces de reprise de la guerre ; - une énorme parade militaire ; - et se vantant qu'en sept ans, le budget militaire avait été multiplié par vingt."

Il a rappelé que sans le consentement du Karabakh sur les principes fondamentaux, il sera impossible de signer un traité de paix ; tout comme sans l'implication directe du Karabakh dans les pourparlers, il sera impossible de signer un accord sur le règlement du conflit.

"La déclaration de Deauville parle de l'inacceptabilité de maintenir le statu quo. Soit, mais c'est tout l'ensemble des propositions - les trois principes et les six éléments - énoncé par les chefs des pays coprésidents, qui doit être rempli. Ainsi, il y a un point important que l'Azerbaïdjan essaie d'occulter. C'est le droit de la population du Haut-Karabakh à détermination son statut final, par l'expression libre et légale de la volonté populaire," a déclaré Nalbandian.

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* Des subventions pour l'Arménie *

L'Union européenne a alloué 19,1 millions d'euros pour des réformes institutionnelles en Arménie.

Le 13 Juillet 2011, le Conseil a adopté la première partie du programme d'action annuel 2011 pour l'Arménie, afin de l'aider à renforcer les capacités techniques et administratives des principales institutions arméniennes responsables de la mise en œuvre des futures coopérations Arménie-UE sur le commerce, la libéralisation des visas, les réformes socio-économiques et pour une meilleure qualité de la gouvernance.
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"Le ‘Printemps arabe' a conduit à des attentes accrues des réformes de la gouvernance pour le voisinage européen. L'impact de ces changements sur le partenariat de l'Est, l'Arménie inclus, ne peut être ignoré. L'adoption aujourd'hui du programme d'action annuel montre que l'UE demeure fermement résolue à l'autonomisation des sociétés dans les pays partenaires voisins désireux de prendre possession de ces réformes, qui sont très nécessaires pour le bien-être de leur population," a souligné le Commissaire à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, Stefan Füle.

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Extraits de PanArmenian.net



mercredi 13 juillet 2011

Droits de l'homme : La Turquie épinglée une nouvelle fois

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Atavisme ou mauvaise volonté, il y a comme cela des habitudes qu'on a du mal à se débarrasser. Vouloir jouer dans la cour des Grands en participant au G20, donne non seulement des droits mais implique également des devoirs.

Les dirigeants turcs ne veulent toujours pas intégrer cet aspect de leur nouveau statut. Il ne suffit pas de déclarer urbi et orbi que l'on veut ‘zéro problème avec ses voisins', (voisins dont l'un est sous blocus depuis 17 ans et l'autre envahi depuis 37 ans), encore faut-il nettoyer devant sa porte avant de vouloir régenter la région.

Or devant sa porte, la Turquie a de nombreuses poussières. Des poussières attenantes aux minorités, qu'elles soient musulmanes (Kurdes), chrétiennes (Grecs et Arméniens) ou autres (Juifs). Des poussières attenantes aux Valeurs de l'Union européenne, dont elle espère un jour devenir membre.

Et c'est là que le bât blesse. Depuis Octobre 2005, date d'ouverture des négociations, sur les 35 chapitres que comporte le processus de négociations avec l'UE, treize ont été ouverts, le dernier en Juin 2010, mais un seul fermé. Touts les chapitres qui ont trait aux droits de l'homme et aux libertés en générale, ne sont pas encore ouverts et en l'état actuel le niveau minimum n'est pas atteint pour leur ouverture.

Quant à leur fermeture... cela n'aura plus rien à voir avec la Turquie fondée par Mustapha Kemal sur les ruines de l'empire ottoman.

* Brève *

Le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev a qualifié les actions de l'Arménie ‘inconcevables'. Il a déclaré lors de la réunion du Conseil des ministres que depuis 20 ans l'Arménie a été peu enclin à changer le statu quo.

Selon Aliev, à la réunion de Sotchi initiée par le président russe en Janvier 2011, l'Azerbaïdjan a accepté "sans équivoque" les principes de Madrid, mais l'Arménie a évité de les accepter par tous les moyens. Aussi, c'est le côté azéri qui montre une approche constructive.

Et de poursuivre : "l'une des principales raisons de l'activité de ces dernières années de la communauté internationale, est l'existence de l'Etat et de l'Armée azerbaïdjanais." rapporte l'agence APA.

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Effectivement on voit mal le Calife de Bakou reconnaître, en petit cercle ou en public, que c'est son intransigeance qui fait trainer en longueur les négociations de paix.

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* Des habitudes tenaces


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"La liberté d'expression et la liberté des médias en Turquie doivent être abordées dans la nouvelle constitution vu que les modifications adoptées précédemment ont été insuffisantes. Malgré les progrès accomplis par la Turquie ces dernières années concernant les débats libres et ouverts sur des questions préalablement sensibles, la situation de la liberté d'expression et de la liberté des médias demeure particulièrement inquiétante," a déclaré le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, dans son rapport du 12 Juillet.

