A la Une

mercredi 31 mars 2010

Les Principes de base de Madrid et le conflit du Haut-Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

L'Azerbaïdjan a totalement changé de stratégie dans les négociations de paix avec l'Arménie. Depuis novembre 2007, Bakou trainait les pieds refusant les termes des Principes de Madrid, car ils ne prenaient pas en compte le principe d'intégrité territorial du pays. Il passait donc pour un empêcheur de tourner en rond, le ‘mauvais élève' aux yeux des médiateurs.

Pour renverser cette situation bloquée, les coprésidents ont quelques peu modifié les principes de bases, en les ‘mettant à jour'. Si l'on retrouve effectivement la notion de droit à l'autodétermination des habitants du Haut-Karabakh, réaffirmé récemment par l'ONU, celle-ci est repoussée à une date très incertaine et dans des conditions pas du tout claires.

C'est-à-dire que le processus de paix n'a plus une vision globale (avec mise en place par étapes) mais avance étapes par étapes. On trouvera évidemment dans les premières étapes la restitution de toutes les zones tampons, ou zones de sécurité, entourant le Haut-Karabakh, avec pour tout lien entre l'Arménie et le Haut-Karabakh, une liaison terrestre sous double contrôle arméno-azéri, des forces internationales de paix réparties dans la région et des centaines de milliers d'azéris réinstallés dans toutes ces zones.

La différence peut paraître subtile, mais si la négociation se fait étapes par étapes, rien n'empêchera l'Azerbaïdjan de bloquer les discussions dans le déroulement de ce nouveau processus. Et entre-temps Bakou aura récupéré ses sept districts et le statut final du Haut-Karabakh sera repoussé aux calendes grecques.

Cela s'appelle un marché de dupes.

La question qui se pose est la suivante : Pourquoi les coprésidents se sont-ils mis à favoriser la démarche prônée par Bakou ?

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* Principes de base


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"Nous avons reçu des réponses de la partie arménienne ce qui concerne la mise à jour de Principes de Madrid. Seulement toutes les propositions ne sont pas acceptées par l'Arménie. Azerbaïdjan les accepte et indique qu'il attend les résultats des contacts des coprésidents avec la partie arménienne," a déclaré le coprésident russe, Yuri Merzlyakov, aux journalistes à Stepanakert.

"Cependant, nous ne considérons pas la situation comme acquise. Il y a quelques années la même situation a été observée vis à vis des principes de Madrid, l'Arménie les avait accepté mais il s'est avéré qu'elle ne les acceptait pas complètement, tandis que l'Azerbaïdjan avait refusé de les accepter et nous avons travaillent depuis pour parvenir à un résultat coordonné." Merzlyakov a également noté que les parties étaient tombées d'accord sur les principes de Madrid, à l'exception de quatre points.

L'une des parties a déclaré qu'elle est d'accord avec les principes à l'exception de quelques points. Maintenant, c'est l'autre partie qui fait la même déclaration.


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Le coprésident français, Bernard Fassier, a relevé à son tour que "les propositions sur les principes de Madrid sont toujours en discussion et que les côtés parviennent périodiquement à un accord sur certains points, ce qui prouve le sérieux du processus et contribue à la compréhension mutuelle." Il a exprimé l'espoir que le cadre de la compréhension mutuelle pourrait être élargi.

"La guerre n'est pas une option. Une nouvelle guerre ne va pas changer l'histoire et la géographie et ne fera qu''aggraver davantage le problème," a conclu Fassier.

* Groupe de Minsk : Déclaration


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"Les Coprésidents du Groupe de Minsk (les Ambassadeurs Yuri Merzlyakov, de la Fédération de Russie, Bernard Fassier, de la France, et Robert Bradtke, des États-Unis) se sont rendus à Erevan et dans le Haut-Karabakh du 26-au 29 Mars. Le 27, ils ont informé les autorités de Stepanakert sur l'état actuel des négociations.

Le 28 à Erevan, les coprésidents ont rencontré le président Serge Sarkissian et le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian pour discuter des commentaires arméniens sur les Principes fondamentaux relatifs au règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh. Sur place, les coprésidents ont également eu un certain nombre d'autres entretiens bilatéraux distincts.

Après les récentes rencontres entre les coprésidents et les parties tant à Paris que dans la région, les coprésidents notent avec satisfaction l'engagement des deux parties de parvenir à un règlement pacifique dans le cadre des principes de Madrid."

* David Babayan


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"Les approches des deux parties vers un règlement du conflit du Karabakh sont différentes, et le processus va durer longtemps", a déclaré David Babayan, le conseiller du Président de la RHK à ‘Radiolour', commentant la visite à Stepanakert des coprésidents du Groupe de Minsk, à l'issue de leur rencontre avec le président Bako Sahakian.

La mise à jour de principes de Madrid présentée aux Présidents arménien et azerbaïdjanais est interprétée par les parties de manière différente. Les autorités de Bakou qui avaient rejeté obstinément le fait que les négociations étaient fondées sur les principes de Madrid, déclarent que la mise à jour du document est acceptable. Ce qui fait dire aux analystes politiques qu'il y aurait une vision déformée des principes mis à jour.

"La position de l'Artsakh sur le règlement du conflit n'a pas changé", a indiqué Babayan, ajoutant qu'il ne pense pas que la résolution du problème soit possible dans les cinq prochaines années.

"Il est impossible de parvenir à une solution tant que Bakou ne change pas sa position," a précisé le Conseiller. Selon lui, une possibilité reprise de la guerre est peu probable, car il y a équilibre entre les forces.

* Samvel Babayan


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Plus pessimiste, l'ex-ministre de la Défense de la République du Nagorno-Karabakh (RHK), Samvel Babayan, ne voit pas non plus de solution politique au conflit au cours des cinq prochaines années.

"L'Arménie a stimulé le développement économique afin d'être en mesure de résister au choc. Le Président arménien ne fera pas de concessions, toutes ses déclarations doivent être considérées dans un contexte politique", a déclaré Samvel Babayan lors d'une conférence de presse, ajoutant que tous les développements conduisent aujourd'hui à une résolution du problème par voie militaire, et que la situation est dangereuse.

Radio publique d'Arménie



mardi 30 mars 2010

Basic Principles and the Nagorno-Karabakh conflict

* Basic Principles


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“We have received answers from the Armenian side regarding the updated Madrid Principles.. Not only all proposals are accepted by Armenia. Azerbaijan accepts the proposals and says it's waiting for the outcome of the Co-Chair's contacts with the Armenian side,” Russian Co-chairs Yuri Merzlyakov told reporters in Stepanakert.

“However, we do not strain the situation, as a couple of years ago the same situation was observed in relation to the Madrid principles which Armenia accepted but it turned out that it accepted them not completely, while Azerbaijan refused to accept them and we have long been working to reach a coordinated result,” he said. Merzlyakov also noted that the sides had come to a common agreement in a relation to the Madrid principles except for four points.

One of the parties declares it agrees with the principles except for several points. Now, it's the other party.


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French co-chair Bernard Fassier in turn noted that the proposals on the Madrid principles are still discussed and the fact that the sides periodically come to an agreement on some points proves the seriousness of the process and contributes to mutual understanding,” French Co-Chair Bernard Fassier said, voicing hope that the framework of mutual understanding could be expanded.

“War is not an option. A new war will not change history and geography and will further aggravate the problem,” Fassier concluded.

* Minsk Group : Statement


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"The Minsk Group Co-Chairs (Ambassador Yuri Merzlyakov, Russian Federation; Ambassador Bernard Fassier, France; Ambassador Robert Bradtke, United States) visited Yerevan and Nagorno-Karabkah March 26-29. They updated the de facto authorities March 27 on the current state of negotiations.

In Yerevan March 28, the Co-Chairs met President Serzh Sargsian and Foreign Minister Edward Nalbandian to further discuss Armenian comments on the Basic Principles for the peaceful settlement of the Nagorno-Karabakh conflict. While in Armenia, the Co-Chairs also had a number of other separate bilateral meetings.

After the recent meetings between the Co-Chairs and the parties in Paris and in the region, the Co-Chairs note with satisfaction the commitment of the parties to reach a peaceful settlement within the framework of the Madrid Principles."

* David Babayan


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“The approaches of the parties towards the Karabakh conflict settlement are different, and the process will last long,” Assistant to NKR President David Babayan told “Radiolur,” commenting on the visit of the Minsk Group Co-Chairs to Stepanakert and the outcome of their meeting with President Bako Sahakyan.

The updated Madrid Principles presented to the Presidents of Armenia and Azerbaijan are interpreted by the parties in different ways. Official Baku, which was stubbornly rejecting that the negotiations were based on the Madrid Principles, declares that the updated the document is acceptable. This made political analysts conclude that the there is a distorted view of the updated principles.

“Artsakh's position on the settlement of conflict settlement has not changed,” David Babayan said, adding that he did not think the resolution of the issue was possible within the coming five years.

“It's impossible to reach a solution until Baku changes its position,” David Babayan said. According to him, the possibility of resumption of war is not great, since there is balance between the parties, he noted.

