vendredi 16 novembre 2018

L’Arménie et l’armistice de 11 novembre 1918




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Même si l’Arménie n’a pas pris part aux combats qui ont débouché sur la victoire des Alliés en 1918, il n’en demeure pas moins qu’elle ait participé à l’un des traités qui ont suivis la défaite de l’Allemagne et de son allié l’empire ottoman. D’où la présence du premier ministre Nigol Pachinian aux commémorations à Paris.

Si l’on peut admettre la présence de la Chancelière Angela Merkel au côté du président Macron - après tout l’Allemagne a fait son mea culpa aussi bien pour la première guerre mondiale et surtout pour la seconde, il en va tout autrement de la présence du président turc Recep Tayyip Erdoğan, digne successeur de l’empire ottoman et fier de l’être. 

vendredi 9 novembre 2018

Le groupe de Minsk au Sud-Caucase




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Les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE ont repris leur tournée caucasienne pour essayer de faire progresser les négociations de paix du conflit du Haut-Karabakh. La visite des trois capitales concernées - Erevan, Stépanaguerd, Bakou, n’a rien apporté de nouveau, chacun campant sur ses positions, maintes fois rappelées.

Il semblerait que la rencontre Pachinian-Aliev de Douchanbé en septembre dernier en marge de la réunion de la CEI, ait donné lieu non pas à un début d’entente, mais à une accalmie sur la ligne de front. Cette situation devrait durer probablement jusqu’aux prochaines élections législatives arméniennes, suivies de la confirmation probable comme premier ministre de Nigol Pachinian.

mercredi 31 octobre 2018

Les Etats-Unis et le Caucase du Sud




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Le conseiller national américain à la sécurité John Bolton a commencé son voyage par la Russie il y a une douzaine de jours, puis s’est rendu en Azerbaïdjan, de là en Arménie, et a terminé son périple diplomatique par la Géorgie. Il faut dire que très peu de hauts dirigeants américains se rendent dans cette région, considérée à tort ou à raison comme la chasse gardée de Poutine.

Si à Moscou ses propos n’ont surpris personne vu l’antagonisme séculaire envers la politique russe, dans les pays du Sud-Caucase le conseiller s’est contenté d’enfoncer des portes ouvertes, caressant chacun dans le sens du poil. Il ne fallait pas s’attendre à des déclarations fracassantes, ce privilège revenant quasi exclusivement au locataire actuel de la Maison Blanche.

mercredi 24 octobre 2018

Quid des négociations Arménie-Azerbaïdjan ?




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Bien que ce soit la politique interne de l’Arménie qui retienne l’attention de la communauté internationale suite à la révolution de velours d’avril/mai 2018, il n’en reste pas moins que sur la ligne de contact entre l’Artsakh et l’Azerbaïdjan, chaque semaine apporte son lot de victimes. 

Pour quelques uns, c’est l’Arménie qui met des bâtons dans les roues en ne voulant pas se retirer des districts environnant le Haut-Karabakh comme le stipule les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU de 1993. 

Pour les autres, c’est l’Azerbaïdjan qui est fautif en ne retenant que la première (intégrité territoriale) des propositions proposées par les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE et rejetant les deux autres (non usage de la force ou de la menace d’usage de la force ; égalité des droits et autodétermination des peuples).

jeudi 18 octobre 2018

Francophonie et Arménie




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Comme il a été rappelé à plusieurs reprises, l’Arménie à défaut d’être francophone, est francophile. Au sortir de l’époque soviétique, en plus de la langue russe, c’est l’anglais qui vient juste après. Force est de constater que si l’on veut voyager à travers le monde et à plus forte raison commercer, c’est la langue anglaise et le billet vert qui prédominent ; et non le français et l’euro.

Aussi, on ne peut que saluer le tour de force de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, qui après avoir occupé le poste d’ambassadeur de l’Arménie en France, a réussi à faire intégrer l’Arménie dans l'Organisation internationale de la Francophonie et faire se dérouler le 17e sommet de la Francophonie à Erevan.

mercredi 10 octobre 2018

Azerbaïdjan : Aliev avance ses pions




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Les dirigeants azerbaidjanais comme tout bon politicien qui se respecte, ont une mémoire sélective. Ils ne retiennent que ce qui leur convient et ne disent mot des délits ou des actes criminels. Ainsi dans le différend qui les oppose à l’Arménie, seul compte pour eux la «libération» de leur territoire.