"Des mesures urgentes sont nécessaires pour faire respecter ces droits et favoriser une atmosphère plus tolérante envers la critique et la dissidence. Les amendements adoptés jusqu'à présent par la Turquie n'ont pas été suffisants pour faire face aux causes profondes des nombreuses violations du droit à la liberté d'expression relevées par la Cour européenne des Droits de l'Homme", a ajouté Hammarberg.

Un autre domaine de préoccupation pour le Conseil de l'Europe, selon le commissaire, est le code pénal et la loi anti-terrorisme qui continue à entraver la liberté d'expression en Turquie.

"Les dispositions de ces textes de loi ont été utilisées de manière disproportionnée pour limiter la liberté d'expression, y compris celle des journalistes, des diffuseurs et éditeurs. Les tribunaux et les procureurs ont interprété et appliqué les dispositions légales, sans avoir respecté le principe de proportionnalité et les normes de la Convention européenne des Droits de l'Homme concernant la liberté d'expression. Les autorités doivent notamment introduire dans le système juridique turc la défense de la vérité et de l'intérêt public lors de l'évaluation de la responsabilité pénale des journalistes."

Se référant à l'assassiner du journaliste turco-arménien et rédacteur en chef d'Agos, Hrant Dink, il a appelé les autorités à redoubler d'efforts pour protéger efficacement les journalistes de la violence et l'intimidation. Il a également recommandé d'aborder les conditions de travail précaires de nombreux journalistes, en particulier ceux d'investigation, et à mettre un terme à la violation systématique des droits du travail des professionnels des médias ; rapporte Hurriyet Daily News.

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* Haut-Karabakh : Une analyse qui tranche avec l'optimisme international


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L'analyste américain sur le Sud-Caucase et professeur agrégé de science politique à l'Université d'Etat du Dakota du Nord, Thomas Ambrosio, n'espère pas grand chose des pourparlers sur le règlement du conflit du Karabakh.

"Le problème central est que rien n'a changé : les positions des deux parties n'ont pas varié, idem pour la situation sur le terrain, tout comme pour l'environnement international. Étant donné que nous approchons des deux décennies, depuis que ce conflit est entré dans sa phase ‘gelée', je trouve amusant qu'avant chaque sommet il y a un optimisme exprimé par les politiciens, les militants et la presse en général que "c'est vraiment celui-là" qui va faire sortir de l'impasse. Ce conflit est gelé pour une raison bien précise : les positions des deux parties sont mutuellement incompatibles. Elles sont coincées dans un jeu dont la résultante est nulle. Je ne vois pas comment cette impasse peut déboucher, pas plus que je ne vois de raison aux perpétuels optimismes des pré-sommets - ces derniers semblent juste être des vœux pieux," a-t-il souligné.

"Les positions des deux côtés sont incompatibles. À moins que quelque chose ne change de manière significative - les positions des parties, la situation sur le terrain, ou l'environnement international - Je ne vois aucune proposition que pourraient faire les Azéris qui serait acceptable, et pour eux-mêmes et pour la partie adverse."

Commentant une possibilité pour les Etats-Unis d'assumer un rôle plus actif dans la résolution du conflit, à l'image de la Russie, l'expert a déclaré : "Cela ne changera rien, sauf si c'est un changement de l'environnement international, ce qui n'est pas."

"De même que les positions des deux parties ont directement été touchées par le conflit, la position américaine n'a pas changé et ne changera probablement pas dans l'avenir. De plus, je vais être franc : le conflit du Haut-Karabakh a une priorité plutôt faible au sein de l'administration, étant donné les autres crises nationales et internationales, actuelles ou en devenir. Par conséquent, je ne vois pas autre chose qui puisse sortir d'une réunion dirigée par les Américains ou par les Russes ou par tout autre forum traitant de cette question." Rapporte l'agence APA.

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Extrait de PanArmenian.net



mardi 12 juillet 2011

Le Haut-Karabakh ne cesse d'alimenter les commentaires

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Que ce soit en Arménie, en Azerbaïdjan, en Turquie, dans l'UE, dans les pays coprésidents le Groupe de Minsk, ou plus généralement dans les organisations internationales, la non-résolution du conflit a franchi une étape supplémentaire après l'échec de la réunion tripartite de Kazan.

Pourquoi une telle sollicitude envers un conflit qui dure depuis le cessez-le-feu de 1994 ? Plusieurs raisons à cela.

La première et probablement la plus importante, est la sécurisation des pipe-lines qui acheminent les hydrocarbures (Gaz et Pétrole) de la mer Caspienne vers l'Europe. Les sautes d'humeur des dirigeants de Bakou ne laissent présager rien de bon sur la durée du fragile statu quo qui règne sur la ligne de contact entre les forces militaires azéries et celles du Karabakh. Un conflit armé aurait des conséquences désastreuses sur les prix énergétiques.

Sollicitude due également à une région non stabilisée après la chute de l'Union soviétique, une guerre russo-géorgienne dont les plaies ne sont pas refermées et surtout l'émergence depuis quelques années d'une Turquie qui sous des dehors de pacifiste régional (zéro problème avec les voisins), rêve de néo-ottomanisme avec un rôle de gendarme.