Public Radio of Armenia



lundi 29 mars 2010

La Turquie et le génocide arménien : suite et pas fin

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Depuis plus d'un mois, Erdogan et Davutoglu se démènent pour bloquer les Résolutions sur le génocide arménien qui poussent un peu partout. Hier encore les deux ministres des Affaires étrangères américain et turc, ont eu une longue conversation téléphonique où le processus arméno-turc, la Résolution sur le génocide (H.Res.252) et le discours d'Obama pour le 24 Avril n'étaient pas absents.

Décidément, le sort s'acharne sur la Turquie. Après Washington, la Catalogne, Stockholm, Londres, voici qu'Israël et la Serbie s'y mettent à leur tour.

En fait, la Turquie est tombée sous le coup de la loi ... de la loi de Murphy. C'est une loi physique empirique, connue aussi sous le nom de loi des emmerdements maximum (‘Un emmerdement n'arrive jamais seul' ou ‘Si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner'). Ce qui décrit très bien cet enchainement indésirable.

C'est l'effet pervers du refus de la ratification des protocoles arméno-turcs par Ankara.

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* La Knesset d'Israël


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Le mois prochain en Israël, le chef du parti Meretz, Haïm Oron, a l'intention de réintroduire la discussion sur la résolution sur le génocide arménien à la Knesset, rapporte IzRus.

Depuis 1990, la reconnaissance du génocide arménien a été un sujet de vives discussions. Selon cette source, cette année, la question est plus que jamais au centre d'organismes étatiques, à l'intérieur et en dehors d'Israël. Pour un certain nombre de raisons, la question n'est plus considérée dans le contexte des relations entre deux États ou deux nations, mais ayant de toute évidence une coloration géopolitique.

Premièrement, ce processus est impacté par l'augmentation des tensions entre Israël et la Turquie. Des mécanismes régionaux, tels que : - la modification de la ligne de politique étrangère d'Ankara ; le remplacement des liens étroits avec l'Ouest par la convergence avec le monde musulman ; le rapprochement Arménie-Turquie ; le renforcement du partenariat stratégique arméno-iranien ; ainsi que l'intensification de la coopération israélo-azerbaidjanaise, - jouent un rôle important.

Deuxièmement, le désir de Washington de reprendre les pourparlers israélo-palestiniens par tous les moyens impliquent que le ‘facteur arménien' doit être pris en compte par l'administration israélienne dans le contexte d'une décision définitive sur le statut final de Jérusalem. Cela découle du fait que l'Eglise apostolique arménienne contrôle, totalement ou partiellement, de nombreux sanctuaires chrétiens dans la ville (y compris une partie de l'Eglise du Saint-Sépulcre). Vu que le quartier arménien est situé au cœur de la vieille ville, les acteurs occidentaux du ‘processus de négociation' considèrent que le futur partage de Jérusalem peut, dans une certaine mesure, dépendre de la position des Arméniens ; indique la source.

* Le parlement serbe


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Le parti d'opposition serbe, SRS, a présenté "un projet de Résolution au Parlement condamnant le génocide commis par la Turquie ottomane contre les Arméniens de 1915 à 1923," a déclaré le dirigeant du SRS, Zoran Krasić, lors d'une conférence de presse à Belgrade.

"Le SRS a soumis le projet de telle sorte que la Serbie puisse adhérer aux quelques 20 pays qui ont condamné le génocide, considéré comme le premier génocide du 20e siècle.

Sous la pression de la communauté internationale, certains tentent de faire adopter par le parlement serbe une Résolution sur Srebrenica, incluant le terme de génocide, bien que ce qui s'est passé à Srebrenica ne peut être comparé à la situation des Arméniens ou à celle de plus d'un million de personnes au Rwanda," a ajouté Krasić.

Radio Publique d'Arménie



dimanche 28 mars 2010

Le processus de négociation arméno-azerbaidjanais

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Depuis la rencontre en début de mois entre les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE et les deux ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaidjanais, peu d'évolution. Bien que les pourparlers se déroulent à huis clos, si nouveauté il y avait, fuites il y aurait.

Si le président azéri Ilham Aliev admet le fait que le Haut-Karabakh ne fera jamais plus partie de l'Azerbaïdjan, il récupérera à terme probablement une bonne partie de la zone tampon, selon les clauses des principes de bases de Madrid. Sinon la situation risque de perdurer encore pendant un temps certain.

Reste l'option militaire que l'Azerbaïdjan n'a jamais abandonnée. Tant qu'Ankara n'aura pas ratifié les protocoles turco-arméniens, c'est-à-dire que l'Arménie sera toujours sous blocus, Bakou jouera le jeu des médiateurs. Dans le cas contraire, Aliev passera à la vitesse supérieure et les accrochages de plus en plus lourds sur le front du Karabakh deviendront monnaie courante.

Les pays médiateurs qui coprésident aux pourparlers de paix, Etats-Unis, Russie et France n'accepteront pas qu'une nouvelle guerre éclate dans la région, sans compter que les accords de l'OTSC impliqueront plusieurs Etats.

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* Sergueï Chakariantz


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"Il n'y a ni gagnants ni perdants dans les relations arméno-turques et/ou arméno-azerbaïdjanaises," a déclaré le politologue Sergueï Chakariantz lors d'une conférence de presse.

Chakariantz considère les deux processus, avec la Turquie et avec l'Azerbaïdjan, en tant que composantes du jeu régional des deux grandes puissances, États-Unis et Russie. Le politologue explique que l'Union européenne ne participe pas au jeu, et que l'influence de l'Iran n'est pas à sous-estimer.

Quant au conflit du Karabakh, l'expert estime peu probable une reprise de la guerre, du moins en 2010.

* Edouard Charmazanov


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"L'Arménie ne compte pas résoudre le conflit du Karabakh à n'importe quel prix. Le plus important pour Erevan c'est la détermination du statut du Karabakh," a déclaré le porte-parole du Parti Républicain d'Arménie, Edouard Charmazanov, lors d'une conférence de presse.

Évaluant la phase actuelle du processus de règlement, Charmazanov a souhaité que les initiatives de l'Arménie réussissent et fassent ressortir les différences qui existent à ce stade des négociations.

"Avant, les discussions achoppaient sur le principe d'intégrité territoriale, alors qu'aujourd'hui, c'est sur le principe du droit des peuples à l'autodétermination," a-t-il précisé.

* Sergueï Lavrov


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Le 25 Mars, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a participé à la réunion non officielle de ses homologues de l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC).

Edouard Nalbandian a eu un entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de la rencontre. Un certain nombre de questions bilatérales, régionales et mondiales ont été abordées.

En faisait partie le processus de règlement du conflit du Karabakh, sur la base des principes de Madrid. Les deux interlocuteurs ont convenu qu'il n'y avait pas d'alternative autre qu'une résolution pacifique du problème.

* Seyran Ohanian


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Le 27 Mars, le ministre de la Défense arménien, Seyran Ohanian, a reçu la délégation conduite par le coprésident américain du Groupe de Minsk de l'OSCE, Robert Bradtke. L'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des Etats-Unis à Erevan, Marie Yovanovitch, était présent à la réunion.

Concernant le règlement du conflit du Karabakh, le ministre arménien a souligné que les négociations étaient la seule option pour le règlement de la question. Alors que les constantes déclarations belliqueuses de l'Azerbaïdjan ne créent seulement qu'une atmosphère tendue dans la région, entravant ainsi le processus de règlement.

Seyran Ohanian a exprimé l'espoir qu'une solution acceptable pour les deux parties sera trouvée dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Les parties ont convenu que lier le règlement du conflit du Karabakh et la normalisation des relations arméno-turques est inacceptable.

* Kanat Saudabaev


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"Le Kazakhstan, en tant que pays dirigeant l'OSCE, a suggéré la tenue d'une réunion des Présidents arménien et azerbaïdjanais à Astana en 2010," a déclaré le Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan, Kanat Saudabaev, au cours de la réunion à Moscou des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEI ; rapporte le quotidien Kazakhstan Today.

"Dans le cadre de la résolution pacifique du conflit du Haut-Karabakh sur la base des principes de Madrid, Astana prêtera son concours à l'activité du Groupe de Minsk de l'OSCE et est prêt à organiser une réunion cette année entre les deux Présidents."

Il a souligné que le Kazakhstan qui assume la présidence de l'OSCE "fera tous les efforts pour contribuer à faire progresser de façon positive tous les conflits en cours sur le territoire de la CEI."

* Bako Sahakian


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Les médiateurs du groupe de Minsk de l'OSCE ont rencontré le président de la RHK, Bako Sahakian. La discussion a porté sur les questions liées à l'étape actuelle et aux perspectives de de règlement du conflit Karabakh-Azerbaïdjan.

Le chef du petit Etat a une fois de plus souligné que sans la pleine participation de la République d'Artsakh il sera impossible d'arriver à un règlement définitif et global du conflit.

Il a noté que les approches peu constructives et militaristes de l'Azerbaïdjan ainsi que son rejet d'initiatives de mutuelle confiance sont les obstacles de taille sur la voie du règlement du conflit. Il a également souligné que l'indépendance et la sécurité de l'Artsakh ne sont pas des sujets de spéculations et que toute tentative pour revenir à la situation passée aurait des conséquences imprévisibles.