Quant au pourquoi de cette occupation, silence radio. Rien sur les exactions commises par les forces spéciales du ministère de l’intérieur azéri (Omons) envers les civils arméniens du Haut-Karabakh puis celles commises par la population azerbaidjanaise - chauffée à blanc par les agitateurs gouvernementaux, qui s’en est pris aux Arméniens habitant dans des agglomérations azéries (pogroms de Sumgaït, de Kirovabad, de Bakou ou de Maragha). C’est pour éviter un renouvellement de ces massacres que les Arméniens ont mis en place une ceinture de sécurité : Les districts entourant le Haut-Karabakh.

vendredi 5 octobre 2018

ONU : 73ème Assemblée générale




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Depuis maintenant une vingtaine d’années, les dirigeants arméniens et azerbaidjanais ressassent de la tribune de l’ONU les mêmes messages aux délégations présentes. Est-ce que pour autant, la situation a évolué ? Oui, mais dans le mauvais sens. A cela deux raisons principales.

Si jusqu’au début des années 2000 quelques rares coups de feu étaient échangés de par et d’autre de la ligne de front, l’arrivée au pouvoir d’Ilham Aliev en 2003 a changé la donne. La pluie de pétrodollars a permis au fils du président Heydar Aliev, en plus de s’enrichir personnellement, de commencer à acheter des armes lourdes soi-disant défensives et de s’assurer de l’entière adhésion de la Turquie à ses vues. Turquie, qui ne demandait d’ailleurs que cela, ayant déjà fermé sa frontière avec l’Arménie en 1994 par solidarité avec son petit frère.

mardi 18 septembre 2018

Nigol Pachinian à Paris



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La visite en France du premier ministre Nigol Pachinian n’a rien changé à la situation. Bien qu’aucun communiqué officiel n’ait été encore diffusé par le palais de l’Elysées, j’ai une vague idée sur la teneur du texte, si tant est qu’il y en ait un : «En tant que coprésident du groupe de Minsk de l’OSCE, la France en accord avec ses collègues russe et américain, soutient les efforts des deux parties pour parvenir à un début de compromis, mais c’est avant tout aux dirigeants arméniens et azerbaidjanais de trouver un terrain d’entente. Il n’y a pas de solution militaire au conflit.» 

Le reste portera sur l’amélioration des relations entre la France et l’Arménie sur le plan économique, l’amélioration du mode de gouvernance et d’une manière générale sur les valeurs défendues par l’Union européenne.

Bien évidemment, le «handicap» de l’Arménie reste son appartenance aux organismes postsoviétiques : Communauté des Etats Indépendants, Organisation du Traité de Sécurité Collective, Union Economique Eurasienne et autres liens étroits spécifiques avec Moscou.

vendredi 7 septembre 2018

Azerbaïdjan : Les actes infirment les déclarations




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Il n’y a rien de nouveaux chez le voisin, riverain de la mer Caspienne, Ilham Aliev & Co.

Alors que d’un côté les dirigeants azéris déclarent à qui veut bien les entendre, c'est-à-dire la communauté internationale et plus particulièrement les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, qu’ils privilégient les négociations pacifiques en vue de trouver un terrain d’entente, voire un début d’accord, avec l’Arménie sur le conflit du Karabakh,
de l’autre ils négocient avec Moscou des achats massifs d’armements (5 milliards $), entrainent leur armée pour un assaut sur le Karabakh (Cf. § Zakir Hasanov), le tout enrobé d’invectives, proférées par l’aboyeur officiel
Hikmet Hajiyev.

samedi 1 septembre 2018

Angela Merkel au Caucase du Sud




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La chancelière allemande ne s’est pas écartée du chemin tracé par Bruxelles en visitant ces trois pays caucasiens qui font parties du partenariat oriental de l’Union européenne, lequel porte sur six pays de l’ex-URSS.