Si la communauté internationale veut vraiment pacifier cette région, elle doit s'en prendre aux fauteurs de troubles : L'Azerbaïdjan qui passe son temps à narguer les médiateurs et à se surarmer, aidé en cela par son allié la Turquie, laquelle maintient l'Arménie sous blocus depuis 17 ans, et occupe militairement un tiers de Chypre depuis 37 ans.

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"L'Arménie s'efforcera de parvenir à un règlement pacifique et juste du conflit du Karabakh. Le processus de règlement du conflit se poursuit, et l'Arménie défend une position constructive. Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE essaient de rapprocher les positions. Le processus est compliqué, toutefois l'Arménie n'a jamais envisagé que la solution serait facile," a déclaré le président arménien Serge Sarkissian, s'adressant à un parterre de jeunes officiers.

Il a notamment souligné que ce n'est pas la quantité ou le meilleur armement qui compte le plus, mais la détermination et la qualité des combattants.

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Avant de s'envoler pour une visite officielle de trois jours aux Etats-Unis, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reçu aujourd'hui les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Bernard Fassier, Robert Bradtke, Igor Popov, et Andrzej Kasprzyk.

Les discutions ont porté sur les possibilités d'une plus grande coordination des activités des pays coprésidents compte tenu du résultat de la réunion trilatérale de Kazan le 24 Juin dernier, ainsi que sur les efforts à venir de la Russie, des Etats-Unis et de la France en tant que médiateurs dans les pourparlers.

"Il est temps de négocier. Nous attendons la réponse de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan," pouvait-on lire dans le message laissé par Sergueï Lavrov sur le compte Twitter du ministère russe des Affaires étrangères.

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L'AP-OSCE a adopté une déclaration lors de sa 20ème session annuelle du 6 au 10 Juillet à Belgrade.

En ce qui concerne les conflits prolongés, on peut lire : "L'Assemblée parlementaire de l'OSCE déplore la récente augmentation de la tension autour du Haut-Karabakh, et demande instamment que des efforts politiques accrus soient faits au sein de l'OSCE pour régler les conflits non résolus au Haut-Karabakh, en Moldavie (Transnistrie) et en Géorgie (Abkhazie et Ossétie du Sud)."

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Les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev se sont téléphonés pour discuter d'un large éventail de questions bilatérales et internationales.

Le président Obama a également exprimé son soutien aux efforts de médiation du président Medvedev au sujet du conflit du Haut-Karabakh, et a promis le soutien américain pour parvenir à un accord-cadre en vue d'un accord de paix final qui mettra fin à ce conflit.

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"Après l'échec du sommet de Kazan, la Russie et les Etats-Unis ont l'intention de proposer une nouvelle variante des principes de bases qui supprimerait les points de discordes et ne garderait que les dispositions sur lesquelles un accord peut être atteint à coup sûr. Mais aujourd'hui, il est fort probable que l'Arménie ne sera pas d'accord avec cette variante, et l'Azerbaïdjan encore moins," a déclaré le directeur du Centre des Innovations Politiques et Technologiques, Mubariz Akhmedoglu, commentant le voyage de Sergueï Lavrov aux Etats-Unis.

Le politologue pense que les coprésidents ont l'intention de mettre ce document amendé sur la table des négociations lors de la prochaine réunion entre les présidents, et que de plus, les USA et la France n'épargneront aucun effort pour évincer la Russie des pourparlers.

Toujours selon l'analyste politique, l'objectif caché serait de jouer sur les délais du statu quo actuel afin d'utiliser par exemple, le conflit du Karabakh en vue de provoquer des tensions au Nord-Caucase.

"Mais en même temps, les Etats-Unis et la France ne sont pas totalement contre le rôle de Medvedev dans la médiation, et sont prêts à créer les conditions pour torpiller un certain document sur la résolution du conflit du Karabakh, qui doit être signé de toute façon. En ciblant un seul document, ils ne veulent pas d'une résolution réelle. La Russie tente de ‘sauver la face' après l'échec de la réunion de Kazan, en introduisant une nouvelle variante des principes de base, Lavrov discutera de la coordination de cet élément avec les Américains," a souligné le politologue.

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Mubariz-Gurbanly1_medium
"Il est fort probable que les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE arrivent dans la région avec un document définitif et qui ‘tienne la route'. Je suppose que cette fois-ci les coprésidents auront un document sérieux pour la réunion régulière entre les présidents, et que des discussions effectives auront lieu," a déclaré le député et Vice-secrétaire du parti au pouvoir, Yeni Azerbaïdjan (YAP), Mubariz Gurbanly.

"C'est dans ce but que les coprésidents prépareront la prochaine réunion régulière entre les présidents. Les discussions porteront sur la situation après le sommet de Kazan ainsi que sur le document présenté à la dite réunion et les positions des parties sur les propositions. Je pense que les problèmes liés à la résolution du conflit ont sérieusement progressé, ce qui donnera certains résultats," a-t-il souligné.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



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