Le Président de la République du Haut-Karabakh a réitéré la pleine adhésion de son pays à un règlement pacifique du conflit dans le cadre du Groupe de Minsk. Les coprésidents ont également souligné que tout scénario de résolution du conflit par voie militaire est absolument inacceptable.

Concernant la normalisation des relations arméno-turques, Bako Sahakian a noté que ce processus n'a pas de liens avec celui du règlement du conflit du Karabakh et que les tentatives de vouloir lier ces deux sujets ont un impact négatif sur les deux processus et les conduisent à une impasse.

Les questions liées à la situation le long de la ligne de contact ont également été discutées.

Radio Publique d'Arménie



samedi 27 mars 2010

Rencontre entre Arméniens et Turcs (suite)

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Que ce soit des civils, des militaires, des politiques ou des diplomates turcs, la réponse est toujours la même : Régler d'abord le problème du Karabakh avant toute normalisation des relations arméno-turques. Et si le sujet concerne le génocide arménien, seuls quelques intellectuels et universitaires, voire quelques journalistes, se dressent contre la doctrine officielle. En cas d'écart, le code pénal est là pour signifier les limites de la liberté d'expression et la manière d'aborder les sujets tabous en Turquie.

Comme cela ne coûte pas cher et que de surcroit cela permet de bien se faire voir pas la communauté internationale, on ne voit pas pourquoi la Turquie abandonnerait cette démarche dite de ‘normalisation', il y a quelques années ça portait le nom de ‘réconciliation', et dans quelques années on trouvera une autre appellation comme ‘rapprochement' ou ‘entente amicale'.

L'important pour Ankara, c'est de préserver ses intérêts nationaux, et les Arméniens, qu'ils soient nationaux ou diasporiques, ne font pas partie de ce schéma. Si l'empire ottoman les a tolérés pendant des siècles, ce n'est pas une raison pour que la Turquie moderne fasse de même. Sinon à quoi cela aurait-il servi d'en massacrer un million et demi, de s'accaparer de leurs biens et de leurs terres, et d'être le premier Etat génocidaire du 20ème siècle ?

Comme le dit si bien Erdogan, on ne refait pas l'histoire.

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Dans une interview accordée à RFE/RL à Erevan, Sadi Erguvenc, ex-général turc à la retraite, a reconnu que les chances d'une ratification des protocoles turco-arménienne sont très minces pour le moment. "La situation ne semble pas être très prometteuse," a-t-il indiqué.

Les dirigeants turcs ont affirmé à maintes reprises que le parlement turc ne ratifiera les protocoles que si une percée significative a lieu dans les pourparlers de paix arméno-azerbaïdjanais. Un membre éminent du Parti de la Justice et du Développement (AKP) a réaffirmé cette position lors d'une récente visite à Erevan.

"Il ne faut pas regarder rationnellement du point de vue arménien, mais la Turquie tient grandement à ses relations avec l'Azerbaïdjan. Cette position ne peut pas se changer facilement sans avoir une solution durable au problème du Karabakh.

On ne peut pas priver les Azéris de l'appui qu'ils méritent, à notre avis. Leur pays est occupé dans une large mesure. Un nombre assez important de personnes souffrent de cette situation. Alors, bien sûr, nous nous sommes engagés à les soutenir," a déclaré Erguvenc.

Interrogé pour savoir si Ankara pourrait cesser prochainement de lier les deux processus, rejeté par Erevan, Erguvenc a répondu : "Je ne crois pas. Cette politique bénéficie d'un fort soutien public en Turquie."

Le général en retraite de l'armée de l'Air s'adressait à RFE/RL, en marge du séminaire turco-arménien d'Erevan organisé par la Fondation Partenariat Eurasie (EPF), en collaboration avec le Centre des Tendances Politiques Globales (GPoT), un groupe de réflexion basé à Istanbul, et financé par l'USAID. (Voir brève de jeudi)

Erguvenc, qui siège actuellement au conseil consultatif du GPoT, a dirigé le Service de Renseignement du puissant Conseil de Sécurité national turc ainsi que le Département Planification de l'Etat-major militaire turc avant de prendre sa retraite en 1992. Il a été également membre de l'ancienne Commission de Réconciliation Arméno-Turc (CRAT), un panel de diplomates retraités et de personnalités civiles créé en 2001 à l'initiative du Département d'Etat américain. La CRAT a maintes fois appelé à l'établissement inconditionnel de relations diplomatiques entre les deux pays et à l'ouverture de la frontière avant d'être dissoute en 2004.

Le général a insisté sur le fait que le processus de normalisation turco-arménien n'a pas échoué, et qu'à terme, ce sera un succès si les deux parties restent dans une posture ‘tournée vers l'avenir'. "Aussi, le gouvernement turc est très intéressé à rester sur une voie positive. Il a une politique déclarée de ‘zéro problème' avec ses voisins et il veut s'y tenir. Une ouverture dans le conflit du Karabakh permettrait d'améliorer considérablement la situation," a-t-il ajouté.


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Yalim Eralp, un ambassadeur turc à la retraite qui assiste également au séminaire, a lui aussi insisté sur l'importance de la paix au Karabakh pour le rapprochement turco-arménien. "Quand vous avez un nouvel ami, vous ne pouvez pas abandonner l'ancien," a-t-il souligné.


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"La Turquie met ses relations avec l'Azerbaïdjan au-dessus des relations turco-arméniennes", s'est plaint au cours de la discussion David Hovannisian, un ambassadeur arménien retraité et également ex-membre de la CRAT.

Il a fait remarquer que la population tant en Arménie qu'en Turquie est ‘beaucoup plus engagée pour la normalisation' que les deux gouvernements.

Eralp semblait d'accord, ajoutant que les deux sociétés civiles doivent continuer à "faire pression" sur leurs gouvernements. "Mais nous devons utiliser cette pression intelligemment", a-t-il précisé.

Armenialiberty



jeudi 25 mars 2010

Les relations Turquie-Suède se réchauffent

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comment se mettre bien avec la Turquie ?

Il suffit par exemple, de fermer les yeux sur les dérapages d'Ankara sur les valeurs qui fondent l'Europe : - la Démocratie, - les Droits de l'homme, - les Libertés qu'elles soient individuelles ou collectives. C'est ce que l'UE a très bien compris, en relevant timidement les ‘insuffisances', dans le cadre des négociations d'adhésion.

Autre façon de procéder, fermer les yeux sur les agissements d'Ankara vis-à-vis de pays mitoyens : - Blocus de l'Arménie depuis dix-sept ans, - Occupation de 37% de Chypre, -Revendication d'îles appartenant à la Grèce. Là, l'UE n'est pas la seule à blâmer ; nombre d'organisations internationales suivent son exemple.

Dernière manière et certainement la plus vile : nier le génocide d'un million et demi d'Arméniens pour des raisons bassement économiques. Rares sont les pays qui ont eu le ‘courage' de reconnaitre la vérité et un peu moins rares les Parlements.

Le crime de génocide est toujours d'actualité, même 95 ans après les faits, car il est Imprescriptible. La Turquie devrait pourtant le savoir, elle qui a signé en Juillet 1950 la Convention (de Décembre 1948) pour la Prévention et la Répression du crime de Génocide de l'ONU.

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* L'ambassadeur turc retourne à Stockholm


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La Turquie a annoncé que son ambassadeur reviendra en Suède, malgré le vote du parlement de Stockholm qualifiant de génocide les massacres des Arméniens par les Turcs ottomans en 1915.

"L'ambassadeur Zergun Korutürk va reprendre ses activités cette semaine ou en début de semaine prochaine au plus tard", a déclaré le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, à la chaîne de télévision turque CNN-Turk.

Le gouvernement suédois s'était opposé à la Résolution votée le 11 mars dernier, et le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, avait présenté ses excuses à Ankara, un mouvement que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan avait considéré comme ‘très positif'.

De son côté, Davutoglu a salué mercredi la position de Stockholm et a qualifié le vote ‘d'absurde'. Ajoutant qu'il se réservait le droit de laisser retourner l'ambassadeur turc à Washington vu que les deux affaires sont différentes.

"Les Suédois ont clairement présenté leurs excuses," a-t-il souligné.

* Un député suédois s'explique


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"Un projet de loi sur le génocide arménien avait été discuté au parlement suédois il y a dix ans, mais avait échoué. Cette fois, l'initiative a été couronnée de succès, parce que le Parti Social-démocrate a mené une enquête approfondie sur les raisons qui avaient empêché le vote du projet de loi sur le génocide. L'une des raisons principales en a été le calendrier," a déclaré le président du PSD, Peter Weiderut, lors d'une conférence de presse aujourd'hui à Erevan.

"L'argument contre était que reconnaissant maintenant le génocide, cela allait perturber le processus en cours entre l'Arménie et la Turquie, ainsi que les relations de la Turquie avec l'Union européenne. Mais la seule chose qui est sûre, c'est que plus nous attendrons, ce sera dur. Cela fait 95 ans que les victimes attendent.

La forte réaction de la Turquie était attendue, parce que la Suède a été à l'avant-garde du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Et nous continuerons, parce que la Turquie appartient à l'Europe.