La Géorgie bien que très proche des Occidentaux (candidate à l’UE et à OTAN), mais pas question pour elle d’être intégrée à leur Club car contigüe à la Russie avec un gros contentieux sur deux de ses régions ; L’Arménie, qui est une fidèle alliée de la Russie, est membre de l’OTSC, de la CEI, de l’UEE et n’a aucun projet d’intégrer les Clubs européens ; Quand à l’Azerbaïdjan, dirigé par un potentat local et qui n’a occidental que le vernis, n’intéresse les membres du Club que pour ses richesses énergétiques.

mercredi 22 août 2018

Turquie-Russie : un rapprochement de circonstance.




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M. Lavrov et le ministre des Affaires étrangères, M. Mevlüt Çavuşoğlu, ont eu des entretiens bilatéraux et ont donné une conférence de presse conjointe.

La question d’Idlib était bien sûr l’une des questions les plus importantes, car elle préoccupe beaucoup la Turquie, tant du point de vue de la sécurité que du point de vue social. La Turquie a toujours un détachement militaire important à Idlib et toute sorte d’offensive militaire mettrait en danger la vie des troupes turques.

Rappelons que le régime syrien consolide son pouvoir dans presque toute la Syrie occidentale après l'élimination des groupes terroristes et des groupes d'opposition dans la province de Daraa, au Ghouta orientale et à Homs. Seul Idlib est sous le contrôle de groupes djihadistes et des forces d’opposition modérées. Toutefois, une opération militaire syrienne à grande échelle dans la province d'Idlib avec le soutien de l'armée russe se prépare.

mercredi 15 août 2018

Le caïque turc tangue dangereusement




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La livre turque est en train de couler à pic, -40% depuis le 1er Janvier. Les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase sont les vicissitudes du pasteur américain Andrew Brunson qui a été accusé par les autorités turques de "terrorisme" et d'"espionnage" au profit du PKK et de FETO, puis placé en résidence surveillée fin juillet après un an et demi de détention.

() Le torchon commence sérieusement à bruler entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan, au point qu’Erdoğan a envoyé des émissaires à Washington suite au département américain du Trésor qui a imposé des sanctions au ministre turc de l'Intérieur, Süleyman Soylu, et au ministre de la Justice, Abdülhamid Gül, concernant la détention par la Turquie du pasteur Andrew Brunson.

Portant, des signes avant-coureurs indiquaient clairement la dégradation des relations avec Washington.

vendredi 3 août 2018

Une Union européenne à géométrie plus que variable




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Alors qu’elle n’a pas encore digéré le paquet de 10 pays de l’Est européen, absorbés en 2004, l’Union européenne souhaite s’élargir encore pour des raisons politiques ; et au diable si les futures pays sont loin de satisfaire aux 35 critères d’adhésion. La Turquie devrait en tirer les conséquences.

Il semblerait que dorénavant pour adhérer à l’UE, il suffit de risquer de passer sous la coupe d’une grande puissance non-occidentale, en l’occurrence la Russie ou la Chine. Avec toutefois une pré-condition : Ne pas avoir été une République Socialiste Soviétique, exception à la règle pour les trois pays baltes, qui, à la vitesse V, en plus d’adhérer à l’UE, ont intégré l’OTAN. Quand il s’agit de contrer la Russie, non seulement on grille allègrement les étapes, et si besoin on lui applique des sanctions, quitte à pénaliser ses propres producteurs.

dimanche 29 juillet 2018

Haut-Karabakh : Le calme avant la tempête ?




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Ilham Aliev déclare toujours devant la communauté internationale, y compris lors de son entretien avec le président Emmanuel Macron, que l’Azerbaïdjan désire la résolution pacifique du conflit du Karabakh. Soit, on ne peut qu’y souscrire. Mais ... car il y a un ‘mais’, pour ce faire il y a des conditions préalables à remplir par l’Arménie.

Conditions préalables, qui semblent être une constante chez les dirigeants turcs, qu’ils soient ottomans ou azéris.

Ainsi, la Turquie veut bien ouvrir sa frontière avec l’Arménie, fermée depuis 1994, à condition que le conflit du Karabakh soit résolu conformément aux souhaits de l’Azerbaïdjan. Et accessoirement que la qualification de ‘génocide’, ou pas, des massacres de masse de 1915-1916, soit confiée à un panel d’historiens.

dimanche 22 juillet 2018

Ilham Aliev en France




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Ilham Aliev est à Paris. Parmi ses nombreuses rencontres, essentiellement d’affaires, une entrevue avec le président Emmanuel Macron a eu lieu.