Lorsque la Turquie sera en mesure de mieux traiter le côté sombre de son histoire, elle acquerra une position beaucoup plus forte dans les relations avec l'Union européenne.

Nous sommes conscients que la décision prise par le Parlement suédois il y a deux semaines va créer des difficultés entre l'Arménie et la Turquie. Mais cette décision n'a pas été prise dans le but de favoriser la lecture de l'histoire d'un pays sur l'autre pays. Elle repose sur la compréhension qu'une politique future solide sur les droits de l'homme et sur le droit international, doit être fondée sur une description fidèle de l'histoire. Rechercher et dire la vérité est nécessaire pour le travail de réconciliation," a précisé Peter Weiderut.

Le parlementaire suédois a exprimé l'espoir que toutes les parties impliquées, notamment les Arméniens et les Turcs, feront référence à la décision du Parlement suédois, dans leur dialogue en vue d'un rapprochement.

* La Turquie va faire appel au droit international ?


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Un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a déclaré mercredi que la Turquie estime que le recours au droit international reste une option dans ses efforts pour contrer les parlements étrangers qui reconnaissent le génocide arménien de 1915 dans l'Empire ottoman.

"Nous évaluons toutes les options, et faire appel au droit international est l'une d'elles," a déclaré Burak Özügergin aux journalistes lors de la conférence de presse hebdomadaire.

Özügergin a indiqué que de telles résolutions ‘ne peuvent que nuire' aux relations de la Turquie avec les pays qui les a adoptées, ainsi qu'avec l'Arménie.

Radio Publique d'Arménie



mercredi 24 mars 2010

Relations Arménie-Turquie : Les Etats-Unis persistent à jouer les entremetteurs.

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

La realpolitik a ses raisons que la raison ne connaît pas, ou plus exactement ne veut pas connaître. Les années se suivent et se ressemblent. Les protocoles n'ont rien changé au paysage politique et à la nature des liens, que ce soit dans les relations turco-américaines ou turco-arméniennes. Même si celles-ci fluctuent avec des hauts et des bas.

Dans un mois, ce sera le 24 avril. Le président Obama tournera autour du pot, mais se gardera bien de prononcer le mot qui fâche. D'ici là, le Congrès américain se gardera bien de voter quoi que ce soit. En ligne de mire la ratification des protocoles arméno-turcs.

La Turquie, tout comme Israël, a le poids nécessaire pour résister aux pressions de Washington. A l'inverse ces deux alliés régionaux sont suffisamment influents pour entraver les décisions de Washington. Ankara a depuis le début des négociations décidé de mettre en œuvre sa politique envers l'Arménie : c'est-à-dire l'empêcher de se développer ; et si Erevan lui met des bâtons dans les roues, ce ne sont pas les mesures de rétorsions qui manquent, en plus du blocus actuel.

Mais qu'est-ce que Sarkissian est allé faire dans cette galère.

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* Hillary Clinton imite Ponce Pilate


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"Je ne pense pas que quelqu'un ait oublié quelque chose. Mais ce qui s'est passé est d'une grande importance pour le travail en cours entre la Turquie et l'Arménie," a déclaré la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, dans un entretien avec Vladimir Pozner de la première chaîne de la TV Russe, en réponse à une question posée par un téléspectateur sur le pourquoi de l'oubli par le président Obama de sa promesse électorale de reconnaître le génocide arménien et, par conséquent, du soutien à la Résolution 252 de la Chambre des Représentants.

La Secrétaire d'Etat a rappelé qu'elle s'était déplacée à Zurich l'automne dernier, et qu'avec les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l'Arménie, de la Russie, de la France, ainsi que d'autres pays, avait assisté à la signature d'un ensemble de protocoles pour normaliser les relations entre l'Arménie et la Turquie.

"Dans ces protocoles, il y a un accord entre les deux pays pour mettre en place une commission d'historiens qui doivent se pencher sur toutes les questions qui font partie du passé. Et je pense que c'est la bonne façon de faire, enfin je crois, d'avoir les deux pays et les deux peuples discuter eux-mêmes sur le sujet. Je l'ai souvent dit, nous ne pouvons changer le passé dont nous héritons. Tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer d'avoir un avenir meilleur," a souligné H.Clinton, ajoutant que la Turquie et l'Arménie sont en train de monter cette commission d'historiens.

* Les turco-américains réagissent


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L'Assemblée des Associations Turco-Américaines (ATAA) a envoyé une lettre au président Barack Obama demandant de faire une déclaration publique, que la Résolution reconnaissant le génocide arménien ne sera pas débattue en session plénière à la Chambre des Représentants.

"En tant que chef de file de plus d'un demi-million d'Américains fiers de l'héritage turc et de nombreux autres Américains qui soutiennent le partenariat modèle américano- turc, l'Assemblée des Associations Turco-Américaines (ATAA) vous demande de continuer à décourager la Chambre des Représentants de voter la Résolution 252, adoptée de justesse par la Commission des Affaires étrangères par 23 voix contre 22, le 4 Mars dernier," déclare l'ATAA ; rapporte le périodique ‘Histoire Vraie'.

* Rencontre entre Arméniens et Turcs


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La Fondation Partenariat Eurasie (EPF), en collaboration avec le Centre des Tendances Politiques Globales (GPoT) basée à Istanbul, et financé par l'USAID, tiendra un forum politique Arménie-Turquie à Erevan, les 25-26 Mars prochains.

La réunion rassemblera un certain nombre de leaders d'opinion et d'éminents professionnels des médias turcs et arméniens, y participeront également des diplomates et des Hauts-fonctionnaires des deux pays.

La réunion fait partie de l'un des projets financés par l'USAID "deuxième et troisième jour du rapprochement arméno-turc ", qui vise à établir des liens et à développer la compréhension mutuelle entre les Arméniens et Turcs à travers d'ONG, de médias et de milieux d'affaires.

Les discussions ne se concentreront pas sur les protocoles arméno-turcs, mais essaieront plutôt d'élaborer une gamme complète sur les récents développements arméno-turcs. Un accent particulier sera mis sur ce qui peut être fait pour sortir de l'impasse diplomatique actuelle entre l'Arménie et la Turquie.

* Ahmet Davutoglu repasse une couche


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"La Turquie n'enverra pas son ambassadeur à Washington tant que l'administration Obama et le Congrès ne diront pas clairement qu'ils ne comptent pas juger l'histoire turque. Nous ne pouvons pas accepter le jugement des membres de la Commission des Affaires étrangères, qui ne connaissent rien de l'histoire," a déclaré mardi lors d'un interviewé à Ankara le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu ; rapporte le Washington Post.

Davutoglu a posé deux conditions pour le retour de Namik Tan : "1- L'administration et le Congrès doivent montrer qu'ils comptent s'abstenir de se prononcer sur ce qu'ils appellent ‘notre histoire' ; 2- Le pays doit s'engager à soutenir notre alliance stratégique," a-t-il précisé.

"Le gouvernement turc va attendre le discours du président Obama à l'occasion du 24 avril," a ajouté Davutoglu.

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Radio Publique d'Arménie



De la normalisation arméno-turque, de la reconnaissance du génocide et des propos d'Erdogan

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Pour Ankara, toutes les raisons sont bonnes du moment que cela ralentit la ratification des protocoles, signés pour faire plaisir aux Etats-Unis et mettre rappeler à l'Arménie les exigences de la Turquie.

Après le martellement durant des mois du problème Karabakh qui empêchait la ratification des protocoles, voici avec l'arrivée du 24 Avril l'épineux problème, vieux de près d'un siècle, du génocide arménien, aggravé cette année avec la reconnaissance coup sur coup par deux parlements supplémentaires (Catalogne et Suède) et trois autres en cours (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Bulgarie).

Aussi, quand la charge devient insupportable, les vieux démons des dirigeants turcs resurgissent : Chasser les Arméniens du territoire ottoman, pardon turc. Erdogan ne déroge pas à la règle, sous ses airs de religieux modéré ouvert aux valeurs occidentales, il est bien le fils spirituel des Pachas de l'empire ottoman.

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* Serge Sarkissian


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En visite officielle en Syrie, le Président arménien Serge Sarkissian a donné une interview au quotidien Al-Watan. Le Président a parlé des relations arméno-syriennes, du processus de normalisation arméno-turc et du règlement du conflit Karabakh.

A la question quelle influence pourrait avoir l'adoption du projet de loi sur le génocide arménien par le Congrès américain sur le processus de normalisation des relations arméno-turques, le Président a déclaré : "Le projet de loi débattu au Congrès américain est une affaire intérieure à ce pays, sur laquelle nous n'interférons pas.

Nous n'avons pas fait de la reconnaissance du génocide arménien une condition préalable à l'établissement des relations avec la Turquie, puisque nous sommes pour l'amélioration de ces relations sans conditions préalables. Je ne pense pas que les tentatives des autres pays de lier le processus de normalisation arméno-turc à celui de la reconnaissance du génocide arménien, soient corrects. Une chose est évidente pour moi - plus longtemps on mettra à normaliser nos relations, et plus des pays adopteront de telles résolutions."