A voir la satisfaction du camarade Aliev, on voit que la caresse se fait dans le sens du poil.

Je ne suis certes pas dans le secret des dieux, et encore moins dans celui qui les chapeaute : Jupiter. Toutefois je vais vous donner en primeur quelques éléments du communiqué final.

()

«Les discussions ont porté sur la coopération dans les domaines de l’économie, des finances, de l’énergie, des transports, des technologies de l'information et de la communication, ainsi que de l’éducation et d’autres.
L’accent a été mis sur l’importance de l’organisation de la prochaine réunion de la Commission économique intergouvernementale Azerbaïdjan-France.
Le développement de la coopération bilatérale, au plan politique, économique et éducatif, a été au centre de la discussion. Le Président Aliev a indiqué que les relations entre les deux pays étaient à haut niveau et les entreprises françaises opéraient avec succès en Azerbaïdjan. Il a fait savoir que les visites réciproques contribuaient considérablement à développer encore davantage les liens.
Le président Macron a souligné qu’il existait un grand potentiel pour développer les relations entre l’Azerbaïdjan et la France dans divers domaines.

vendredi 6 juillet 2018

Bakou et les coprésidents du groupe de Minsk d l’OSCE




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On pourrait résumer les propos de l’Azerbaïdjan adressés au groupe de Minsk de l’OSCE, et par extension à la communauté internationale, par l’expression familière : «Cause toujours, tu m’intéresses».

Tout le travail «diplomatique» mené par les médiateurs - américain, russe et français, n’a aucun impact sur les interlocuteurs azéris dont le seul et unique but est de reconquérir leur territoire. On peut comprendre ce désir des dirigeants azerbaidjanais, mais là où la démarche devient irrationnelle c’est que pour atteindre ce but, Bakou n’est prêt à aucun compromis. Reniant à l’occasion les engagements pris lors de Sommets tripartite, et empêchant de ce fait toute avancée dans les négociations de paix.

dimanche 1 juillet 2018

L’OSCE se penche sur le Caucase du Sud




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L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe - regroupant 57 États participants et 11 États partenaires, œuvre en faveur de la paix, de la démocratie et de la stabilité sur trois continents.

On comprend que cette Organisation internationale qui est en charge du conflit du Haut-Karabakh, ne puisse pas apporter directement toute son attention à la résolution du différend arméno-azerbaidjanais. Même son Bureau peine à mener son travail de surveillance le long de la ligne de front. La tâche d’arriver à un accord revient en pratique à trois pays – Etats-Unis, Fédération de Russie et France – qui coprésident le groupe de Minsk de l’OSCE, composé de 10 pays en plus des trois cités.

samedi 23 juin 2018

À l’Ouest, du nouveau




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Alors qu’à l’Est l’Azerbaïdjan continue sa politique d’intransigeance envers l’Arménie, soutenue en cela par la Turquie, à l’Ouest l’Union européenne se félicite du changement en douceur des dirigeants arméniens. C’est un terme qui revient souvent dans la bouche des observateurs, vu qu’il est rare de voir un changement aussi radical sans victimes directes ni collatérales.

Ce constat positif entraîne de la part de l’UE une attention plus grande accompagnée d’aides financières et techniques. Toutefois il est peu probable que les relations avec l’Arménie n’aillent au-delà de ce qui est possible, ou permis, de faire.

mardi 19 juin 2018

À l'Est, rien de nouveau




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Les semaines se suivent et se ressemblent. Elles se ressemblent, sur le terrain - où les snippers azéris se défoulent sur tout ce qui dépasse côté arménien, et sur le plan diplomatique – où les dirigeants azéris ressassent à longueur de rencontres l’intégrité territoriale de leur pays. Ce qui n’empêche pas bien sûr de s’équiper militairement pour renforcer la ligne de front.