* Arman Guiragossian


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Invité à commenter la déclaration du Premier ministre turc concernant l'expulsion des Arméniens vivant illégalement en Turquie, le Vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Armand Guiragossian, a déclaré :

"Parlant au sujet des Arméniens, qui travaillent en Turquie, M. Erdogan oublie les millions d'immigrés turcs qui gagnent leur vie dans différents pays du monde.

C'est dommage qu'à la veille du 95e anniversaire du génocide arménien perpétré par la Turquie ottomane, les autorités de l'actuelle République turque continuent de se laisser guider par le système de valeurs de l'Empire ottoman, et non celui de l'Europe, en parlant de ‘déporter' des Arméniens."

* Aratk Davtian


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"Les bonnes clôtures font les bons voisins", a déclaré Aratk Davtyan, citant le poète américain Robert Forst.

"Le processus de ratification des relations arméno-turques ne peut pas être considéré comme ayant échoué," a déclaré le député du parti républicain arménien, lors d'une conférence de presse aujourd'hui. Selon lui, la probabilité d'une ratification des protocoles est plus élevée que le scénario inverse. L'élu considère que l'Arménie a une longueur d'avance sur la Turquie. Par conséquent, les attentes de la communauté internationale vis à vis de la Turquie sont plus grandes.

"La communauté internationale et les centres de décision du monde entier envoient des messages clairs à la Turquie, en précisant qu'il ne peut y avoir une Turquie démocratique et une adhésion à l'Union européenne sans l'établissement de relations normales."

Artak Davtian pense qu'il est difficile de prédire comment la venue probable du président Serge Sarkissian aux Etats-Unis à la mi-avril, va influer sur le règlement du conflit Karabakh ou sur le processus de normalisation des relations arméno-turques.

* Artsvik Minassian


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"Contrairement aux années précédentes, l'existence des protocoles arméno-turcs crée de nouveaux obstacles pour mettre la Résolution sur le génocide arménien (H.Res.252) sur l'ordre du jour de la session plénière du Congrès," a déclaré Artsvik Minassian du groupe FRA-Dachnaktsoutioun lors de sa conférence de presse d'aujourd'hui.

Bien que l'élu indique que le projet de loi sera difficilement inscrit sur l'ordre du jour de la session plénière, il ajoute que : "tout dépend de l'évolution de la politique américaine dans la région, en particulier en Turquie."

"La politique suivie par l'Arménie a complètement échoué, et elle a causé un préjudice sur l'image internationale à la fois de l'Arménie et des possibilités d'une unité intérieure."

Selon le député dachnak, la fameuse déclaration faite par le Premier ministre turc montre à l'évidence que l'attitude de ce pays envers l'Arménie n'a pas changé. Ce fut une surprise pour les médiateurs, et il considère que l'une des principales tâches de la diplomatie arménienne est d'attirer l'attention des pays médiateurs sur le fait que l'attitude de la Turquie envers les Arméniens n'a pas changé.

"Nous devons nous retirer du processus dès que possible. La Turquie et ses dirigeants viennent de nous donner cette opportunité," et d'ajouter que les protocoles vont à l'encontre des intérêts nationaux de l'Arménie.

"Ces protocoles et ce processus ont déjà causé beaucoup de dégâts. L'unité de la nation arménienne à travers le monde est mise en danger aujourd'hui,", a-t-il conclu.

Radio Publique d'Arménie



mardi 23 mars 2010

About Armenian-Turkish normalization and the Karabakh settlement.

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* Serzh Sargsyan

On an official visit to Syria President of the Republic of Armenia, Serzh Sargsyan, gave an interview to the Syrian Al-Watan newspaper. The President spoke about the Armenian-Syrian relations, the process of Armenian-Turkish normalization and the Karabakh settlement.
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Asked what influence the passage of the Armenian Genocide bill by the US Congress could have on the process of normalization of the Armenian-Turkish relations, President Sargsyan said: “The bill considered at the US Congress is an internal affair of that country, which we do not interfere with.

We did not make the recognition of the Armenian Genocide a precondition for the establishment of Armenian Turkish relations, since we stand for improvement of relations with Turkey without any preconditions. I do not think the attempts to tie the process to the recognition of the Armenian Genocide by other countries are correct. One thing is obvious to me – the longer it takes to normalize our relations, the more countries will adopt such resolutions.”

* Arman Kirakosyan


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Asked to comment on Turkish Prime Minister's statement that he had declared about the forced deportation of Armenians to call the attention of the international community to the illegal Armenian migrants in Turkey, Armenia's Deputy Foreign Minister Arman Kirakosyan said:

“Speaking about Armenians, who have left for Turkey, Mr. Erdogan forgets about the millions of Turkish migrants who make their living in different countries of the world.

It's a pity that on the eve of the 95th anniversary of the Armenian Genocide perpetrated by Ottoman Turkey the authorities of the contemporary Republic of Turkey continue being guided by the value system of the Ottoman Empire, not Europe, when speaking about the forced deportation of Armenians."

* Aratk Davtyan


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“Good fences make good neighbors,” Aratk Davtyan said, quoting American poet Robert Forst.

The process of ratification of the Armenian-Turkish relations cannot be considered failed, Republican MP Artak Davtyan told a press conference today. According to him, the probability of ratification of the protocols is higher than the opposite scenario. The MP considers that Armenia is one step ahead of Turkey. Therefore, the international community's expectations from Turkey are greater.

“The international community and the power centers of the world send clear messages to Turkey, making it clear that there can be no democratic Turkey and no integration with the European Union without establishment of normal relations,” he said.

Artak Davtyan found it hard to predict how President Serzh Sargsyan's expected visit to he US in mid-April will affect the Karabakh settlement or the process of Armenian-Turkish normalization.

* Artsvik Minasyan


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Unlike the previous years, the existence of the Armenian-Turkish protocols creates new obstacles for putting the Armenian Genocide Resolution (H. Res. 252) on the agenda of the plenary session of the Congress, member of the ARF Dashnaktsutyun Artsvik Minasyan told a press conference today.

Although the MP says the bill will hardly be put on the agenda of the plenary session, he adds that “everything depends on how the US policy in the region, especially Turkey, will change.”

Artsvik Minasyan said “Armenia's initiatory policy has completely failed, and it has caused harm to both Armenia's international image and the opportunities of inner unity."

According to Artsvik Minasyan, the famous statement by the Turkish Prime Minister evidences that that country's attitude towards Armenia has not changed. This was a surprise for the mediators, as well, and the MP considers that one of the main tasks of the Armenian diplomacy is to draw the attention of the mediator countries to the fact that Turkey's attitude towards ethnic Armenians has not changed.

“We have to withdraw from the process as soon as possible. Turkey and its authorities have provided us with this opportunity,” Artsvik Minasyan says, adding that the protocols counter the national interests of Armenia.

“These protocols and this process have already caused a lot of damage. The unity of world-spread Armenians is endangered today,” the MP said.

Public Radio of Armenia



lundi 22 mars 2010

Le génocide arménien, talon d'Achille de la Turquie ?

France Soir - 14/03/2010

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Alors que Nicolas Sarkozy vient de recevoir son homologue arménien, Serge Sarkissian, la Turquie refuse toujours de ratifier l'accord avec l'Arménie et continue de nier le génocide arménien.

Le 4 mars 2010, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution reconnaissant le génocide arménien. Peu après, ce fut au tour du Parlement suédois. Depuis la résolution de 1987 du Parlement européen et l'adoption par la France, en 2000, d'une première loi reconnaissant ce génocide, nombre de pays ont fait de même, dont la Pologne, le Canada, la Suisse…

Rappelons que le génocide arménien, le premier du XXe siècle, qui inspira Hitler pour perpétrer celui de 6 millions de Juifs, fut orchestré par le gouvernement ottoman entre 1915 et 1917. Les historiens, les Nations unies et un tribunal international constitué à la fin de la Première Guerre mondiale l'ont reconnu, ont condamné les coupables et évalué le bilan à 1,5 million de victimes.

Casus belli


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Etrangement, si l'Empire ottoman reconnut les faits, la Turquie moderne, kémaliste, laïque et pro-occidentale, les a toujours niés. Et l'actuel gouvernement turc islamo-conservateur, candidat à l'Union européenne, continue de combattre sévèrement, tant en Turquie (par des lois) qu'à l'étranger (chantage économique et pressions diplomatiques), ceux qui reconnaissent le génocide. C'est ainsi qu'Ankara a rappelé ces jours-ci les ambassadeurs des Etats-Unis et de la Suède afin de protester contre les reconnaissances votées dans ces deux pays, véritables casus belli. Si la Turquie refuse obstinément l'évidence, c'est non seulement en vertu d'un orgueil nationaliste d'un autre âge et de son arsenal législatif, mais aussi pour des raisons géopolitiques : les vraies frontières de l'Arménie, telles que promises par le traité de Sèvres de 1920 (jamais appliqué), devraient inclure une partie de l'actuelle Turquie de l'Est, berceau des Arméniens (mont Ararat) d'où ils ont été chassés, quand ils n'y ont pas été exterminés par les Turcs et les Kurdes (qui revendiquent un Etat sur le même territoire).

Conditions préalables irréalisables

Pour les Turcs donc, reconnaître le génocide arménien, comme le font de rares intellectuels turcs persécutés tel Cengiz Aktar, impliquerait des dédommagements et des revendications territoriales arméniennes, puis kurdes (effet domino). Bref, un « démantèlement » de la Turquie. D'où le fait qu'Ankara refuse de ratifier les accords turco-arméniens hâtivement salués par l'UE d'ailleurs… La Turquie pose en effet des conditions préalables irréalisables : silence sur le génocide et concessions sur le Haut-Karabakh (région peuplée d'Arméniens cédée par Staline aux Azéris et reconquise dans les années 1990 par les Arméniens, puis revendiquée par l'Azerbaïdjan, allié turcophone d'Ankara). D'où aussi la volte-face de Barak Obama, qui, pour calmer l'allié turc irascible, a dû bloquer le vote au Congrès de la résolution sur le génocide. Le chantage comprenait aussi la menace de ne pas ratifier l'accord turco-arménien, et donc de maintenir l'Arménie asphyxiée économiquement par l'embargo turc qui l'empêche d'exporter ses produits à l'étranger.

Il est clair que de tels comportements (dont l'occupation-colonisation du nord de Chypre ou la violation des frontières de la Grèce par l'armée turque alors qu'Ankara revendique les îles de la mer Egée) s'opposent aux valeurs démocratiques de l'Europe. Plutôt que d'accuser les Européens d'empêcher l'adhésion turque à l'Union européenne, les dirigeants turcs, confrontés à leur dilemme récurrent (*), doivent être plus conséquents : s'ils refusent les règles du jeu européen, alors l'UE ne leur convient pas. Mais ils ne peuvent pas réclamer le beurre et l'argent du beurre. Ce qui n'empêche pas un partenariat privilégié, tel que proposé par Nicolas Sakozy et Angela Merkel, seule solution géopolitiquement cohérente.


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Alexandre Del Valle

(*) Le Dilemme turc, ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara, d'Alexandre Del Valle, éd. Les Syrtes, 2006.



samedi 20 mars 2010

Interview du Président Sarkissian par Euronews

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Serge Sarkissian est le président de l'Arménie, un pays à l'histoire mouvementée, comme bon nombre de ceux qui ont appartenu à l'Union soviétique.

A l'occasion de sa venue à Paris début mars, il a répondu aux questions d'Euronews sur le génocide arménien, les relations entre son pays et la Turquie et le conflit gelé du Haut-Karabakh.

Situé dans le Caucase du Sud, à la croisée des continents et des logiques géopolitiques, l'Arménie est un pays pris dans un étau.
Depuis 1993, suite à la guerre du Haut-Karabakh, ses frontières avec la Turquie et l'Azerbaïdjan sont bloquées.

Une situation lourde de conséquences pour ses trois millions d'habitants et les Arméniens de la diaspora qui sont près de sept millions.

Laura Davidescu, Euronews : “Monsieur le Président, bonsoir et bienvenue sur Euronews. Commençons par cette question hautement importance. Avec 23 voix pour et 22 contre, la Commission Affaires étrangères de la Chambre des représentants aux Etats-Unis a déclaré que le massacre de plus d'un million d'Arméniens par les Turcs Ottomans en 1915 avait été un génocide. Pourquoi pensez-vous que la Commission adopte cette résolution maintenant ?”


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Serge Sarkissian : “Les discussions sur la reconnaissance du génocide arménien ne sont pas nouvelles dans la vie politique américaine. Ces dix dernières années, la Commission affaires étrangères de la Chambre des représentants a tenté à plusieurs reprises de faire voter cette reconnaissance du génocide. 42 Etats américains ont déjà reconnu ces événements comme étant un génocide. Et donc, cette résolution du 4 mars n'est ni une surprise ni une nouveauté pour nous.”

Euronews : “Croyez-vous qu'il y ait une raison particulière à l'adoption de cette résolution maintenant, dans le contexte de la réconciliation turco-arménienne ?”

Serge Sarkissian : “Nous sommes en train de discuter avec la Turquie du rétablissement de nos relations. Cela doit commencer sans conditions préalables, et je pense que la Turquie n'a pas la légitimité morale pour nous blâmer ou imposer des conditions.

Rétablir nos relations sans conditions préalables, cela veut dire que toute question peut être discutée. Dans le cas contraire, on ne peut arriver à aucun résultat.

Admettons que par miracle le Parlement turc ratifie les protocoles, tout comme le Parlement arménien. Nous rétablissons nos relations. Et un pays tiers, qui serait opposé au rétablissement de nos relations, se saisit expressément de la question du génocide. Les Turcs prennent-ils alors ce prétexte pour interrompre à nouveau nos relations ?”

Euronews : “Si les problèmes majeurs de l'Arménie sont actuellement le chômage, l'isolement économique et les disputes de longue date avec la Turquie et l'Azerbaïdjan, est-ce que ces problèmes pourront être résolus plus facilement maintenant ?”

Serge Sarkissian : “Nos difficultés avec la Turquie ne datent pas d'hier. Cela fait 17 ans que la frontière avec la Turquie est fermée. Est-ce qu'il y a 17 ans, il y avait un problème de résolution sur le génocide ?

Nous réalisons pleinement que la Turquie est un grand pays, de par son territoire, sa population, sa puissance. Si nous vivions isolés, nous comprendrions.

Mais si nos pays, l'Arménie et la Turquie, font partie de la communauté internationale, les Etats-Unis, la France, l'Union européenne en font partie eux aussi, et cette communauté internationale doit faire des évaluations, évaluer les nouveaux développements.”

Euronews : “Je reviens sur la reconnaissance du génocide arménien. Si cette question a une signification capitale pour les Arméniens, à la fois pour ceux du pays et pour la diaspora, pourriez-vous nous dire pourquoi l'Université d'Etat d'Erevan a accordé un diplôme honorifique au président Mahmoud Ahmadinejad en 2007 ? Le président iranien nie l'Holocauste.”

Serge Sarkissian : “Vous savez, nous ne pouvons pas obliger les dirigeants des pays voisins à penser comme nous. Il ne faut pas personnaliser. Le fait de remettre un titre à un dirigeant d'un pays, c'est exprimer sa gratitude et sa reconnaissance au peuple de ce pays. Et les Iraniens sont nos voisins depuis des siècles, ils sont très importants pour nous.”

Euronews : “Décririez-vous la décision de l'Université d'Etat d'Erevan comme de la realpolitik arménienne ?”

Serge Sarkissian : “Je considérerais cela comme une approche particulière de l'Université d'Etat d'Erevan sur une question particulière. Cette approche est très courante en Europe et dans les pays démocratiques développés.”

Euronews : “Vous avez été cité comme ayant dit à Londres, en février, que le Haut-Karabakh n'a jamais fait partie de l'Azerbaïdjan indépendant. La communauté internationale semble avoir une autre opinion, une autre interprétation.”

Serge Sarkissian : “La communauté internationale n'a pas une autre vision. L'histoire est connue. Le Haut-Karabakh ne faisait pas partie de l'Azerbaïdjan indépendant. C'est le bureau caucasien du parti communiste de l'Union soviétique qui a rattaché le Karabakh à l'Azerbaïdjan.

Pourquoi la communauté internationale a-t-elle salué l'effondrement de l'Union soviétique ?

Pourquoi la communauté internationale n'a-t-elle pas considéré que l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan fassent toujours partie intégrante de l'Union soviétique ?

Or dans le cas du Haut-Karabakh, on dit qu'il fait partie de l'Azerbaïdjan. Ce n'est pas logique, n'est-ce pas ?”

Euronews : “Quel genre de compromis êtes-vous prêts à faire pour obtenir une résolution pacifique de ce conflit ?”

Serge Sarkissian : “On ne peut pas éliminer les conséquences de ce conflit sans traiter les causes.

Et parmi les causes, on parle d'une reconnaissance du droit à l'auto-détermination du peuple du Haut-Karabakh. La reconnaissance de ce droit et sa mise en application. Avec cette reconnaissance et son application, les autres problèmes se résoudront très vite.

Vous savez, l'Arménie et le Haut-Karabakh souhaitent profondément une résolution rapide de ce conflit. Mais une résolution durable, qui permette la paix et la sécurité dans la région, et non pas une remise du Haut-Karabakh comme un présent à l'Azerbaïdjan, ce qui signifierait la fin de l'existence du Haut-Karabakh.”

Euronews : “L'Azerbaïdjan le dit très clairement. Il n'acceptera jamais le Haut-Karabagh en tant qu'entité indépendante. Il n'y renoncera jamais.”

Serge Sarkissian : “Que nous propose la communauté internationale ? De résoudre ce conflit sur la base des trois principes du droit international : premièrement l'intégrité territoriale, deuxièmement le droit à l'auto-détermination, et troisièmement le non-usage de la force.
Je veux saisir l'occasion de cette interview pour faire un appel à l'Azerbaïdjan, l'appeler à signer un traité de non recours à la force. Cela favoriserait la confiance des Arméniens du Karabakh et de l'Arménie, et dans ces conditions de confiance, nous pourrions débuter les négociations.