D’ailleurs pourquoi en serait-il autrement ? Les pays coprésidents du groupe de Minsk qui sont sensés piloter le règlement du conflit du Karabakh depuis près de vingt-cinq ans et dont le travail actuel consiste essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, à éviter que la guerre reprenne, font face à un dialogue de sourd. Une seule chose est communément admise par les parties en conflit, le statu quo n’est pas une fin en soi, et il faut en sortir.

lundi 11 juin 2018

La nouvelle stratégie de Bakou face au conflit du Karabakh




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On pourrait croire que changement de gouvernement en Arménie a eu un effet bénéfique sur le clan Aliev ; Hélas c’est un faux-semblant.

En creusant un peu plus les propos affables des dirigeants azerbaidjanais et plus particulièrement ceux du potentat Ilham, ou ceux de son bras diplomatique, Elmar, on constate que si la forme a reçu une couche de civilité, le fond, lui, reste identique.

Ainsi, dans une lettre adressée au Sommet de l'Alliance des Conservateurs et Réformistes en Europe, qui s’est tenu à Bakou, il écrit notamment : "()… Malgré le fait que les organisations internationales ont adopté des décisions et des résolutions appelant à la résolution du conflit conformément au principe de l'intégrité territoriale, des mesures efficaces n'ont pas encore été prises dans ce sens".

lundi 4 juin 2018

La France au Sud-Caucase




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Comme annoncée par le président Emmanuel Macron au dîner du CCAF en Janvier dernier, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’est rendu dans les trois pays transcaucasiens qui célébraient le centième anniversaire de leur première indépendance.

Tout comme ses prédécesseurs, qu’ils soient ministres ou présidents de la république, quand on visite l’un, on visite également les deux autres ; mais pas forcément pour les mêmes raisons et les propos échangés ne portent pas sur les mêmes sujets.

lundi 28 mai 2018

Azerbaïdjan vs Arménie




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L’Azerbaïdjan espérait secrètement que le nouvel homme fort de l’Arménie assouplirait la position de son pays dans le conflit du Karabakh, notamment en lâchant du lest sur des territoires entourant le Haut-Karabakh. Peine perdue.

Le clan Aliev refuse absolument de faire des compromis et se contente de présenter des propositions maximalistes. De plus, le droit à l’autodétermination des peuples est une notion inconnue chez eux.

Ainsi, la «seule négociation» pour Bakou consiste à ce que : - l’Arménie restitue à l’Azerbaïdjan tous les territoires occupés, Haut-Karabakh compris ; - le million de réfugiés Azéris retourne dans ses foyers ; -  d’ici une quinzaine d’années, au mieux, un référendum pourrait se dérouler pour décider … du niveau d’autonomie désiré par les habitants du Karabakh. Signe de bonne largesse de sa seigneurie Ilham Aliev, ils pourraient même accéder au rang de république autonome d’Azerbaïdjan, comme le Nakhitchevan ; mais certainement pas d’indépendance.

samedi 19 mai 2018

Arménie-Turquie-Azerbaïdjan




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Si les changements sont importants sur le plan intérieur, la politique étrangère de l’Arménie reste inchangée. Le principal allié économique et stratégique reste toujours la Fédération de Russie, le principal partenaire sociopolitique portant sur les valeurs communes de la démocratie, de l'état de droit, du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, reste l’union européenne avec l’accord de partenariat (CEPA). Et bien évidemment les deux principaux psychorigides que sont la Turquie et son vassal l’Azerbaïdjan, attendent du nouveau gouvernement l’abandon de tous les griefs.

En 2003 Erdoğan devient premier ministre de Turquie et le fils Aliev est élu président de la république d’Azerbaïdjan. Depuis les relations se sont envenimées, même si il y a eu une soi-disant embellie avec un début de résolution du conflit du Karabakh à Key West (2001) et la signature des protocoles arméno-turques (2009). Car c’est bien Erdoğan qui pilote par personnes interposées les relations avec l’Arménie et croire le contraire serait une grave erreur.

dimanche 13 mai 2018

Arménie : Nouveau gouvernement, nouvelle diplomatie ?




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Quasiment toutes les chancelleries occidentales ont félicité l’Arménie pour le changement effectué sans trop de dommages de Premier ministre. On notera toutefois que la France, coprésidente du groupe de Minsk de l’OSCE, qui se vante d’être une « grande amie» de l’Arménie, s’est contentée de sortir un communiqué ministériel laconique. Cela reste dans la même lignée que la présence le 24 Avril du … ministre de la Transition écologique et solidaire, pour commémorer le 103ème anniversaire du génocide des Arméniens.