Nous, Arméniens, avons dit à plusieurs reprises, ce que signifiait pour nous l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan. Les Azerbaïdjanais peuvent-ils nous dire ce que signifie pour eux le droit à l'auto-détermination du peuple du Karabakh ?

Lorsque nous faisons des déclarations communes concernant le droit à l'auto-détermination, l'Azerbaïdjan ne parle évidemment pas du droit à l'auto-détermination du peuple arménien, mais du droit du principal acteur concerné, le peuple du Haut-Karabakh.”

Copyright © 2010 euronews

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Relations arméno-turques : Conséquences suite à la dernière déclaration d'Erdogan

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le comportement de la Turquie ne fait que se dégrader face aux demandes réitérées de la communauté internationale de normaliser les relations avec sa voisine l'Arménie.

En politique et plus particulièrement en diplomatie il est rarissime de voir une goutte d'eau susceptible de faire déborder le vase. Sauf lorsqu'on s'appelle Bush et de mentir impunément devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour assouvir son désir [économique] d'attaquer l'Irak.

Aussi, quoi que fasse Erdogan, même tempérés par les propos de son ministre des Affaires étrangères ou ceux du chef de l'Etat, les dirigeants turcs restent farouchement contre la reconnaissance du génocide arménien, car se dessine derrière la porte des revendications et pire, celle des réparations.

Ne nous faisons pas d'illusions, la Turquie n'a nulle intention de lever son blocus, pardon d'ouvrir la frontière, de l'Arménie. A choisir entre Erevan et Bakou, la question ne se pose même pas.

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Extraits de Radiolour et d'Armenialiberty

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* Kalouste Sahakian


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"Peu importe que les Turcs essaient systématiquement de lier la normalisation des relations arméno-turques à la question du Karabakh, l'Arménie ne rentrera pas dans ce jeu, parce que tout cela relève de relations diplomatiques," a déclaré le dirigeant du Parti Républicain Kalouste Sahakian lors d'une conférence de presse aujourd'hui.

"Tous les délais raisonnables pour la ratification des protocoles arméno-turques sont atteints", a-t-il ajouté, rappelant les paroles du Président arménien, qu'en cas de nécessité, l'Arménie utilisera tous les outils du droit international. Selon le député républicain, cela ne sera pas limité qu'à l'annulation de la signature des protocoles.

* Ahmet Davutoglu


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"Pourquoi ne serions-nous pas en mesure de normaliser les relations avec l'Arménie, comme nous l'avons fait avec la Serbie ?" a déclaré le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu.

Durant les derniers mois, Ahmet Davutoglu a participé aux intenses pourparlers diplomatiques entre la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et d'autres États de la région, dans le but de mettre fin au conflit potentiel entre ces pays voisins. Un peu plus tôt, des pourparlers sous la médiation de la Turquie avaient conduit à la mise en place d'ambassadeurs entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine.

Davutoglu a déclaré : "Le conflit entre les Turcs et les Serbes remonte à 700 ans. Nos problèmes avec les Arméniens ne datent que d'un siècle. Nous n'avons pas l'expérience d'un vécu commun avec les Serbes, alors que nous l'avons avec les Arméniens. C'est pourquoi, nous attachons une grande importance aux relations avec l'Arménie. Nous avons changé la nature de nos relations avec les Serbes en l'espace d'un an."

"Les Arméniens ne discutent pas du Haut-Karabakh avec nous. Mais nous leur disons - si l'on peut résoudre le problème avec les Serbes à travers le dialogue, nous pouvons faire la même chose avec vous. Nous leur disons que grâce à nos gros efforts la Bosnie-Herzégovine et la Serbie ont surmonté leurs problèmes. Faisons de même pour vous et l'Azerbaïdjan", a déclaré Davutoglu ; rapporte le quotidien Hürriyet.

* Yane Yanev


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Le parti conservateur bulgare, Ordre, Droit et Justice (RZS), a présenté jeudi au Parlement une déclaration officielle demandant que la Bulgarie condamne le génocide arménien commis par la Turquie.

La déclaration est en rapport avec la visite jeudi en Bulgarie du ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, et les déclarations du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, indiquant que son pays était prêt à expulser 100.000 Arméniens de Turquie.

Le RZS demande également une réponse officielle du Premier ministre, Boyko Borisov, sur la politique de son gouvernement concernant le génocide arménien commis pendant la Première Guerre mondiale.

Le dirigeant RZS, Yane Yanev, affirme que son parti cherche à obtenir un consensus sur l'évaluation par la Bulgarie des événements tragiques et à déclarer clairement la défense de la vérité historique comme l'ont fait les États-Unis et la Suède ; rapporte l'agence de presse Sofia.

* Vahan Hovannissian


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Vahan Hovannissian, président du groupe FRA au parlement arménien, a rejoint les dirigeants arméniens condamnant les menaces d'Erdogan à vouloir expulser massivement les Arméniens de Turquie, en réponse aux nouvelles Résolutions reconnaissant que les massacres d'Arméniens en 1915 dans l'empire ottoman étaient un génocide. "Erdogan s'est démasqué lui-même et le monde a vu la manière dont il gère son pays," a-t-il déclaré.

"Quant à nos frères Arméniens qui se trouvent en Turquie pour des raisons économiques, je leur conseille de quitter immédiatement ce pays parce qu'il est évident d'avec qui nous avons à faire. Une menace exprimée à un aussi haut niveau peut être considérée par certains éléments comme un signal pour se livrer à des actions anti-arméniennes."

Hovannissian a aussi dénoncé des déclarations de certains hauts fonctionnaires arméniens faisant un parallèle avec la rhétorique ottomane avant et pendant les massacres de 1915 et les déportations massives de quelques 1,5 million de sujets arméniens de l'Empire ottoman.

"Alors que le Premier ministre turc menace d'expulser les Arméniens résidant illégalement [en Turquie], je rappelle que les Arméniens étaient propriétaires des terres qu'ils peuplaient du début du 20e siècle," se référant à aux régions orientales de l'actuelle Turquie. "Ce sont les Turcs qui ont migré illégalement dans ces régions et y ont vécu comme des nomades."

Les dirigeants turcs ont à plusieurs reprises parlé de 30.000 à 100.000 citoyens d'Arménie résidant dans leur pays en vue d'embarrasser Erevan sur la scène internationale et montrer les déclarations de bonne volonté d'Ankara envers les Arméniens.

Un haut responsable du gouvernement arménien a accusé il y a quelques mois la Turquie de gonfler exagérément leur nombre, disant qu'ils ne doivent pas excéder 5.200 personnes. Alin Ozinian, un chercheur arménien natif d'Istanbul qui a étudié la question l'an dernier, est arrivé à une estimation similaire.

Les 130 pages de son étude, commandée par la Fondation Partenariat Eurasie, basée à Erevan, reposent sur des entretiens menés par Ozinian avec 150 Arméniens durant 2009. Elle porte essentiellement sur la croyance largement répandue que la grande majorité des immigrés arméniens sont des femmes provinciales, âgées entre 40 et 60 ans, travaillant à Istanbul, sans permis de travail et de séjour.

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Consquences of Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's latest controversial statement

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Samples Radiolour and Armenialiberty

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* Galust Sahakyan


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No matter how much the Turks try to tie the Armenian-Turkish relations to the Karabakh issue, Armenia will not get into bargaining, because all this is about diplomatic relations, head of the Republican faction Galust Sahakyan told a press conference today.

“All reasonable deadlines for ratification of the Armenian-Turkish protocols have passed,” Galust Sahakyan added, recalling the Armenian President's words that in case of necessity Armenia will use all the tools of international law. According to the Republican MP, this will not be restricted to the recall of the signature from the protocols.

* Ahmet Davutoglu


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"Why would not we be able to normalize relations with Armenia like we did with Serbia?" Turkey's Foreign Minister Ahmet Davutoglu says.

Within lpast months Turkish Foreign Minister Ahmet Davutoglu participated in intensive diplomatic talks between Serbia, Bosnia and Herzegovina and other states of the region, that aimed at ending the potential conflict between the neighboring countries. Earlier, the talks under Turkey's mediation led to mutual ambassadors' appointment by Serbia and Bosnia and Herzegovina.

Davutoglu said, "The conflict between Turks and Serbs dates back to 1300s. Our problems with Armenians are just a century old. We do not have experience of living together with Serbs, while we lived with Armenians. Therefore, we attach importance to the relations with Armenia. We changed the nature of our relations with Serbians within a year.”

“Armenians do not discuss Nagorno-Karabakh conflict with us. But we tell them – if we could resolve the issue with Serbs through the dialogue, we can do the same with you,” Turkish FM voiced. “We tell them that through our big efforts Bosnia and Herzegovina as well as Serbia overcame their problems. Let's do the same for you and Azerbaijan,” Davutoglu stated, Hurriyet Daily News reports.

* Yane Yanev


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Bulgaria's conservative Order, Law, and Justice (RZS) party on Thursday submitted to Parliament an official declaration asking that Bulgaria condemns the Armenian Genocide committed by Turkey.

The declaration is in connection with the Thursday visit of Turkish Foreign Minister, Ahmet Davutoglu, to Bulgaria and statements of Turkey's Prime Minister Recep Tayyip Erdogan that the country is prepared to deport 100,000 Armenians from Turkey.

RZS is also requesting an official answer from Prime Minister, Boyko Borisov, about the policy of his cabinet regarding the Armenian Genocide during World War I.

The party leader, Yane Yanev, says they aim at reaching a consensus about Bulgaria's assessment of the tragic events and giving a clear statement in defense of historical truth as the US and Sweden have done, Sofia News Agency reports.

The US Congressional Foreign Affairs Committee and the Swedish Parliament recently approved resolutions recognizing the Genocide, stirring outrage in Turkey.

* Vahan Hovannisian


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Vahan Hovannisian, who leads the opposition party's faction in Armenia's parliament, joined official Yerevan in condemning Erdogan's threats to deport them en masse in response to fresh foreign resolutions recognizing the 1915 Armenian massacres in Turkey as genocide. “Erdogan unmasked himself and the world saw what kind of a country it is dealing with,” he said.

“As regards our fellow Armenians who have found themselves in Turkey for one or another economic reason, I am advising them to immediately leave that country because it's obvious with whom we are dealing,” he told a news conference. “A threat voiced from such a high level can be deemed by some elements a signal for anti-Armenian actions.”

Hovannisian also disapproved of statements by senior Armenian officials comparing the threats with Turkish rhetoric before and during the 1915 mass killings and deportations of some 1.5 million Armenian subjects of the Ottoman Empire.

“While Turkey's prime minister is threatening to deport Armenians residing [in Turkey] illegally now, Armenians themselves were the masters of the lands they populated in the early 20th century,” he said, referring to areas in what is now eastern Turkey. “It is the Turks that had migrated there illegally and lived there as nomads.”

Turkish leaders have at various times spoken of between 30,000 and 100,000 citizens of Armenia allegedly residing in their country in an effort to embarrass Yerevan in the international arena and showcase Ankara's declared good will towards Armenians.

A senior Armenian government official accused the Turks late last year of grossly inflating their number, saying that it does not exceed 5,200. Alin Ozinian, an Istanbul-born Armenian researcher who studied the issue last year, came up with a similar estimate.

The 130-page research, commissioned by the Yerevan-based Eurasia Partnership Foundation, is based on Ozinian's interviews with 150 Armenians conducted in the course of last year. It essentially bears out the widely held belief that the vast majority of the Armenian immigrants are women from areas outside Yerevan who are aged between 40 and 60 and work in Istanbul without Turkish residency and employment permits.



vendredi 19 mars 2010

Génocide arménien : Erdogan passe à l'attaque

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Le grand Vizir Erdogan ne sait plus où donner de la tête. Les Etats-Unis, la Catalogne, la Suède et presque la Grande-Bretagne, qui mettent leur nez dans les ‘événements' de 1915, c'est trop. Aussi les menaces pleuvent, tant internes qu'externes.

Selon Ankara, seuls des Turcs peuvent connaître correctement l'histoire de l'empire ottoman. C'est du moins la thèse des dirigeants turcs depuis toujours. A croire que les étrangers qui vivaient dans l'ex-Turquie ou en poste auprès de la Sublime porte, étaient sourds et aveugles et ne comprenaient rien à rien. Pour les historiens officiels turcs, durant la première guerre mondiale 300.000 Arméniens sont morts et autant du côté turc ; de plus comme les Arméniens soutenaient l'envahisseur russe, ils ont été déplacés sous des cieux plus cléments. Point barre. On peut se demander comment des femmes des enfants et des vieillards ont pu tuer 300.000 soldats turcs, vu que les hommes valides étaient enrôlés dans l'armée ottomane, mais là n'est pas la question.

Voyant que la Turquie n'a pas beaucoup de prises sur les parlementaires étrangers, Erdogan essaie de semer la zizanie au sein de la communauté arménienne en distinguant le bon grain de l'ivraie, c'est-à-dire les Arméniens d'Arménie et les Arméniens de la diaspora. Mais là aussi, il risque fort d'avoir des désillusions.

Reste à se défouler sur la communauté arménienne de Turquie en multipliant les lois ségrégationnistes, les interdits religieux aux chrétiens et bien évidemment la plus sournoise de toutes, la destruction des monuments arméniens par négligence et/ou réaffectation.

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* Le projet de loi sur le génocide arménien ne passera pas !


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Le ministre de la Justice britannique, Jack Straw, a assuré mardi au Premier ministre turc que le Parlement ne passera pas la Résolution reconnaissant que les massacres des Arméniens perpétrés dans l'Empire ottoman sont un génocide, rapporte CNN-TURK.

"Les chances de voter cette loi sont nulles. Je peux assurer tout le monde à ce sujet. Le gouvernement anglais et l'opposition ne soutiennent pas ce projet a déclaré," M. Straw.

Après que le Parlement suédois ait adopté une Résolution sur le génocide arménien la semaine dernière, beaucoup ont tourné leur attention vers le Parlement britannique, où un projet sera soumis à la Commission des Communes, après une deuxième lecture le 30 avril.

La Commission a prévu de tenir sa dernière réunion d'évaluation fin de Mars, la première lecture avait eu lieu le 6 janvier dernier. Un projet similaire suivra le même processus à la Chambre des Lords britannique.

Si elle est approuvée, une Journée de commémoration du génocide arménien sera décrétée dans le pays.

* 100.000 Arméniens expulsables


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Le Premier ministre turc a averti qu'il pouvait expulser jusqu'à 100.000 Arméniens vivant en Turquie et non-citoyens turcs, suite aux Résolutions votées par les députés américains et suédois qualifiant de génocide les massacres des Arméniens par les Turcs ottomans durant la Première Guerre mondiale.

Il a également averti que les Résolutions ne peuvent que freiner les progrès du fragile processus de réconciliation entre la Turquie et l'Arménie.

Interrogé par la BBC mardi dernier à Londres sur ce qu'il pensait des Résolutions, M. Erdogan a déclaré :

"Il y a actuellement 170.000 Arméniens vivant dans notre pays. Seuls 70.000 d'entre eux sont citoyens turcs, les 100.000 autres sont tolérés. Si nécessaire, je peux dire à ces 100.000 personnes de retourner dans leur pays parce qu'ils ne sont pas mes concitoyens. Je n'ai pas à les garder dans mon pays."

Erdogan a accusé la diaspora arménienne d'être derrière les Résolutions dans les parlements étrangers, et a demandé à l'Arménie et à d'autres gouvernements étrangers d'éviter d'être influencés par leur lobbying.

"L'Arménie a une décision importante à prendre. Elle doit se libérer de ses liens avec la diaspora. Tout les pays qui se soucient de l'Arménie - à savoir les États-Unis, la France et la Russie - devraient surtout l'aider à se libérer de l'influence de sa diaspora", a déclaré M. Erdogan.

* Garanties écrites !


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La Turquie exige des garanties écrites des États-Unis avant de laisser retourner son ambassadeur à Washington.

"Ankara doit avoir des garanties écrites que la Résolution ne sera pas débattue à la Chambre. C'est seulement dans ce cas que l'ambassadeur, Tamik Tan, pourra retourner à Washington," indique le quotidien Taraf citant une source ayant requis l'anonymat.

Alors que l'ambassadeur turc de Suède, Zergoun Korutürk, qui a également rappelé après que le parlement suédois ait adopté une Résolution reconnaissant le génocide des Arméniens, Assyriens, Chaldéens et les Grecs Pontiac, est déjà revenu à Stockholm.

Radio Publique d'Arménie



Edward Nalbandian: Azerbaijan accepts the Madrid Principles with certain reservations

The Foreign Ministers of Armenia and Slovakia Edward Nalbandian and Miroslav Lajcak held a meeting in Yerevan today. The two Ministers signed an agreement on Air Communication and a Memorandum of Understanding in the field of European integration.
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“Azerbaijan has not been recognizing the Madrid Principles for a long time and if at last Baku has decided to take the documents as a basis for negotiations we can only welcome this fact,” RA Foreign Minister Edward Nalbandian said at the joint press conference with his Slovak counterpart.

“However, Baku's statements show that the Azerbaijani side accepts the Madrid Principles with certain reservations. There are more reservations than points acceptable to Baku, which mainly refer to the elimination of conflict consequences,” Minister Nalbandian added.

He also informed that the sides keep on making working proposals on Madrid Principles. “Baku's statements concerning the documents are just a smoke screen,” FM stated, stressing that Armenian side continues to take Madrid Principles as basis for the peace process. Nalbanidan also noted that his Paris meeting with OSCE Co-Chairs was constructive.

The Slovak Foreign Minister said they support and welcome the signing of the Armenian-Turkish protocols and they would like the two countries to ratify the protocols as they are without linking them to other issues and without any preconditions.

“Turkey is a candidate for EU membership, which gives a certain status to that country. However, on the other hand, Turkey needs to meet all requirements and commitments in order to succeed,” he said.

As for the Karabakh issue, the European Union closely watches the process and supports the Minsk Group and the negotiations held on the basis of the Madrid Principles. He added that the European Union does not intend to join the process, since it's an issue addressed by the Minsk Group.

Public Radio of Armenia



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