On est bien loin des événements de 2008 qui avait fait une dizaine de morts, quand Serge Sarkissian avait été élu président de la République. Après dix ans de pouvoir, son changement de casquette associé à une partie de «chaises musicales», ne lui a pas réussi. L’homme fort du petit état caucasien n’est plus le président de la république mais le Premier ministre, nouveau régime oblige.

dimanche 6 mai 2018

L’après 24 Avril




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Là où existe une communauté arménienne, le 103ème anniversaire du génocide des Arméniens a été célébré avec plus ou moins de faste, en présence des autorités locales, voire nationales mais rarement gouvernementales. Le plus souvent, ces dernières se sont contentées de sortir un communiqué, versant quelques larmes de crocodile sur les événements de 1915 et renvoyant les antagonistes dos à dos. Depuis quelques années, même le chef négationniste de l’état génocidaire envoie une lettre au patriarcat arménien d’Istanbul. Comme hypocrisie, on ne fait pas mieux.

Il n’est pas question pour ces états de reconnaitre le génocide arménien, au motif que cela fâcherait grandement l’Homme malade de l’Europe, nuirait aux relations diplomatiques avec Ankara et perturberait fortement les échanges commerciaux.

dimanche 29 avril 2018

Une goutte d’eau de trop




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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, de Hurriyetet de l’OSCE


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L’Arménie a la fâcheuse tendance à vouloir copier son allié privilégié : la fédération de Russie. S’il y a un air de famille entre les homo soviéticus et/ou les oligarques, la comparaison s’arrête là. La situation politico-économique de l’Arménie ne ressemble en rien à celle de la Russie. Aussi, vouloir se maintenant au pouvoir par le biais d’un changement de constitution et de chaises musicales, n’a pas réussi au président sortant Serge Sarkissian.

La révolution de velours qui s’en est suivie a fait réagir nombre de chancellerie voire même le secrétaire général de l’ONU pour rappeler l’état de droit. Vu son silence, France ne semble pas spécialement intéressée par les événements qui se déroulent à Erevan.

samedi 21 avril 2018

Ankara s’éloigne de Bruxelles




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Les décisions du parlement européen, et/ou celles de la Commission européenne, sont une chose, les déclarations de certains états membres en sont une autre. A croire que les 27 ne sont pas tenus de suivre les résolutions ou les lois votées par les députés européens.

Alors que les élus constatent les dérives sérieuses de la Turquie, les gouvernements continuent de caresser Ankara dans le sens du poil, aussi bien verbalement, que financièrement. Le Sultan ottoman aurait tord de se priver de ces contradictions intestines. Démarche que l’on trouve outre-Atlantique, puisque les Etats-Unis, par OTAN interposée, agissent de même envers Erdoğan, alors que de plus en plus de voix s’élèvent dans le Congrès.

Pour garder leur «allié turc», les Occidentaux sont prêts à avaler toutes les couleuvres.

samedi 14 avril 2018

La Turquie, la Russie, la coalition ... et les autres




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La faiblesse du régime syrien a ouvert les appétits de certains et permet à d’autres de régler leurs comptes.

() La rencontre Erdoğan-Poutine du 3 Avril dernier n’a fait que renforcer les idées expansionnistes du sultan ottoman. Moscou ne lui fera pas de l’ombre, du moins tant qu’Ankara ne s’en prend pas directement à Bachar el-Assad. Quant aux pays de la coalition, on a vu leurs réactions lorsque l’armée turque a franchi la frontière syrienne et s’est emparée d’Afrin avec l’aide des rebelles syriens, pour chasser les Kurdes. Cela s’est traduit dans les chancelleries occidentales par un modeste : «ce n’est pas bien, il ne faut pas».

Alliée soi-disant des Occidentaux, la Turquie a soutenu à leur début les terroristes du Daech, farouchement anti-mécréants et anti-chiites, et soutient maintenant les opposants (sunnites) à Bachar el-Assad (alévi). A la guerre ethnique s’ajoute une guerre de religion.

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